DUNE de Frank Herbert réactualisé

Dune réalisé par Denis Villeneuve, sortie : 2021.

En attendant de découvrir la nouvelle adaptation cinématographique de Dune (réalisation : Denis Villeneuve) qui est prévue pour cette année 2021 (théoriquement le 29 Septembre), nous pouvons nous replonger dans ce chef d’œuvre de la SF dans une traduction revue et corrigée de Michel Demuth (traduction plus fluide avec les noms conformes à la version originale). C’est une édition collector qui fête les 50 ans puisque Dune avait été publié en 1970 en français chez Robert Laffont dans la collection « Ailleurs et Demain ».

LES NOUVELLES COMPLÈTES

À signaler également la réédition intégrale des nouvelles de Frank Herbert, en 2 gros volumes :

  • le Tome I qui couvre les années 1952-1962 (parution : 25 mars 2021 chez BÉLIAL)
  • le Tome II qui couvre les années 1964-1979 (parution : le 26 Août, toujours chez BÉLIAL)

DUNE ET LA RÉFLEXION INTELLECTUELLE : politique, physique, philosophie, génie, religion, environnement, sociologie.

Une autre publication récente mérite notre attention, toujours au sujet de DUNE :

Les enseignements de Dune : Enjeux actuels dans l’œuvre phare de Frank Herbert sous la direction d’Isabelle Lacroix, Presses de l’Université du Québec, Sept. 2020.

Voici le lien du résumé et du sommaire.

Pour les anglophones who like philosophy : Jeffery Nicholas, DUNE and Philosophy : Weirding Way of the Mentat, Open Court, 2011.

  • Ch. 1 : Ecology of Muad’Dib
  • Ch. 2 : Politics of Muad’Dib
  • Ch. 3 : Ethics of Muad’Dib
  • Ch. 4 : Self of Muad’Dib
  • Ch. 5 : Heroism of Muad’Dib

And The Science of Dune : An Unauthorized Exploration into the Real Science Behind Frank Herbert’s Fictional Universe, BenBella Books, 2007.

About the contents, here.

And if you like audio book, you will find many choices here from Frank Herbert.

An other audio book about his biography :

Pour la version papier, uniquement en anglais, chez Tor Books, 2003.

Et si vous ne connaissez pas encore le projet cinématographique immense, colossal… et abyssal (puisqu’il a fini aux oubliettes) que lui avait consacré Alejandro JODOROWSKY, il existe un fascinant documentaire que l’on doit à Frank Pavich, 2016.

Avec la présentation ici (bande annonce) :

Focalisation – Intensification – Création : loi de l’esprit et synchronicité

Copyright : Murai.hr

Beaucoup ont pris conscience à quel point les médias en général, sauf quelques rares exceptions, peuvent être sources de stress, d’angoisse, de mal-être en raison du fait qu’ils accentuent les tensions entre leurs invités dans le but de faire le plus d’audimat possible : présence d’invités qui ne se supportent pas, questions provocatrices, questions qui fâchent, sujets polémiques, interruptions systématiques des réponses des invités en fin de phrase, etc. Une autre raison : la proportion de bonnes nouvelles est misérablement faible comparée aux nouvelles négatives, voire aux peurs qui sont sans cesse réactivées et surdimensionnées. C’est une logique pathologique anxiogène qui mine le moral des gens. Dans un contexte de pandémie où nos libertés sont restreintes, c’est encore plus difficile à vivre. Tous ceux qui ont une addiction pour « l’actualité » (le sentiment illusoire que tout se joue par l’image et certains invités) sont confrontés à la morosité entretenue.

Mais il existe un autre phénomène qui est d’ailleurs très connu en psychanalyse : nos peurs fabriquent notre réalité, en premier lieu par nos projections personnelles sur autrui et sur les événements (nous influençons les choses par nos paroles, nos pensées, nos comportements), mais aussi, dans un domaine plus métaphysique, parce que ce sont des énergies qui se connectent à des fréquences identiques dans le monde et attirent à nous ce qui leur correspond dans un délai plus ou moins rapide.

Nous allons donc traiter d’une loi de l’esprit car soit celle-ci est comprise de façon caricaturale (comme dans le documentaire « Le Secret » de Rhonda Byrne où il suffit de visualiser et désirer pour obtenir), soit elle est méconnue, ignorée.

La nécessité de bien connaître les lois de l’esprit est capitale à une époque où la paranoïa et les peurs collectives sont importantes et amplifiées en raison du contexte actuel.

Sur le plan purement psychologique, c’est assez facile à comprendre et à constater : si par peur, nous provoquons un individu, celui-ci pourra, en retour, être lui-même agressif. Action – réaction. Ne croyons pas que nos peurs sont innocentes dans notre existence. Par notre regard, notre expression faciale, notre comportement non-verbal, nos paroles : tout cela influence en modifiant les réponses de notre entourage et environnement. Il en va de même des animaux : nos peurs « provoquent » certains animaux à devenir agressifs. Ils la ressentent comme une onde. C’est un constat empirique. Évidemment, plus l’individu est évolué et moins il réagira de façon primitive à la peur : il dominera ce qu’il ressent. C’est probablement un instinct car la peur est souvent associée à l’agression (les animaux sauvages, ainsi que peu domestiqués éprouvant de la peur attaquent ou fuient, très souvent, sauf cas très particuliers). En physique quantique, ce que fait l’observateur, ce qu’il décide détermine le résultat.

Copyright : Marie-Michèle Bouchard

D’une façon plus métaphysique, l’habitude d’avoir certains modes de pensées possède un impact, une influence sur notre futur. Pourquoi notre futur est-il lié à ce que nous pensons présentement ? Parce que la réalité est un « mode-miroir » avec un certain délai de décalage entre cause et effet dans le plan physique. Mais comme cette loi est valable pour chaque être vivant, la réalité est la somme de toutes ces micro-créations. Il est donc utopique de croire qu’une seule peur ou un seul désir va changer la réalité. C’est plutôt dans le processus « focalisation-intensification par répétition » qu’il y a un impact réactif dans la réalité. C’est ce qu’on appelle les « formes-pensées » dans le milieu ésotérique.

Anne Givaudan, Dr Antoine Achram, Les Formes-Pensées aux éditions SOIS

De nombreuses lois passent inaperçues car nous ne prêtons pas attention à certains phénomènes. Si nous avons parlé de la psychanalyse, c’est qu’en ce domaine, il est fréquent de constater que les individus obsédés par certaines peurs fabriquent une réalité conforme à leurs attentes. Les événements leur donnent raison en quelque sorte. Car pour l’esprit, une création psychique fonctionne comme une cause. Nous avons oublié notre condition d’être spirituel co-créateur des choses. En psychanalyse, on assiste alors à des schémas répétitifs, des conditionnements de l’esprit qui peuvent d’ailleurs se transmettre (puisqu’il y a beaucoup de mimétisme conscient et inconscient dans nos comportements au sein d’une famille, par exemple).

Sur le plan de la spiritualité, la notion de « karma » est identique. Ce mot en sanskrit signifie « action ». C’est l’action de tout ce qui émane de notre être qui génère des effets. Le karma n’est ni négatif, ni positif en soi, c’est seulement un processus agissant : l’action répercutée. C’est une loi de l’esprit.

Pratiquement tout ce qui nous entoure est le produit d’une création qui s’origine dans l’esprit : l’architecture, le mobilier, la nature domestiquée, plantée, entretenue, disciplinée. Nous vivons dans l’illusion d’un monde déconnecté de tout. Mais la provisoire pandémie actuelle nous montre qu’il n’en est rien : tout est connecté, tout est relié.

En comprenant cette loi, nous en concluons que toute authentique spiritualité repose sur la maîtrise de ses pensées (et donc la maîtrise de soi). La méditation orientale (par le vide mental préalable) favorise la maîtrise des pensées.

