Déconfinement et seconde vague

En prévision de la date du lundi 11 Mai 2020 prochain, date du début du déconfinement progressif par régions en France, il peut être utile de rappeler quelques points :

Déconfinement et nouvelle vague sont liés

Dans la plupart des pays (Chine, Hongkong, Taiwan, Singapour…), le déconfinement est la cause d’une seconde vague. Au Japon, une semaine après le déconfinement du 6 avril, le gouvernement a été obligé de refermer les écoles le 13 Avril sur l’île d’Hokkaido, étant donné la montée en flèche des nouveaux cas : plus d’une centaine !

Nous pouvons en déduire que si le déconfinement est très progressif avec des attitudes de gens vigilants et responsables, la seconde vague sera modérée. Dans le cas inverse, la seconde vague peut être importante. Le déconfinement agit comme un curseur de régulation de la seconde vague. Selon qu’il est mesuré ou pas, cela impacte directement le résultat des contaminations.

L’argent vecteur du virus par son support matériel

La Chine a désinfecté quotidiennement ses billets de banque car tout support physique qui passe de main en main est facilement contaminé. Une étude de l’université d’Oxford, a dénombré par moins de 26 000 bactéries sur les billets de banque. En outre, une étude de 2007 menée par le laboratoire de virologie des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), avait prouvé que les billets de banque comportaient des traces de virus de la grippe 120 heures après avoir été contaminés. Ces études, nous le voyons, précèdent l’arrivée du coronavirus SARS-CoV-2, mais nous rendent service car il n’y a aucune raison pour que ce soit différent avec ce présent virus. Et n’oublions pas non plus, la « petite monnaie » en métal qui, par son matériau, peut conserver des traces du virus encore plus longtemps. Quant aux cartes de paiement en plastique, elles aussi peuvent être contaminées. Afin de ne pas les détériorier par des produits abrasifs, il serait prudent de les essuyer avec un mouchoir jetable après chaque passage de main en main. Puis, de se laver les mains après.

Tous les lieux confinés sont dangereux

Les toilettes publiques sont des pièges à coronavirus en raison de la suspension aérosole et des contaminations féco-orales dont nous avions parlé ici. Mais tous les espaces confinés et petits sont tout aussi dangereux (ascenseurs, cabines d’essayages…). Il est peu plausible de croire que ces lieux soient désinfectés à chaque passage… Cela demanderait des dispositifs de décontamination high-tech que nous n’avons pas (rayons UV-C, vaporisation d’eau de Javel diluée dans l’atmosphère de façon automatisée, etc., de telles solutions auraient pu exister si nous avions pu nous préparer longtemps en avance).

Nous pourrions avoir tendance d’associer le déconfinement à un retour à la normalité comme si le SARS-CoV-2 était une histoire ancienne. Ce serait une grave erreur ! La situation est en fait une adaptation au problème, une tentative, du moins, mais non pas un retour à la normalité. Ainsi, tous les gens qui se rassemblent déjà en étant très serrés les uns aux autres, pour faire leur jogging, pour parler, etc., prennent de gros risques qui vont à l’encontre des mesures barrière. Certaines personnes agissent avec conscience, d’autres démontrent leur irresponsabilité. Dans un tel contexte, il faut se montrer très prudent.

Les adhésifs au sol ne sont que des symboles

Enfin, rappelons que le SARS-CoV-2, d’après les études scientifiques, peut être actif dans l’atmosphère en milieu confiné jusqu’à trois heures, et qu’il peut être projeté d’une personne à une autre, jusqu’à sept ou huit mètres. Nous en avions parlé ici avec les liens sourcés. Le virus n’est pas une boule de pétanque, il se moque totalement de nos marquages au sol espacés d’un mètre. Nous sommes avec cette pratique dans une espèce de rituel symbolique social, espérant contrer le « mauvais sort » avec nos adhésifs, mais nous ne devons pas oublier qu’un symbole est une façon de nous rappeler à une autre réalité à la façon des panneaux du code de la route. Un symbole ne sert à rien si nous n’en comprenons pas la portée.

Si nous voyons le symbole « chaussée glissante » et que nous sommes par temps de pluie, que ferons-nous ? Nous ralentirons et serons très prudents. Il en va de même avec ces adhésifs au sol : le danger du Covid-19 est là et doit être pris en compte.

