Pourquoi le vide mental ?

Pourquoi est-il nécessaire de méditer en vidant totalement le mental? Qu’est-ce que le mental a fait pour mériter cela ? Le mental est-il notre ennemi ? Ou bien est-il un handicap ? Pourquoi naissons-nous avec un mental s’il ne nous sert à rien ? Voici toutes les questions que nous allons aborder car « faire le vide mental » peut surprendre de prime abord, surtout quand nous savons que nous sommes quasi quotidiennement en sa compagnie, même lorsque nous rêvons, que ce soit la nuit ou en rêve éveillé, et même lorsque nous imaginons. Si le mental est omniprésent, pourquoi le mettre sur « off » de temps en temps ?

  1. Le mental n’est pas notre ennemi

Beaucoup parlent du mental comme s’ils étaient en guerre contre lui… sans même se rendre compte qu’ils sont dans le mental en parlant ainsi, en pensant ainsi. Le mental, en fait, c’est ce qui en nous pense par représentation. Conceptualiser quelque chose, c’est cela le mental (bien que la philosophie occidentale distingue le mental qui analyse, de l’intellect qui synthétise, et qu’il existe aussi une distinction dans l’hindouisme entre manas – le mental – et buddhi : l’intellect discriminant).

Si penser revient à actionner notre mental, il est absurde de vouloir en faire son ennemi intérieur. Car cela reviendrait à vouloir se passer de ses mains ou de ses jambes, ses pieds. Le mental rend autant de service que nos mains, nos pieds. Si nous comprenons qu’il faut courir pour échapper à un danger : le mental nous sauve. Tout comme nos jambes, nos pieds. Le mental est un outil, et un outil parfaitement adapté à la vie dans le plan matériel. Si nous avons faim, notre mental nous dit qu’il faut manger. Si nous sommes en danger, notre mental va raisonner pour analyser la situation et présenter une issue. Sans le mental, notre espérance de vie serait proche de zéro car nous risquerions notre vie physique à chaque seconde. Lorsque l’enfant met ses doigts dans une prise électrique et qu’il reçoit une décharge, c’est son mental qui lui dira de ne plus retenter la douloureuse expérience. Sans le mental, l’enfant commettrait les mêmes erreurs, mettant sa vie en danger constamment. Si nous roulons par inattention sur la voie inverse (par exemple, par un léger endormissement), c’est notre mental qui va rapidement nous remettre sur la bonne voie. Pourquoi ? Parce que le mental visualise le danger : il l’évalue.

Le mental est une espèce de super ordinateur capable de faire de nombreux calculs à la vitesse de l’éclair pour nous aider à vivre notre vie matérielle. Avoir un mental paresseux, c’est assurément commettre de nombreuses erreurs dans sa vie quotidienne : ne pas savoir choisir ses ami(e)s, ne pas vivre en ayant l’hygiène nécessaire pour sa santé, ne pas savoir ce qu’il faut dire ou ne pas dire en présence de certaines personnes, etc. Un mental paresseux, cela est très handicapant au quotidien car nous ferons tout « de travers ». Tous les métiers qui demandent de l’adresse, de la précision, de la rigueur impliquent un mental performant. Si le mental est fantasque, rêveur, jamais là où il faudrait qu’il soit, s’il n’est pas discipliné, alors il pose problème.

« Évitez les mauvais amis, évitez la compagnie des hommes vils. Recherchez les amis véridiques et les hommes d’un caractère élevé » (Parole du Bouddha in Guy Serraf, Dhammapada, Louise Courteau, 1988, p. 78)

D’une certaine façon, le mental est comparable à un sportif car il peut devenir un athlète de haut niveau et devenir très performant. Les scientifiques, par exemple, les philosophes, les intellectuels en général, ont un mental et un intellect de haut niveau. Toutes les opérations logiques sont gérées par cet outil de l’esprit : c’est un ordinateur qui peut s’auto-éduquer et progresser, de la même façon que l’I.A., l’Intelligence Artificielle. Ce qui est sans surprise puisque ce sont des hommes, avec leur mental, qui fabriquent des « reflets » d’eux-mêmes, le mental peut se dupliquer, un calcul peut se dupliquer.

Le mental est donc géré par des automatismes. Ce sont ces automatismes, qui entrent dans le subconscient, qui nous aident dans notre vie quotidienne : l’enfant ne met plus ses doigts dans la prise électrique, nous ne roulons plus sur la voie inverse et nous n’y pensons même plus. Les automatismes sont là pour nous aider à avoir l’esprit libre. Le mental est « en tâche de fond » pour parler comme les informaticiens. Il y a la sous-couche qui effectue son travail pendant que l’esprit continue à élaborer d’autres calculs. Le mental est lui aussi, comme nos corps subtils, constitué par couches. Le mental par apprentissage, le mental par nos propres expériences, le mental par nos désirs, le mental par nos réflexions, le mental par notre représentation du monde, bref, nous sommes saturés de mental.

Résumons : toutes les opérations de l’esprit sont de l’ordre du mental. Si nous n’avions pas de mental, nous serions végétatifs comme les plantes.

Mais alors, si le mental est si précieux pour réussir notre vie physique, pourquoi méditer en faisant le vide ? Pourquoi se passer du mental ?

Le mental qui est constitué par couches ne cesse d’accumuler et d’accumuler des réflexes, des façons de penser. NOUS SOMMES CONDITIONNÉS PAR NOTRE MENTAL. De la même façon que nous sommes conditionnés dans une enveloppe charnelle. Un corps physique est très utile sur Terre. Le mental est très utile pour s’adapter à la vie sur Terre. Mais corps physique et mental sont des CONDITIONNEMENTS, c’est-à-dire qu’ils ont leurs limites propres. Un corps physique dénué d’outillage ne peut pas permettre de voler comme un avion, et avec nos deux bras, nous ne pouvons pas tout soulever, ni tout prendre. Le corps est limité par ce qu’il est. Le mental est aussi une limite dans le sens où il opère systématiquement des discriminations logiques et sémantiques : blanc/noir, vrai/faux, haut/bas, gauche/droite, etc. C’est aussi lui qui distingue les nuances : aimer n’est pas désirer, chanter n’est pas crier, etc. Or la Réalité qui englobe tout dépasse largement les dichotomies avec ses infinies nuances, ainsi que LES REPRÉSENTATIONS DU MONDE.