À tort, nous croyons ce processus difficile à mettre en œuvre, alors nous préférons rester passifs. En réalité, nous le pratiquons tous les jours par purs automatismes. Nous nous croyons passifs, mais nos pensées sont présentes chaque jour… et même chaque nuit par nos rêves. La plupart de nos rêves sont eux-mêmes des créations de notre esprit. Il y a néanmoins des interférences puisque la vie est une mise en relation avec tout ce qui est.

Les choses ne sont néanmoins pas aussi simples que « visualiser + désirer = obtenir » car il y a justement ce jeu des interférences par les pensées d’autrui, parfois. La réalité des énergies psychiques combinées est aussi complexe que la météo atmosphérique : quantités de facteurs entrent en cause pour qu’on ne doive pas trop simplifier cette loi prise dans l’absolu. Dans l’existence, de nombreux obstacles sont sur notre route par les pensées contraires d’autrui. Il y a donc un jeu d’affrontements entre forces opposées et parfois y compris en soi-même (si l’on n’est pas maître de ses pensées et qu’on oscille entre pensées positives et négatives, entre confiance et soi et doutes).

Les synchronicités sont en rapport avec ce processus et beaucoup les mésinterprètent soit en les confondant avec le seul hasard, soit en les attribuant à des signes d’anges, de défunts ou autres. Ce n’est pas obligatoirement le cas en raison du mode miroir de la vie dont nous avons précédemment parlé. On constate, par exemple, des synchronicités qui ne peuvent pas être des messages de puissances célestes car cela serait absurde. Par exemple, un des auteurs qui les a beaucoup étudiées dans divers ouvrages, Jean Moisset, rapportait des récits où de nombreux homonymes qui ne se connaissaient pas se situaient le même jour dans un même hôtel. Il a rapporté aussi des synchronicités en rapport avec des séries récurrentes de chiffres (sur ticket de caisse, billet de train, etc.). Inutile de chercher des messages d’êtres désincarnés : ce n’est pas la bonne piste. Du moins, dans ces cas là.

Du chaos au Tao

Isabelle Robinet, Comprendre le Tao, Albin Michel, 2002.

Si l’on étudie la philosophie du Tao, un jeu de forces binaires combinées inhérent au fonctionnement de l’Univers a été remarqué par certains sages chinois. Elles sont inséparables, complémentaires, bien qu’opposées. Le célèbre livre du Yi King en expose partiellement la philosophie (dans une optique divinatoire).

Les forces s’aimantent entre-elles comme le semblable attire le semblable (les nombreux homonymes dans le même hôtel le même jour, des séries récurrentes de chiffres sur divers supports). La vie effectue des mises en relation avec des énergies de même nature. C’est un mécanisme. C’est une loi comme celle de la concrétion des planétoïdes par la force centripète.

Copyright : Anton Maksimov

Dans certaines dimensions métaphysiques, on peut voir ces énergies : leurs « lumières-couleurs », leurs lignes, leurs réseaux. C’est une espèce d’internet énergétique.

Les auras elles-mêmes en témoignent car nos peurs, nos colères, nos pensées négatives, nos blocages laissent des traces, des blessures, des impacts visibles en leur sein. Certains médiums perçoivent les images associées à ces traces énergétiques, des images de vécu douloureux non dépassé. Ce que la psychanalyse perçoit dans l’inconscient, le médium le voit parfois dans l’aura.

Anne Givaudan, Dr Antoine Achram, Lecture d’auras et soins esséniens, Éditions Sois

Nos pensées sont donc des énergies : dans notre aura (les couches énergétiques de nos enveloppes ou corps subtils) et dans les « filets » qui tissent des réseaux sur Terre et dans les autres plans d’existence.

Ainsi, en réalité, nous sommes toujours reliés à quelque chose : soit à de basses réalités quand ce sont nos peurs, nos angoisses qui dominent, soit à des réalités plus lumineuses quand ce sont des pensées de joie, des projets stimulants qui sont dans notre esprit. Les synchronicités confirment, en miroir, que nous sommes reliés à tout ce qui est, qui dépasse de loin notre corps physique. Ceci est aussi confirmé par les défunts (pour ceux qui s’intéressent aux récits des Expériences de Mort Imminente).

En définitive, qu’est-ce que le chaos, de ce point de vue (nous distinguons « chaos » de « révolte sociale » car cette dernière est organisée et consciente) ? Le chaos provient de l’ignorance de ces lois car tout chaos tangible est précédé par un chaos psychique. Mais si nous mettons de l’ordre dans nos émotions, nos humeurs, nos pensées : notre réalité change. Elle change petit à petit en fonction de notre capacité à focaliser et intensifier. Si l’on n’arrose pas régulièrement une petite pousse végétale, elle n’ira pas bien haut… Nos pensées sont comme des végétaux psychiques. Nous devons en prendre grand soin pour métamorphoser nos existences et le monde en général.

Copyright : Elena Mozhvilo

Il y aura toujours des forces contraires, mais ce qui importe, ce sont les proportions. C’est un peu comme en chacun d’entre-nous, si un léger doute est combattu par de nombreuses confiances en soi répétées, ce qui l’emporte, c’est l’action réussie. Les forces contraires ne posent alors plus de problème, « ne pèsent pas lourd » dans ce rapport de proportions. D’où l’importance d’être de plus en plus nombreux à comprendre et à connaître ces lois de l’esprit. Elles relèvent tout autant de la psychologie, que de la métaphysique. Nous pouvons ainsi devenir conscient de ce que nous faisons quotidiennement et apprendre à maîtriser le processus de cette chaîne causale : Focalisation – Intensification – Création ou co-création dans la collectivité de tous les êtres vivants.

Copyright : Robina Weermeijer

SOIGNER UN ORGANE PAR PSYCHOSOMATISME

N’est-il pas ironique que la plupart des scientifiques utilisent le terme « psychosomatique » pour critiquer et dévaluer toute action réelle d’un procédé mystérieux quelconque ? Alors que justement, la psychosomatique est la preuve de l’action réelle de l’esprit sur nos organes internes. Nous sommes « tout un » : il est donc normal que le stress génère une chimie complexe (adrénaline, cortisol…) et a contrario, qu’un esprit équilibré, joyeux même, génère une autre chimie (endorphine, etc.). De plus en plus souvent grâce à des capteurs, la science permet de vérifier l’action de l’esprit sur le corps, la santé des organes.

Mais il est possible d’aller plus loin en utilisant sa volonté consciente par cette loi de l’esprit « Focalisation – Intensification – Création ». Par exemple, nous pouvons rechercher sur internet l’illustration simplifiée d’un organe pour en avoir une représentation mentale assez schématique et s’il est malade, faible, déficient, nous pouvons focaliser notre attention mentale dessus (en ne pensant à rien d’autre), le faire régulièrement (intensification) en visualisant une lumière blanche revitalisante, en paix, en confiance, ce qui conduira à la création recherchée : la revitalisation de l’organe. C’est la fréquence et l’intensité de cet exercice de l’esprit qui en assurent l’efficacité.

Dans l’Astral et les autres plans de conscience, on constate que l’esprit peut créer tout ce qu’il imagine. Cela est vrai aussi depuis le plan physique, c’est juste un peu plus long car ce plan est ralenti par la densité de la matière. Je me suis amusé ainsi à créer des formes : ce qui est étonnant, c’est qu’elles prennent vie car le matériau utilisé par l’esprit est vivant ! Ce n’est pas une matière « morte », mais lumineuse, pulsante, animée : c’est en fait cela que les sages antiques nommaient l’Éther et qui emplit tout l’espace métaphysique. Éther est devenu synonyme d’espace, mais en réalité, c’est une substance vivante qui est corrélée à l’Esprit. L’Éther est plastique, souple, capable d’être le matériau de toutes nos créations.

