La réincarnation comme enchaînement à des planètes et autres lieux de vie

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Il existe plusieurs conceptions de la réincarnation, mais une autre notion – celle de karma – est à considérer puisqu’elle est liée. Le karma entraîne de toute façon ses conséquences car rappelons-le, il n’est ni positif, ni négatif en soi. Ce mot sanskrit signifie « action » (raison pour laquelle il existe en Inde un « karma yoga » qui privilégie les actions altruistes afin de générer des conséquences positives tant pour autrui que pour soi-même). Le karma est donc un mot dont il pourrait exister un pendant philosophique occidental : la causalité. Une cause génère un effet, une réaction. La seule différence est que le karma s’effectue de façon métaphysique en « traçant des voies dans l’Éther », en fabriquant des destinées avec certains événements programmés, mais tout ceci reste de l’ordre des conséquences causales. Le karma est une causalité métaphysique.

La réincarnation est un vaste sujet, mais intéressant à explorer car il revient en force dans les récits des enlevés par « les êtres des Étoiles », tout comme lors des réminiscences ou régressions hypnotiques. Le sujet est donc réactualisé sous un nouveau jour depuis quelques années par de nombreuses publications spécialisées. Nous sommes ici à la frontière entre spiritualité et ufologie.

On peut aborder cette thématique sous deux grands aspects : l’un négatif, l’autre positif. Comment cela ?

L’aspect négatif : l’asservissement

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Le négatif est assez évident : Pourquoi une âme devrait-elle être enchaînée à une planète d’existence en existence alors qu’il existe une infinité de possibilités autres ? Le plus souvent, ces âmes n’ont pas conscience qu’elles peuvent accéder à une réelle liberté – à la condition de le vouloir et d’agir en ce sens (par exemple, en ne générant plus de causalité négative). Nous retrouvons l’enseignement des sagesses orientales (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme, etc.) qui stipulent que tant qu’il y a des vices ou de forts attachements générés dans le plan matériel, l’âme suit ses désirs et c’est la ronde infernal qui s’ensuit. Bien sûr, nous sommes responsables de nos attachements et donc de la causalité suscitée. Mais aujourd’hui, on comprend de plus en plus et de mieux en mieux, grâce au Covid et à ses conséquences notamment, que des forces conjuguées agissent pour freiner notre éveil collectif en y mettant tous les moyens imaginables. L’asservissement serait donc de tous les côtés : du côté de nos habitudes et de nos attachements personnels (cause intérieure), et du côté du formatage collectif sociétal (cause extérieure). C’est négatif car un être spirituel n’a pas vocation à devenir un robot ou un animal, réduit à sa condition la plus basse ou la plus automatisée. Il pourrait avoir de meilleures et de plus grandes aspirations lors de ses incarnations.

L’aspect positif : l’évolution solidaire

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Le positif existe également : si de vie en vie, une âme fait le choix d’être fidèle à un groupe d’âmes (pour s’incarner sur une planète précise ou un vaisseau-ville de grande envergure qui sillonne l’Univers), elle évoluera si les choix faits collectivement s’orientent dans de saines directions.

On peut néanmoins se demander pourquoi une âme ne pourrait pas être totalement libre pour aller sur telle planète, puis sur telle autre, voire ne plus s’incarner dans un corps physique – la notion de karma mise à part.

Voici ce que l’on peut répondre à ce sujet : si certaines planètes sont habitées par des gens ayant un super intellect étant donné leur haut niveau de technicités et de technologies, il est évident qu’une âme « primitive » se trouvera mise à l’index dans ces mondes hyper évolués. Imaginons aussi que certaines planètes ont un régime politique très strict, très normé comme certaines dictatures terrestres sans les violences qui vont avec. Autrement dit, des systèmes de pensées où l’art, les émotions, l’originalité personnelle ont très peu de place, là aussi certaines âmes peuvent ne pas s’y retrouver. Ainsi, même si en théorie – notion de karma mise à part -, toute âme peut être libre de ses choix, elle est tout de même limitée par ce qu’elle est : ses goûts, ses aptitudes, ses exigences et son niveau d’évolution.

Si la Terre attire autant d’âmes très différentes, c’est que nous pouvons expérimenter une réelle et grande diversité où les individus peuvent faire carrière dans le sport, la musique, la danse, les jeux vidéos, la gastronomie, le cinéma, la bande dessinée/les mangas, la littérature, l’éthologie animale, l’économie, le commerce, la politique, etc. Je ne suis pas certain que ces choix de vie soient possibles sur beaucoup de planètes.

Si l’on étudie avec attention certains récits ufologiques, beaucoup de planètes n’ont plus de vie animale (certaines en ont, mais il n’y a pas âme qui vive dessus, j’ai pu le voir moi-même lors d’une décorporation) et sont peuplées par des individus devenus très scientifiques et explorateurs, mais dans une société très normée.

Il existe aussi des planètes où les êtres intelligents ne sont pas humanoïdes et cela a un énorme impact sur leur sensibilité et leurs habitudes, leurs mœurs. Je suis allé, toujours lors d’une décorporation, sur une planète où les êtres ont une forme géométrique et qui vivent selon des mœurs qui sont totalement incompréhensibles pour un être humain. J’imagine donc mal qu’un être humain veuille se réincarner sur une planète où la façon d’exister sera aux antipodes de ses habitudes et aptitudes. Rien n’est impossible ou inconcevable, mais cela risque d’être très déstabilisant si ce choix est fait.

Ceci peut expliquer pourquoi il existe en fait des communautarismes dans la logique des réincarnations. Nous aurons tendance à faire des choix conformes à nos goûts et à nos aptitudes et cela n’est pas mauvais en soi.

On voit donc que c’est un sujet complexe car il peut être pris sous un versant positif et négatif en même temps. Il est positif de faire des choix conformes à nos aspirations et à nos aptitudes, mais il est négatif d’être tellement conditionné que tout est joué d’avance comme si nous étions esclaves d’un processus.

Car n’oublions pas que l’éveil véritable enseigné dans les authentiques spiritualités est l’accès à une liberté d’être hors des carcans illusoires et ce, quels que soient les mondes. Vivre toujours conditionné dans un corps (quelle que soit sa forme, sa taille, son aspect) alors que la réalité ultime de l’âme est largement supérieure à l’outil véhiculaire, est forcément soumis à une réalité correspondante et contraignante. Mais on peut choisir volontairement de telles contraintes si, par exemple, c’est par amour ou amitié envers un collectif d’autres âmes que nous faisons un tel choix.

Cela suscite réflexions car nous voyons sur Terre, la puissance du formatage sociétal. Rien n’interdit de penser que ce formatage ne puisse pas exister partout ailleurs, ne serait-ce que par la force des habitudes et des liens que nous tissons avec autrui.

Dans la littérature ufologique, on réalise que nous sommes tous d’origine extraterrestre à un moment donné de nos logiques de réincarnation. C’est évident puisque l’homme n’a pas toujours existé sur Terre et que, visiblement, nous n’étions pas les premiers à fouler le sol de cette planète (pensons aux géants, par exemple). On réalise aussi que pour la grande majorité d’entre-nous, la mémoire consciente des vies antérieures est effacée. Certains pensent que c’est le fruit d’une manipulation sur nos âmes et nos destinées. Mais on pourrait aussi se dire que si nous étions conscients de nos existences passées, notre vie présente pourrait devenir très difficile. Certains voudraient se venger de ce qu’ils ont subi, d’autres renouer avec leur dernière vie, etc. Imaginons que nous ayons vécu sur une planète où l’amour et l’harmonie règnent en parfait équilibre, la vie sur Terre serait chaque jour un supplice puisque nous pourrions comparer nos conditions de vie. Nous ne comprendrions pas l’intérêt de notre choix de vie présente qui, néanmoins, peut avoir une utilité profonde : par exemple, contribuer à éveiller les êtres humains endormis dans leurs mécanismes de répétitions. Par amour et compassion, on peut vouloir venir en aide aux autres. Par karma, cela peut même devenir une nécessité pour réparer, compenser des erreurs dans nos choix de vie passés. Il en va de même pour les vies antérieures négatives où l’âme a besoin de les oublier de sa mémoire consciente pour repartir du bon pied si elle le souhaite véritablement.

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Autre remarque qui va dans le même sens : beaucoup d’individus vivent de belles expériences hors du corps physique la nuit en rêvant. Au matin, ils rentrent dans leur corps physique, se réveillent et ne se souviennent de rien hormis de vagues impressions. Cette amnésie leur permet de ne pas avoir trop de nostalgie des autres mondes dimensionnels, de ne pas vouloir s’y réfugier. Pour beaucoup, au niveau décisionnel de l’âme qui peut vouloir créer des blocages, la difficulté de se décorporer vient de là. C’est du moins une des causes car cela dépend du caractère de chacun à gérer ces différences d’état très contrastés. Certains accepteront, d’autres souffriront de ces mémoires par nostalgie violente. Cette remarque est également valable en ce qui concerne les vies antérieures remémorées.

Car on aurait pu programmer l’espèce humaine pour rendre le voyage hors du corps très facile et très lucide. Or, tout a été fait pour le rendre difficile pour la majorité des gens et, de plus, qu’il soit rapidement effacé à l’esprit conscient. Ceci dit, si les êtres humains ont été à ce point bridés dans le potentiel de leurs facultés spirituelles, c’est peut-être qu’ils en faisaient mauvais usage – je pense par exemple à l’Atlantide et à sa chute (ce n’est pas un mythe car Platon tenait ce récit de Solon, un sage réputé et d’un enseignement en Égypte). Dans la Bible (Ancien Testament), on parle d’êtres humains, les patriarches, qui vivaient plusieurs centaines d’années sur plusieurs générations. C’était banal. Visiblement, il s’est passé quelque chose pour que la longévité de l’homme soit réajustée en dessous d’une centaine d’années. Ne vaut-il mieux pas qu’un tyran vive moins de cent ans plutôt que plusieurs centaines d’années surtout lorsque l’on voit que dans notre histoire planétaire, rien ne change fondamentalement au niveau des mœurs (la domination des uns sur les autres) ? Après tout, nous ne savons pas quelles étaient les raisons, justifiées ou non, de ces êtres qui sont intervenus sur notre génétique. Était-ce pour faire de nous des esclaves (une certaine interprétation de la Genèse biblique, les thèses de Zecharia Sitchin, etc.), ou bien parce que nous étions des esprits rebelles (la thèse de certains contactés ovnis suite à leurs échanges, ainsi que celle de la chute des anges dans diverses religions) ?

Au cours de notre réflexion, nous avons souvent indiqué « notion de karma mise à part ». À présent, il convient de la considérer. Le karma, qu’il soit négatif ou positif, va de toute façon programmer notre existence future, ou du moins proposer une option prédéterminée et ce afin de produire un rééquilibrage harmonieux (car le karma est une forme de justice et de résilience à l’échelle des existences successives). On voit donc que même si nous sommes libres à la base, nos libertés tendent à se réduire selon nos choix et leurs conséquences. Ce n’est donc pas pour rien que les spiritualités orientales enseignent le lâcher-prise et le détachement. Car sans cela, on entre dans des logiques dont il faut assumer ensuite les conséquences.

Pourquoi toutes ces réflexions ? Parce que certains enlevés découvrent que la Terre n’est pas leur planète de prédilection, qu’ils en ont une autre sous une ancienne incarnation. Ils seraient comme des touristes sur cette Terre. Cela est tout à fait possible, mais l’âme fondamentalement n’est pas forcément enchaînée à une histoire planétaire, quelle qu’elle soit, puisque sa nature véritable est hors de toute incarnation.

Si l’on passe 100 existences sur la planète X et 10 existences sur la planète Y, on se sentira dix fois moins Y que X. Dans certains récits d’enlevés-contactés, les habitants X viennent rechercher l’humain qui n’est pas à sa place sur Terre : la planète Y. Par exemple, dans le premier livre publié par Ardy Sixkiller Clarke :

« Quand je passerai de l’autre côté, ils viendront me chercher »

(Témoignage de Mary Winston, 87 ans en 2013, née à Kotzebue en Alaska in Ardy Sixkiller Clarke, Rencontres avec le peuple des étoiles, Atlantes, 2016, p. 191).

« Grand-mère Redbird s’éteignit dans son sommeil, deux jours avant son cent-unième anniversaire. (…) Elle [sa fille Pearl] me dit que la nuit où sa mère mourut, un vaisseau était venu, avait fait un cercle autour de la maison et s’était suspendu silencieusement avant de disparaître dans le ciel nocturne. (…) Pearl croyait que les Star People étaient venus pour emmener sa mère ».

Ardy Sixkiller Clarke, Rencontres avec le peuple des étoiles, p. 239.

On lui révèle qu’il est fondamentalement de la planète X et non pas de la planète Y. C’est vrai. Mais c’est également faux. Parce que 100 vies sur X, qu’est-ce que cela représente à l’échelle de l’éternité de l’âme ? En fait, ce sont encore des attachements (les habitants X envers l’un des leurs) qui se font jour à travers l’amnésie de notre esprit conscient. Et on réalise qu’il s’agit presque d’une manipulation dans la mesure où l’âme n’est ni X, ni Y, même si elle est passée par toutes ces coordonnées spatio-temporelles avec des attaches karmiques qui suivent derrière…

Le diagramme circulaire des réincarnations intégrales

On pourrait représenter pour chaque âme, une sorte de diagramme circulaire où l’on verrait la proportion statistique d’incarnations selon les planètes, les vaisseaux-villes, les autres dimensions, etc. Sans doute que certaines civilisations très évoluées ont accès à toutes ces mémoires pour constituer ces diagrammes personnels. Ces diagrammes pourraient permettre de comprendre que nous avons des liens innombrables avec des êtres très divers, des lieux également très divers et cela favoriserait encore mieux la compréhension de nos prédispositions au fil des vies. Parfois, les Expériences de Mort Imminente confirment d’ailleurs que nous avons des amis qui ne sont pourtant pas incarnés – amis que nous reconnaissons lors de ces expériences.