« Bien que les phénomènes apparaissent très divers, la nature de cette diversité est non duelle, et de toutes choses individuelles, aucune ne peut se ramener à un concept fini » (« Les six vers de Vajra » in Chögyal Namkhai Norbu, Dzogchen et Tantra : La voie de la Lumière du bouddhisme tibétain, Albin Michel, 1995, 2006, p. 15).

Une représentation du monde est toujours basée sur des expériences personnelles, des croyances, des rêves, des attentes, des illusions. Nous avons tous des représentations du monde DIFFÉRENTES. Voilà donc ce qu’est le mental : UN FILTRE.

2. Enlever le filtre du mental

« Toute la vie ne doit pas être consacrée à des rixes d’écoliers et à des discussions académiques » (Swami Vivekananda, Raja Yoga, InFolio, 2007, p. 116)

En spiritualité, nous cherchons à atteindre ce qui dépasse toutes les constructions artificielles, toutes les représentations du monde. En philosophie, chacun aura constaté qu’il existe autant de philosophies que de philosophes. En effet, le mental est capable de constructions infinies. On peut toujours améliorer la construction d’un prédécesseur, ou bien la déconstruire pour en faire autre chose. La tâche est infinie. On atteint alors des vérités relatives. Relatives à quoi ? Eh bien à nos croyances, nos postulats, notre représentation du monde… Bref, c’est un cercle vicieux : ON NE PEUT PAS SORTIR DU MENTAL À L’AIDE DU MENTAL. Ainsi, tous les raisonnements, MÊME CEUX QUI ARGUMENTENT CONTRE LE MENTAL, sont de l’ordre du mental.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a existé un sage du nom de Nâgârjuna (moine bouddhiste du IIe-IIIe s. ap. J-C) qui a développé un système-anti-système philosophique où tout est affirmé comme vrai, ainsi que son contraire. Ou bien tout est affirmé comme faux, ainsi que son contraire. Bref, peu importe, il s’agit tout bêtement de faire en sorte que le mental baisse les armes pour CASSER LE CERCLE VICIEUX DU MENTAL QUI VEUT SORTIR DE LUI-MÊME.

« Nâgârjuna tout à la fois refuse l’ontologisme et le nihilisme. Il se situe au milieu, sans position, ni dans l’Être, ni dans le Non-Être, ni dans l’affirmation, ni dans la négation » (Jean-Marc Vivenza, Nâgârjuna et la doctrine de la vacuité, Albin Michel, 2001, p.98).

Un cercle vicieux, tôt ou tard, il faut le rompre car cela peut être lassant, d’échouer, échouer, échouer encore et encore. Dans le mental, le mental ne peut sortir de lui-même.

Alors, il faut tenter le grand saut. Mais pas dans le mental, donc pas dans des pensées, quelles qu’elles soient. L’absence de pensée permet alors et déjà, UNE LIBÉRATION – une libération du mental. Le bénéfice est immense car c’est comme si on autorisait un athlète surentraîné de souffler un peu. Paradoxalement, on va faire du bien à notre mental : ON VA LE PURIFIER. Nous voyons donc qu’il ne s’agit pas du tout d’être l’ennemi du mental… car tous les textes de sagesse s’adressent à quoi dans l’esprit des lecteurs ? À leur mental ! Eh oui, les textes de sagesse sont adressés au mental. C’est pourquoi le Bouddha originel a dit à ses disciples :

« Par la méditation et la réflexion, luttant et s’efforçant avec constance, ces hommes sages atteignent le Nibbâna [la Réalité essentielle], la plus haute liberté » (Guy Serraf, Dhammapada, Louise Courteau, 1988, p. 70).

« Il est dit juste celui qui distingue entre la cause vraie et la fausse, qui juge les autres sans hâte, ni partialité, mais avec un esprit droit et calme, sage gardien de la Loi [Dharma : loi universelle] » (Idem, p. 107).

Le mental peut donc être un allié précieux. Il peut être amadoué, apprivoisé pour PRENDRE SA JUSTE PLACE. Ce qui ne va pas, c’est de donner au mental le pouvoir illimité sur notre être, notre esprit. Ce serait comme s’enivrer de courir, courir et de ne jamais cesser de courir… Pourquoi courir toujours après toute chose quand elles sont là, devant nous ? Le mental est semblable à des petites pattes musclées capables de faire d’immenses circuits olympiques. Mais tourner en rond, même à toute vitesse, c’est aller nulle part.

« Un âne tournant autour d’une meule fit cent milles en marchant. Lorsqu’on le détacha, il se trouva encore au même endroit. Il y a des hommes qui marchent beaucoup et n’avancent nulle part » (Jacques Ménard, Évangile selon Philippe, Cariscript, Paris, 1988, 1997, p. 71).

En court-circuitant le mental, on sort du cercle-vicieux, on sort des carcans, on sort des systèmes, on ventile un peu toutes ces constructions du passé.

« Rejetant les constructions du passé, rejetant l’imaginaire du futur, rejettant les illusions du présent, tu échappes au monde : l’esprit totalement libéré, tu ne pourras plus retomber dans ce qui naît et ce qui va à décomposition » (Dhammapada, idem, p.121).

La Réalité dont nous n’avons que des représentations mentales peut être expérimentée au-delà de nos sens. Notre corps physique nous conditionne aux données sensibles. Notre mental élabore d’excellentes déductions en se fiant à nos données sensibles. Mais cela reste UN PLAN HORIZONTAL DE PERCEPTIONS. Le mental va nier TOUT CE QU’IL NE PERÇOIT PAS. Pour lui, « pas vu, pas cru ». Si le mental ne le voit pas, c’est qu’il n’existe pas, ou qu’il y a un gros, gros doute. LE MENTAL A TENDANCE À ÊTRE OMNIPRÉSENT en notre esprit. Ce n’est donc pas qu’il soit mauvais en soi, qu’il soit un ennemi, c’est qu’il prend une place trop importante, omniprésente.

Certes, un philosophe dira que tout ceci est normal puisque le mental ne fait qu’analyser : il est donc limité à la partie, aux parties. Tandis que l’intellect, lui, synthétise et débouche sur une vision d’ensemble. Acceptons l’objection. Mais demandons-nous ce que vaut cette vision d’ensemble ? D’où provient la vision d’ensemble de l’intellect ? Eh bien, elle est tributaire des données du mental. On ne synthétisera jamais ce qui n’est pas dans les données de départ. Donc même l’intellect synthétique est limité, conditionné par les limites du mental.