Ceci est la clé pour comprendre la réalité illusoire des nombreux plans de conscience : si nous pouvons tout créer, en fait, nous vivons dans nos propres créations (ou celles d’autrui). Un enfant arrive dans le monde qu’on lui a construit. Et un défunt arrive aussi dans le monde qu’on lui a construit. Tout est construction. Illusion ne veut pas dire que ce n’est pas une réalité tangible. Illusion veut dire que ce n’est pas LA PREMIÈRE RÉALITÉ À LA SOURCE. Car cette Source première : c’est l’Esprit.

Par conséquent, il existe des plans d’existence, des dimensions de Pur Esprit, sans aucun artifice formelle

Copyright : Kevin Schmid

De la même façon qu’il existe des scènes de théâtre sans aucun décor. On pourrait nommer cela « de la virginité à l’état pur » comme peut l’être une feuille blanche… Ce n’est pas parce qu’une feuille est blanche, ce n’est pas parce qu’une scène de théâtre est vide, qu’elles n’existent pas ! Le vide enseigné par le Tao, par exemple, est ce type de vide « plein » (plein d’Esprit, plein de potentialités tel un vase prêt à accueillir une fleur).

L’Esprit est donc une espèce d’Artiste qui peut être au repos (le Vide non visible) ou en action (le visible tangible).

Copyright : Rajiv Bajaj

SE RELIER À UN DÉFUNT

Cette loi « Focalisation – Intensification – Création » peut aussi être mise en application pour se connecter à n’importe qui, peu importe le temps et l’espace. Mais il faut au préalable être disponible psychiquement, ne pas avoir l’esprit surchargé, préoccupé, donc apprendre à faire le vide mental ; il faut aussi au préalable développer ses ressentis au niveau de la poitrine : le chakra du cœur, ne pas être épuisé, fatigué, du moins mentalement.

Ensuite, nous devons créer un « contact » : se remémorer la personne ciblée, faire revivre de nombreux souvenirs, de préférence de façon positive, afin de se mettre en présence avec l’essence de la personne.

Puis, nous pouvons nous adresser à elle : soit en parlant à haute voix, ce qui facilite la concentration de l’esprit, soit mentalement en silence si nous avons une bonne discipline mentale, c’est-à-dire le contrôle de nos pensées (il ne faut pas céder aux divagations). Il faut garder ce processus « Focalisation – Intensification » et ne pas regarder le temps consacré à cela : afin d’être pleinement présent à ce que l’on fait. Alors nos pensées comme des filets lumineux atteignent leur but dans la réalité de l’Éther : cet espace métaphysique.

Copyright : Gabriel@natural

L’onde de choc de nos pensées

Là encore, beaucoup de gens le font sans être conscients qu’ils le font ! La plupart des médiums (authentiques) savent, par conséquent, qu’il n’est pas bon de « retenir les défunts », de les pleurer, de les accabler d’émotions lourdes. Pourquoi ? À cause d’un jugement moral ? Aucunement. C’est tout simplement que ces liens de l’esprit les touchent, les informent : ils reçoivent tout dans l’émotion, l’énergie brute et franchement, ça n’aide personne… Celui qui pleure et souffre créé de mauvaises énergies… qui sont envoyées au défunt. Notre égoïsme a donc un prix, même si c’est « par amour » (possessif).

Film « Au-delà de nos rêves / What Dreams May Come » de Vincent Ward, 1998 adapté du roman homonyme de Richard Matheson.

Imaginez que le défunt est dans un beau paysage ensoleillé, soudain, tout s’obscurcit comme si un orage menaçait… et c’est un appel sur Terre de quelqu’un qui lance ses émotions non contenues, non dépassées. Exactement comme l’une des scènes du film « Au-delà de nos rêves » de Vincent Ward.

Cela agit comme un mot blessant : cela devient pénible, difficile pour celui ou celle qui « encaisse ». C’est ce qui se passe quand nous ignorons tout des lois de l’esprit. On pourrait nommer cela « l’onde de choc de nos pensées ».

Ce n’est donc pas un hasard si toutes les authentiques spiritualités du monde enseignent la nécessité du lâcher-prise, de la bienveillance, de la bonté. Car si nous sommes dans ces sentiments très positifs : NOTRE CONTACT DEVIENT AGRÉABLE.

Paysage du Japon avec les cerisiers-pelouses devant le Mont Fuji.

Nous sommes des êtres narcissiques : nous voulons être propres, présentables, bien coiffés, bien habillés. Mais aimerions-nous émettre des odeurs repoussantes corrélatives à nos aigreurs, nos cupidités, nos égoïsmes ? La pureté ne doit pas être uniquement celle du corps physique. NOUS DEVONS APPRENDRE À PRÉSERVER UNE CERTAINE HYGIÈNE MENTALE QUI REND AGRÉABLE NOTRE PRÉSENCE.

L’odeur n’est pas une métaphore… De certaines âmes émanent des parfums semblables à des fleurs. Les défunts communiquent aussi de cette façon car c’est une réalité dans leur plan d’existence aussi.

Nous avons d’ailleurs des expressions qui se révèlent exactes vis-à-vis de ces autres plans de conscience : « sentir/ne pas sentir quelqu’un », « être en odeur de sainteté », etc. On trouve aussi dans de nombreux ouvrages mystiques historiques des récits relatifs à ces parfums, ces odeurs sans cause visible…

Un défunt qui reçoit des pensées aimantes, bienveillantes sera mieux aidé, que s’il est pleuré.

Autre point à prendre en compte : quand nous souffrons, nous sommes coupés des dimensions supérieures de conscience, ce qui veut dire que nous ne sommes pas disponibles pour cela. C’est comme une boite de messageries saturée : on ne peut plus laisser de message. On n’aura alors pas de contact conscient. Ce n’est pas que c’est impossible : c’est simplement que nous nous mettons « hors de portée ». Autrement dit, nos souffrances sont des parasitages. Ce sont des parasitages de communication. Ce sont des parasitages de santé mentale pour nous et pour eux. La solution ? L’amour, le lâcher-prise et la compréhension que de toute façon, nous aussi, tous, nous irons là-haut le moment venu. LES ABSENCES, LES SÉPARATIONS SONT PROVISOIRES.

Mais en fait, au niveau du lien du cœur : IL N’Y A PAS DE SÉPARATION.

Symbolique d’une position de mains qui honore une présence sans la retenir (souvent adressée au Soleil dans l’Égypte pharaonique)

COMMENT RÉUSSIR UN DEUIL

Que faire alors pour réussir son deuil ? Il suffit de lâcher-prise : ne pas ressasser le passé, accepter le temps présent qui réunit chacun au niveau du cœur. Il faut méditer ce rapport PRÉSENCE/ABSENCE. Nos défunts sont devenus invisibles momentanément (ils restent visibles dans nos rêves), mais ils ne sont pas absents pour autant. Ils peuvent être présents dans l’absence puisqu’ils sont là, reliés au niveau du cœur.

Dans certaines civilisations comme l’Égypte antique, c’étaient le cœur et la mémoire qui assuraient le contact avec le défunt. Ne plus penser à lui, ne plus honorer sa mémoire revenaient à une mort symbolique. Ils connaissaient bien sûr les lois de l’esprit car ils communiquaient avec eux par l’intermédiaire de jeunes enfants médiums et de signes ritualisés divers.

Les rituels sont donc justifiés quand on connaît ces lois de l’esprit car chaque anniversaire, chaque moment important de la vie peut être l’occasion de mettre en œuvre le cœur, la mémoire, les pensées adressées au défunt.