En ce qui concerne la santé des enfants, cessons de dire qu’ils ne craignent rien car ce n’est pas la réalité : les symptômes évoquant « la maladie de Kawasaki » sont apparus dans plusieurs pays, la France y compris : à Paris, à l’hôpital Necker, en moyenne, trois enfants sont hospitalisés par jour ! Ils ont été testés positifs au Covid-19. En effet, le Dr Sylvain Renlleau a déclaré :

« Tous ces enfants ont été en contact avec le virus à un moment ou à un autre ».

Certains enfants sont également atteints par des « chocs toxiques« , c’est-à-dire un emballement du système immunitaire qui débouche sur une réaction hyper-inflammatoire pouvant devenir mortelle pour les cas les plus graves.

Chacun peut contribuer à éveiller les consciences des gens aux alentours. Tant que nous ne sommes pas malades, nous pouvons nous croire invincibles, miser sur notre immunité. C’est un jeu très dangereux car il n’est pas prouvé que ce virus soit immunisant. Des scientifiques virologues en doutent. Quand il y a un doute, il vaut mieux agir avec prudence et responsabilité : nous nous rendons service et nous rendons service aux autres.

Décontaminer ses fruits et légumes après achat

Soyons logiques : si le SARS-CoV-2 peut se déposer sur n’importe quelle surface – et nous savons que c’est le cas puisque les malades en chambre contaminent tout leur environnement dont les objets qui s’y trouvent -, il n’y a aucune raison qu’une personne contaminée ne puisse pas infecter des fruits et légumes avec lesquels elle est entrée en contact. Que faire alors pour les décontaminer après achat ?

Nous avons lu avec attention une étude de l’ANSES (Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation) dont nous exposons ici le résumé, tout en y apportant des données complémentaires :

Il convient d’abord de se laver les mains méthodiquement et de nettoyer tout son espace de travail (alcool, par exemple). En effet, les contacts avec des surfaces contaminées doivent être soigneusement écartés.

Les fruits et légumes peuvent être nettoyés au vinaigre non dilué, bien rincés à l’eau, puis séchés avec un essuie-tout à usage unique. Pour les fruits que l’on ne destine pas à la cuisson, l’idéal serait de les laisser à l’air libre 48 heures : une sécurité en plus ne peut pas nuire car le coronavirus se dégrade dans l’atmosphère avec le temps.

En ce qui concerne les légumes, s’ils sont cuits pendant 4 minutes à plus de 60 degrés – 63 degrés pour le test publié par l’ANSES – tout risque serait écarté – « serait » au conditionnel car une autre étude plus récente (non encore validée par la communauté car publiée sur bioRxiv) mentionne plutôt 92 degrés pendant 15 minutes.

En revanche, le coronavirus est toujours actif (« stable » dans leur vocabulaire) lorsque l’aliment est cru (il peut nous contaminer pendant la phase de mastication par les voies respiratoires), et la réfrigération ou la congélation sont sans effet sur lui !

« La réfrigération et la congélation ne constituent donc pas un traitement d’inactivation pour ce micro-organisme« .

Par conséquent, cela signifie qu’il faut se méfier des préparations culinaires, des sandwiches, de l’alimentation à emporter s’il n’y a pas eu de garantie sur l’hygiène indispensable nécessaire. Raison de plus avec l’alimentation crue comme par exemple les sushis. En cette période de pandémie, il serait raisonnable de favoriser l’alimentation cuite avec les 60 degrés préconisés si l’on ne veut prendre aucun risque.

En revanche, ne mettons pas en danger notre santé en lavant les fruits et légumes à l’eau de Javel. Cette pratique est hautement toxique. Pensez plutôt au bicarbonate de soude dilué dans de l’eau, au vinaigre ou au citron. Voici un lien qui démontre (en anglais) que le bicarbonate de soude (ou bicarbonate de sodium) a véritablement une efficacité « virucide ». Vous ne mettrez pas ainsi votre vie en danger. Le chlore (eau de Javel) ne doit pas être ingéré, ni même entrer en contact avec la peau. C’est une substance toxique pour l’organisme. Il peut produire une irritation importante de la bouche, de l’œsophage et de l’estomac. Voici un lien à consulter pour en comprendre les dangers, y compris pour nos animaux domestiques.