La vision d’ensemble totale, ce n’est ni le mental avec ses discriminations analytiques, ni l’intellect avec la synthèse des données du mental, qui peuvent y parvenir. Bref, il faut totalement sortir des pensées, ce qui se nomme LE LÂCHER-PRISE. Eh oui, il faut avoir confiance de la nécessité d’agir ainsi. Le mental et l’intellect sont précieux, mais sont conditionnés. Parfois, il est régénérateur de sortir un peu de nos petites cellules…

Le vide mental est donc sain, bénéfique puisqu’il va reposer ce super athlète qui reprendra du travail après la méditation. C’est un repos largement mérité ! Sauf que nous méditons dans cet état, non pour le reposer et le reprendre ensuite, mais pour nous ouvrir véritablement au Tout de la Réalité, le Tout sans limite, sans représentation.

3. La pratique du vide mental doit être souvent pratiquée

À partir de là, commence l’apprentissage de la méditation en spiritualité. Car ce n’est qu’un début. N’allons surtout pas croire que parce que nous avons atteint la porte de sortie, nous avons atteint le Paradis ! Chérir la porte est absurde, se cramponner à la porte est ridicule. Pourquoi s’attacher à la porte et ne pas aller au-delà d’elle ? Tous ces gens agglutinés à la porte : n’est-ce pas aussi un conditionnement ? Ne prenons pas l’étape numéro 1 comme l’aboutissement car cela est encore UN PIÈGE DE L’ÉGO. Ce serait comme passer un premier niveau avec succès, cela ne veut pas dire que nous pouvons partir et qu’il n’y a plus rien à apprendre. S’il faut des années aux authentiques maîtres et disciples pour se parfaire, c’est évidemment que le vide mental n’est pas l’unique but recherché car une page vide serait plus efficace que des tonnes de textes sacrés dans les écoles mystiques du monde entier. Une page vide. Rien. Avec rien, nous n’obtenons rien. Une page vide ne suffit manifestement pas à se réaliser. Donc, le fait de court-circuiter le mental EST UN DÉBUT, le début d’une bien belle aventure en spiritualité. Franchir une porte augure d’une immense liberté de ce qui est au-delà d’elle.

« Nous sommes toujours en train de prendre et de réunir des visions illusoires, étant toujours entravées par elles. C’est la raison pour laquelle nous parcourons des vies innombrables dans le Samsara. Comme nous souffrons, nous nous mettons à rechercher le Nirvana, voulant être libéré de ces chaînes. Celui qui nourrit de telles intentions devra, dès le début, écouter et apprendre les enseignements justes. Dans un deuxième temps, il devra pratiquer au moyen de la contemplation ce qu’il a appris. Enfin, la pratique portera son fruit. Vous devez vous y consacrer durant cette vie, ou alors vous serez à coup sûr piégé dans le Samsara. Tel est le but d’une vie qui a un sens. D’après le texte de L’Or Raffiné : ‘Pendant le bardo de la vie normale, vous devez apprendre et pratiquer' » (Shardza Tashi Gyaltsen, Les sphères du Cœur : Enseignement Dzogchen de la tradition Bön, Les Deux Océans, Paris, 1998, p. 94).

Tentons à présent d’expliquer un peu pourquoi il en va ainsi. La Réalité est d’une infinie complexité avec d’incalculables dimensions d’existence. Nous pouvons aussi définir qu’il existe d’innombrables mondes soumis aux formes, mais il en existe d’encore plus innombrables sans aucune forme du tout. Ce que nous connaissons de l’Esprit est balbutiant. Nous sommes comme des nouveaux-nés à la façon de la fin du film 2001, l’Odyssée de l’Espace (de Stanley Kubrick). Notre cerveau, notre évolution ne nous permettent pas de tout comprendre, car cela serait inassimilable. Plus nous évoluons (dans la bonne direction), plus nous devenons humbles car rien n’est semblable à ce qu’il paraît, et cela est vrai aussi pour ce vide… ce vide qui n’est pas vide… mais un passage ! Ce vide qui est un sas… Tous ces gens assis par terre qui trinquent au champagne parce qu’ils sont dans le sas, ne sont encore que dans un tout petit conduit d’une gigantesque Réalité qui nous dépasse tous, infiniment.

Il est vrai qu’il y a de quoi se réjouir d’être dans le sas car ce que nous pouvons faire après semble magique, impossible, peu probable, mais nous sommes encore dans un Tout qu’il nous reste à comprendre en son essence véritable. C’est proprement vertigineux.

En fait, l’expression « vide mental » est elle-même trompeuse car nous pourrions croire que c’est toujours le même vide que nous atteignons, et que chacun atteint le même état spirituel par cette pratique, tout comme 0 = 0. Mais ce n’est pas aussi simple : par exemple, Lilian Silburn présente dans une étude collective sur « Le Vide », « sept vacuités d’après le Çivaïsme du Cachemire » :

« Si l’on veut survoler les diverses vacuités échelonnées au long de la vie spirituelle afin de les embrasser toutes dans une perspective unique, on en trouve dans le Çivaïsme moniste du Cachemire un panorama heureusement déjà tout tracé, le seul à ma connaissance, exception faite des vingt-cinq vacuités des Bouddhistes Mahâyâna (…). Le svacchandatantra qui remonte aux premiers siècles de notre ère, expose sept sortes de vide » (Lilian Silburn in Le Vide : Expérience spirituelle en Occident et en Orient, Deux Océans/Hermès, 1981, p. 213).

Pour information, voici les sept vides (relatés, expliqués, commentés dans le svacchandatantra). Ils sont énumérés ici, juste à titre informatif ou déclaratif. On pourrait croire que ce ne sont que des distinctions verbales, à tort. Il est nécessaire de lire le texte de Lilian Silburn pour accéder aux spécificités de chacun de ces vides distincts dans les états qu’ils procurent ou ce à quoi ils donnent accès :

  1. Le vide inférieur (dans le cœur en quittant le domaine objectif)
  2. Le vide intermédiaire relatif à la connaissance
  3. Le vide supérieur (accès au Je universel)
  4. Le vide de l’immensité cosmique (vyoman)
  5. Le vide de l’égalité (samanâ) avec la pensée unique sans intention
  6. Le vide supramental (unmanâ) ou nirvâna
  7. Le vide indicible : l’ultime anâkya (plénitude, félicité cosmique, le microcosme dans le macrocosme et vice versa)

Quant au bouddhisme du « Grand Véhicule » (ou « grande voie »), dix types de vide sont dénombrés :

« Fils des bouddhas, le bodhisattva établi dans la terre de Présence Manifeste peut entrer dans l’extase du vide : dans l’extase du vide d’essence propre, dans l’extase du vide de la vérité absolue, dans l’extase du vide premier, dans l’extase du grand vide, dans l’extase du vide des combinaisons, dans l’extase du vide d’émergence, dans l’extase du vide qui, selon le Réel, ne discrimine point, l’extase du vide qui ne renonce à rien, et enfin, l’extase du vide qui se détache sans se détacher » (Soûtra des Dix terres, Fayard, 2004, p. 132).