Faire un deuil, ce n’est pas oublier le défunt, mais ne plus le retenir ici-bas, ne plus vivre dans le passé, accepter la réalité du temps présent et la promesse du temps futur : les retrouvailles.

Une méthode de divination tibétaine : le Mo

Le MO de Manjushri est une pratique divinatoire encore assez peu connue du grand public. J’ai découvert son existence en ayant appris comment le Dalaï-lama actuel avait pu s’enfuir in extremis lors de l’invasion du Tibet en mars 1959. Il avait consulté un jeune moine qui, en état de transe, avait signalé le terrible danger qu’encouraient les moines tibétains s’ils restaient sur place dans leurs monastères. Cet oracle en transe avait également cartographié une issue pour fuir en « relative sécurité ». Mais le Dalaï-lama a voulu obtenir ensuite une confirmation à l’aide d’une ancienne méthode divinatoire, spécifiquement tibétaine : le Mo. Cette méthode a donc derrière elle une tradition (pratiquée aussi bien par des chaman(e)s, que par certains moines). Et le Mo a confirmé le message précédent obtenu par la transe chamanique du moine. C’est ainsi que ce procédé divinatoire a attiré mon attention.

Il a un grand avantage sur d’autres supports divinatoires car les réponses sont claires : oui/non, bon/mauvais, réussite/échec, etc. Si l’on compare avec le Yi King, les textes de sagesse – très profonds, à n’en pas douter – sont néanmoins, le plus souvent, sybillins (la Sybille ou les Sybilles, en Grèce antique, étaient réputées pour ne pas toujours être très claires, très explicites, ou bien pouvant donner des réponses, parfois interprétées en sens contraire). Le manuel de ce procédé divinatoire est donc simple et d’une grande clarté : un oui est un oui, franc. Un non est un non, franc. Simple et accessible à tous. Mais ce manuel est assez sommaire car en fait, dans la tradition tibétaine, ce sont des chaman(e)s avisé(e)s qui s’en servaient (et s’en servent toujours) comme d’un simple support pour leur voyance en état de transe. Ainsi, les dés, par exemple, ne sont pas obligatoires aux tirages dans cette tradition. D’ailleurs, j’en profite pour dire que les dés ne sont pas systématiquement vendus avec le livre (publié aux éditions belges IFS), ni d’ailleurs le coffret pour ranger les dés. Tout ceci s’achète séparément. Le petit coffret est en bois de sheesham (fabriqué en Inde, artisanalement – sachant que l’artisan indien distribué par hashcart.in propose plusieurs modèles et des variantes décoratives), quant aux dés, ils sont en bois de hêtre).

Cette pratique divinatoire peut aussi s’adapter à nos dés habituels comportant des chiffres (moyennant correspondance avec les écritures tibétaines, ce que permet le livre), même si ça enlève un peu à l’esprit traditionnel.

En effet, cette pratique s’ancre dans une tradition : il faut chanter un mantra (avec les syllabes qui sont sur la face des dés), invoquer le grand Bodhisattva de la sagesse, Manjushri, méditer, etc. Il y a donc un rituel à faire, ce qui est normal étant donné le but recherché.

Certains ont pensé que l’oracle humain consulté initialement par le Dalaï-lama était Thubten Ngodop, son oracle personnel. Mais après enquête journalistique et confidences, il est apparu que ce n’était pas lui. Toutefois, le livre qui retrace son autobiographie est très intéressant : Nechung, l’oracle du Dalaï-lama, Presses de la Renaissance, 2009.

Ce support divinatoire a un autre intérêt si l’on s’intéresse à la tradition du Tantra de Kalachakra :

« D’un point de vue extérieur, Kalachakra concerne tout ce qui permet de comprendre les relations entre l’infiniment grand de l’univers et l’existence : la cosmologie, l’écoulement du temps, l’astrologie, etc. Plus profondément, Kalachakra est aussi une description de la structure subtile du corps, avec ses canaux, ses souffles énergétiques, les « gouttes » qui sont les principes de l’énergie qui circule dans le corps. Enfin, d’une manière encore plus profonde, intime, cet enseignement donne des clés pour les différentes phases de la méditation, liant corps et esprit, de manière à opérer comme une transmutation du plomb qu’est l’extérieur ordinaire, en l’or qu’est l’existence éveillée » (Thbuten Ngodup, F. Bottereau-Gardey, L. Deshayes, Nechung, l’oracle du Dalaï-lama, Presses de la Renaissance, Paris, 2009, pp. 157-158).

« Reposant essentiellement sur le ‘Tantra de Kalachakra’ et les explications complémentaires de ‘L’Océan des Enseignements’ et d’autres textes, ce manuel de prédictions du mantra OM AH RA PA TSA NA DHI a été écrit par ce grand saint et grand érudit de la tradition Nyingmapa qu’était Jamgon Mipham (Jamgon Namgyal Gyatso : 1846-1912)« .

(Jamgon Mipham, Le MO de Manjushri : Méthode tibétain de divination, trad. de l’anglais S. Burner, IFS, Bruxelles, 2014, p. 14).

Voici le chant et la prononciation de ce mantra (danke schön DharmaGermany) :

Ce manuel de 149 pages est de format très « pocket » (Longueur : 147 mm, largeur : 105 mm, épaisseur : 9 mm), il tient dans la main, très transportable, comme les dés et le petit coffret. Il se prête à des divinations en pleine nature, de ce fait. Au niveau du contenu du livret, c’est assez bref, comme les petits manuels inclus dans les jeux de tarot, par exemple. L’idée était sûrement de donner le minimum, de façon épurée, tel le zen qui apprécie d’aller à l’essentiel. Mais ce n’est pas rudimentaire pour autant. La preuve en est que pour répondre aux diverses questions possibles, 11 catégories thématiques ont été prédéfinies avec leur réponse spécifique :

  1. La famille, les biens et la vitalité
  2. Les projets et les objectifs
  3. Les amis et la richesse
  4. Les ennemis
  5. Les invités
  6. La maladie
  7. Les esprits maléfiques
  8. La pratique spirituelle : obstacles et perspectives
  9. Objet perdu : s’il peut être retrouvé
  10. La rencontre ou la tâche
  11. Tout autre sujet

Et pour traiter ces 11 thématiques (bien que la onzième soit une thématique ouverte), c’est une combinaison de 6 x 6 signes sculptés à la surface des dés, soit 36 syllabes obtenues par combinaison. Mais que signifient ces syllabes ?

« On dit que les cinq syllabes du milieu AH RA PA TSA NA représentent les cinq familles de Bouddhas, alors que la syllabe finale DHI représente la sagesse de tous les Bouddhas » (p. 16).

À la différence de nombreux supports divinatoires, celui-ci autorise un double tirage immédiat pour obtenir :

  1. Une « réponse ferme » (si c’est le même tirage qui sort)
  2. Une « réponse peu assurée » (si les syllabes sont inversées)
  3. Une réponse confirmée « bonne » (si ce sont des syllabes différentes qui sortent)

Ou bien, pour faire un tirage présent/futur. Ou encore, pour faire le point sur un individu/un autre individu dans leur relation. Bref, le livre expose plusieurs méthodes de tirage. Ainsi, en dépit de la concision, du format réduit du livre et des deux dés à six faces, cette méthode divinatoire est plus souple et riche que ce que l’on pourrait imaginer de prime abord.

MANJUSHRI, l’un des plus importants bodhisattva du Mahâyâna

Ce support divinatoire s’intitule « le MO de Manjushri« . Qui est Manjushri (nom sanskrit qui signifie « Douce gloire », et « Manjughosa » : « Voix mélodieuse ») ? Comme le Bouddha Siddharta Gautama (dont il était l’un de ses proches disciples), il n’a rien écrit. Nous n’avons que des transmissions orales ou « inspirées » comme, par exemple, l’Avatamsaka Sutra (ou Soutra de l’ornementation fleurie).