Contamination par transmission féco-orale dans les toilettes publiques

Le Morning Post de South China, a publié une étude de lUniversité de Hong Kong qui doit nous alerter sur le danger propre aux toilettes publiques :

« Une chasse d’eau peut relâcher plus de 80 000 gouttelettes de résidus en suspension dans l’air pendant plusieurs heures si le couvercle reste levé ».

C’est la raison pour laquelle Quingyan Chen, professeur en ingénierie mécanique de l’Université de Purdue préconise de désinfecter entièrement la salle d’eau avec de l’alcool ou aux rayons des UV-C germicides entre deux utilisations… Mais est-ce vraiment réalisable ou réaliste pour les toilettes publiques ? Il recommande de rabattre la lunette des WC avant de tirer la chasse d’eau. Mais est-ce suffisant ? Évidemment que non. Le chercheur Alvin Lai déclare que « ce n’est pas suffisant en soi ».

En prévision du déconfinement prochain, il est très important de prendre conscience du danger des toilettes publiques qui seront très probablement contaminées et cela pour trois raisons :

  1. Les toilettes publiques ne sont pas équipées pour décontaminer le SARS-CoV-2 : il n’y a aucun système automatisé pour nettoyer à chaque passage la suspension aérosole dans de tels espaces confinés (par exemple, avec de l’eau mélangée avec un peu de Javel en le pulvérisant dans l’air ambiant), aucun système automatisé non plus pour nettoyer à chaque passage les zones touchées par les mains sur les murs et les portes où le coronavirus a été déposé, sachant qu’il a une survie sur les matériaux, ceci a été démontré par de nombreuses études scientifiques. Lorsque nous tirons la chasse d’eau, nous produisons la dispersion dans l’air de résidus d’urines ou de matière fécale. Selon l’APIC, (Association des professionnels de la lutte contre les infections et de l’épidémiologie), cela constitue une autre façon pour le virus de se répandre. Nous savons que le virus se déplace dans l’air ambiant car il a été retrouvé sur les grilles de ventilation dans la chambre des malades. La suspension aérosole ne concerne donc pas que la cuvette et la lunette des toilettes, mais tout l’espace ambiant. Le virus est très léger : il suit les courants aériens, les déplacements d’air.
  2. Les toilettes publiques reçoivent, par définition, des gens à une certaine fréquence. Or, en milieu confiné, le coronavirus survit jusqu’à trois heures en suspension aérosole. Un individu porteur du Covid-19 pourra donc contaminer les lieux pour les passages suivants.
  3. La plupart des usagers ne portent pas de gants, ils contaminent donc ce qu’ils touchent car le coronavirus se dépose sur les surfaces. N’oublions pas que les mains restent les sources les plus denses en virus et bactéries selon les études scientifiques, ce qui est logique puisque nous les utilisons sans cesse, sans même y penser.

Il est donc inévitable que dans les lieux publics, les toilettes, dès leur ouverture, soient rapidement contaminées en raison de ces trois points : la suspension aérosole, la fréquence des passages, l’absence de gants portés par les usagers. Or, le risque d’une contamination par le passage dans ces lieux est une réalité car plusieurs études scientifiques ont établi que le Covid-19 se transmettait aussi de cette façon. Mais cela n’est pas une surprise car c’était déjà une particularité du Sras :

« La transmission par voie fécale du Sras a contaminé des centaines de personnes dans un complexe résidentiel de Hong Kong en 2003« .

Au sujet du Sras, voici ce que déclarait l’OMS le lundi 5 mai 2013 :

« Le nouveau coronavirus peut survivre dans les selles et dans l’urine à température ambiante pendant au moins un ou deux jours« .

Quant au SRAS-CoV-2, certains médecins lancent l’alerte, comme par exemple, Laurent Lagrost, Directeur de recherche à̀ l’INSERM et Didier Payen, ancien chef du service d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital Lariboisière à Paris, et déclarent :

« Chez les patients infectés, le SARS-CoV-2 a pu être retrouvé dans de nombreux fluides et excrétions biologiques (sécrétions de la bouche et du nez, sang, selles, urines…). Les possibilités et modalités de transmission sont donc multiples. Elles augmentent ainsi les incertitudes et compliquent les recommandations« .