Les pourcentages très élevés pour le choix de la planète Terre, par exemple, pourraient expliquer pourquoi certains se sentent ici chez eux. En revanche, ceux qui en ont peu comparé aux autres pourcentages d’incarnations sur d’autres planètes, cela pourrait expliquer pourquoi ils se sentent étrangers à la Terre et aux mœurs terrestres. On comprendrait ainsi que ces sentiments sont relatifs et qu’ils sont bien plus complexes que ce que l’on peut imaginer. Et surtout, nous comprendrions le rôle exact de tous les choix de vies que nous avons faits. Ceci se passe sans doute lors du panoramique intégral après la mort physique (car lors des EMI ou « Expériences de Mort Imminente », le panoramique existentiel est souvent limité à la vie terrestre, ce qui est compréhensible puisque l’âme revient ensuite dans son corps physique et qu’il ne faut pas qu’elle soit totalement désorientée car pour la plupart, la découverte de l’après-vie est déjà un choc en soi). Pour beaucoup d’âmes, à condition de ne pas avoir généré un karma « lourd » (actes nuisibles à autrui, obsessions/attachements pour des caractéristiques terrestres), la Terre n’est en fait qu’une étape dans leur parcours, avec un avant et après très différent.

Tout ceci donne le vertige quand on comprend bien l’implication des réincarnations à l’échelle de l’Univers et non pas seulement de la Terre.

Avoir les clés de notre destinée nécessiterait d’accéder à la connaissance de cette roue de toutes nos incarnations et d’être conscient de toutes ces existences.

On réalise ainsi que seul l’Âtman, le plus haut niveau de notre Soi est réellement libre. Car il sait tout cela. Et il le sait de l’intérieur, par ses vécus. Ceux qui croient que l’Âtman est contraire aux enseignements du Bouddha peuvent lire L’Âtman-Brahman dans le Bouddhisme ancien (de Kamaleswar Bhattacharya). Ils verront que c’est une idée reçue et que c’est une certaine fausse vision de l’Âtman qui est critiquée, mais non sa réalité ultime. L’ouvrage en français de 1973 est épuisé, mais disponible en anglais (Canon Publications, 2015).

« L’Âtman est le meneur intérieur qui réside dans l’Univers, mais qui en est distinct, que l’Univers ne connaît pas. Toutes nos activités dérivent de lui. Il n’y a pas d’autre voyant que lui, pas d’autre entendant, pas d’autre pensant, pas d’autre connaissant. Cependant, lui-même demeure invisible, inaudible, impensable, inconnaissable. L’âtman est la lumière intérieure de l’homme. (…) Le Bouddha ne nie point cette réalité absolue, cette ‘sur-réalité de l’égo individuel’. Il ne fait que condamner l’opinion courante de son temps, qui identifie l’âtman avec cet égo individuel »

Kamaleswar Bhattacharya, L’Âtman-Brahman dans le bouddhisme ancien, École Française d’Extrême-Orient, Paris, 1973, pp. 8-9.

« L’Âtman qui est immatériel est la seule existence. Parce qu’il est immatériel, il ne peut pas être un composé, et parce qu’il n’est pas un composé, il n’obéit pas à la loi de la cause et de l’effet, par conséquent, il est immortel. Ce qui est immortel ne peut pas avoir de commencement, car tout ce qui a un commencement doit avoir une fin ».

Swami Vivekananda, Jnana Yoga : La voie de la connaissance, Discovery Publisher, 2015, Ch. XV, p. 219.

Si l’on n’accède pas à ce niveau intégral de tous nos vécus, on sera forcément dans une petite section de cette roue des réincarnations intégrales. Et nous aurons encore une illusion à subir. Nous nous croirons liés à la planète Y et nous sentirons en effet qu’elle nous est plus familière que la planète X. Autrement dit, nous serons encore conditionnés à un niveau métaphysique.

« Sache que ce qui a une forme est impermanent, mais ce qui n’en a pas est immuable. Par cet enseignement sur la Réalité, il n’y a pas de possibilité de renaissances »

(Soi : L’expérience de l’Absolu selon l’Ashtâvakra-Gîtâ, trad. J. Vigne, Accarias L’originel, 2007, p. 17).

Notre liberté est très relative si l’on n’a toujours pas la possibilité de revenir à la vraie Source spirituelle de notre essence éternelle. Peut-on même parler de « liberté » quand on ne bénéficie pas de la totalité consciente de notre être réel ?

En ce moment, on évoque beaucoup les possibles manipulations mentales de certains peuples E.T. dans un rapport de forces qui se joue ou se jouerait au-dessus de nos têtes. Mais il faut admettre que lorsqu’on lit les récits des nombreux contactés, il est très instructif de voir qu’ils n’ont aucun recul et adoptent immédiatement ce qu’on leur dit. Jimmy Guieu, par exemple, disait que les contactés étaient manipulés (car il avait tout de même vérifié qu’ils étaient de bonne foi pour un certain nombre en tous cas et qu’ils étaient vraiment en contact avec des phénomènes inexpliqués). Or, il est évident que tant que l’on n’est pas conscient de son Soi Âtman, rien n’est plus facile que de manipuler un humain en se servant d’une fraction de cette roue intégrale des réincarnations. C’est ainsi par exemple qu’un enlevé peut se croire foncièrement « Gris », « Reptilien », ou autre, parce que ces êtres ont sélectionné cette section utile dans les réminiscences possibles (cf. les livres de John Mack, par exemple, où ce schéma est assez fréquent dans les récits des enlevés). Certains ont parlé du « syndrome de Stockholm » les concernant, mais cela ne tient pas car ils ont eu une mémoire réactivée avec des souvenirs précis – ce qui entraîne de l’empathie, une sensibilité écologique et d’autres facultés de l’esprit… La manipulation est d’autant plus « parfaite » que c’est une vérité qui est mise à jour… une vérité partielle, très orientée bien sûr… car elle mériterait d’être replacée dans le contexte de la roue intégrale. Une intelligence supérieure pourra facilement manipuler un esprit humain qui est plongé dans une ignorance quasi totale de ce qu’il est réellement. La base de la manipulation : agir sur des êtres ignorants, c’est-à-dire non informés, peu conscients, confiants, idéalistes, etc. Il y a aussi un aveuglement propre à soi-même si l’on souhaite croire, développé ici.

Conclusion

Voilà comment, par exemple, on peut intégrer les spiritualités authentiques dans ce vaste panorama ufologique mondial, comment on peut comprendre la nécessité de ne pas confondre « anges » et « extraterrestres ». Quand on remarque que la plupart des contactés nous disent que l’éveil spirituel dépend des technologies fantastiques et bluffantes dont ils ont été les témoins, il y a là un aveu que « quelque chose cloche ».

Notre essence spirituelle a-t-elle besoin de technologies ? Beaucoup de yogis ont réussi à s’accomplir sans avoir eu besoin de technologies high-tech. Mais ce n’était et ce n’est certes pas avec un yoga édulcoré réduit à de la simple gymnastique. L’esprit et le corps étaient sollicités par de nombreuses visualisations et études des textes sacrés. Néanmoins, il est possible que cette science du yoga qui joint l’esprit et le corps viennent d’autres civilisations (les textes sanskrits anciens relatant l’existence de Vimanas – des sortes de palais volants – et également de déités à la peau bleue). Néanmoins, certains hindous disent que leur peau n’était pas bleue (ce serait une invention des artistes, donc avec une couleur purement symbolique), mais « gris ardoise« , c’est-à-dire comme « des nuages par temps d’orage », les Védas utilisant cette expression littérale (neela megha shyama). La grande connaissance des nadis (méridiens connus en acupuncture) et des chakras pose en effet question car l’ésotérisme occidental n’a fait que reprendre ce patrimoine légué à l’humanité. Cela pose question car il s’agit là d’un mécanisme invisible propre à un autre plan d’existence. Certes, on pourrait rétorquer que les yogis sont des rishis : des voyants. Mais les textes anciens sont explicites : les dieux ont été des civilisateurs (ainsi que des guerriers). D’une certaine façon, les textes anciens à la base des diverses religions disent la même chose avec des mots différents. Mais ceci démontre que science et spiritualité peuvent converger, qu’elles ne s’opposent pas forcément et qu’elles ne sont pas nécessairement dépendantes l’une de l’autre.

« L’ère Covid » nous aura démontré la quasi omnipotence scientifique sur les masses et les pouvoirs politiques. Il est certain que les civilisations plus avancées que la nôtre ont des technologies scientifiques fascinantes étant donné ce qu’elles permettent. Mais on constate aussi que « science » et « spiritualité » sont parfois aux antipodes l’une de l’autre comme si le cauchemar terrestre actuel pouvait être surdimensionné à l’échelle d’autres civilisations. Sommes-nous si pressés de les rejoindre si nous ne sommes pas encore très conscients de ce qu’est notre véritable essence spirituelle ? À une époque où l’imaginaire s’emballe sur ce sujet controversé avec des positions extrêmes positives et négatives, il nous faudra nécessairement approfondir nos réflexions.

Vaincre la cécité dans la vision à distance et en spiritualité

Copyright : Maxime Caron.

Beaucoup se heurtent à une vision trouble ou très partielle lorsqu’ils font des exercices de vision à distance. Le problème est qu’il ne suffit pas de vouloir avoir une vision claire et nette pour l’obtenir comme dans l’Astral, par exemple, où seules les fermes injonctions suffisent.

Comment s’y prendre concrètement ? Comme dans tout exercice de spiritualité authentique, il faut travailler en soi-même le lâcher-prise pour comprendre quel est cet état mental particulier. Lorsque nous avons une vision trouble, il faut prendre conscience que nous sommes très et donc trop focalisés sur la volonté de voir. C’est comme si l’esprit conscient était trop fort/trop éveillé et cela bloque la vision car c’est sans doute lié à un niveau de fréquences psychiques. Si notre état mental est « trop bas », il n’est pas aligné sur certaines réalités, pas totalement du moins. La vision trouble est un indice que l’esprit conscient est trop vif et trop bas. Il n’y a pas suffisamment de lâcher-prise.

Quelle attitude adopter ? On pourrait nommer l’état recherché « la vision de Bouddha », c’est-à-dire une vision totalement détachée comme « lointaine » (comme si l’on regardait un « arrière-plan ») qui considère que tout n’est qu’illusions ou apparences. C’est une vision qui ne cherche pas à voir, totalement détachée de son objet, mais paradoxalement qui est d’une grande efficacité car elle fonctionne très rapidement, même dans les états semi-conscients avec les images hypnagogiques. Tous les flashs deviennent très nets, immédiatement.

Il ne faut pas chercher à « ruser » car c’est la fréquence de nos ondes mentales qui fait l’adaptation recherchée. Il faut donc véritablement travailler le lâcher-prise et cette vision « de fond » ou lointaine qui n’attend rien. C’est l’authenticité de notre intention qui changera ce niveau de fréquences. C’est assez simple à comprendre : si nous voulons nous endormir et rêver, nous ne pourrons pas y parvenir en nous crispant dans notre état de conscience lucide et par la force de notre volonté. C’est exactement du même ordre : il faut entrer dans l’état d’esprit propice à ce qui est recherché.

On remarquera ainsi que le « lâcher-prise » enseigné dans diverses spiritualités est en fait une méthode pour rendre efficace de nombreux états mystiques. La vision trop recherchée, trop volontaire : ce n’est plus du lâcher-prise.

Copyright : Fabio Comparelli.

Faisons une autre analogie : si nous marchons sur un fil en équilibre ou un pont avec un précipice visible dessous, il est évident qu’il faut regarder devant soi afin de bien se concentrer, et non pas regarder sous ses pieds, le vide déstabilisant. Cette vision très concentrée est une forme de confiance, de lâcher-prise.

C’est tout à fait comparable à la vision recherchée, « lointaine », qui est là sans être là, qui voit sans rechercher à voir. C’est éminemment paradoxal, ce qui justifie sans doute la spiritualité du Tao où les contraires parfois se jouxtent et se mélangent. Au cours des méditations, il arrive aussi que l’on perçoive très clairement les choses à 360 degrés alors que les yeux physiques sont clos. C’est aussi un paradoxe apparent (qui ne l’est pas vraiment puisque nous avons des sens propres à nos corps subtils).

N’oublions pas que dans ces spiritualités, il est enseigné que c’est justement parce que nous renonçons à tout, que nous obtenons tout. C’est du même ordre. Là aussi, c’est logique : ne pas renoncer, c’est renforcer son égo et l’égo est une structure retranchée du Tout. Renoncer, c’est transcender son égo, et de ce fait, on augmente en conséquence le champ de perception. L’égo serait comme un zoom. Il n’est pas possible en mode « zoom » d’obtenir une large focale.

La vision de l’égo qui veut voir, c’est le « mode zoom ». Elle n’est pas propice à une large vision. Le lâcher-prise, le renoncement, revient à « débrayer le zoom », à pouvoir modifier la focale. Ce sont des analogies mais elles peuvent permettre de bien comprendre ce processus de façon rationnelle.