Il y a donc plusieurs résultats qui découlent du vide mental. Il y a le vide mental intermédiaire qui n’est qu’un sas, par exemple, et un autre qui est l’Union avec le Tout, l’accès à l’interdépendance entre tout chose, mais au terme de nombreuses pratiques préparatoires et de méditations de déconditionnement. Bref, le « vide mental » inférieur ou intermédiaire, par exemple, ne sera pas un raccourci pour s’épargner les remises en cause de notre égo, s’épargner les vertus (comme l’Amour, la compassion, l’altruisme, la bonté, la présence dans l’ici et maintenant, etc.), s’épargner les compréhensions des textes de sagesse, s’épargner la vie au quotidien...

Le grand intérêt de la spiritualité, c’est qu’elle s’ouvre aux expériences qu’elle peut multiplier. Le mental, en revanche, multiplie les théories, mais que valent les théories si aucune expérience ne vient les valider ? Par ailleurs, l’expérience qui vient valider la théorie, est-elle limitée à cette théorie ? L’approche mentale est en réalité terriblement présomptueuse et aveugle. Quant aux expériences permises par la spiritualité, elles sont énigmatiques car incomplètes. On voit donc qu’il manque toujours quelque chose… car nous ne sommes que les parties d’un Tout : nous n’avons jamais le dernier mot. Ni avec le mental, infini dans ses spéculations, ni avec nos expériences.

Cela veut dire que nous pouvons encore nous déconditionner de niveau en niveau… Et que différents sas nous attendent !

« Le sentier est unique pour tous, les moyens d’atteindre le but varient avec chaque pélerin » (Le Yoga tibétain et les Doctrines secrètes, Jean Maisonneuve Successeur, Paris, 1987, p. 76).

Ainsi, passer des années à méditer sur le vide, ce n’est pas piétiner dans le rien, comme le mental étranger à ces pratiques pourrait le présumer : s’il n’y rien à vivre, rien à expérimenter, je ne perds rien à ne pas le faire… Mais au contraire, c’est un apprentissage qui peut favoriser de nombreux déconditionnements… Et nous en avons beaucoup ! Cela se voit dès que le mental s’exprime, chez chacun d’entre nous. C’est ainsi.

Conclusion

Pour ne plus dire des choses fausses, relatives ou illusoires, il faudrait se taire. Mais si nous ne disons jamais rien, nous ne servons à rien (à moins de transmettre quelque chose dans ce vide qui n’est pas vide)… Le mental n’est donc pas à bannir si nous avons un corps physique, une langue, un besoin de vivre sur ce plan matériel et de communiquer.

Le vide mental est une façon de transcender nos carcans étriqués, nos points de vue. Mais nous avons un immense travail à opérer sur nous-mêmes pour déconditionner de nombreux aspects de notre être. Nous sommes constitués de couches et chacune doit être auscultée, libérée et rayonnante. Ainsi, la spiritualité nous apprend LE VOYAGE INTÉRIEUR. Voilà l’intérêt du sas qui n’est pas une fin en soi.

Un cortège de fléaux ?

Charlton Heston dans le film « Les 10 Commandements » de Cecil B. DeMille (1956).

Ce blog ayant été créé notamment pour raisonner nos peurs, mais aussi pour nous projeter dans l’avenir, nous ne pouvons laisser sous silence les voyances que certains font pendant cette pandémie. Si nous prenons le temps d’écouter le contenu de certaines voyances, le Covid-19 n’est que le début d’un cortège de fléaux à venir. Que pouvons-nous dire à ce sujet ?

D’abord, il faut savoir que la voyance, fut-elle authentique, n’est pas une science exacte. La voyance se limite souvent à la perception de flashs, ou bien à des communications avec des défunts (membres de la famille ou amis décédés), des entités de l’Astral. Un bon voyant n’est pas forcément quelqu’un qui saurait prédire l’avenir, mais un individu capable de sonder son client : dans son passé, son présent, ses attentes futures, ainsi que l’opportunité face à certains événements. Or, percevoir le contenu de la psyché individuelle ou collective, ce n’est pas percevoir le futur. C’est simplement énoncer une potentialité future. Les voyants honnêtes l’admettent sans souci. Les autres, malhonnêtes, agissent différemment : ils effrayent leurs clients afin qu’ils reviennent les voir. La voyance peut être un art divinatoire très mercantile qui ne repose que sur des techniques très connues dans l’art du mentalisme de scène : observer la communication non verbale des clients, par exemple. Il nous faut donc y voir un peu plus clair dans ces voyances qui nous annoncent le pire prochainement, comme si la pandémie, la crise économique mondiale et la division des pays n’étaient pas suffisantes.

Un authentique voyant n’a que très rarement les moyens de savoir d’où proviennent exactement ses flashs perçus. Ce point est essentiel à comprendre. Il ne peut pas savoir s’il capte ses propres peurs refoulées dans son inconscient (celles de sa vie présente, mais aussi de traumatismes plus anciens), ou bien les peurs de ses clients, ou encore les peurs collectives. Quand il sait qu’il est en contact avec un défunt, c’est très souvent de l’Astral dont il s’agit. « Astral » vient du latin Aster (qui signifie « étoile », « lumineux »). C’est un mot assez générique pour parler de l’au-delà. Mais l’Astral, c’est avant toute chose, un plan de réalité intermédiaire, un peu à l’image d’une gare ou d’un aéroport. Ceux qui vivent dans l’Astral sont soit dans l’attente d’autres défunts qui viendront les rejoindre, soit dans l’attente d’une prochaine incarnation. Ce n’est pas le plan des âmes hautement évoluées spirituellement, moralement. Cela signifie que l’Astral n’est pas une source fiable d’informations car sur le plan ésotérique des traditions spirituelles, ce plan d’existence est caractérisé par la dominante émotionnelle. Or, les émotions, même si elles peuvent être intenses, belles, expressives, profondes, riches sur un plan artistique (il existe de magnifiques paysages dans l’Astral avec des couleurs inconnues sur Terre et des luminosités et des textures de matières inoubliables), restent des émotions. L’Astral regroupe donc de nombreux mondes qui s’échelonnent sur la qualité des émotions, depuis les plus viles (bas Astral), jusqu’aux plus raffinées (Astral supérieur). On comprend alors que si nous puisons nos flashs visuels ou nos informations médiumniques de l’Astral, nous aurons en priorité ce qui impacte notre fibre émotionnelle. Pour bien comprendre ce dont nous parlons, ce serait comme aller au cinéma, voir un film hollywoodien. Sans même connaître le film, nous savons que les émotions seront exacerbées : cela créé du suspens, de la tension dramatique jusqu’au dénouvement final. C’est pourquoi dans les grandes traditions telles que l’hindouïsme, le jaïnisme, le bouddhisme notamment, ces mondes, aussi laids ou beaux soient-ils sont encore « une matrice illustoire » : celle de nos émotions.