Ainsi, les camionneurs dont on comprend fort bien le désagrément sur leurs itinéraires de découvrir que les WC dans les aires de repos soient fermés, prennent certainement moins de risques en faisant leurs besoins dans la nature où il n’y a pas de suspension aérosole, pas de passages antérieurs, qu’en allant dans des toilettes publiques non équipées pour décontaminer la suspension aérosole et les surfaces contaminées à chaque passage. En effet, à l’air libre, le risque n’est plus le même, l’atmosphère n’étant pas confinée et le virus étant sensible aux UV-C du soleil. Se laver les mains n’est pas suffisant. Respirer le coronavirus, qu’il pénètre par les yeux, le nez ou la bouche et nous sommes infectés !

Prenons aussi conscience que les surfaces infectées (murs et portes) correspondent à tout ce qui est à hauteur d’homme, c’est-à-dire, grosso modo, ce qui est à la hauteur de nos épaules (le rayon d’action de nos bras) – et dans certains lieux, ce qui est à hauteur d’enfants. Les zones touchées sont donc particulièrement celles où nous mettrons inconsciemment nos mains... Il n’y a donc pas que les poignées de porte qui sont dangereuses, mais toute surface à hauteur de nos épaules où les gens posent leurs mains. Nous pouvons constater ce phénomène, par exemple, en regardant les portes vitrées : nous verrons que les traces de mains sales sont effectivement à hauteur d’homme, dans le rayon d’action des épaules et des bras, et pratiquement absentes très bas ou très haut du plan vertical (sauf en raison du passage d’enfants pour les zones basses).

Le danger guette certainement tous ceux qui nettoient les toilettes publiques : ils doivent faire particulièrement attention car la concentration en SARS-CoV-2 joue aussi un rôle dans la puissance de l’infection. En raison de la suspension aérosole et des surfaces infectées, il leur faut un équipement étanche : lunettes, masques, gants – ceci est indispensable pendant l’opération. Nous mettons donc en garde tous ceux qui vont rouvrir les espaces publics et nettoyer ces lieux sensibles que sont les toilettes. Ceux qui décident de les fermer prendront une sage décision, même si cela ne plaira pas aux usagers qui ne sont pas encore conscients du danger encouru.

Dans un autre ordre d’idées, les ascenseurs sont également dangereux puisqu’il existe une suspension aérosole en milieu confiné et des surfaces touchées par les mains. Ainsi, après le déconfinement, il nous faudra être prudent sur ces lieux particulièrement à risques. Monter ou descendre des escaliers sera la solution la plus prudente pour ceux qui ne veulent pas risquer leur vie et leur santé. Essayons de voir les choses positivement : un peu de sport ne pourra pas que nous faire du bien après avoir été confiné pendant plusieurs semaines… à condition de ne pas toucher les murs et les portes. Pendant cette pandémie, chacun devra scrupuleusement être attentif à l’hygiène au quotidien.

Il ne faut pas écouter ceux qui interdisent les masques dans les diverses corporations, qui affirment qu’ils sont inutiles, ou qui prétendent qu’il est inutile de nettoyer les surfaces. Les chercheurs du centre national des maladies infectieuses de Singapour ont fait savoir par le Journal of the American Medical Association que le lavage du sol et des surfaces au dichloro-isocyanurate de sodium (nom scientifique du chlore ou bien eau de Javel) était efficace. Ceux qui interdisent le port des masques, dissuadent les autres d’en porter, préconisent de ne rien désinfecter, voudraient-ils confronter des malades sans aucune protection ? À l’heure où les preuves s’accumulent, notamment sur les malades en chambre qui contaminent tout leur espace de vie, il n’est plus temps d’écouter les irresponsables qui restent sous-informés, ou bien les désinvoltes. Des vies sont en jeu ! Et si l’on tient à sa vie, il vaut mieux être prudent, que pas assez.