« Au sein du Mahâyâna, il devient un interlocuteur privilégié du Bouddha dans certaines Prajnaparamitasutra (comme celle en 700 sloka), le Sutra du Lotus, le Vimalakartinirdesa Sutra où il est le seul à surpasser Vimalakirti en sagesse, le Manjusripariprccha, « les Questions de Manjusri » et le Manjusri-nirdesasutra » (Philippe Cornu, Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme, Seuil, 2001, p. 366).

En effet, dans le livre que nous avons quelque peu présenté ici, Malleable Mâra de Michael D. Nichols, le Bouddha s’adresse directement à Manjushri :

« Mañjuśrī, you ask me why I am without servants but all Mâras and opponents are my servants. Why ? The Mâras advocate this life and death and the bodhisattva does not avoid life. The heterodox opponents advocate convictions, and the bodhisattva is not troubled by convictions. Therefore, all Mâyas and opponents are my servants » (Michael D. Nichols, Malleable Mâra : Transformations of a buddhist symbol of evil, Suny Press, 2019, pp. 1-2).

Néanmoins, nombreux sont les érudits bouddhistes à avoir été inspirés par Manjushri. Il représente donc le discernement intellectuel, comme s’il était le garant des paroles du Bouddha pour en saisir la profonde portée. Ainsi, toutes les fonctions cognitives, ainsi que la faculté de la mémoire sont-elles représentées, distillées, stimulées par Manjushri qui assure les bons auspices des tirages du Mo.

« Sous ses multiples aspects paisibles, Manjusri est pratiqué pour développer la compréhension livresque, mais aussi et surtout la sagesse non duelle de la vacuité. En Chine, comme au Japon et au Tibet, il est invoqué pour développer les facultés intellectuelles, la mémoire, l’érudition et l’éloquence » (Philippe Cornu, Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme, op. cit., p. 367).

Manjushri, pour qu’il soit reconnaissable, est représenté avec des symboles : une épée flamboyante levée de la main droite (qui remplit la même fonction que le diamant dans le Sutra du Diamant) capable de trancher les liens de l’attachement et de pourfendre les ténèbres de l’ignorance, et dans la main gauche une tige de lotus bleu (« utpala » en sanskrit) supportant un livre de la Prajnaparamita, qui symbolise l’étude, la connaissance. Il faut aussi tenir compte de sa posture dite, en sanskrit, « vajraparyanka » : la « posture de diamant », les chakras de la plante des pieds tournés vers le ciel. Néanmoins, il peut exister des variantes : assis sur un lion, ou bien sur un trône léonin, symbolisant alors « le Roi des controverses » ou « Lion de la parole ». Il peut aussi être représenté avec son épouse mystique Sarasvati bleue ou blanche.

Nous n’aurons pas toutes ces explications dans le livret du Mo, mais il est tout de même utile d’en savoir un minimum au préalable :

« Dans le cas précis de cet ouvrage, c’est auprès du Grand Bodhisattva de la Sagesse, Manjushri, que l’on va chercher bénédictions et conseils afin d’obtenir la solution à un problème ou la réponse à une question » (Jamgon Mipham, Le MO de Manjushri, op. cit., p. 13).

À la fin du livret, se trouve un glossaire bien fourni avec 195 définitions ! En fait, il est tout à fait représentatif de la culture bouddhiste et hindoue car un mandala traditionnel ne cède jamais à la facilité, même si ensuite un souffle simple éparpille le tout dans la nature (puisqu’ils sont réalisés, pour la plupart, à l’aide de simples poudres colorées : les pigments). Un livret simple et riche en même temps.

Zoom sur Pascale Lafargue

Crédit photo : Pascale Lafargue

Pascale Lafargue doit sa passion et sa profession de parapsychologue à un professeur hors-norme : Raymond Réant (1928-1997) auprès de qui elle a reçu une formation durant cinq années. Je sais que c’était un homme honnête, travailleur et passionné par ses recherches. Il fut l’auteur de nombreux livres, accessibles à tous dans leur méthodologie et les expériences menées avec des élèves candidats, pour expérimenter des choses assez spectaculaires : des voyages de la conscience hors du corps, des perceptions extrasensorielles au contact des objets, etc. Nous pourrions aussi citer Yves Lignon (né en 1943), également parapsychologue, mathématicien (qui avait un laboratoire à l’Université de Toulouse-Le Mirail). Ceci pour dire qu’un certain esprit de rigueur scientifique caractérise ces recherches avec méthodologies et protocoles d’expériences. Si je cite ces deux chercheurs, c’est qu’ils sont français et ont beaucoup œuvré pour faire connaître leurs résultats. Être un parapsychologue n’engage à aucune croyance religieuse, aucune obédiance de spiritualité quelconque.

Pascale Lafargue a justement été enthousiasmée par cette approche décomplexée : les méthodes, les protocoles, les expériences, les résultats. Raymond Réant a fait preuve d’altruisme car il aurait très bien pu ouvrir un cabinet de voyant, vivre sa vie professionnelle et fermer le rideau, sans rien partager de ses capacités. Or, il a voulu enseigner, partager le fruit de ses expériences et découvertes, former, accompagner. Pascale Lafargue revient avec joie sur ces années de formation où l’enthousiasme était partagé avec plusieurs volontaires. Mais Raymond Réant est parti. D’une certaine façon, Pascale Lafargue reprend le flambeau car elle aussi aime partager ses expériences, en accord avec le libre arbitre de chacun. Elle s’est néanmoins fait une spécialité des vies antérieures, ce qui peut se comprendre car lorsqu’on touche un objet, quel qu’il soit, pour en recueillir la mémoire par des impressions extrasensorielles (psychométrie), on débouche nécessairement sur le passé… Le passé, c’est-à-dire les époques de l’Histoire.

Mais « lire le passé », c’est aussi comprendre les pérégrinations de l’âme. L’objet saisi pouvant être, par exemple, la main d’un individu afin de percevoir ses vies antérieures. Si Raymond Réant a ouvert la voie sur nos diverses facultés extrasensorielles, Pascale Lafargue cherche à aller plus loin, approfondir, notamment ce qui relie une âme à ses vies antérieures. Quelle est l’unité de ses existences passées ? Or, c’est un domaine assez inédit, il faut le reconnaître. Car même si l’hindouisme et le bouddhisme ont bien expliqué le processus de la réincarnation – tout en soulignant que l’enjeu consistait à libérer notre âme de nos inclinations matérielles pour rompre ce schéma qui peut durer indéfiniment -, il n’y a pas eu encore d’études poussées sur la cohérence de toutes ces vies accumulées dans le parcours d’une âme. C’est néanmoins une discipline qui commence à naître avec des personnalités comme Pascale Lafargue, mais aussi Dolores Cannon qui a choisi la régression par l’hypnose, pour sa part.

Ceci a de l’intérêt car selon les écoles bouddhistes, nous constatons une certaine obscurité sur la question de l’âme. En effet, il y a ceux qui savent que quelque chose perdure après la mort, transmigre, ou alors s’éveille et se délivre du cycle des réincarnations, mais il y a aussi ceux qui mésinterprètent les enseignements originels du Bouddha et qui pensent que rien n’existe de durable dans l’être individuel, que tout n’est qu’agrégats et que l’être immatériel serait aussi évanescent que son égo et son corps de chair. Au nom de l’impermanence, ils « coulent le bébé avec l’eau du bain » pourrait-on dire, car ils nient le principe d’individualité persistant. Mais les faits leur donnent tort car les corps de lumière existent véritablement et notre identité spirituelle que les hindous nomment Atman est une réalité éternelle (même si ce Soi ou Atman peut endosser plusieurs identités charnelles en même temps).