Ainsi, nous ne disons pas forcément que ces voyances seraient du charlatanisme en œuvre : effrayer les clients pour qu’ils reviennent payer d’autres consultations. Non, pas dans tous les cas. Le voyant peut être honnête dans ses flashs et croire en la réalité de ses perceptions extrasensorielles. Pour autant, la source de ces visions n’est pas fiable. L’Astral n’est pas fiable. Un monde intermédiaire, de loin inférieur aux plans élevés de l’Esprit, n’est pas fiable. Dans l’Astral, toute pensée devient réalité. C’est le monde imaginal dont ont parlé les mystiques de diverses traditions. Pouvons-nous dire alors que si nos peurs peuvent se matérialiser en images, nous avons là, devant nos yeux, notre futur ? Non. Nous avons un reflet de nos peurs. Ceci est le premier point.

Le second point est que dans l’Astral, il existe des entités malignes qui aiment jouer des peurs des êtres humains. Alors si le voyant ou le client, sont en attente, plus ou moins consciemment, de ce type de visions, autant dire que les flashs de toutes sortes de scénarios apocalyptiques ne manqueront pas d’arriver. Être honnête ne signifie donc pas être dans le vrai. Oui, nous pouvons nous faire manipuler très facilement par les entités de l’Astral qui peuvent tenir le discours que nous attendons d’elles. Ceux qui ont « joué » avec « la planche Ouija » ou les « tables tournantes » connaissent trop bien ces mésaventures où le vrai côtoie le faux. La manipulation existe sur Terre : elle existe aussi dans l’Astral.

Troisième point : celui des potentialités soumises à la réaction en chaîne de ce qui arrivera ou pas dans un futur proche. Clarifions : le futur n’est pas écrit d’avance. Il résulte de la somme d’un effet « domino » ou « papillon ». Si certains éléments, même minimes, changent dans un futur proche, le scénario à long terme change, évolue, s’adapte en conséquence. Un futur s’inscrit toujours dans une chaîne d’événements. Ceci dépasse de beaucoup l’intelligence humaine car nous ne savons pas prendre en compte l’importance de certains détails qui à nos yeux ne sont pas très significatifs. Preuve en est que certaines Intelligences Artificielles (IA) parviennent aujourd’hui à prendre en compte ces détails qui sont passés inaperçus pour nous, et à en produire des modèles prévisionnistes exacts : nous en avons un exemple avec BlueDot qui, dès le 31 décembre 2019, avait prédit la pandémie mondiale. Si une Intelligence Artificielle peut produire des prévisions exactes, c’est bien que la futurologie n’est pas une énième pseudo-science, malgré sa redoutable complexité.

En conclusion de tout ceci, nous devons prendre beaucoup de recul sur ces peurs car à vouloir trop les écouter, et trop y croire, nous pouvons les créer. Si nous sommes très nombreux à céder à de telles peurs, elles peuvent se matérialiser.

Selon la cosmonaute russe Marina Popovich, colonel de la Soviet Air Force, « les scientifiques [russes] estiment que le chaos émotionnel humain perturbe énormément la Terre, qui réagit de plus en plus violemment à cette saturation (…) Chacun de nous a le pouvoir d’affecter ce champ [éthérique] de manière positive ou négative. Toute la négativité exprimée, comme la haine et la peur, a une incidence directe sur l’état de la planète« . Marina Popovich (1931-2017) a également fait quelques révélations sur le sujet ufologique. Elle est d’ailleurs l’auteure de UFO Glasnost (publié en allemand en 1991) et de Meine UFO-Begegnungen : Eine MIG-Pilotin berichtet (Ullstein TB, 1993).

Marina Popowitsch, UFO-Glasnost: Ein Geheimnis wird enthüllt, Langen-Müller, 1991.

Ceci est une loi de l’Esprit propre à de nombreux mondes dont le plan physique et astral. Personnellement, préférant me connecter à des réalités plus élevées que l’Astral (n’avons-nous pas le choix de dépasser le plan émotionnel ?), je ne vois aucunement un cortège de fléaux s’abattre sur nos têtes. Et même si j’ai perçu la fin de l’Europe, ce n’est pas mauvais en soi car le repli identitaire des pays laissera un vide – vide qui sera comblé par de nouveaux projets collaboratifs entre pays pour le bien de la planète.

Je perçois une crise directe liée à la pandémie de 2020 à 2024 inclus à l’échelle du monde entier, dont une à deux années, selon les pays, consacrées à la lutte contre le coronavirus (ce qui irait d’ailleurs dans le sens d’une étude de chercheurs de Harvard publiée dans la revue « Science« ), puis en 2025, le début d’une société qui, à l’échelle du monde, sera nouvelle offrant des solutions inédites. 2025 sera une sortie de crise offrant une nouvelle sérénité, le pire étant passé. Par comparaison, les années [2020-2024] seront considérées comme « les années noires ». Pour la France, je vois un vaccin sur Paris qui agit comme un signal psychologique dans un premier temps, mais c’est surtout la mise au point d’un sérum courant 2021 qui fait la différence par sa réelle efficacité – un sérum si efficace et sans effet secondaire qu’il sera exporté. Quant au télétravail, des plateformes sécurisées et bien adaptées seront opérationnelles en octobre 2021 spécifiquement pour les écoles.

Ces informations m’avaient été données avant le confinement, il semble qu’elles se confirment pour certaines d’entre-elles, j’ai donc choisi de les partager sur ce blog. Je ne vois aucun nouvel Ordre Mondial ou dictature planétaire. De nombreux pays déjà en conflit ne pourraient pas accepter une dictature planétaire. Je vois aussi – mais cela peut être facile à deviner par la seule logique – que notre gouvernement va subir de terribles assauts liés à la justice et va devoir limoger des personnalités politiques, remanier en profondeur son ministère. Ce sera une crise politique sans précédent.