Bien protéger ses yeux

Peu de gens sont encore conscients de la nécessité de protéger leurs yeux, y compris au sein du personnel hospitalier. Pourtant, l’American Academy of Ophtalmology confirme qu’il faille protéger ses yeux s’ils sont exposés au Covid-19 :

« Lorsqu’une personne malade tousse ou parle, des particules virales peuvent s’échapper de leur bouche ou de leur nez et toucher le visage d’une autre personne. Vous êtes plus susceptible d’inhaler ces gouttelettes par la bouche ou le nez, mais elles peuvent également entrer par les yeux »

En effet, ce sont les membranes muqueuses qui véhiculent le virus dans l’organisme : à savoir, le nez, la bouche, mais aussi les yeux.

En outre, selon leurs études, certains développent des conjonctivites, avec un syndrôme des yeux de couleur rose sur 1 à 3 % des cas. Le problème est encore d’un risque plus élevé avec ceux qui portent des lentilles de contact… Pour ceux-ci, il serait plus prudent de revenir aux lunettes comme le préconise l’Académie américaine d’ophtalmologie.

Une seconde étude publiée dans le New England Journal of Medicine, a été menée sur 1 009 patients chinois touchés par le coronavirus : 9 d’entre eux souffraient d’une conjonctivite.

Une autre étude provenant du premier hôpital affilié de l’École de médecine de l’Université du Zhejiang, suggère l’existence d’un risque de transmission du coronavirus à travers les yeux. Mr Shen conclue donc que le système respiratoire n’est pas le seul canal de diffusion du virus. Ainsi, les lunettes de protection sont nécessaires.

N’oublions pas non plus que nous portons souvent nos mains à notre visage, et nous pouvons ainsi nous contaminer en nous frottant les yeux, le nez, la bouche. Nous devons apprendre à être attentifs à nos gestes inconscients.

Certes, en période de pénurie sur tout le matériel de protection indispensable nécessaire, y compris en milieu hospitalier, il peut être difficile de s’équiper. Mais par les impressions 3D, certains fabriquent déjà des visières.

Les lunettes de protection à favoriser sont celles qui permettent le port de lunettes de vue (si besoin), ne génèrent pas de la buée pendant le port du masque et sont portées avec une bande élastique comme l’illustration ci-dessous. Les lunettes seront ainsi bien fixées sans qu’il faille les toucher avec les mains.

Bien choisir son masque

Face à la pénurie actuelle, beaucoup choisissent de fabriquer leurs propres masques, mais il faut savoir que selon une étude parue dans The New England Journal of Medecine, le SARS-CoV-2 a un diamètre qui varie entre 60 et 140 nm (nm = nanomètre, sachant qu’un nanomètre est un millième de millimètre). 60 nm = 0,06 micron. Il faut donc se méfier des masques faits maison qui ne feront pas barrage et donneront une fausse et dangereuse impression de sécurité. Se méfier des masques faits maison, mais aussi des masques qui ne sont pas aux normes, tout simplement, comme la Finlande en a fait l’expérience avec des masques qui provenaient de Chine.

À propos des masques chirurgicaux

Les masques chirurgicaux ont de nombreuses faiblesses :

  • ils ne filtrent qu’à 78%
  • ils sont fragiles (surtout si on tousse dedans)
  • ils ne durent que 3 heures en moyenne
  • ils ne sont pas hermétiques sur le visage
  • ils produisent une fuite vers l’extérieur de 22 %
  • ils ne tiennent pas toujours en place, ce qui oblige des manipulations

C’est pour cette raison que certains médecins disent que ce sont des « passoires« . En effet, Jean-Paul Hamon déclare :

« Les masques chirurgicaux sont disponibles, mais ce sont des passoires. Cela ne protège que les personnes autour de vous quand vous toussez, ça ne protège pas le porteur de masque. Si vous suturez un visage, si vous êtes ORL, dentiste, c’est nettement insuffisant « .

Le décès bien regrettable de cette aide-soignante à Mulhouse, mère de trois enfants, qui travaillait avec un masque chirurgical (dans un Ehpad) pourrait en être la preuve car étant donné son travail, il est à peu près certain qu’elle savait manipuler son masque correctement, bien qu’elle n’avait pas de surblouse.