« Le faux égo nous conduit à confondre le corps avec le moi véritable. L’égo est ce qui nous fait dire ‘Je suis’. Mais lorsque l’âme devient souillée ou conditionnée par la matière, elle s’identifie avec le corps et se croit issue de la nature matérielle. Lorsque l’identification de l’être est appliquée au moi véritable – à l’âme -, il s’agit alors du véritable égo » (A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, Revenir : La science de la réincarnation, Éd. Bhaktivedanta, 1983, p. 82).

Il y a donc quelques confusions dans les enseignements et dans la compréhension de certaines écoles car si nous nions notre essence spirituelle véritable, nous devinons les conséquences fâcheuses que cela aura pour notre avenir hors du plan physique. Néanmoins nombreux sont les bouddhistes à bien souligner que leurs doctrines ne sont pas nihilistes (nous soulignons ce point car c’est souvent une cause de rejet de la part des occidentaux).

Les expériences conduites dans les vies antérieures ne sont donc pas inutiles, surtout si elles permettent de mieux comprendre le processus de nos quêtes, de nos attachements de vie en vie, surtout si elles nous permettent de nous délivrer d’anciens traumas qui perdurent dans l’existence présente, et si la chaîne de cause à effets est élucidée. En effet, des situations difficiles, perturbantes, dans cette existence, peuvent faire ressurgir d’anciens traumas de cette vie ou d’une vie passée. Il est donc intéressant de connaître les recherches de Pascale Lafargue, authentique chercheuse passionnée comme cela peut se constater dans cette émission animée par Philippe Ferrer et sa chaîne youtube « On ne vous demande pas d’y croire ».

Pascale Lafargue a publié les ouvrages suivants, aux éditions Fernand Lanore :

Elle est aussi l’auteure de :

Elle organise des séminaires de formation en parapsychologie sur Nantes et Paris pour la saison 2020/2021.

Par l’intermédiaire de son association Epsilon (loi 1901), elle publie un bulletin bi-annuel qui fait le point sur ses conférences notamment et qui présente quelques thématiques en rapport avec ses thèmes de prédilection.

La psychométrie ou la « psychopathotactie »

Raymond Réant a fort bien enseigné dans ses ouvrages comment percevoir des informations en touchant des objets. Cette forme de « voyance dans le passé », il l’a nommée « psychopathotactie » – terme construit d’après des étymologies grecques (qui signifie « esprit/ressentir/toucher ») et qu’il préférait à celui de « psychométrie » créé par le Dr Joseph Rodes Buchanan (dans son livre Manual of psychometry, Frank H. Hodges, 1893). J’ai moi-même mis en pratique ses techniques : ça fonctionne à condition de bien opérer le vide mental au préalable et de ne pas chercher à rationaliser les images perçues (c’est-à-dire de ne pas construire un récit qui dévierait des informations ressenties).

Citons une référence stimulante à lire de Bertrand Méheust (avec, au cours du chapitre 2, « Exemple de psychométrie : La mémoire des objets ») :

Avec un extrait ici et une critique ici. Il s’intéresse, entre autre, à la « métagnomie« , terme « proposé par le Docteur [Eugène] Osty pour désigner l’ensemble des facultés de connaissance paranormale qu’il appelait encore la ‘faculté d’hyperconnaître' ». On le trouve en eBook (au format ePub) et assez difficilement en un autre format.

Autre référence :

La mémoire des choses de Jean Prieur (parce qu’il est aussi question de psychométrie comme l’indique le sous-titre : l’art de la psychométrie) chez Fernand Lanore, Paris, 1994.

Quatrième de couverture :

« Aspect particulier de la clairvoyance, connaissance supra-normale par le toucher, la psychométrie est la faculté qui permet à un être sensitif, en tenant un objet, de remonter jusqu’à son possesseur, de décrire son caractère, son apparence physique, les gens et le décor naturel qui l’entourent. Tout se passe comme si les « choses » s’imprégnaient des vibrations émanant des personnes qui furent en contact avec elles. Certains hommes, nous dit Jean Prieur, ont la possibilité de capter cette « mémoire des objets » et de rechercher ainsi dans le passé. À travers de nombreux témoignages vécus, l’auteur nous fait pénétrer ici dans une dimension insoupçonnée de notre univers. De l’incendie du « Bazar de la Charité » aux personnages énigmatiques de Louis XVII, « la mémoire des choses » est un ouvrage passionnant qui nous invite à considérer différemment les capacités de l’esprit humain en contact avec le monde inanimé« .

Pourquoi Shambhala ?

Ce à quoi ressemble quelque peu Shambhala dans sa dimension physique

« Bouddha » signifie « Éveillé « . Tout être qui prend pleinement conscience de sa Source, son Origine première au-delà des apparences phénomènales passagères réalise sa nature d’éveillé. Ceci signifie qu’il y a un état de bouddha qui sommeille en chacun de nous.

Nous avons la chance sur la planète Terre, d’avoir de nombreux êtres éveillés aux quatre coins du monde et d’avoir en plus grand nombre encore, des textes de sagesse pour favoriser cet éveil sous condition d’une sérieuse mise en pratique. Dans ce contexte, à quoi sert Shambhala ? Si nous réalisons que notre nature spirituelle est inconditionnée, par delà l’espace et le temps, pourquoi Shambhala, royaume circonscrit dans un espace précis ?

Observons la vie des tibétains et celle de l’actuel Dalaï Lama en particulier, elle n’a pas été et n’est pas de tout repos. Notre condition de vie terrestre est une lutte permanente. Ce n’est pas parce qu’un être réalise l’Éveil qu’il transforme magiquement le monde autour de lui.

« Des prophètes comme le Christ, Bouddha, Shankara, sont les uns et les autres des exemples de libération individuelle. La libération universelle ne peut être amenée par un seul individu, même s’il pratique une intense sadhana pour amener sa propre libération » (Swami Satyananda Sarasvati, Propos sur la Liberté – Commentaires des yogas-sutras de Patanjali, Satyanandashram, Paris, 1984, 1998, p. 252).

Le libre arbitre, sacré, autorise la totale liberté du bien, du mal, de l’ignorance par tout ce qui est futile et en définitive confus. Beaucoup d’individus ne sont pas attirés par la spiritualité. Ils préfèrent leurs loisirs, leurs habitudes de pensées, leurs quêtes du confort matériel. Mais ces quêtes de l’esprit qui s’oublie dans la matière, obéissent à une espèce d’hypnose collective et individuelle où de vies en vies, l’individu s’asservit. Le mal est une sorte de fanatisme qui fait passer en priorité absolue ces quêtes évanescentes où il ne reste plus qu’une psychopathologie plus ou moins profonde. Une authentique spiritualité revient, dès lors, à une médecine de l’âme pour soigner un corps malade qui est notre humanité engluée dans la matière. Dans le Tantra de Kalachakra – Le livre du Corps subtil, le Bouddha est dénommé « médecin de la douleur universelle plutôt que maître es philosophie » (Brouwer, 2020, p. 23).

Dans Shambhala, la voie sacrée du guerrier de Chögyam Trungpa, nous lisons :

« Nous y verrons comment, dans le monde de Shambhala, la réalisation intégrale de la santé éveillée est transmise d’un être humain à un autre qui non seulement incarnera cette santé, mais la favorisera également chez ses semblables » (Seuil, 1990, p. 177).

Toute spiritualité authentique guérit la cécité de l’âme et les maux du corps : Jésus n’a-t-il pas accompli de nombreux miracles de la sorte ? Platon n’enseignait-il pas que la véritable médecine s’adresse d’abord à l’âme ? Plus nous créons des désordres dans nos désirs avec des passions fâcheuses, plus nous perturbons nos énergies naturelles : la maladie est le symptôme d’une déviation, d’une désorientation, d’une confusion de l’esprit.