Copyright : RKTKN.

Pour voir aisément les auras, c’est aussi de cette façon que cela fonctionne, ce qui prouve l’efficacité du procédé. Si une vision très attentive permet de percevoir la couche première purement éthérique (blanche et lumineuse) autour du corps physique, pour basculer sur les autres couches de l’aura qui sont colorées, il faut adopter une vision globale très relaxée, presque « en mode trouble » et qui ne cherche plus à voir. Cela va d’ailleurs de pair avec la bienveillance envers autrui car ce sentiment permet de ne plus se crisper par la volonté du seul égo.

L’égo agit tel un filtre. Par définition, il a des œillères. Il ne voit qu’une petite partie de la réalité sur laquelle il se fige et adhère pleinement. Il y aura donc des limitations inhérentes à l’égo et cela est vrai même lors des expériences hors du corps physique.

Ne confondons pas l’égo et l’être car beaucoup font des amalgames et justifient ainsi un retour volontaire à l’égo. L’égo est une identification à la personnalité présente (en grec, le mot racine persona était le masque des comédiens). L’égo est une façade, un habit utilisé provisoirement, ce n’est pas notre âme profonde, notre essence spirituelle. Il est tout à fait possible d’exister pleinement sans s’identifier à son corps de chair et à la personnalité actuelle provisoire. Donc, il est possible de vivre normalement sans la crispation qui consiste à tout ramener à son petit égo. Ainsi, voir clairement durant des états modifiés de conscience est possible, même si l’égo est mis de côté. On pourrait dire que l’égo est un « soi étanche » qui se retranche du Tout. C’est un mode d’être. Il en existe d’autres. On peut exister en mode « perméable », ouvert où l’on se différencie moins des autres par empathie, par exemple. Lorsque Jésus enseigne « aime ton prochain comme toi-même », c’est qu’il a su, par ses expériences, qu’il n’était pas différent des autres, par son essence purement spirituelle. C’est d’ailleurs la preuve qu’il n’était pas verrouillé dans son égo sans quoi il n’aurait jamais pu avoir une pensée semblable. Il n’y a plus de frontière bien nette, bien délimitée entre soi et autrui quand l’égo et son masque, sa persona est affranchi. Les mystiques comparent souvent la goutte d’eau avec l’océan car, bien sûr, ce sont deux états différents quantitativement, mais pas du tout qualitativement. On n’est pas autrui puisqu’on a toujours notre propre essence individuelle, néanmoins, l’osmose est possible, la goutte d’eau peut rejoindre l’océan. Autrement dit, « faire Un » dans le Tout est une expérience possible. Mais pour cela, il faut faire tomber les murs, les carapaces, les constructions défensives de l’égo. Plus fort est l’égo, plus pauvre sera le résultat spirituel. Et c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi nous avons tant de supercheries en spiritualité et dans les domaines connexes, car les gens y voient un terrain pour « faire des affaires », ils sont prêts à vous vendre n’importe quoi et tôt ou tard, on comprend qu’il y a une bataille d’égos dans leurs intérêts personnels. Ils profitent bien sûr de la naïveté, de la crédulité des ignorants. D’où la nécessité de s’éveiller soi-même, de pratiquer, d’ouvrir son champ d’horizon pour ne pas tomber dans tous les pièges de notre époque.

Cécité intérieure et marchands de rêves

L’authentique spiritualité a toujours été « minée » par de fausses croyances. La cécité concerne aussi la difficulté de trier le bon grain de l’ivraie. Une authentique spiritualité est basée sur la nécessité de la remise en cause personnelle, la transcendance de l’égo, l’apprentissage des valeurs éthiques et morales (respect de la nature, d’autrui, conformité des pensées aux paroles et aux actions, honnêteté, bienveillance, etc.) afin de se transformer soi-même et de ne plus adhérer aux illusions qui divisent. En revanche, les fausses spiritualités induisent subrepticement la passivité en enseignant l’attente nécessaire. Elles enseignent donc de fausses croyances pour justifier cette attente : ainsi l’individu ne change pas puisque tout va se faire indépendamment de lui. Ce sont donc des spiritualités qui s’achètent au sens métaphorique (les croyances à adopter) et au sens littéral (stages, formations, livres, webinaires…). On vend un accès en quelque sorte, un accès au paradis comme au temps des « indulgences« . Et pendant qu’on attend, on reste ce que l’on est, avec les mêmes illusions, les mêmes erreurs, si ce ne sont des déceptions de plus en plus fréquentes.

« Voir clair » signifie aussi ne plus se faire piéger. Or, on sait que très souvent, on se fait avoir parce qu’on voulait y croire… C’est notre propre envie de croire qui fabrique notre cécité intérieure. On les nomme pour cette raison, des « marchands de rêves ». L’expression est heureuse car elle est juste. On vous vend un rêve qui est le vôtre : votre envie d’y croire. Si nous avons un réel lâcher-prise, un détachement pour toute apparence – et mieux encore, que nous savons qu’il existe des illusions -, il n’y aura plus de cécité personnelle : une envie de croire. Alors les discours mensongers tomberont facilement parce qu’ils ont toujours en leur sein de nombreuses incohérences. N’oublions pas que ce qui est vrai est toujours vérifiable. La science est d’ailleurs basée sur l’expérimentation. Si l’on vous vend quelque chose à venir, de non visible, de jamais là, c’est qu’il y a tromperie (comme 2012 et les artisans de l’apocalypse qui ont été nombreux avec l’aspect commercial pris en compte). En ce moment, je constate que beaucoup produisent des inventions parce qu’ils y croient eux-mêmes. Il est plus difficile de démasquer des charlatans lorsqu’ils sont de bonne foi d’une certaine manière puisqu’ils se leurrent eux-mêmes par leur imagination. Il n’y a plus tous les signaux mensongers connus dans les théories comportementalistes (PNL, mentalisme, etc.). On entre donc dans le domaine des auto-illusions ou chimères personnelles. Il faut savoir que même dans l’Astral (et je dirai même surtout dans l’Astral), nous sommes dans des plans d’auto-créations. Ce n’est ni bien, ni mal en soi, de la même façon qu’il est absurde de juger une œuvre d’art d’un point de vue moral. Mais les auto-illusions sont des formes de prisons mentales. Vous savez sûrement que des défunts hantent des lieux mais pourquoi le font-ils ? Pourquoi sont-ils attachés au passé ? Parce qu’ils vivent dans une prison mentale qu’ils peuvent faire durer des siècles ou des millénaires – le temps étant très généreux dans l’Astral surtout s’il relève aussi d’une illusion. La cécité peut donc jouer aussi à ce niveau : ne pensons pas qu’elle n’existe que sur Terre. On pourrait ici parler de « cécité spirituelle ».

L’ennui avec les « vendeurs de rêve », c’est qu’en définitive, ils découragent les gens comme si toute magie était forcément fausse, « trop belle pour être vraie ». Ils masquent ce qu’est une authentique spiritualité qui ne s’ancre pas dans des chimères, des promesses invérifiables. La vraie magie existe néanmoins, mais sans des atours de séduction de premier plan. C’est la fausse magie qui a besoin de rêves, de spectaculaire, de séduire de nouveaux partisans. D’ailleurs, on remarquera que les authentiques spiritualités ont toujours combattu la fausse magie, celle des trucs, des tours de passe-passe qui égarent les gens, produisent en eux de la confusion.

Tester notre éveil véritable

Vaincre la cécité n’est donc pas qu’une question de point de vue, de mise au point très technique. On peut même dire que c’est l’une des portes d’accès à l’authentique spiritualité. D’un autre côté, les charlatans peuvent être considérés comme des tests sur notre route d’évolution spirituelle : nous pouvons ainsi vérifier si nous nous laissons facilement piéger ou si nous avons compris les dissonances, les incohérences de leurs rêveries. Si nous nous sommes peu abusés, c’est que notre taux de croyances est faible : le lâcher-prise, le détachement est alors vérifié. Si nous ne sommes pas du tout entrés dans leurs rêveries, c’est que nous sommes déjà réalisés. En revanche, si nous sommes dupés et que nous nous en apercevons que tard, il faudra comprendre que nous sommes encore des clients pour les systèmes de croyances et que d’autres tests seront nécessaires pour apprendre à nous en défaire.

Si nous considérons ainsi les choses, nous comprenons que les mensonges, les charlatans participent à notre éveil : ils nous permettent de vérifier là où nous en sommes exactement. Car du fait de l’égo, tout le monde a tendance à se croire très éveillé, à être « un spécialiste » sur tout un tas de sujets… Mais les artisans du rêve regorgent d’imagination pour nous illusionner… et nous tester en définitive. Cela permet ainsi de pacifier notre rapport à l’ombre – surtout, comme nous l’avons souligné, qu’aujourd’hui beaucoup de mensonges sont diffusés par des rêveurs, des auto-rêveries. Ils sont les premiers dupés. Sur le plan psychologique, ils dégagent de ce fait une certaine authenticité. Ils peuvent duper plus efficacement ceux qui sont sensibles à l’apparence, à l’accent de sincérité. Comprendre qu’on peut diffuser des mensonges, y croire, tout en étant sincère, cela permet de relativiser notre rapport au mal, à l’ombre, à l’égarement.

L’éveil spirituel authentique n’est donc pas dans un discours ou un système de croyance. Comme dans « le livre de Job » biblique, Satan teste les âmes, vérifie leur fond intérieur, leur valeur réelle. Ce Shatan en question signifie « obstacle » : ce n’est pas l’antithèse de Dieu puisqu’il travaille pour lui. Nous ne sommes plus dans une perception manichéenne des choses avec le Bien opposé au Mal, mais plus dans une perception taoïste où les extrêmes sont combinés et inséparables. Comprendre cela est aussi une victoire de l’éveil véritable.

Vaincre la cécité revient par conséquent à clarifier ses propres zones d’ombre, à mettre fin à ses propres croyances.

Comment créer un sanctuaire à domicile

Chacun sait que la santé du corps dépend d’une saine hygiène de vie, mais aussi de l’esprit : c’était une sagesse déjà enseignée par Platon lui-même dans ses divers dialogues et sans doute de nombreux sages avant lui. On soignait le corps physique, disait-il, uniquement quand les soins de l’âme avaient échoué, donc en dernière instance.

« De même on ne doit pas davantage chercher à guérir le corps sans chercher à guérir l’âme (…). C’est dans l’âme en effet, disait [l’un des médecins] Thrace, que pour le corps et pour tout l’homme, les maux et les biens ont leur point de départ… » (Charmide, 156e-157a).

De nos jours, il existe des agressions qui sont électromagnétiques et peuvent causer des troubles du sommeil par exemple si la tête se situe trop près d’appareils électriques branchés et en veille. On le voit par exemple chez certains enfants et les personnes électrosensibles. Avec l’apparition de la technologie génération 4 plus 1 dont on sait déjà qu’elle tue plusieurs espèces d’oiseaux, modifient le comportement des canards qui ne veulent plus sortir la tête de l’eau, rend infertiles en lait les vaches situées près des mâts et produisent des malformations de leurs progénitures, sans oublier les abeilles et les insectes en général, qu’elle sera responsable de nombreux cancers chez l’homme, il y a des mesures à prendre pour préserver sa santé et son intégrité. En effet, pour l’heure, le déploiement n’en est qu’à ses débuts : il y en aura une forte concentration en milieu urbain (stations bus et intégrée discrètement au sommet des panneaux publicitaires, entre autres), ainsi que sur les autoroutes (on en voit déjà), mais sans doute moins en pleine campagne. Il conviendra à toutes les structures écologiques d’être très vigilantes sur le rythme et l’ampleur des destructions causées sur la faune car nous dépendons d’un écosystème. Si une grande partie de la vie animale est tuée sur la planète, la vie de l’homme sera également menacée puisqu’il fait partie de l’écosystème. Nous sommes peut-être la dernière génération à entendre encore des chants d’oiseaux dans les villes, les parcs et milieux naturels. Du moins si rien n’est entrepris pour endiguer ce processus. Bruxelles qui du fait de son emplacement connaît sans doute mieux que quiconque les effets de cette technologie vient de faire marche arrière. Source ici en anglais et traduction en français ici. Quant à la Suisse, un bras de fer est en train de se jouer… L’écocide sera proportionnel au nombre de pays soudoyés.

Parmi les solutions à envisager, faute de mieux, il existe des peintures qui permettent de bloquer les ondes basses fréquences (sans oublier de faire un raccord à la terre à l’aide de rubans périphériques afin que les ondes puissent être évacuées, c’est la base de l’électricité comme avec les prises modernes qui intègrent la prise de terre). Quelles marques proposent cela? Il existe par exemple les peintures YShield. Il y aura sans doute d’autres marques dans l’avenir à tester. Voici un article spécialisé ici en soulignant qu’il faut aussi prendre garde aux plafonds, aux fenêtres, aux ouvertures. Si l’on peut repeindre son plafond, comment faire pour les ouvertures ? Il existe des étoffes – les toiles HNG80 YShield et HNV100 YShield qui permettent des taux d’atténuation. Vous pouvez aussi utiliser des tissus en les doublant (Silver-Tulle YShield et Dali Biologa, ou encore Swiss Shield), ainsi que des films anti-ondes pour les fenêtres – le film RDF72 YShield qui atténue à 30 dB environ. Une fois la pièce « sanctuarisée », il ne faut plus y faire circuler des ondes dedans car les peintures auront un « effet miroir » en conséquence (entraînant une concentration dangereuse). C’est la raison pour laquelle il vaut mieux considérer cette pièce comme « un sanctuaire » (pour la méditation ou pour dormir, par exemple). Vous pouvez aussi faire appel à un spécialiste des ondes électromagnétiques qui saura analyser votre appartement ou votre maison car tout ceci se mesure scientifiquement avec des appareils spécialisés.