Alors si les masques chirurgicaux sont des « passoires », raison de plus pour les masques faits maison… Étant donné l’enjeu et le risque pour sa vie, il est plus sage de chercher à acquérir des masques avec des normes qui garantissent une filtration d’au moins 95%.

Dans l’attente des masques fabriqués en France (qui ne seront peut-être pas destinés au grand public), il est préférable de nous tourner vers des normes équivalentes au FFP2 français (EN149) : le N95 (US), le KN95 (Chine).

Depuis la mise en place du « pont aérien » entre la France et la Chine, ce dernier ne bloque plus la livraison à la douane des masques commandés sur Amazon, excepté bien sûr les contrefaçons, à raison. Il faut compter un minimum de trois semaines entre la commande et la livraison en France. La Poste a repris du service cette seconde semaine d’Avril 2020.

Les masques avec filtres changeables

Il exite des masques plus sécurisants qui dépassent la journée, avec des filtres que l’on peut remplacer. Certains ont même des systèmes de micro-ventilation intégrés ou bien des valves (comme sur l’illustration ci-dessous).

Certains modèles ont une parfaite adhésion au visage grâce à de la silicone. Si l’on investit sur la durée de la pandémie et les risques de nouvelles vagues (comme il y en a en Chine), c’est un bon choix car ce sont des masques durables, fiables, sécurisants, à condition de les décontaminer après usage quotidien (avec un sèche-cheveux 3 vitesses par exemple dont la température moyenne va de 90° à 125°). Les spécificités de ces masques high-tech couvrent le diamètre de 2,5 nm (PM 2,5). Rappelons que le diamètre du SARS-CoV-2 varie entre 60 et 140 nm. On est donc en toute sécurité, à condition, bien sûr, de veiller à ce que nos mains ne manipulent pas le masque une fois posé sur le visage. Voici une petite illustration pour se représenter un ordre de grandeur. Nous voyons un grain de sable en bas à gauche à côté d’un cheveu.

Enfin, voici un lien utile sur les différents types de masque, les normes, ainsi que les visières.

Solidarité envers nos agriculteurs

La décision de fermer les marchés publiques est un coup dur pour nos agriculteurs qui ne peuvent plus écouler leur stock (il est possible de demander une dérogation par la Préfecture). Certains jettent leurs denrées périssables alors qu’il eut été possible d’en faire don à des associations pour personnes démunies. Les fraises jetées auraient pu être utilisées pour faire des jus de fruits, des confitures, etc. Il est donc temps de se montrer créatif en cette période qui aura aussi un fort impact sur les fruits et légumes.

La FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) propose une plateforme pour mettre en relation avec nos agriculteurs des volontaires et cela DANS TOUTES LES RÉGIONS. Leur message :

« Nous encourageons vivement les personnes qui souhaitent pallier le manque de main d’œuvre en agriculture à s’inscrire sur desbraspourtonassiette. L’objectif est de les mettre en relation gratuitement avec des employeurs qui ont besoin de main d’œuvre pour des travaux de récolte notamment ».

Il faut une prise de conscience urgente à ce niveau car nous ne pouvons pas uniquement nous nourrir de pâtes, de sucre et de papier-toilette pendant cette période de confinement…

Décontaminer avec un fer à repasser

Un simple fer à repasser peut vous permettre de décontaminer des tissus, par exemple votre masque s’il est en papier ou en tissu souple. En effet, au-delà de 60° (voire 92° selon cette étude), le SARS-CoV-2 ne résiste pas, selon une note du Haut Conseil de la sante publique (du 18/02/2020) . Un fer à repasser peut atteindre plus de 110°. À condition de ne pas se contaminer pendant l’opération, de bien se laver les mains avant et après l’opération. En effet, une étude de scientifiques de Hong Kong publiée le 27 mars 2020 sur medRxiv (en attente de validation) a démontré que le SARS-CoV-2 peut survivre 7 jours sur un masque chirurgical – étude prise au sérieux par la virologue Angela Rasmussen.