Souvent, les gens pensent que la voyance doit être très différente du résultat d’une analyse logique ou rationnelle. Non, ce sont deux moyens distincts de parvenir au même résultat. Une bonne déduction logique peut très bien parvenir au même résultat qu’une voyance qui tombe juste et vice-versa. Cela permet de mettre à l’écart nos peurs irrationnelles car il faut reconnaître que nous avons beaucoup d’imagination en ce domaine… Nous avons une créativité infinie, nous pourrons nous en servir pour créer le monde nouveau, post-coronavirus.

Un nouvel Ordre Mondial ?

Face à cette pandémie catastrophique puisqu’elle touche le monde entier, mais aussi face au confinement autoritaire qui en résulte dans plusieurs pays, certains voient la confirmation que la phase 1 d’un projet totalitaire est en train de se mettre en place : un nouvel Ordre Mondial. Qu’en est-il réellement ? Le but de ce site étant d’apporter de la rationnalité pour surmonter nos peurs ou nos craintes, il est important de réfléchir à ce qu’elles signifient.

Si un Ordre Mondial, c’est-à-dire un gouvernement unique à l’échelle de la planète se mettait en place, aurait-il vraiment une chance lorsque nous savons de source sûre les tensions, les affrontements, qui existent entre des pays comme les USA, la Russie, l’Iran, la Chine, la Corée du nord ? Ceux qui défendent cette idée prétendent que ces tensions sont une mascarade, une façade, qui dissimulent des ententes… Mais cela est faux. Dans toute théorie, il faut considérer les faits et non pas les ignorer comme s’ils n’existaient pas afin de se donner raison. La planète n’est pas en paix, l’échiquier politique avec ses affrontements et ses divisions est une réalité. Notre planète est en souffrance non seulement à cause des plus riches qui dominent et exploitent les autres, mais aussi à cause des guerres et des conflits entre les divers pays et leurs allégeances aux puissances dominantes. L’armement nucléaire, par exemple, en est la preuve. Si un certain nombre de pays (comme récemment la Corée du nord et l’Iran) veulent la force de frappe nucléaire, c’est qu’ils souhaitent entrer dans un rapport de force avec les autres pays qui disposent de ces armes. On pourrait parler d’un équilibre stratégique par la peur que chacun exerce sur autrui. Cela n’est pas du tout le reflet d’une unité entre les nations pour la mise en place d’un gouvernement mondial. En réalité, nous sommes vraiment très loin d’établir une telle unité mondiale.

Ceux qui suivent l’actualité de près auront remarqué la « guerre des masques » quand les USA détournent sur le tarmac d’un aéroport chinois le vol d’un avion à destination de la France afin de bénéficier aux aussi, de masques pour sauver leur population. Et ce n’est pas un cas isolé : L’Allemagne a accusé les USA d’avoir volé 200.000 masques qui lui étaient destinés. Quant à l’Italie et l’Espagne, ils accusent la France d’avoir saisi un stock de 4 millions de masques qui leur étaient destinés, fabriqués par le producteur suédois Molnlycke. Et on pourrait continuer la liste de telles pratiques… Est-ce là le signe d’une entente cordiale entre chaque nation ? Le signe avant-coureur d’un Ordre Mondial ? Visiblement non. C’est plutôt le signe de la politique d’une lutte d’intérêts entre pays. C’est à juste titre que Jean-Sylvestre Montgrenier, chercheur pour l’Institut franco-belge Thomas More dénonce :

« Les États sont en situation de compétition les uns envers les autres, voire de rivalité. C’est ce que la philosophie politique nomme ‘l’état de nature’« .

Les mêmes qui défendent ces idées nous parlent aussi de l’omnipotence des sociétés secrètes. Mais c’est ignorer que chaque pays a ses sociétés secrètes et que les intérêts des uns ne sont pas forcément en accord avec les intérêts des autres. Il est donc excessif de croire qu’une société secrète aurait un pouvoir absolu sur le monde entier quand il existe d’innombrables divisions entre les uns et les autres, même au sein des sociétés secrètes. En fait, notre planète est caractérisée par le manque d’unité : le manque d’unité politique, économique, etc. à tous les niveaux. Le chaos caractérise l’histoire de l’humanité, tout autant que ses guerres. Comment sur un fond de divisions pourrait s’instaurer un Ordre Mondial ? Les pays antagonistes ne le supporteraient pas car leurs intérêts diffèrent profondément.

Ainsi, ces peurs sont en réalité des fantasmes et donnent l’illusion que tout est prévu. Cette pandémie serait également prévue… Mais est-ce que cette croyance s’accorde avec les faits ? Tous les pays sont touchés et, pour beaucoup d’entre eux, dissimulent leur vrai nombre de morts : on ne peut pas dire qu’un pays tire bien son épingle du jeu. De plus, ceux qui s’en sortent le moins mal sont ceux qui avaient déjà été frappés auparavant, comme la Corée du sud. Lorsque nous voyons les contradictions, le capharnaüm au sein de chaque gouvernement étatique, nous constatons que non, cette pandémie n’était pas prévue. Aucun pays ne tire avantage à voir son pays s’écrouler tant par des morts qui touchent aussi la sphère politique, que par une économie à l’arrêt. Bien entendu que certains pays veulent tirer avantage de la situation, mais c’est sur un fond de chaos, et non pas sur un fond d’unité d’un nouvel Ordre Mondial qui aurait tout planifié.

Peut-être que certains trouvent rassurant de croire que tout est toujours planifié dans la vie, quoi qu’il advienne… Mais notre monde est chaotique, tout comme le cosmos où des galaxies s’entre-dévorent et des étoiles qui meurent. Le caractère aléatoire des choses est consubstantiel à la vie elle-même : les prévisions boursières ne sont pas plus exactes que les prévisions par les sondages politiques. Ce sont des équations complexes avec des variables mathématiques qui tentent de dégager des tendances statistiques. Or, des tendances statistiques, ce n’est pas du même ordre qu’une certitude factuelle. S’il est rassurant de croire que tout est sous contrôle, que tout est voulu par une puissance X, c’est une illusion fantasmagorique car dans toute liberté règne une marge de manœuvre, de hasard, de non-déterminisme – ce petit grain de sable qui peut bloquer la machine comme ce Covid-19 est en le parfait exemple : il va nous permettre de redistribuer les cartes dans un nouvel échiquier politique mondial. Croire en un Ordre Mondial (à venir ou déjà présent), c’est ignorer la multiplicité des intérêts de chaques nations, ainsi que les guerres constantes qui s’exercent, plus ou moins ouvertement, entre elles.