Certains médecins peuvent aussi vous donner des recommandations dont celles du bon sens, je pense par exemple au mari d’Anne Givaudan dans la vidéo ci-dessous. Pensez à sauvegarder la vidéo au cas où elle disparaîtrait de la circulation du Net.

Ensuite, il y a des vêtements qui peuvent vous protéger. Par exemple, ils sont tissés avec de l’argent et du coton (comme la marque Leblok, de fabrication anglaise). Ils se lavent à la main, pas en machine. Voici un exemple pour un tee-shirt. Pour l’instant, les prix sont très élevés, mais si de plus en plus de gens achètent ces articles et comprennent leur intérêt dans le monde actuel, ils baisseront à des tarifs plus raisonnables. La technologie peut aussi devenir notre alliée.

L’un des effets du Covid et des confinements autoritaires aura été d’éloigner les gens des villes pour la campagne, ce qui est contraire au plan prévu d’attirer les gens dans des villes très high-tech et très surveillées technologiquement. Il y a donc des failles dans les grands projets mondiaux et européens. Gardons à l’esprit que tout n’est pas encore définitivement joué. Il faut garder espoir. J’ai personnellement vu la naissance d’un nouveau paradigme pour 2025 qui sera basé sur l’écologie avec une mentalité collective saine et très différente d’aujourd’hui. Le réveil sera mondial car beaucoup de gens sont lucides même si les médias mainstream nous font croire le contraire. Quant à la France, 2022 devrait apporter une grande surprise avec les élections prochaines. Il ne faut pas céder au désespoir, combiner les actions concrètes non violentes (pour ne pas légitimer des lois encore plus totalitaires ou liberticides) avec les visualisations positives (qui agissent dans la conscience collective) pour mettre en place les bases d’un monde meilleur avec une autonomie reconquise.

Chacun connaît la devise de la République, mais je pense que beaucoup ne savent pas que la phrase n’est pas complète. Robespierre avait ajouté « ou la mort ». Ce qui signifie qu’une société où il n’y plus de liberté, plus d’égalité, plus de fraternité n’est sans doute plus celle dans laquelle on a envie de vivre. Aujourd’hui, même la vie biologique est menacée. Les changements sont donc nécessaires et c’est en cela que le mal nous réveille, nous sort de notre torpeur. Socrate – dans les dialogues de Platon – se comparait à un taon (une variété de mouche irritante dans son comportement intempestif) qui vient titiller l’esprit des gens pour les réveiller. C’est le taon du temps présent réactualisé. Il disait aussi qu’il venait pour « accoucher nos âmes », ce qui va aussi avec l’émergence d’un monde nouveau, plus conscient, plus responsable, et sans doute aussi plus intelligent car moins naïf, plus informé. Si le mal nous réveille, il est alors au service du bien.

How to levitate during a dream

Copyright : Karina Carvalho

As you know, Ulluriaq.com was created to give assistance during this pandemy. One way that can help and give great joy for the whole day is to feel yourself lighter than usual. Here is a very easy technical that I used for many years. Our aim will be to levitate during a dream.

First of all, we have to realise that a dream at night, for instance, takes place in an astral plane. So, it is only due to our psychological conditioning that we are repeating the same restriction than in the day to day lives. There is nothing to stop your imagination.

Copyright : Khachik Simonian.

During your dream, stand in front of the top of the stairs. And you will descend the steps with little jumps trying to begin to levitate before the last stair. Normally, you will feel your body lighter than usual. After a lot of practice, you will take more time between each jump, just as if you could fly.

I noticed that each time I did it, I had a very strong energy in « Anahata chakra » : the breasts plexus. It is like my center of gravity were at that location. If you want to levitate during a long time, you have to put all your minds in this chakra at the breasts plexus. After that, you can do more and fly, for instance.

When you will wake up, you will remember that kind of feelings which give such joy and energy.

But this technical can be adapted to improve your ability to lucid dream, or to emerge in an astral plane with all details that you will keep in your memory. I think, the reason is maybe the joy you feel and the kinesthetic movement : it is very strong and active.

In a symbolic way, it means you can take a step back in your life : find other solutions. Our capacity to adapt is very important, and specifically in these difficult times.

Focalisation – Intensification – Création : loi de l’esprit et synchronicité

Copyright : Murai.hr

Beaucoup ont pris conscience à quel point les médias en général, sauf quelques rares exceptions, peuvent être sources de stress, d’angoisse, de mal-être en raison du fait qu’ils accentuent les tensions entre leurs invités dans le but de faire le plus d’audimat possible : présence d’invités qui ne se supportent pas, questions provocatrices, questions qui fâchent, sujets polémiques, interruptions systématiques des réponses des invités en fin de phrase, etc. Une autre raison : la proportion de bonnes nouvelles est misérablement faible comparée aux nouvelles négatives, voire aux peurs qui sont sans cesse réactivées et surdimensionnées. C’est une logique pathologique anxiogène qui mine le moral des gens. Dans un contexte de pandémie où nos libertés sont restreintes, c’est encore plus difficile à vivre. Tous ceux qui ont une addiction pour « l’actualité » (le sentiment illusoire que tout se joue par l’image et certains invités) sont confrontés à la morosité entretenue.

Mais il existe un autre phénomène qui est d’ailleurs très connu en psychanalyse : nos peurs fabriquent notre réalité, en premier lieu par nos projections personnelles sur autrui et sur les événements (nous influençons les choses par nos paroles, nos pensées, nos comportements), mais aussi, dans un domaine plus métaphysique, parce que ce sont des énergies qui se connectent à des fréquences identiques dans le monde et attirent à nous ce qui leur correspond dans un délai plus ou moins rapide.

Nous allons donc traiter d’une loi de l’esprit car soit celle-ci est comprise de façon caricaturale (comme dans le documentaire « Le Secret » de Rhonda Byrne où il suffit de visualiser et désirer pour obtenir), soit elle est méconnue, ignorée.

La nécessité de bien connaître les lois de l’esprit est capitale à une époque où la paranoïa et les peurs collectives sont importantes et amplifiées en raison du contexte actuel.

Sur le plan purement psychologique, c’est assez facile à comprendre et à constater : si par peur, nous provoquons un individu, celui-ci pourra, en retour, être lui-même agressif. Action – réaction. Ne croyons pas que nos peurs sont innocentes dans notre existence. Par notre regard, notre expression faciale, notre comportement non-verbal, nos paroles : tout cela influence en modifiant les réponses de notre entourage et environnement. Il en va de même des animaux : nos peurs « provoquent » certains animaux à devenir agressifs. Ils la ressentent comme une onde. C’est un constat empirique. Évidemment, plus l’individu est évolué et moins il réagira de façon primitive à la peur : il dominera ce qu’il ressent. C’est probablement un instinct car la peur est souvent associée à l’agression (les animaux sauvages, ainsi que peu domestiqués éprouvant de la peur attaquent ou fuient, très souvent, sauf cas très particuliers). En physique quantique, ce que fait l’observateur, ce qu’il décide détermine le résultat.

Copyright : Marie-Michèle Bouchard

D’une façon plus métaphysique, l’habitude d’avoir certains modes de pensées possède un impact, une influence sur notre futur. Pourquoi notre futur est-il lié à ce que nous pensons présentement ? Parce que la réalité est un « mode-miroir » avec un certain délai de décalage entre cause et effet dans le plan physique. Mais comme cette loi est valable pour chaque être vivant, la réalité est la somme de toutes ces micro-créations. Il est donc utopique de croire qu’une seule peur ou un seul désir va changer la réalité. C’est plutôt dans le processus « focalisation-intensification par répétition » qu’il y a un impact réactif dans la réalité. C’est ce qu’on appelle les « formes-pensées » dans le milieu ésotérique.

Anne Givaudan, Dr Antoine Achram, Les Formes-Pensées aux éditions SOIS

De nombreuses lois passent inaperçues car nous ne prêtons pas attention à certains phénomènes. Si nous avons parlé de la psychanalyse, c’est qu’en ce domaine, il est fréquent de constater que les individus obsédés par certaines peurs fabriquent une réalité conforme à leurs attentes. Les événements leur donnent raison en quelque sorte. Car pour l’esprit, une création psychique fonctionne comme une cause. Nous avons oublié notre condition d’être spirituel co-créateur des choses. En psychanalyse, on assiste alors à des schémas répétitifs, des conditionnements de l’esprit qui peuvent d’ailleurs se transmettre (puisqu’il y a beaucoup de mimétisme conscient et inconscient dans nos comportements au sein d’une famille, par exemple).

Sur le plan de la spiritualité, la notion de « karma » est identique. Ce mot en sanskrit signifie « action ». C’est l’action de tout ce qui émane de notre être qui génère des effets. Le karma n’est ni négatif, ni positif en soi, c’est seulement un processus agissant : l’action répercutée. C’est une loi de l’esprit.

Pratiquement tout ce qui nous entoure est le produit d’une création qui s’origine dans l’esprit : l’architecture, le mobilier, la nature domestiquée, plantée, entretenue, disciplinée. Nous vivons dans l’illusion d’un monde déconnecté de tout. Mais la provisoire pandémie actuelle nous montre qu’il n’en est rien : tout est connecté, tout est relié.

En comprenant cette loi, nous en concluons que toute authentique spiritualité repose sur la maîtrise de ses pensées (et donc la maîtrise de soi). La méditation orientale (par le vide mental préalable) favorise la maîtrise des pensées.

À tort, nous croyons ce processus difficile à mettre en œuvre, alors nous préférons rester passifs. En réalité, nous le pratiquons tous les jours par purs automatismes. Nous nous croyons passifs, mais nos pensées sont présentes chaque jour… et même chaque nuit par nos rêves. La plupart de nos rêves sont eux-mêmes des créations de notre esprit. Il y a néanmoins des interférences puisque la vie est une mise en relation avec tout ce qui est.

Les choses ne sont néanmoins pas aussi simples que « visualiser + désirer = obtenir » car il y a justement ce jeu des interférences par les pensées d’autrui, parfois. La réalité des énergies psychiques combinées est aussi complexe que la météo atmosphérique : quantités de facteurs entrent en cause pour qu’on ne doive pas trop simplifier cette loi prise dans l’absolu. Dans l’existence, de nombreux obstacles sont sur notre route par les pensées contraires d’autrui. Il y a donc un jeu d’affrontements entre forces opposées et parfois y compris en soi-même (si l’on n’est pas maître de ses pensées et qu’on oscille entre pensées positives et négatives, entre confiance et soi et doutes).

Les synchronicités sont en rapport avec ce processus et beaucoup les mésinterprètent soit en les confondant avec le seul hasard, soit en les attribuant à des signes d’anges, de défunts ou autres. Ce n’est pas obligatoirement le cas en raison du mode miroir de la vie dont nous avons précédemment parlé. On constate, par exemple, des synchronicités qui ne peuvent pas être des messages de puissances célestes car cela serait absurde. Par exemple, un des auteurs qui les a beaucoup étudiées dans divers ouvrages, Jean Moisset, rapportait des récits où de nombreux homonymes qui ne se connaissaient pas se situaient le même jour dans un même hôtel. Il a rapporté aussi des synchronicités en rapport avec des séries récurrentes de chiffres (sur ticket de caisse, billet de train, etc.). Inutile de chercher des messages d’êtres désincarnés : ce n’est pas la bonne piste. Du moins, dans ces cas là.

Du chaos au Tao

Isabelle Robinet, Comprendre le Tao, Albin Michel, 2002.

Si l’on étudie la philosophie du Tao, un jeu de forces binaires combinées inhérent au fonctionnement de l’Univers a été remarqué par certains sages chinois. Elles sont inséparables, complémentaires, bien qu’opposées. Le célèbre livre du Yi King en expose partiellement la philosophie (dans une optique divinatoire).

Les forces s’aimantent entre-elles comme le semblable attire le semblable (les nombreux homonymes dans le même hôtel le même jour, des séries récurrentes de chiffres sur divers supports). La vie effectue des mises en relation avec des énergies de même nature. C’est un mécanisme. C’est une loi comme celle de la concrétion des planétoïdes par la force centripète.

Copyright : Anton Maksimov

Dans certaines dimensions métaphysiques, on peut voir ces énergies : leurs « lumières-couleurs », leurs lignes, leurs réseaux. C’est une espèce d’internet énergétique.

Les auras elles-mêmes en témoignent car nos peurs, nos colères, nos pensées négatives, nos blocages laissent des traces, des blessures, des impacts visibles en leur sein. Certains médiums perçoivent les images associées à ces traces énergétiques, des images de vécu douloureux non dépassé. Ce que la psychanalyse perçoit dans l’inconscient, le médium le voit parfois dans l’aura.

Anne Givaudan, Dr Antoine Achram, Lecture d’auras et soins esséniens, Éditions Sois

Nos pensées sont donc des énergies : dans notre aura (les couches énergétiques de nos enveloppes ou corps subtils) et dans les « filets » qui tissent des réseaux sur Terre et dans les autres plans d’existence.