L’Université de Stanford a publié une étude sur le sujet pour la décontamination des masques, soulignant néanmoins que le résultat n’est pas garanti à la longue (le masque pourrait perdre de son efficacité par exemple), cela dépend aussi de la qualité du masque. Cette étude reste donc prudente. Cependant, dans une situation de pénurie pour le moment présent, plutôt que de ne plus avoir du tout de masque, décontaminer celui que l’on a, est déjà mieux que rien, à défaut d’en avoir un autre neuf. Ceux qui le déconseillent en disposent d’autres de rechange, dans ces conditions, il est évident qu’il vaut mieux en prendre un autre. Les chercheurs de cette université souligne donc que « ce rapport est une recherche dans un cadre d’urgence« .

Évidemment, ceux qui vous déconseillent de porter des masques, vous déconseillent aussi de les stériliser et de les réutiliser. Ils mettront l’accent sur vos gestes potentiellement maladroits, l’absence de certitude du procédé. Rappelons alors qu’en Corée du sud, l’entrée dans les magasins étaient interdites à tous ceux qui ne portaient pas des masques : « Pas de masque, pas d’entrée« . Ils sont donc utiles en Asie, même si certains les jugent inutiles en France. Les Coréens ont même le droit d’acheter deux masques par semaine en pharmacie. Leur prix : 1,10 € par unité. Visiblement, il faudra faire évoluer les mentalités sur le port du masque en France et en Europe, bien qu’en Europe centrale, le masque soit devenu obligatoire. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a rappelé, le 30 mars : « Ce n’est certes pas dans notre culture, mais c’est comme ça que les pays asiatiques sont parvenus à n’avoir que quelques cas par jour !« . Alors que certains nous martèlent le crâne en disant qu’ils sont inutiles à la population, le médecin Didier Legeais clame haut et fort : « METTEZ DES MASQUES !« . Il ajoute dans sa vidéo : « Enlevez-le par derrière, faites-le sécher ou lavez-le » en rappelant les 60° fatidiques. Évitons donc « une grande erreur » comme le clame le directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, George Gao :

« La grande erreur aux États-Unis et en Europe est, à mon avis, que la population ne porte pas de masque ».

Bien qu’aux USA où le taux de mortalité explose, les mentalités commencent à évoluer sur ce point. Le journal Ouest France rapporte : « Il est désormais officiellement conseillé aux Américains de se couvrir le visage hors de chez eux, pour aider à freiner les contagions ». Et il constate qu’il existe de plus en plus d’adeptes du port du masque. Quant au journal Libération, il énumère les pays qui ont rendu le masque obligatoire : La Slovaquie, la Slovénie, la République tchèque, l’Autriche (pour les supermarchés), certaines régions de Chine, Vietnam, Ouzbékistan, Israël, certaines provinces de Thaïlande et Venezuela, sans oublier l’Asie, bien sûr. Quant à la Pologne, pour sa part, elle a installé des distributeurs de masques dans les rues.

Décontaminer avec de l’eau de Javel

Selon des études scientifiques de deux universités californiennes, le Covid-19, tout comme le SARS-CoV2, survit dans l’air (suspension aérosole) jusqu’à 3 heures. Le même résultat a été annoncé dans une autre étude au NIAID (National Institut of Allergy and Infectious Diseases) par la doctoresse Neeltje van Doremalen.

Certains veulent semer le doute en disant que l’air extérieur n’est pas semblable à l’air confiné, mais dans le doute et surtout face au risque pour sa vie, il convient d’être prudent. De plus, les spécialistes s’accordent à dire que ce virus est très contagieux et que tous ses modes de transmission ne sont pas encore bien connus car ce virus est nouveau (même s’il fait partie d’une famille de virus bien connue). Le Pr Karine Lacombe déclare : « Il y a beaucoup de choses que l’on ne sait pas, ce qui appelle à beaucoup d’humilité« . Est suspectée, par exemple, une transmission par les selles, dite « féco-orale », ce qui rendrait très dangereux l’usage des toilettes publiques si elles ne sont pas décontaminées à chaque passage (ce dont les chauffeurs routiers ne sont pas encore très conscients puisqu’ils se plaignent de leur fermeture sur les aires de repos).

L’hypothèse d’une transmission par suspension aérosole est donc fondée, d’autant plus qu’en Chine, une étude a révélé que des employés d’un même immeuble avec centre commercial situé à Wenzhou avaient été contaminés sans avoir été en contact les uns avec les autres – la doctoresse Jing Cai a déclaré à ce sujet:

« La possibilité que des clients aient été infectés par d’autres sources ne peut pas être exclue »

Source ici en anglais Emerging Infectious Diseases (Vol. 26, n°6, 2020).