Ce n’est donc pas un hasard que les textes de sagesse diffusés par Shambhala prennent en compte les énergies subtiles de notre architecture énergétique physiologique. Si nous étudions le Tantra de Kalachakra, nous découvrons une telle complexité dans ce lien du cosmos au corps subtil, qu’il est assuré que c’est une véritable science qui est de cette façon transmise. Une science qui prend en compte de nombreux aspects. Une science intégrale.

« Les enseignements de Kalachakra ont la caractéristique de couvrir toute l’extension possible du domaine de la connaissance » (Tantra de Kalachakra, – Le Livre du Corps subtil, Desclée de Bouwer, Paris, 2000, 2020, p. 29).

« Les deux premiers volumes du Tantra de Kalachakra, le Kalachakra « externe » et le Kalachakra « interne » exposent les mesures secrètes du cosmos et de l’être humain, en montrant leur corrélation » (Traité du Mandala : Tantra de Kalachakra, Desclée de Brouwer, Paris, 2003, p. 16).

Je ne peux être que troublé d’avoir été en contact avec des êtres qui justement soignent les corps subtils avec leur science, leur énergie, leurs couleurs. Shambhala serait donc une sorte d’ambassade pour veiller sur le bien-être de notre humanité et de notre planète. C’est un sanctuaire qui assure une protection pour les textes de sagesse, les êtres qui ont un rôle à jouer pour diffuser ces connaissances et cet éveil, et qui garantit qu’aucun ennemi ne viendra détruire tout cela. Shambhala est donc « un Mystère » au sens des anciens Mystères grecs où tout ne peut être dit, révélé.

J’avais trouvé assez paradoxal que l’Éveil nous conduise hors de toute forme, de tout conditionnement spatio-temporel, mais que Shambhala nous invite dans un lieu avec ses temples, ses palais, sa richesse « clinquante ». Tout aussi paradoxal, cette « cascade de réalités » en Shambhala jusqu’à un royaume bien physique, bien matériel où des sages entrent et sortent. Cette cité accueille des individus de tout âge et de toute nationalité. J’ai trouvé aussi très paradoxal que l’Éveil nous fait comprendre que toute quête est finalement futile puisque Tout est là, derrière les apparences qui ne cessent de changer et de se dissoudre. Alors pourquoi Shambhala ? Est-ce une illusion de plus ? Eh bien, si nous prenons en compte notre dimension physique sur cette planète Terre, force est de constater que la lutte est parmanente entre ceux qui veulent aimer et aider leur prochain, et ceux qui veulent l’asservir ou l’anéantir.

Pour avoir voulu transmettre l’Amour inconditionnel aux êtres incarnés, Jésus a dû accepter le supplice de la croix. En fait, la plupart des prophètes et messies ont dû affronter supplices et périls au cours de l’Histoire. Et que dire de ces tibétains, emprisonnés et torturés en raison de leur foi, de leur fidélité au Dalaï Lama et aux enseignements du Bouddha ? La mort est certainement plus douce que la torture. Quel Amour ne faut-il pas pour pardonner les horreurs que le mal planifie tout le temps dans un cycle qui semble sans fin ? Quand nous comprenons cela – et l’Histoire nous l’enseigne – alors Shambhala – la Cité mystérieuse – prend tout son sens. Elle est un havre de paix, un lieu d’études et de formations, mais aussi une protection pour favoriser un équilibre possible à notre humanité et planète Terre.

Ce qu’il faut aussi prendre en compte, c’est que le mal et la confusion génèrent des forces colossales sur le plan énergétique (éthérique et astral notamment) : égrégores, formes-pensées, mais aussi, comme il est dit à plusieurs reprises dans l’introduction du Traité du mandala – Tantra de Kalachakra, « des troupes d’élémentaux et d’esprits avides » (p. 20, 27). Si nous n’avions pas une ambassade qui travaille sur tous les plans subtils en même temps, si nous n’avions pas l’aide céleste des êtres des Étoiles, notre planète aurait été dans un chaos tel, qu’elle aurait été détruite depuis longtemps. Les forces doivent être compensées en permanence. Autrement dit, il y a ceux qui dépensent toute leur énergie à détruire, à faire souffrir et il y a ceux qui dépensent aussi toute leur énergie à reconstruire, à préserver, à compenser. C’est alors que l’on comprend mieux l’expression « guerrier » – propre à Shambhala. S’il n’y avait aucun combat à mener et donc, aucun courage à avoir, ce mot n’aurait pas d’utilité. Mais nous ne sommes pas face à de simples résistances ! Nous sommes face à des destructions et des asservissements : un mal actif. Nous sommes face à un chaos qui n’est pas seulement visible physiquement, mais au sein de nos âmes et de nos aspirations secrètes.

« Ce livre [Shambhala, la voie sacrée du guerrier] nous apprend à affiner notre mode de vie et à propager l’art du guerrier dans son sens véritable. Il s’inspire de l’exemple et de la sagesse du grand roi tibétain Gesar de Ling : de son insondabilité et de son courage, et de la façon dont il a triomphé de la barbarie aux principes du Tigre, du Lion, du Garuda et du Dragon (Tak, Seng, Khyung, Druk) qui sont présentés ici sous la forme de quatre dignités » (Chögyam Trungpa, Shambhala, la voie sacrée du guerrier, Seuil, 1990, p. 21).

L’auteur partage de nouveau sa conception du « guerrier » dans son livre Sourire à la peur :

« Les guerriers qui font ainsi confiance aux reflets du monde phénoménal peuvent compter sur leur découverte personnelle de la bonté. La communication donne des résultats : le succès ou l’échec. Voilà comment les guerriers sans peur entretiennent un rapport avec l’univers ; non pas en restant isolés, manquant d’assurance et se cachant, mais au contraire en s’exposant sans cesse au monde phénoménal et en acceptant tous les risques » (Chögyam Trungpa, Sourire à la peur : Réveillez le courage en vous, 2012, Les éd. de L’Homme, Le Jour, p. 84).

La lumière de l’éveil n’est donc pas « un paradis pour soi-même ». Les éveillés ne tiennent pas ce discours. Il est remarquable, que ce soit Jésus ou Bouddha, que l’Éveil proposé soit dans l’intérêt de chacun pour tous les autres. Les éveillés reviennent pour aider les égarés. Ils ne les oublient pas, ivres de leur réussite spirituelle.

« Si le maître guerrier était ivre de sa propre présence authentique, ce serait un désastre. C’est pourquoi il est très humble, extrêmement humble. Son humilité découle du travail avec autrui » (Chögyam Trungpa, Shambhala, la voie sacrée du guerrier, Seuil, 1990, p. 182).

« Le Tantra de Kalachakra est une pratique bouddhiste de méditation qui appartient à la classe des Tantras du Yoga suprême. Il s’agit des enseignements les plus profonds du Véhicule des boddhisattvas [des êtres d’Éveil], représentant la voie spirituelle de ceux qui aspirent au parfait et complet Éveil pour le bien de tous les êtres sensibles » (Tantra de Kalachakra, – Le Livre du Corps subtil, Desclée de Bouwer, Paris, 2000, 2020, p.7).

« Comprendre revient à œuvrer, sur le plan de l’esprit, pour l’Éveil de tous les êtres sensibles » (Idem, p. 27).

« Le boddhisattva [être d’Éveil ou héros de l’esprit d’Éveil], au terme d’une vie antérieure, a renoncé à l’ultime réalisation et à l’extinction en Nirvana, bien qu’il les ait méritées. Il a choisi de prendre une nouvelle naissance en ce monde pour aider autrui à progresser sur la voie de la délivrance. Il a fait le vœu de revenir à l’existence jusqu’à ce que nous soyons tous libérés de notre attachement au samsara. D’où son nom : ‘Être pour l’Éveil’ » (Idem, p. 30).