Ainsi, en réalité, nous sommes toujours reliés à quelque chose : soit à de basses réalités quand ce sont nos peurs, nos angoisses qui dominent, soit à des réalités plus lumineuses quand ce sont des pensées de joie, des projets stimulants qui sont dans notre esprit. Les synchronicités confirment, en miroir, que nous sommes reliés à tout ce qui est, qui dépasse de loin notre corps physique. Ceci est aussi confirmé par les défunts (pour ceux qui s’intéressent aux récits des Expériences de Mort Imminente).

En définitive, qu’est-ce que le chaos, de ce point de vue (nous distinguons « chaos » de « révolte sociale » car cette dernière est organisée et consciente) ? Le chaos provient de l’ignorance de ces lois car tout chaos tangible est précédé par un chaos psychique. Mais si nous mettons de l’ordre dans nos émotions, nos humeurs, nos pensées : notre réalité change. Elle change petit à petit en fonction de notre capacité à focaliser et intensifier. Si l’on n’arrose pas régulièrement une petite pousse végétale, elle n’ira pas bien haut… Nos pensées sont comme des végétaux psychiques. Nous devons en prendre grand soin pour métamorphoser nos existences et le monde en général.

Copyright : Elena Mozhvilo

Il y aura toujours des forces contraires, mais ce qui importe, ce sont les proportions. C’est un peu comme en chacun d’entre-nous, si un léger doute est combattu par de nombreuses confiances en soi répétées, ce qui l’emporte, c’est l’action réussie. Les forces contraires ne posent alors plus de problème, « ne pèsent pas lourd » dans ce rapport de proportions. D’où l’importance d’être de plus en plus nombreux à comprendre et à connaître ces lois de l’esprit. Elles relèvent tout autant de la psychologie, que de la métaphysique. Nous pouvons ainsi devenir conscient de ce que nous faisons quotidiennement et apprendre à maîtriser le processus de cette chaîne causale : Focalisation – Intensification – Création ou co-création dans la collectivité de tous les êtres vivants.

Copyright : Robina Weermeijer

SOIGNER UN ORGANE PAR PSYCHOSOMATISME

N’est-il pas ironique que la plupart des scientifiques utilisent le terme « psychosomatique » pour critiquer et dévaluer toute action réelle d’un procédé mystérieux quelconque ? Alors que justement, la psychosomatique est la preuve de l’action réelle de l’esprit sur nos organes internes. Nous sommes « tout un » : il est donc normal que le stress génère une chimie complexe (adrénaline, cortisol…) et a contrario, qu’un esprit équilibré, joyeux même, génère une autre chimie (endorphine, etc.). De plus en plus souvent grâce à des capteurs, la science permet de vérifier l’action de l’esprit sur le corps, la santé des organes.

Mais il est possible d’aller plus loin en utilisant sa volonté consciente par cette loi de l’esprit « Focalisation – Intensification – Création ». Par exemple, nous pouvons rechercher sur internet l’illustration simplifiée d’un organe pour en avoir une représentation mentale assez schématique et s’il est malade, faible, déficient, nous pouvons focaliser notre attention mentale dessus (en ne pensant à rien d’autre), le faire régulièrement (intensification) en visualisant une lumière blanche revitalisante, en paix, en confiance, ce qui conduira à la création recherchée : la revitalisation de l’organe. C’est la fréquence et l’intensité de cet exercice de l’esprit qui en assurent l’efficacité.

Dans l’Astral et les autres plans de conscience, on constate que l’esprit peut créer tout ce qu’il imagine. Cela est vrai aussi depuis le plan physique, c’est juste un peu plus long car ce plan est ralenti par la densité de la matière. Je me suis amusé ainsi à créer des formes : ce qui est étonnant, c’est qu’elles prennent vie car le matériau utilisé par l’esprit est vivant ! Ce n’est pas une matière « morte », mais lumineuse, pulsante, animée : c’est en fait cela que les sages antiques nommaient l’Éther et qui emplit tout l’espace métaphysique. Éther est devenu synonyme d’espace, mais en réalité, c’est une substance vivante qui est corrélée à l’Esprit. L’Éther est plastique, souple, capable d’être le matériau de toutes nos créations.

Ceci est la clé pour comprendre la réalité illusoire des nombreux plans de conscience : si nous pouvons tout créer, en fait, nous vivons dans nos propres créations (ou celles d’autrui). Un enfant arrive dans le monde qu’on lui a construit. Et un défunt arrive aussi dans le monde qu’on lui a construit. Tout est construction. Illusion ne veut pas dire que ce n’est pas une réalité tangible. Illusion veut dire que ce n’est pas LA PREMIÈRE RÉALITÉ À LA SOURCE. Car cette Source première : c’est l’Esprit.

Par conséquent, il existe des plans d’existence, des dimensions de Pur Esprit, sans aucun artifice formelle

Copyright : Kevin Schmid

De la même façon qu’il existe des scènes de théâtre sans aucun décor. On pourrait nommer cela « de la virginité à l’état pur » comme peut l’être une feuille blanche… Ce n’est pas parce qu’une feuille est blanche, ce n’est pas parce qu’une scène de théâtre est vide, qu’elles n’existent pas ! Le vide enseigné par le Tao, par exemple, est ce type de vide « plein » (plein d’Esprit, plein de potentialités tel un vase prêt à accueillir une fleur).

L’Esprit est donc une espèce d’Artiste qui peut être au repos (le Vide non visible) ou en action (le visible tangible).

Copyright : Rajiv Bajaj

SE RELIER À UN DÉFUNT

Cette loi « Focalisation – Intensification – Création » peut aussi être mise en application pour se connecter à n’importe qui, peu importe le temps et l’espace. Mais il faut au préalable être disponible psychiquement, ne pas avoir l’esprit surchargé, préoccupé, donc apprendre à faire le vide mental ; il faut aussi au préalable développer ses ressentis au niveau de la poitrine : le chakra du cœur, ne pas être épuisé, fatigué, du moins mentalement.

Ensuite, nous devons créer un « contact » : se remémorer la personne ciblée, faire revivre de nombreux souvenirs, de préférence de façon positive, afin de se mettre en présence avec l’essence de la personne.

Puis, nous pouvons nous adresser à elle : soit en parlant à haute voix, ce qui facilite la concentration de l’esprit, soit mentalement en silence si nous avons une bonne discipline mentale, c’est-à-dire le contrôle de nos pensées (il ne faut pas céder aux divagations). Il faut garder ce processus « Focalisation – Intensification » et ne pas regarder le temps consacré à cela : afin d’être pleinement présent à ce que l’on fait. Alors nos pensées comme des filets lumineux atteignent leur but dans la réalité de l’Éther : cet espace métaphysique.

Copyright : Gabriel@natural

L’onde de choc de nos pensées

Là encore, beaucoup de gens le font sans être conscients qu’ils le font ! La plupart des médiums (authentiques) savent, par conséquent, qu’il n’est pas bon de « retenir les défunts », de les pleurer, de les accabler d’émotions lourdes. Pourquoi ? À cause d’un jugement moral ? Aucunement. C’est tout simplement que ces liens de l’esprit les touchent, les informent : ils reçoivent tout dans l’émotion, l’énergie brute et franchement, ça n’aide personne… Celui qui pleure et souffre créé de mauvaises énergies… qui sont envoyées au défunt. Notre égoïsme a donc un prix, même si c’est « par amour » (possessif).

Film « Au-delà de nos rêves / What Dreams May Come » de Vincent Ward, 1998 adapté du roman homonyme de Richard Matheson.

Imaginez que le défunt est dans un beau paysage ensoleillé, soudain, tout s’obscurcit comme si un orage menaçait… et c’est un appel sur Terre de quelqu’un qui lance ses émotions non contenues, non dépassées. Exactement comme l’une des scènes du film « Au-delà de nos rêves » de Vincent Ward.

Cela agit comme un mot blessant : cela devient pénible, difficile pour celui ou celle qui « encaisse ». C’est ce qui se passe quand nous ignorons tout des lois de l’esprit. On pourrait nommer cela « l’onde de choc de nos pensées ».

Ce n’est donc pas un hasard si toutes les authentiques spiritualités du monde enseignent la nécessité du lâcher-prise, de la bienveillance, de la bonté. Car si nous sommes dans ces sentiments très positifs : NOTRE CONTACT DEVIENT AGRÉABLE.

Paysage du Japon avec les cerisiers-pelouses devant le Mont Fuji.

Nous sommes des êtres narcissiques : nous voulons être propres, présentables, bien coiffés, bien habillés. Mais aimerions-nous émettre des odeurs repoussantes corrélatives à nos aigreurs, nos cupidités, nos égoïsmes ? La pureté ne doit pas être uniquement celle du corps physique. NOUS DEVONS APPRENDRE À PRÉSERVER UNE CERTAINE HYGIÈNE MENTALE QUI REND AGRÉABLE NOTRE PRÉSENCE.

L’odeur n’est pas une métaphore… De certaines âmes émanent des parfums semblables à des fleurs. Les défunts communiquent aussi de cette façon car c’est une réalité dans leur plan d’existence aussi.

Nous avons d’ailleurs des expressions qui se révèlent exactes vis-à-vis de ces autres plans de conscience : « sentir/ne pas sentir quelqu’un », « être en odeur de sainteté », etc. On trouve aussi dans de nombreux ouvrages mystiques historiques des récits relatifs à ces parfums, ces odeurs sans cause visible…

Un défunt qui reçoit des pensées aimantes, bienveillantes sera mieux aidé, que s’il est pleuré.

Autre point à prendre en compte : quand nous souffrons, nous sommes coupés des dimensions supérieures de conscience, ce qui veut dire que nous ne sommes pas disponibles pour cela. C’est comme une boite de messageries saturée : on ne peut plus laisser de message. On n’aura alors pas de contact conscient. Ce n’est pas que c’est impossible : c’est simplement que nous nous mettons « hors de portée ». Autrement dit, nos souffrances sont des parasitages. Ce sont des parasitages de communication. Ce sont des parasitages de santé mentale pour nous et pour eux. La solution ? L’amour, le lâcher-prise et la compréhension que de toute façon, nous aussi, tous, nous irons là-haut le moment venu. LES ABSENCES, LES SÉPARATIONS SONT PROVISOIRES.

Mais en fait, au niveau du lien du cœur : IL N’Y A PAS DE SÉPARATION.

Symbolique d’une position de mains qui honore une présence sans la retenir (souvent adressée au Soleil dans l’Égypte pharaonique)

COMMENT RÉUSSIR UN DEUIL

Que faire alors pour réussir son deuil ? Il suffit de lâcher-prise : ne pas ressasser le passé, accepter le temps présent qui réunit chacun au niveau du cœur. Il faut méditer ce rapport PRÉSENCE/ABSENCE. Nos défunts sont devenus invisibles momentanément (ils restent visibles dans nos rêves), mais ils ne sont pas absents pour autant. Ils peuvent être présents dans l’absence puisqu’ils sont là, reliés au niveau du cœur.

Dans certaines civilisations comme l’Égypte antique, c’étaient le cœur et la mémoire qui assuraient le contact avec le défunt. Ne plus penser à lui, ne plus honorer sa mémoire revenaient à une mort symbolique. Ils connaissaient bien sûr les lois de l’esprit car ils communiquaient avec eux par l’intermédiaire de jeunes enfants médiums et de signes ritualisés divers.

Les rituels sont donc justifiés quand on connaît ces lois de l’esprit car chaque anniversaire, chaque moment important de la vie peut être l’occasion de mettre en œuvre le cœur, la mémoire, les pensées adressées au défunt.

Faire un deuil, ce n’est pas oublier le défunt, mais ne plus le retenir ici-bas, ne plus vivre dans le passé, accepter la réalité du temps présent et la promesse du temps futur : les retrouvailles.

Liberté, créativité, nécessité : une nouvelle devise en temps de crise

Nous ne sommes pas encore sortis de cette pandémie mondiale et des multiples crises associées, mais nous en sortirons, tous. Néanmoins, dès à présent, nous pouvons utiliser nos forces intérieures pour changer les choses, ou du moins participer aux changements. C’est pour cela que nous avons associé la liberté (qui est précieuse et, comme nous le voyons, fragile dans nos sociétés), la créativité (car toute crise demande une nécessité d’adaptation) et la nécessité (car il s’agit d’être en adéquation avec notre époque et nos besoins). Ce qui nous donne une nouvelle devise « Liberté, créativité, nécessité ».

Nous ne sommes plus ici forcément sur un terrain politique : l’égalité et la fraternité sont indispensables dans le « vivre ensemble ». Sans égalité, nous avons de l’injustice, et sans fraternité, nous avons le chaos. Mais en temps de crise, nous constatons que les inégalités sont creusées et qu’il y a peu de fraternité. Il faut donc des outils pour améliorer les choses.

Nous sommes plutôt sur un terrain « existentialiste » : c’est-à-dire donner du sens à notre vie individuelle.

La liberté permet de réutiliser nos talents personnels, nos aptitudes, nos capacités, nos passions.

La créativité donne en fait de la joie car c’est nous qui sommes les auteurs de ce que nous faisons, ce qui donne du sens et de la fierté dans le travail accompli. La créativité est valorisante. Cela se vérifie aisément dans le domaine des sciences, des technologies, ou de l’art, mais concerne en fait tous les domaines.

La nécessité est ce qui donne du sens à nos efforts. Un travail utile est encore plus valorisant, surtout en temps de crise.

Ce sont des généralités mais chacun d’entre-nous peut se mettre en œuvre.