En Corée, un constat similaire avait été fait avec une cage d’ascenseur d’immeuble qui aurait contaminé les usagers, sans contact les uns avec les autres et sans trace du virus sur les boutons. L’hypothèse d’une contamination aérosole ne doit donc pas être minimisée. C’est aussi l’avis du Pr Yves Buisson, membre de l’Académie nationale de médecine :

« Ces aérosols ne peuvent avoir un rôle contaminant que dans des espaces clos, très resserrés, comme les cages d’ascenseurs, les magasins, les transports en commun…« 

La suspension aérosole concerne toute projection dans l’air : lorsque nous toussons, éternuons, parlons, chantons et même expirons.

Les pompiers marseillais qui disposent d’une laboratoire mobile sont d’ailleurs en train de tester un système de détection du virus aussi bien dans l’air que sur les surfaces. « Nous utilisons la PCR [Polymerase Chain Reaction] (ou réaction en chaîne par polymérase), un système faisant appel à des réactions amplifiant le matériel génétique du virus, pour l’appliquer à la virologie dans l’environnement » explique le contre-amiral Patrick Augier, commandant du bataillon militaire. Ces tests sont effectués afin de prévoir le déconfinement de façon rationnelle et sécurisée en fonction des lieux. La décontamination de l’air ambiant a donc sa raison d’être si le virus peut y être détecté.

Prendre un vaporisateur (flacon spray), y mettre 0,5% de Javel et tout le reste d’eau du robinet peut déjà suffir à décontaminer l’air ambiant. En Chine, en Corée du Sud, et maintenant dans le sud de la France (Cannes, Nice, Menton), c’est un mélange à base de Javel qui est utilisé pour décontaminer les surfaces (puisque le Covid-19 y survit plus ou moins longtemps selon les matériaux : 2 à 3 jours sur du plastique ou de l’acier, 24 h sur du carton, moins de 3 h sur une feuille de papier machine, 48 h sur du bois, 5 jours pour le verre et les billets de banque). Évidemment, si l’on décontamine l’air ambiant chez soi, étant donné qu’il ne fait pas bon de recevoir de la Javel, même diluée, dans les yeux, il est conseillé de porter des lunettes étanches le temps de la projection et d’attendre un peu avant de rentrer dans la pièce désinfectée. La Javel est efficace contre le coronavirus. Ne pas oublier de porter des gants si l’on utilise de la Javel pour nettoyer les surfaces chez soi, le produit pouvant brûler la peau car il est irritant et corrosif (il contient du chlore).

L’Organisation Mondiale de la Santé déclaire qu’Il existe des désinfectants chimiques qui peuvent tuer le Covid-19 sur les surfaces. Il s’agit notamment de désinfectants à base d’eau de Javel ou de chlore, de solvants, d’éthanol à 75%, d’acide peracétique et de chloroforme« . Cependant, pour se laver les mains, le savon est efficace. Quant au gel hydroalcoolique (y compris celui fait maison), c’est l’alcool à 70% (minimum) qui en garantit son efficacité contre le Covid-19.

Décontaminer notre air ambiant est, selon le professeur Daniel Camus un défi prochain à relever car en raison de la saturation des hôpitaux, lorsque les malades restent chez eux, des règles strictes doivent être appliquées pour éviter de nouvelles contaminations…

Ici, un lien utile pour apprendre à nettoyer et décontaminer sa cuisine.

Créativité par l’impression 3D

Plusieurs nouvelles poignées de porte en plastique voient déjà le jour, imprimées en 3D afin de pouvoir ouvrir une porte avec le coude, ce qui économise les gants jetables, si on n’utilise pas des gants lavables.

L’impression 3D démontre son grand intérêt en cette période, notamment en ayant créé des visières de protection pour le milieu hospitalier, à Brest par exemple.

L’imprimante 3D s’avère également précieuse pour fabriquer des valves adaptées aux respirateurs. Ceux qui ont investi dans de telles imprimantes 3D pourront certainement trouver un usage utile pour combler les nombreux besoins que nous connaissons actuellement.