Shambhala est donc orienté vers un but : assurer un futur à l’humanité et à la planète. Il y a bien un paradoxe car la Libération est au-delà du temps, elle rompt le cercle infernal des réincarnations. Mais… Mais que faire des autres ? Que faire de ceux qui souffrent de plus en plus, du poids de leurs erreurs ? Il y a par conséquent des « retours en force » de la Lumière, des réincarnations volontaires pour aider tous ceux qui restent asservis dans le « cinémascope hypnotique ». La compassion, nous le comprenons, est une valeur centrale. Car sans compassion, l’Éveillé retourne d’où il vient, et les égarés continuent de vivre, de souffrir dans leurs hallucinations.

Shambhala assure aussi l’intégrité des textes de sagesse. Nous savons que les textes saints ou sacrés sont parfois modifiés, transformés, amputés. Les textes retrouvés dans une jarre en 1945 à Nag-Hammadi en Haute-Égypte, ont été inviolés, non modifiés. Et leur contenu diffère sensiblement sur certains points des « canons » retenus pour affirmer un pouvoir politique et religieux. Il est donc essentiel de préserver l’intégrité des textes afin de ne pas voiler, déformer les enseignements. À l’extérieur de Shambhala, il y a des écoles bouddhistes qui divergent sur certains points fondamentaux. Le chaos peut naître des mêmes dangers présents partout : une mauvaise compréhension des concepts, un formatage des esprits, un ralentissement de l’Éveil si les bases sont mal comprises. Shambhala veille à réinsuffler régulièrement l’esprit des textes par les traditions et les besoins circonstanciés.

Conclusion

Shambhala n’est pas absolument indispensable à notre éveil, notre évolution spirituelle puisque la Vérité est accessible partout, étant de nature universelle. Nous devons développer une authentique fraternité entre « les couleurs » de nos sensibilités spirituelles qui nous reconduisent à la même Lumière blanche intégrative tels les rayons arc-en-ciel du prisme. Il n’y a aucune nécessité impérative. Mais les obstacles sont puissants et tous ceux qui peuvent les dévoiler et les lever sont des aides précieuses. Shambhala est l’un de ces « garde-fous » contre la fureur du monde. Cette Cité-royaume a sa raison d’être si le but est d’assurer un éveil planétaire, un monde viable pour le présent et le futur. Quant aux secrets, ils sont parfois nécessaires pour protéger le sacré des sots, des ignorants, voire des méchants qui n’ont pas le sens du respect. L’invisibilité « partielle » de Shambhala a aussi sa raison d’être.

« Roi de Shambhala, sa position rappelle celle de l’Empereur universel, mais il est un souverain dans l’occultation, le maître d’une terre pure, invisible au regard de qui n’a pas été initié » (Tantra de Kalachakra, – Le Livre du Corps subtil, Desclée de Bouwer, Paris, 2000, 2020, p. 33).

Mais la Cité n’est pas pour autant fermée ou hors d’atteinte puisqu’elle n’est pas que matérielle. De plus, ayant des buts altruistes, pourquoi se refuserait-elle à tous ceux qui veulent œuvrer dans l’intérêt de chacun et de la planète ? C’est un état d’esprit qu’il nous faut acquérir pour comprendre son rôle et sa nécessité. Il est encourageant de savoir que nous ne sommes pas seuls et qu’au-delà des obscurités du monde, règne une lumière purificatrice, régénératrice et médicinale. Quand nos cœurs redeviennent purs, nous retrouvons notre véritable nature lumineuse : les portes nous sont ouvertes.

Shambhala est le sanctuaire de ceux qui reviennent pour aider l’humanité, ne la délaissant pas, ne la livrant pas seule à elle-même. Ces êtres qui reviennent n’ont pas tous besoin d’un corps physique. Les corps spirituels ou subtils permettent une grande liberté d’action et de mouvement.

Hommage à Juan Gimenez (1943-2020)

Juan Gimenez face à l’une de ses planches (Copyright : ROMUALD MEIGNEUX/SIPA)

Ceux qui ne veulent pas reconnaître la réalité du Covid-19 et sa dangerosité doivent ouvrir les yeux : tous, nous pouvons perdre des membres de notre famille, des amis, des voisins, des connaissances plus ou moins proches. Les célébrités sont aussi concernées et en sont la preuve : nous l’avons vu récemment notamment avec le chanteur Christophe (Daniel Bevilacqua) qui nous a quitté le 16 avril 2020 à Brest, à 74 ans, des suites d’un emphysème.

Ici, nous voulons rendre un hommage particulier au dessinateur Juan Gimenez décédé le 3 avril 2020 à Mendoza (Argentine) à 76 ans. Il était ami avec Alejandro Jodorowsky pour qui il dessinait les planches des « Méta-Barons » (entre autres dessinateurs). Il avait fait sa connaissance en 1992 pour une longue collaboration avec « La caste des Méta-Barons » : huit épisodes et un Hors Série intitulé « La maison des ancêtres ».

C’était un dessinateur très talentueux (style hyper réaliste) tant pour ses rendus graphiques que pour son sens des couleurs qui avait notamment participé au dessin animé « Heavy Metal » (pour le storyboard et le scénario de la séquence « Harry Canyon »), film devenu une référence dans les années 80 : rien de semblable n’ayant été réalisé auparavant. L’audace, la prise de risque, le délire graphique étaient authentiques. Ce n’était pas une œuvre commerciale, mais un vrai projet artistique, réalisé sous forme de séquences (inégales).

Sa collaboration à ce dessin animé était assez naturelle puisqu’il travaillait pour la BD « Métal Hurlant » – le film en étant directement inspiré. C’est Glénat qui a publié son premier album en français, « L’Étoile noire » (avec un scénario de Barreiro).

Comme beaucoup de dessinateurs, il a réalisé des couvertures de romans SF, des pochettes de disques, des décors de jeux vidéo (conception graphique). Mais c’est surtout sa contribution aux histoires imaginées par Jodorowski qui va établir sa popularité mondiale. Ce dernier a tenu à s’exprimer à son sujet :

« Durant dix ans, j’ai travaillé avec Juan Giménez. Ensemble, nous avons été les créateurs de la saga des Méta-Barons. Ce qui m’a facilité la tâche en lui proposant le monde complexe des Méta-Barons, c’est qu’il ressemblait exactement à l’immortel Méta-Baron. Dans mon inconscient, Juan Giménez ne peut pas mourir. Il continuera, dessinant comme le maître guerrier qu’il était ».

Sa ressemblance à l’immortel Méta-Baron.
Daniel Maghen expose 120 planches de Juan Gimenez, illustrations et couvertures originales

Quant au galeriste Daniel Maghen qui avait exposé ses œuvres du 15 octobre au 9 novembre de l’an dernier à Paris, voici ses propos :

« Juan était un génie qui a marqué plusieurs générations de dessinateurs. Sa vie était dédiée au dessin. Il me racontait comment en Argentine il avait découvert Métal Hurlant et Pilote et à quel point cela avait changé sa vie. Il était honoré des prix qu’il avait reçus et qu’on pouvait apercevoir au-dessus de sa table à dessin. Il me disait encore il y a quelques mois sa fierté de dessiner les dernières couvertures de Star Wars. Il était toujours plein de projets ».

Voici un documentaire intitulé « Rêves lucides » d’une trentaine de minutes en espagnol (sous-titré en anglais) qui débute avec l’une de ses animations et qui retrace son parcours, ses œuvres, dans un décor de rêve propice à la création.

Didier Pasamonik a retracé son parcours avec passion ici. Et voici le lien de son dernier entretien.