Liberté, créativité, nécessité en spiritualité

À présent, mettons cette devise sur le terrain de la spiritualité : jusqu’à quel point sommes-nous libres ? Adoptons-nous les opinions de nos parents ? de notre éducation ? de notre civilisation ? Nous nous croyons tous libres mais dans nos pensées, nos paroles, nos actions, il y a sans doute des automatismes dont nous ne sommes pas conscients. Conclusion : il n’y a pas de réelle liberté de pensée sans un travail sur soi-même. Le but : chasser les idées reçues, celles qui sont toutes faites, « prêtes à l’emploi ». Dans l’univers de la mode, le prêt-à-porter n’est jamais taillé pour votre silhouette. Le « sur-mesure » est conforme à votre anatomie. Il devrait en être de même pour nos réflexions : une pensée qui repose sur l’expérience personnelle a une force et une pertinence, que n’aura pas une pensée stéréotypée.

L’adage philosophique « connais-toi, toi-même » (gnothi seauton) n’aurait jamais été sculpté dans la pierre au fronton du temple de Delphes s’il était si facile d’être libre et d’être dans le vrai à tous les coups. Cela est difficile car la remise en cause suscite souvent des blessures narcissiques. Notre égo aime avancer, avoir raison, aime aussi la facilité, adopte en conséquence facilement la pensée dominante. Ne croyons donc pas que nos avis ne sont pas formatés par les préjugés ambiants ou ceux des doctrines que l’on nous a inculquées. Être cartésien, c’est accepter de passer par « la table rase » des idées toutes faites. Descartes a remis radicalement en cause les idées de son époque et tout l’héritage philosophique d’Aristote. Ce qui revient à se mettre à nu, inspecter tout en détail dans nos valeurs, nos choix de vie, nos actions. Cette crise remet cela au cœur des choses : est-ce que nous avons une vie qui a du sens à nos yeux ? Défendons-nous de justes causes ? Sommes-nous fiers de nos actions ? La « tabula rasa » (table rase), c’est aussi une expérience de vérité. Stop aux mensonges, aux faux-semblants, repartons sur des bases justes et saines. Nous ne sommes pas libres si ne nous faisons que dire « oui » sans chercher à comprendre. Et il n’y a pas de limites d’âge pour apprendre à se connaître soi-même. La vraie sagesse commence alors.

La créativité sur le terrain de la spiritualité, c’est de comprendre que notre esprit est, par essence, créateur. Il n’est donc pas normal de vivre comme des animaux ou des machines robotisées. Cela n’est pas normal au sens propre car ce n’est pas la « norme » de l’esprit qui est libre et créatif par essence. N’oublions pas que notre esprit n’a aucune raison d’être limité par le corps physique ou pas l’univers matériel. Nous avons beaucoup de ressources insoupçonnées en notre esprit, mais cela ne se découvre qu’avec le temps, l’expérience quotidienne ou la méditation et les expériences transcendantes. Nous sommes plus riches, plus vastes, plus capables que ce que nous croyons. Si nous nous lançons dans des défis réalistes, accessibles, nous découvrons qu’il suffisait de se faire confiance pour reculer nos limites.

Quant à la nécessité, elle repose sur le discernement : la capacité à comprendre notre vie actuelle, la crise actuelle, les besoins actuels. C’est donc « ici et maintenant » que cela se passe, puisqu’en définitive, c’est le seul « temps » qui nous est véritablement donné. Le passé concerne plus la mémoire et le futur notre aptitude à l’anticipation. Il faut donc être assez pragmatique : cette crise nous oblige à ne plus vivre dans une espèce d’hypnose de masse, mais à retrouver le sens de notre vie personnelle ici et maintenant.

Nous avons parlé d’existentialisme, mais si nous réussissons à associer « liberté, créativité, nécessité », notre but existentiel sert aussi l’intérêt collectif. Donner du sens à notre vie personnelle, ce n’est pas de l’égoïsme car c’est tourné vers autrui en finalité. Il ne faut donc pas céder à une sorte de culpabilité si nous apprenons à nous faire plaisir, à nous écouter et à agir en ce sens. Être libre, c’est aussi cela : apprendre à s’écouter soi-même.

Que gagnons-nous à agir ainsi ? Nous gagnons une certaine dignité. « Se regarder en face, dans la glace » est toujours plus valorisant si nous sommes fiers de nos actes. Il faut donc de l’audace, du courage, de la confiance en soi, de la détermination. Mais tout cela peut se faire dans la paix de l’esprit. Car c’est justement cela que nous gagnons : la paix de l’esprit. Fuir nos responsabilités, être lâche, céder à l’égoïsme sourd revient à vivre au quotidien avec l’esprit tourmenté. Et cet aveuglement intérieur génère de la violence en soi-même et autour de nous.

On parle souvent de l’impact psychologique de la crise actuelle, mais celle-ci pourrait être aussi un moteur de prise de conscience et d’éveil. Faire de ce mal, un bien. Ne plus en faire une fatalité : voici déjà la preuve d’une liberté de pensée. Se donner la possibilité de voir les choses autrement, sous un nouveau jour. Changement d’attitude : nous ne cédons plus à la fatalité. Après tout, le dicton ne dit-il pas « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » ? Nous ne sommes pas encore tous morts ! Chaque jour de vie supplémentaire sur cette Terre peut être l’occasion de faire quelque chose de bien, de juste, d’utile et de retrouver l’estime de soi.

On oublie souvent que le monde est LE REFLET DE CE QUE NOUS EN FAISONS. Le monde est « la somme des reflets ». Oui, c’est pour le moment le chaos car il y a beaucoup de confusion dans les esprits. Des illusions, des croyances, des peurs. Mais avec la « table rase », on peut tout reprendre à zéro et à sa petite échelle personnelle.

On devient aussi plus intéressant pour les autres si on adopte cet adage. Car quelqu’un qui a peur, qui se bloque de tout côté, fait fuir les autres. En revanche, l’esprit libre, créatif qui prend en compte les nécessités, touche quelque chose de juste et peut avoir un certain impact.

Et puis, il y a la joieQuand on se réalise dans des activités que l’on aime, on dégage de la joie. Quand on a peur, qu’on se referme, on dégage des énergies négatives. La joie est une formidable école de vie et elle est « ouverture » sur le monde : différents plans de réalité.

Tout ceci est très simple à comprendre et peut se mettre en œuvre facilement. La simplicité peut parfois devenir une véritable force. Ne croyons pas que toutes les issues doivent être horriblement compliquées. Car si nous adoptons de telles croyances, notre vie sera horriblement compliquée.

Liberté, créativité, nécessité : nous voyons que tout cela se tient. Une liberté en acte devient créativité. Et une création qui fonctionne bien répond à des nécessités. Cette devise peut devenir une clé, un programme de vie. Et chacun peut trouver comment appliquer cette devise dans sa vie. Si le monde est rempli de plus en plus de gens épanouis et qui trouvent des solutions aux problèmes, il ne pourra que s’améliorer. En fait, nous sommes confrontés à notre vouloir intérieur. Voulons-nous que les choses changent ? Et que faisons-nous pour cela ?

Cette crise en a déjà réveillé plus d’un. Changement de vie professionnelle, déménagement, etc. Cette devise est déjà mise en pratique par certains. Il faut rendre la vie « vivante » et même passionnante. Sinon, pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi le voulons-nous ?

« L’idée qui s’est imposée à moi sans réserve, c’est qu’il faut (de) la création : Il faut créer : tel est le principe dont la théorie esth/étique construit l’axiomatique. « Il faut » : au sens de ce qui est requis par la vie pour qu’elle vive, pour qu’elle puisse continuer de vivre et prendre plaisir à vivre, pour qu’elle puisse se réjouir de la puissance d’agir qu’elle est, et, ainsi, persister dans son être, pour qu’elle vive plus, pour qu’elle vive mieux, bref, pour qu’elle sur-vive, quand le pur fait de vivre lui apparaît insupportable ».

Paul Audi, Créer, Encre Marine, 2005, p. 47.

Et même si nous jugeons que notre vie n’a aucun sens, ou que la vie elle-même n’a aucun sens : pourquoi ne pas lui en donner un ? Une page blanche n’a aucun sens… Si on envoie une lettre vide à quelqu’un : elle n’a aucun sens. Pourquoi ne pas la remplir, cette page blanche ? Alors, elle obtient un sens. Tel est l’enjeu : donner du sens à son existence, ici et maintenant. Et quand nous partirons le moment venu, eh bien, nous ne regretterons pas ce que nous avons déposé sur cette page blanche.

Danse aérienne par la compagnie « Aerial Dance Chicago »

Même un danseur, une danseuse sont utiles à ce niveau – la nécessité étant d’exprimer de la joie, de la beauté, de la vie, du dynamisme, ce qui est précieux en temps de crise et aussi en temps normal.

Un exemple concret avec la nouvelle chaîne de TV « Culture-Box » du canal 19 : liberté – créativité – nécessité sont parfaitement illustrées. La nécessité est autant celle des artistes de pouvoir s’exprimer à travers leur art, que celle du grand public d’avoir un droit d’accès à l’art et la culture quand tout est fermé. La chaîne est gratuite et assez pédagogique dans sa démarche. Souhaitons qu’elle ne soit pas éphémère (comme le projet initialement annoncé), mais pérenne… Nous verrons bien.

Ne sous-estimons pas la petite chose que nous sommes capables de faire. Une petite chose peut changer un état d’esprit…

« De tout ce que l’homme entreprend et confectionne sur Terre, rien n’est étranger au déploiement du cœur de l’Éveil, si le cœur de l’homme dans son agir fait écho au cœur de l’Éveillé, c’est-à-dire au cœur de tous les êtres de l’univers ».

(Yoko Orimo, « Introduction. Déploiement du cœur de l’Éveil » in Maître Dôgen, Shôbôgenzô, Œuvres complètes, Tome I, Sully, 2005, p. 17).

Origami miniature (art japonais en papier plié)

D’ailleurs, ce virus, n’est-il pas lui-même si petit qu’il en est invisible ? Et il a un impact sur le monde entier. Et il mute car il est vivant ; lui, sait s’adapter. Pourquoi ne pourrions-nous pas en faire autant ? Faire des petites choses et qui s’adaptent, qui changent en fonction des besoins, des nécessités.

Liberté – créativité – nécessité. Une devise à adopter et à faire partager.

Le lâcher-prise et la bienveillance pour surmonter la négativité

Lorsqu’on souffre – et la période actuelle est assez lourde pour aborder ce sujet -, on ne sait souvent pas quoi faire pour sortir de son état émotionnel et mental. De plus, c’est un cercle vicieux car nous ne nous en rendons pas toujours compte mais nous fabriquons des HABITUDES DE PENSÉES : des façons d’aborder les choses. En fait, nous sommes prisonnier de certains schémas mentaux. Ceci est une vérité pour chacun d’entre-nous, quelles que soient notre instruction, notre condition sociale. Comment sortir de cela ?

Il faut commencer par apprendre le lâcher-prise car on ne peut pas passer d’une profonde détresse à une joie débordante qui donne envie de rire et de danser. On se retrouve « bloqué ». Sur un plan énergétique, c’est aussi une réalité qui est « palpable » : les gens sont « chargés », tout comme leurs lieux occupés, et cela se sent, se ressent, s’éprouve… Ces énergies stagnantes « verrouillent » aussi l’individu dans ses schémas mentaux. C’est comme si nous avions un processus de CONSOLIDATION ÉNERGÉTIQUE DE NOS HUMEURS. Imaginez un parfum : on détecte une fleur à distance. Autrement dit, nous avons un impact sur toute chose car LA VIE EST UN LIEU D’ÉCHANGES. Nous vivons dans un « milieu », nous l’impactons. Il est donc difficile de sortir d’une « ambiance » quand elle est devenue forte, prégnante. La solution est le lâcher-prise.

Le lâcher-prise correspond à l’idée que pour saisir quelque chose, même avec sa main : IL FAUT QU’ELLE SOIT VIDE AU PRÉALABLE. Si on a les mains pleines, on ne peut rien saisir. Il faut donc se DÉFAIRE DE TOUTES NOS PENSÉES NÉGATIVES. Nous ne devons surtout pas chercher à justifier notre « raison » car cela revient à refuser d’aller mieux… C’est contre-productif.

L’intérêt des méditations orientales est justement là : couper court avec le flux des pensées qui SATURENT LE MENTAL. Car si nous n’apprenons pas à stopper ce flux incessant, notre être SUBIT NOS CRÉATIONS PSYCHIQUES. Ne plus subir de souffrances commence par ne plus subir ses propres pensées. Il faut donc se défaire de toutes pensées… les unes après les autres, selon comment elles viennent. Ne pas y répondre, les laisser filer… En continuant à ne plus y répondre, elles diminuent, puis disparaissent. C’est en fait un B.A.-BA pour toute sérieuse méditation, mais tout le monde ne le pratique pas et ne sait pas toujours comment faire. Pourquoi ? Parce que nous sommes prisonniers de nos pensées. L’issue réelle est dans le lâcher-prise.

Le lâcher-prise est donc décisif. Mais comment y parvenir ? Certaines personnes ont véritablement peur… peur du vide, peur de quitter leurs habitudes de pensées, peur du changement. Le déclic peut arriver quand on réalise clairement que la souffrance est pénible et qu’on veut vraiment la quitter. Pour sortir d’un cercle vicieux, il faut en prendre conscience et vouloir résolument en changer la logique. Sans cette prise de conscience, l’individu peut se braquer.