Le confinement autoritaire

Du fait qu’on a supprimé nos libertés de circulation pendant ce confinement forcé, certains craignent la mise en place d’une dictature progressivement dans notre pays, voire à l’échelle mondiale. Mais si les états ne confinent personne, dans la condition d’un manque cruel de moyens (masques, lits, machines respiratoires, kits efficaces de tests, etc.), le nombre de morts sera encore plus important qu’il ne l’est, et cela est déjà en train de se vérifier entre les pays qui confinent totalement leur population et ceux qui ne le font que partiellement, ou le retardent le plus possible.

Le confinement est donc provisoire pour réduire l’impact des contaminations et des morts. Cette mesure radicale est provisoire. Nos libertés ne sont pas menacées car il n’est dans l’intérêt d’aucune nation de stopper toute son économie et toutes ses forces de travail. Nous pouvons le voir en Chine (qui est pourtant une dictature), les dirigeants veulent que les citoyens reprennent au plus vite leurs activités. Il ne faut donc pas associer ce confinement-sécurité (pour soi-même et aussi pour les autres) avec l’indice d’une dictature qui pointe le bout de son nez. D’ailleurs, ceux qui tiennent ce discours minimisent le danger du Covid-19 comme si ce virus n’était qu’un prétexte pour mettre en place de sombres desseins. Mais les chiffres, exponentiels, de jour en jour, démentent l’idée que le Covid-19 n’est pas plus dangereux qu’une simple grippe. De plus, ces chiffres – et beaucoup commencent à l’admettre – sont en-deçà de la réalité dans la plupart des pays. Par conséquent, ces peurs sont démenties par les faits : on ne nous ment pas en exagérant la dangerosité du virus qui ne serait qu’une banale grippe, les chiffres de mortalité sont au contraire inférieurs à la réalité. Cette théorie inverse donc les faits pour se donner raison. Il faut apprendre à rationaliser ses peurs dans une période où il est normal qu’il y ait de la confusion et un nécessaire besoin d’adaptation.

Ils l’avaient dit et prévu

Certains affirment dans leur chaîne Youtube qu’ils avaient raison : ils l’avaient dit, ils l’avaient prévu. Ah, vraiment ? Ils lancent cette affirmation pour donner du crédit à leurs prévisions qui reflètent en fait leurs craintes ou leurs peurs. Si vous prenez le temps de regarder les anciennes vidéos qu’ils ont posté sur leur chaîne, que découvrons-nous ? Nous découvrons qu’ils faisaient des projets qui ont été contrariés par cette pandémie-surprise. Annuler ses projets, y renoncer par la force des choses, se retrouver dans une situation inconfortable, n’est pas le signe qu’on avait prévu quoi que ce soit. Et si nous regardons ce qu’ils annonçaient dans leurs vidéos anciennes, il s’agissait le plus souvent de choses très vagues abordant quantité de sujets sans aucun rapport avec une pandémie d’un virus. Mieux encore, ceux-là mêmes qui disent qu’ils l’avaient prévu propagent les erreurs en temps réel de ce qui était annoncé dans les médias, à savoir qu’il s’agissait d’une simple grippe dont le taux de mortalité serait largement surdimensionné. Bref, une grosse exagération pour pas grand chose. Or, que découvrons-nous ? Eh bien, le contraire. Les médias sont en réalité bien en-deça du compte réel de morts et de victimes touchées, aujourd’hui, nous le savons pour de nombreuses raisons. Méfions-nous de ceux qui s’avancent en disant qu’ils l’avaient prédit et qui ne font qu’agiter leurs peurs et les passions collectives. Il est facile de « prédire » une chose rétroactivement…

Un monde 3D en transition 5D

Certains adhèrent à la croyance que nous vivons dans un monde en 3D et qu’une transition prochaine nous assurerait un passage vers une réalité en 5D. Ce serait une issue éthérée liée à la planète et à notre niveau de conscience pour échapper à la situation présente. Cette croyance, nous allons démontrer qu’elle est fausse.

  1. Vivons-nous dans un monde en 3D ?

La présupposition est-elle vraie, pour commencer ? Non. Elle est fausse. Notre monde n’est pas constitué uniquement d’une longueur, d’une largeur et d’une hauteur. Einstein, notamment, y a ajouté le temps (ou l’espace-temps), ce qui donne déjà 4 dimensions. Mais la physique de la relativité est incomplète pour expliquer toute la réalité notamment à l’échelle de l’infiniment petit, donc faussée en partie. La physique quantique ajoute de ce fait d’autres dimensions (certaines théories postulent 11 dimensions pour notre réalité physique et non pas uniquement 3). Sans entrer dans trop de complexités, disons que depuis le Big-Bang, le monde qui en a résulté comporte déjà de multiples dimensions et dont nous n’en voyons que 3 spatialement (pensez, par exemple, à la « matière noire » ou masse manquante invisible de l’univers)… Ainsi, croire que nous vivons présentement dans un monde en 3D est une pure illusion liée à la limite de nos sensIci et maintenant, nous sommes entourés de nombreuses autres dimensions. Il ne sert donc à rien d’attendre un transit, les autres dimensions sont là depuis toujours, mais nous ne les percevons pas.

2. Sur quoi se fonde cette hypothèse d’une entrée dans un monde en 5D ?

Après enquête sur cette croyance, nous découvrons d’où provient cette confusion. L’existence de portails spatio-temporels (relatés notamment par Jimmy Guieu lorsqu’il parle des vortex) induit en effet l’existence d’une autre réalité parallèle et imbriquée. Mais cette réalité est simultanée et se rapporte à un autre espace-temps car si nous lisons attentivement ces récits, ces expériences relatent aussi des anomalies temporelles. Jacques Vallée en avait fait état dans son livre Visa pour la Magonie, soulignant justement les dangers de ces importants décalages temporels.

Notre planète n’est donc pas en voie d' »éthérisation » car cela impliquerait qu’elle n’a que la dimension physique à son actif actuellement. Or la physique quantique postule le contraire depuis le Big Bang. Quant aux incursions dans les autres dimensions par décorporations, nous constatons que la Terre a déjà d’autres réalités parallèles. La Terre est éthérisée depuis longtemps, tout comme elle est astralisée, etc. Toutes les dimensions coexistent en même temps, c’est une propriété de la création universelle. Prendre conscience aujourd’hui que la Terre possède d’autres dimensions ne signifie pas qu’elles n’existaient pas avant notre prise de conscience. C’est un peu comme la découverte des ondes radios, elles existaient bien avant que nous les découvrions.