On voit donc que le lâcher-prise s’accompagne d’une certaine forme de confiance en soi. Nous avons donc deux points absolument primordiaux avant de pouvoir « émerger » : la confiance en soi et le lâcher-prise.

Nous pouvons ajouter à cela : L’ENTRAÎNEMENT.

Pour un individu qui TRAVAILLE RÉGULIÈREMENT le lâcher-prise ET la confiance en soi, ce sera beaucoup plus facile, rapide à mettre en place, que pour un individu qui ne l’a jamais fait…

Ce que l’on dit est simple, mais il faut que ce soit simple pour que ce soit accessible et efficace. Beaucoup ne parviennent pas à visualiser, ne veulent pas entrer dans des exercices compliqués et leurs souffrances, de toute façon, les accaparent et les démotivent. La souffrance ne rend pas patient non plus.

Il est certain qu’il faut de LA BONNE VOLONTÉ, être le plus honnête possible envers soi-même pour effectuer l’état des lieux sur soi-même et les souffrances que l’on veut quitter.

Le lâcher-prise fait du bien : il permet déjà d’aller mieux. C’est comme un répit, un silence qui succède au bruit. Dans ce lâcher-prise, nous pouvons découvrir la paix de l’esprit. C’est elle qui calme les émotions, les humeurs.

Ensuite, il est impératif d’enchaîner sur la confiance en soi et des pensées positives car l’énergie ambiante conserve UNE EMPREINTE (ce qu’on appelle les « formes-pensées » qui sont des énergies résiduelles). La plupart des gens ne sont pas conscients qu’ils sont réceptifs, qu’ils accueillent en eux-mêmes des pensées, des émotions, des humeurs qui peuvent être propre à des lieux. Ce phénomène touche aussi nos rêves : nous pouvons capter par nos rêves des empreintes, des pensées qui sont comme des « dépôts » locaux. En fait, les pensées sont matérielles en un sens, elles ont une certaine substance et subsistance.

Ceci explique pourquoi le vide mental, le lâcher-prise peuvent ne pas suffire car aussitôt après, tout le négatif peut revenir… On voit donc que le phénomène est assez subtil, bien que simple à comprendre. Il faut pouvoir enchaîner lâcher-prise, confiance en soi et pensées positives, tout simplement pour NE PLUS ÊTRE RÉCEPTIF AU NÉGATIF. Ce qui revient à le contrer. Cela se fait en des phases successives et IL FAUT SOUVENT LE PRATIQUER POUR Y PARVENIR AVEC SUCCÈS. Mais cela n’est-il pas la norme pour toute chose ? Tout art, toute discipline repose sur des entraînements et des perfectionnements.

Du coup, il est évident que les personnes qui sont ouvertes à la spiritualité et aux pratiques méditatives sont largement favorisées car elles sauront comment remonter la pente. Il y a donc beaucoup d’intérêt à s’initier à ces pratiques.

Le lâcher-prise, la confiance en soi, la lumière intérieure des pensées positives peuvent devenir UNE HYGIÈNE MENTALE.

Dans le contexte que nous traversons, observer une hygiène mentale est indispensable car vous l’aurez remarqué : beaucoup de gens souffrent et ont des comportements négatifs en conséquence. Nous traversons une crise à de multiples niveaux. Il faut donc pouvoir « encaisser » cette négativité qui existe autour de nous. Ne pas y faire écho si nous voulons quitter le stade animal des comportements purement instinctifs : répondre à l’agressivité par l’agressivité. C’est d’ailleurs un test qui peut permettre de savoir où l’on en est exactement… Car chacun peut croire qu’il est très éveillé spirituellement, mais si l’on devient agressif avec les gens agressifs, on aura échoué. Si l’on devient violent avec les gens violents : où donc est cet éveil spirituel prétendu ? Certes, il peut y avoir des colères saines, mais ceci est un autre sujet car cela suppose D’ÊTRE MAÎTRE DE SOI. Les vrais maîtres spirituels font semblant d’être en colère quand ils ont des colères saines… Ils ne subissent pas leurs pulsions et ne répondent pas à l’agressivité par l’agressivité. Tout est DANS LE CONTRÔLE DE SOI.

Ce sont donc des paroles simples, mais sur le terrain, il y a la réalité effective. Les épreuves, nous pouvons les considérer comme des tests. Rester maître de soi en toute circonstance sera la démonstration de notre véritable capacité, de notre éveil mis en pratique.

N’oublions pas aussi que la bienveillance envers soi-même et envers autrui est une qualité d’énergie qui accélère la réussite de cette remontée de pente.

Alexandre Satller, Ode à la bienveillance, Hozhoni, 2019.

La bienveillance permet de rompre avec les schémas négatifs de pensée.

Lâcher-prise, confiance en soi, entraînement, pensées positives, bienveillance : voilà une succession d’actions psychiques qui peuvent mettre un terme aux souffrances et aux pensées négatives.

Quant aux « formes-pensées » stagnantes : si elles ne sont plus alimentées, un peu comme une plante sans eau, elles dépérissent. Un lieu peut ainsi rapidement retrouver une ambiance saine si nous adoptons un contrôle de nos pensées.

Tout ce qui peut ensuite « dynamiser » la joie : musique, danse, amis au caractère enthousiaste, activité sportive, ballade en plein air seront d’un grand soutien. Ne négligeons pas LE CONTEXTE DE VIE qui peut aussi grandement favoriser notre état mental. Nous devons aussi le prendre en compte et tenter de l’améliorer par des efforts personnels. Notre joie, notre liberté dépendent de nous : il nous faut nous prendre en main, être acteurs de nos vies plutôt que de simples spectateurs.

Shôbôgenzô de Maître Dôgen : un Rubik’s cube littéraire totalement zen

Photo du plus petit Rubik’s cube du monde (9,9 mm) réalisé par MegaHouse Corp de Tokyo.

« Que de fois figurent en effet au premier plan du Trésor, la métamorphose de l’objet vu sous des angles différents ».

(Maître Dogen, La vraie Loi, Trésor de L’œil, Seuil, 2004, p. 31).

Certaines œuvres sont des legs au patrimoine spirituel de l’humanité et le Shôbôgenzô de Maître Dôgen en fait assurément partie. Si vous ne connaissez pas encore ces textes de sagesse, cette présentation est faite pour vous.

PRÉSENTATION

À qui s’adresse ce « monument de la littérature zen » ? On pourrait penser qu’il s’adresse avant tout à des adeptes du zen. Mais sa forme littéraire en fait une sorte d’objet d’art puisque LE LANGAGE (sino-japonais) y est mis à l’honneur. Et de ce fait, cet ouvrage peut aussi intéresser ceux qui sont passionnés par la langue japonaise, ainsi que ceux qui sont épris de philosophie : par exemple, dans la veine phénoménologique Heidegger-Nishida Kitaro, donc à visée orientale.

« Le Trésor fait partie intégrante de la réflexion des penseurs japonais, surtout pour sa dimension philosophique. Il est aisé de constater une influence réelle du Zen chez les grands représentants de ce que l’on a appelé « l’école de Kyôto », Nishida Kitaro (1870-1945) et Tanabe Hajime (1885-1962), tous deux professeurs de philosophie à l’Université de Kyôto ».

(Maître Dogen, La vraie Loi, Trésor de L’œil, Seuil, 2004, p. 36)

A contrario, ceux qui cherchent une pensée simple, sage, épurée, voire poétique du Zen seront sans doute trop désarçonnés pour y trouver de l’intérêt.

D’une certaine façon, le Shôbôgenzô qui a été écrit au XIIIe siècle est une œuvre qui côtoie notre sensibilité contemporaine. Par exemple, si l’on adopte une perspective philosophique de ce vaste corpus de textes qui frôle la centaine, on est très proche de la critique du langage de Wittgenstein, ainsi que du jeu déconstructif de Derrida (il est l’auteur du néologisme « déconstruction » et d’une philosophie basée sur elle). En fait, le Shôbôgenzô est un jeu… comme il existe le jeu de Go, par exemple, qui derrière sa simplicité, cache des stratégies et une philosophie de vie.

Quel est donc ce jeu ? C’est un jeu intellectuel, un jeu langagier, mais avant tout un jeu dans le but d’atteindre l’Éveil spirituel. Pourquoi l’éveil devrait-il être « sec », sérieux, lourd, pompeux ?

Maître Dôgen a eu un éclair de génie (semblable à celui de Wittgenstein) : se servir du langage pour jouer avec lui, en révéler les limites, et en définitive se gausser de toutes les approches très savantes ou intellectuelles pour en revenir à l’acceptation du tout de la réalité, le « tout » se disant « zen » en japonais

Et donc, le Shôbôgenzô est un paradoxe absolu ! Car c’est une œuvre très cultivée qui recompile « une somme » d’écoles bouddhistes et de soutras, mais dans une visée transversale tel un « chien dans un jeu de quilles ». N’est-il pas paradoxal de faire une œuvre très cultivée pour justement dénoncer l’inanité de nos prétendus dogmes intellectuels ? Néanmoins, cette démarche est typiquement zen : abandonner quasiment tout… pour atteindre le vide… et retrouver tout…

D’une certaine façon, c’est une œuvre d’art séduisante et captivante qui « hypnotise le serpent de la raison » telle une roue qui tourne (sans doute la roue du Dharma : la Loi éternelle dont il est question dans le titre « Shôbôgenzô« ). Et si la raison capitule (capit : perd la tête), la compréhension la plus juste peut naître enfin.

Bref, Maître Dôgen se sert du langage d’un façon assez proche d’une certaine tradition zen et bouddhique, si l’on pense, par exemple à Nagarjuna (le moine indien bouddhiste du II-IIIe siècle), et plus tardivement des koan. Mais au lieu de rechercher purement et simplement l’aporie et la contradiction en une forme brève qui peut en devenir si hermétique, qu’elle risque de rater son but (surtout si l’on confond cette démarche avec du nihilisme), il préfère suggérer et donner les clés : expliquer la raison d’être de ce jeu qui pourrait paraître insensé du point de vue purement intellectuel. Car comme Wittgenstein, Maître Dogen se sert de la logique pour surmonter la logique, la transcender.

« Si l’on dit à la proposition initiale : « A » est « B », on présuppose déjà leur différence ; de même si l’on dit : « A est l’être » ou « A est le non-être », on présuppose déjà l’existence de A, qu’elle soit affirmée ou niée. L’énoncé logique, coupé de la situation d’énonciation, ne peut être que second par rapport au fait langagier. De même, nul ne saurait discourir dans l’absolu sans recourir au langage, alors que le langage lui-même n’est qu’un existant bâti sur le conventionnel [Keryû no hô] ; il n’est ni universel, ni absolu. Comment la formulation logique saurait-elle alors transcender le langage ? »

(Introduction de Yoko Orimo in Maître Dogen, La vraie Loi, Trésor de L’œil, Seuil, 2004, p. 32).

Ainsi, cette œuvre est-elle semblable aux poupées russes matriochkas en jouant avec quantité de connaissances et de niveaux narratifs emboîtés. Elle est donc quasi intraduisible car elle nécessiterait d’être Maître Dôgen lui-même pour en saisir toutes les directions et toutes les subtilités. C’est donc une œuvre volontairement énigmatique et riche pour qu’elle ne s’épuise pas trop rapidement au fil du temps. Mais la forme mérite-t-elle d’être pleinement saisie par l’intellect quand il s’agit justement de lâcher-prise, de renoncer, d’atteindre l’Éveil ?

Si nous comprenons que le Shôbôgenzô est un jeu où tout peut s’articuler par le langage et les métaphores tel un Rubik’s cube, alors on comprend l’état d’esprit de ce vaste corpus, en soulignant que l’Éveil spirituel peut aussi être atteint par des Voies inattendues qui ne sont pas toujours austères. Car il y a une grande générosité dans ce corpus qui relève pleinement d’une culture japonaise, toujours singulière, esthétique, et quelque peu surréaliste. Le Shôbôgenzô est donc une œuvre atypique qui mérite notre intérêt à condition d’être averti de la démarche mise en œuvre.

LA TRADUCTION

Se pose le problème de la traduction d’un texte lui-même difficile à comprendre en chinois et en japonais (car il existe deux versions d’origine de référence), en raison d’une langue dont le vocabulaire a évolué historiquement avec des mots parfois inusités ou rares. Il n’est donc pas plus aisé à pénétrer pour un chinois ou un japonais contemporains. Commençons par le titre « Shôbôgenzô », habituellement traduit par « La Vraie Loi, Trésor de l’œil« . Que signifie ce titre ? La Vraie Loi, c’est le Dharma, la Loi universelle sans âge en toute chose (révélée par le Bouddha). On est donc dans un enseignement traditionnel du bouddhisme zen. Mais « trésor de l’œil » ? En fait l’œil symbolise la conscience éveillée, mais aussi « le cœur des choses ». Ainsi, le titre signifie quelque chose comme « ce que chérit la conscience éveillée : la Loi Universelle. « Trésor de l’œil » est totalement à l’image métaphorique de ce corpus : il y a un risque de ne pas saisir les allusions…

Nouveau paradoxe : il faut être éveillé ou initié, avant d’aborder ce texte sybillin dont le but est l’éveil… Ou alors, bénéficier d’une bonne culture déjà poussée dans le zen ou le bouddhisme pour y percevoir des repères familiers.

D’une certaine façon, le jeu langagier de Maître Dôgen pourrait faire penser à Finnegans Wake de James Joyce. Non pas que ce soit « illisible » et « purement musical », mais plutôt par une langue « travaillée de l’intérieur » avec un langage inédit pour l’époque.