Une autre source importante de cette croyance provient de l’ufologie lorsqu’aux abords d’un ovni, parfois, une bulle silencieuse semble suspendre le temps autour de soi et modifie le paysage naturel ambiant. Là aussi, il s’agit d’une bulle spatio-temporelle sans doute produite technologiquement. Preuve en est, l’effet est temporaire : quand l’ovni repart, l’anomalie cesse aussitôt. Ce n’est pas un processus en devenir.

3. L’Astral et le corps subtil

Quant au domaine de l’Astral, il suppose de délaisser son corps physique pour utiliser un double subtil car à chaque corps subtil correspond une réalité associée. Vouloir entrer dans l’Astral avec son corps physique, croire qu’une telle « transition » serait possible ne peut pas fonctionner en vertu des lois qui gouvernent chacun des plans d’existence. Chaque plan d’existence nécessite un corps-véhicule adapté. La croyance que nous allons prochainement entrer dans un monde éthéré avec nos corps physiques, n’est tout simplement pas possible, de la même façon qu’un corps de poisson n’est pas adapté pour vivre longuement hors de son milieu aquatique. Un autre monde avec ses conditions physiques ou énergétiques spécifiques nécessite un autre corps adapté. Il s’agit donc, là encore, d’une mécompréhension du phénomène des multiples réalités d’existence.

4. Une vision manichéenne entre une 3D négative et une 5D positive

D’une façon encore plus simpliste, certains enseignent dans leurs stages de formation de soins énergétiques que le monde 3D est négatif, alors que la 5D est l’état d’une ascension spirituelle, une réalité énergétique. C’est une vision manichéenne des choses. Tout monde, toute réalité est le reflet de ce que nous en faisons. Il n’y a pas de monde mauvais en soi. Le fait de percevoir 3 dimensions spatiales ne peut pas rendre mauvais un tel monde puisque ce qualificatif de bien et de mal est un jugement moral. Or des dimensions spatiales n’ont rien à voir avec des qualifications morales. Si le monde est mauvais, cela est dû à la passivité des gens qui vivent comme des somnambules d’une part et à la cupidité illimitée des autres d’autre part. La faute est dans le cœur de l’homme et son manque de sagesse, non pas dans les trois dimensions visibles. Quant à une réalité purement énergétique en 5 Dimensions, c’est ignorer que de toute façon, tout est énergie ! La vie est énergie, quel que soit le monde et son plan d’existence. Ce sont donc des discours qui révèlent une grande confusion sur ce qu’est le fondement même de la vie et l’énergie qui en est l’essence véritable. Dans cet ésotérisme commercial où chacun se prétend spécialiste, très compétent et vend ses formations, il n’est proposé que poudre aux yeux : Comment une Ascension pourrait-elle se faire par la fuite dans un autre monde sans se soucier de défendre de quelconques valeurs morales ici et maintenant ? Le Nirvana sans le moindre effort ? Et sans aucune compassion pour ceux qui souffrent et qui méritent la mort dans un monde en 3D ? La Matrice n’est pas liée à une particularité de trois dimensions visibles, c’est une structure mentale, un formatage des esprits, une prison intérieure qui peut nous suivre de réalité en réalité, de dimensions en dimensions.

Enfin, certains disent que le monde 3D se caractériserait par sa dualité, tandis que le monde 5D en serait dépourvu. Mais qu’est-ce que la dualité ? Elle provient de notre intellect. C’est lui qui discrimine les choses en unités binaires : 1 et 0, bien et mal, beau et laid, grand et petit, masculin et féminin, etc. Cela signifie que la dualité n’est pas non plus une propriété des dimensions spatiales ou énergétiques, mais de notre intellect. Où que nous soyons, si notre intellect n’est pas transcendé, nous serons toujours dans la dualité, même dans un monde supposé avec 5 dimensions.

Conclusion

Croire que nous vivons dans un monde 3D est une illusion liée à nos sens physiques, y compris sur le plan de la physique quantique et sur le plan de la physique relativiste. Croire que nous allons transiter vers une réalité à plus de dimensions devient donc absurde car ces autres dimensions espérées existent déjà ici et maintenant, sans que nous les percevions, le plus souvent, sauf rares exceptions. Même s’il est possible de faire parfois des incursions dans d’autres réalités, celles-ci sont parallèles, imbriquées, elles ne sont pas en devenir. Quant à l’énergie, elle est consubstantielle à la vie elle-même dans tous les mondes, tous les plans d’existence. Et pour le problème de la dualité, c’est uniquement l’éveil spirituel au-delà de l’intellect qui permet de la transcender. Ce n’est pas un lieu qui permet cet éveil, mais un travail spirituel à opérer en soi-même.

Il faut se méfier des vendeurs de rêves et de telles croyances qui sont enseignées dans des buts mercantiles car elles sont potentiellement dangereuses si on suit aveuglément de faux enseignements spirituels, sans parler des déceptions quand le Nirvana promis n’arrive pas… On peut très bien comprendre qu’avec cette pandémie généralisée et le monde insécurisant qu’elle révèle à plusieurs niveaux, nous ayons envie de fuir dans une autre réalité plus belle et rassurante, mais la fuite n’a jamais permis de résoudre un quelconque problème dans sa propre vie et dans le monde en général. L’incarnation nous pousse au contraire à assumer cette vie présente et non à la fuir, encore moins à valoriser cette fuite comme si elle représentait une Ascension spirituelle. Transformer notre réalité est un défi plus passionnant à relever que céder à de telles croyances qui ne peuvent que conduire à la déception, même si elles sont plus conformes à nos désirs. Comment pourrions-nous nous réaliser spirituellement dans la fuite ? Une réalisation spirituelle signifie que nous avons des vertus dont le courage fait partie. Prenez donc garde aux faux channelings, aux faux enseignements, à ces spiritualités trompeuses qui vous présentent l’attente passive et la fuite comme une réalisation spirituelle. Le grand nettoyage voulu par beaucoup devrait commencer par une honnêteté intellectuelle, de l’empathie envers ceux qui souffrent et décèdent et une remise en cause de soi-même lorsque nous échouons à défendre des valeurs morales précieuses pour l’humanité.