C’est donc « une folie » (au sens italien du terme folia), une « danse des mots », ou plutôt des idéogrammes kanji. Une folie jubilatoire pour un traducteur… Ou un casse-tête, un Rubik’s cube : tout ceci en même temps.

La version intégrale en 4 volumes par les éditions Daisen et dirigée du japonais par Gudô Nishijima. Trad. fr. Erick Albouy.

Dans cette gageure, il faut soit être maître zen ou disciples pour se frotter à cette langue qui est du même coup un voyage philologique entre Chine et Japon (c’est le cas de la traduction proposée par la maison d’éditions DAISEN et Gudô Nishijima, ainsi que Érick Albouy pour la langue française), soit être japonais et particulièrement érudit et initié à la langue et au Zen, voire aussi à la philosophie (c’est le cas de la traductrice japonaise Yoko ORIMO pour la maison d’éditions SULLY). Laissons de côté les traductions à partir de l’anglais en français, évidemment plus faciles, mais qui perdent une meilleure adéquation avec la langue vernaculaire. Voici pour les œuvres complètes des 92 ou 95 textes.

6 couvertures sur 8 dans une gamme « arc-en-ciel » pour les œuvres complètes en 8 volumes aux éditions Sully. (2005-2016)

Ceci dit, coup de chapeau pour le travail « fou » de Yoko ORIMO qui, pendant 30 ans, a voulu traduire patiemment cette intégralité dans une abondance de notes absolument indispensable et précieuse, directement du japonais au français. C’est fulgurant, c’est éclairant, c’est intelligent, même si parfois le texte d’origine conserve son charme, son mystère, son opacité. Mais cette traduction en français fera date, à n’en pas douter, tant elle est riche et « ouverte ». Car Yoko ORIMO ne cherche pas à imposer un sens unique à ce texte, ce qui serait contraire à l’idée même du projet d’origine, mais à nous guider dans un réseau sémantique tel un fil d’Ariane dans le labyrinthe des mots, des idéogrammes. Et ce travail est proprement éblouissant ! Une œuvre d’art !

Ceux qui veulent le sens exact, la traduction parfaite sont triplement dans l’erreur : d’abord les idéogrammes kanji laissent de grandes souplesses de traduction, ensuite la polysémie est voulue par Maître Dogen, enfin le jeu recherché est l’Éveil par un dispositif, une mise en scène langagière. On pourrait même trouver un quatrième niveau à prendre en compte : Maître Dogen lui-même joue en déformant le sens des mots ou de certaines métaphores. Non, c’est un travail d’art, une espèce d’orfèvrerie du langage, mais pas un traité de logique, de philosophie ou de science. L’exactitude doit laisser place à « une essence de pensée » à saisir : un jeu de l’esprit pour atteindre l’Éveil.

Traduire le Shôbogenzô, c’est finalement rendre hommage à Maître Dôgen lui-même, sa personnalité et son immense originalité !

POUR JETER UN ŒIL AU TRÉSOR

Pour y rentrer en douceur, je recommande un petit poche excellent : Maître Dogen, La vraie Loi, Trésor de L’œil : textes choisis du Shôbôgenzô, Seuil, 2004.

Un poche qui sélectionne 7 textes traduits par Yoko ORIMO

Pourquoi excellent ? Parce que ce sont exactement les mêmes textes que dans les œuvres complètes des éditions Sully, même s’il n’y en a que 7, judicieusement sélectionnés, dans ce petit recueil. Parce que les petites notes en bas de page révèlent déjà l’immense travail d’érudition de Yoko ORIMO. Parce que ce poche est économique et que ce sera un « test de passage » avant de se lancer dans les œuvres complètes en 8 volumes ou bien en un méga volume unique de 1815 pages. Parce que ce poche offre aussi une vision d’ensemble du corpus, une biographie et qu’il est en définitive une introduction très synthétique de ce chef d’œuvre de Maître Dôgen. Ce poche est un excellent investissement car Yoko ORIMO sait poser d’emblée les enjeux, révélant de nombreuses compétences en linguistique sino-japonaise, mais aussi dans le Zen, et dans la philosophie.

Les œuvres complètes en un volume aux éditions Sully en bilingue japonais-français (qui existent aussi en 8 volumes chez le même éditeur).

Notes : les 8 volumes (2005-2016) sont enrichis d’autres textes/essais qui sont étrangers au Shôbôgenzô et sont absents du volume unique.

REGARD SUR L’ŒIL DU TRÉSOR

Ceci dit, Maître Dogen a jeté un filet avec son Shôbôgenzô et beaucoup s’y laissent prendre. Par exemple, n’est-il pas ironique que certains lecteurs reprochent à la traductrice de ne pas avoir proposé une traduction fluide, poétique, dans un français naturel comme ceux qui traduisent à partir de l’anglais ? Mais est-on là dans une démarche poétique ? Recherche-t-on à défendre la beauté de la langue ? C’est absolument aux antipodes du but recherché par Maître Dôgen, tout comme le Socrate de Platon se moque totalement du raffinement des sophistes. Se prendre dans les mailles du filet est un risque car la langue, tout comme la logique peuvent séduire… Pour reprendre l’exemple de Socrate, lui aussi utilise le langage, mais non à des fins de persuasion ou de pure rhétorique… Pour lui, le langage n’est qu’un moyen, pas une fin, pour accéder à des vérités. C’est la raison pour laquelle il n’était d’ailleurs pas vêtu d’habits luxueux : au paraître, il préférait l’être. À trop jouer avec le langage, il y a donc le risque d’en demeurer prisonnier. L’étude des œuvres complètes a donc aussi pour intérêt de ne pas s’illusionner sur le subterfuge et le sortilège des mots.

Soyons clair : il existe des ouvrages plus radicaux, plus simples, plus efficaces pour accéder au Zen. Le Shôbôgenzô est une œuvre d’érudition. Mais de la même façon qu’on peut admirer une estampe japonaise aux subtiles nuances, ou un thé aux riches saveurs, on peut parvenir à se distancier des apparences, à les reconnaître comme telles.

On pourrait en oublier le but recherché : l’abandon de tout et même du langage puisque le Vide recherché inclut la totalité. Mais fallait-il ne rien dire ? ne rien écrire ? ne rien laisser, ne rien transmettre ? N’est-ce pas encore plus absurde pour favoriser l’Éveil ?

En tous cas, comme le souligne Yoko ORIMO, il n’y a aucune nécessité à étudier le Shôbôgenzô pour obtenir l’Éveil. Du point de vue du Zen, c’est absolument inutile. Il suffit d’adopter le silence total intérieur dans une posture correcte (zazen). De la même façon, rien n’est vraiment utile : aucun voyage, aucun déplacement aux antipodes quand tout est là. De nombreux sages hindous l’ont répété au cours du temps.

Il y a donc une folie – et l’époque actuelle l’expose brillamment – à vouloir chercher partout et tout le temps, ce qui est déjà là de toute éternité. Mais si nous comprenons fermement, sans aucune hésitation, que plus rien n’est utile, si nous le comprenons par le Shôbôgenzô, par exemple, au niveau du langage et des concepts, alors, c’est que nous sommes véritablement éveillés ! Car le Zen est une invitation au silence, au regard intérieur : l’œil qui perçoit tout.

Mais… si nous sommes déjà dans cet Éveil… pourquoi aurions-nous à fuir quoi que ce soit ? Fuir le langage ? Pourquoi ? Si l’on ne se laisse plus prendre par les dichotomies, les oppositions, le jeu des contraires, il n’y a plus le danger de la Mâyâ. Ainsi l’inutile devient totale indifférence et il n’est pas rejeté comme tel. Et l’inutile, pour certains, peut être utile… Tout devient relatif, tout comme le langage. Il n’y a donc aucune raison de refuser une réalité lorsque celle-ci participe d’une Réalité plus grande et même si tout ceci révèle un vaste écran de fumée, l’Éveil est aussi un voyage, un cheminement, pas seulement un but.

Le Shôbôgenzô est donc une œuvre d’art utile/inutile mais composée avec une grande intelligence, ludique, par Maître Dogen.

Ceux qui aiment le Japon, sa langue, sa culture, sa spiritualité peuvent aussi s’y retrouver au titre de ce « voyage » proposé. Qui sait : peut-être pourraient-ils trouver l’Éveil ?

Car s’il existe un « trésor » par l’illumination de l’œil intérieur, ne serait-ce pas dommage de passer à côté ?

AUTRES TRADUCTIONS

Personnellement, le travail de Yoko ORIMO, je l’ai trouvé remarquable. Pour la langue et la culture française : un grand merci. Elle méritait sans nul doute une distinction pour ce travail colossal au service du Zen, mais de la langue et la culture franco-japonaise également (elle a obtenu la Médaille Delalande-Guerineau de l’Académie des Belles-Lettres, « pour le meilleur ouvrage sur l’Orient paru ces deux dernières années« ).

Si nous ne parlons plus des œuvres complètes, mais de textes choisis, sachant qu’il y en a toujours qui sortent du lot et que l’on considère comme « majeurs », il y a des traductions diverses du japonais au français qui méritent d’être connues car on peut dire que le japonais, par sa langue et notamment ses kanji, favorise les approches multiples. Ce n’est pas qu’une traduction sera forcément meilleure qu’une autre, mais elle exprimera une autre sensibilité, voire un autre éclairage. Si cela est justifié selon une logique sous-jacente des idées, en fait, plusieurs traductions peuvent coexister sereinement. Et là, pour le coup, elles sont nombreuses. Mais je n’ai pas mené d’enquêtes comparatives pour faire un choix dans toutes ces traductions, je laisse donc chacun à ses recherches sur wikipédia et selon ses sensibilités propres.

Liens utiles

livresbouddhistes.com

Quelques livres de Yoko Orimo :

Comme la lune au milieu de l’eau : art et spiritualité du Japon, Sully, 2018

Et Dôgen et la spiritualité de la résonance : Variations sur le Shôbôgenzô, Sully, mars 2021 (à paraître prochainement).

Le pouvoir d’obnubilation

Ce mot est assez fascinant tant il est riche de significations et quasi poétique. En effet, le verbe « obnubiler », étymologiquement, signifie « couvrir de nuage », ou encore « mettre une nuée devant soi ». Si l’on consulte la référence du dictionnaire latin-français de Félix Gaffiot :

« Obnubilo : couvrir d’un nuage » (Félix Gaffiot, Dictionnaire Latin-Français, Gaffiot, 2016, p. 917).

Par exemple, nous avons l’adjectif « nébuleux » qui a la même origine. Une nébuleuse est un nuage de gaz. Un esprit nébuleux est un individu qui n’a pas les idées claires.

Donc, « obnubiler » signifie que notre esprit a la faculté d’abstraire (ou d’obscurcir) au profit de l’attention portée sur un objet unique (ou au détriment des autres objets). S’obnubiler marque à la fois une faculté positive – celle de distinguer, d’isoler conceptuellement, de se concentrer – et une disposition négative, celle de ne pas prendre en compte la totalité d’un contexte, ce qui créé, en définitive, de la confusion. En quelque sorte, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Ce pouvoir est capital dans l’hypnose. Le pouvoir d’attention porté sur un objet unique peut nous mettre en transe, c’est-à-dire placer « en arrière-plan » tout le reste, comme sous un voile.

Si nous traitons à présent de l’obnubilation, c’est que ce thème entre en correspondance avec le sujet traité précédemment à plusieurs reprises de la mâyâ – la magie illusoire du monde sensible impermanent, mais aussi la représentation mentale des choses qui conceptuellement ne cessent de s’opposer par discrimination. La faculté d’obnubilation est au cœur du pouvoir discriminant de la raison, au cœur également de la mâyâ car nous sommes comme aveuglés par l’objet posé devant nous, au détriment du reste.

« Mâyâ produit le monde des apparences et son pouvoir d’obnubilation nous pousse à croire que les phénomènes existent bel et bien tels qu’ils nous apparaissent. Dans le bouddhisme, croire que les êtres et les phénomènes sont dotés d’une réalité objective et autonome est une des formes que prend mâyâ » (Alain Grosrey, Le Grand Livre du Bouddhisme, Albin Michel, 2007, p. 850).

En fait, qu’est-ce qui fait défaut à l’obnubilation dans le cadre de la spiritualité ? C’est l’absence de prise en compte de la vacuité interdépendante. Nous croyons, par obnubilation, que l’objet existe en soi et par soi. De ce fait, notre attention se cristallise sur l’objet et nous le figeons dans un concept.

« Si nous n’étions pas si attachés aux apparences, l’enseignement n’aurait pas besoin de mettre l’accent sur la vacuité. Cette insistence n’est due qu’à notre aveuglement matérialiste qui rend nécessaire un antidote pour nous amener à comprendre que la réalité des phénomènes diffère de celle que nous leur attribuons communément. Cet antidote, répétons-le, c’est la vacuité » (La Vacuité : la face cachée des apparences, Claire Lumière, 2016, pp. 14-15).

L’obnubilation est donc une sorte de « charme », d’hypnose que certains imputent à la magie de la mâyâ. S’obnubiler revient à s’obséder l’esprit : donner corps à une entité et la rendre omniprésente à nous-même. Ce peut-être le fruit d’un charme amoureux, mais aussi d’une peur obsessionnelle. Que ce soit le désir, la passion, ou la peur, la répulsion : nous créons des attachements par obnubilation.

Ainsi, ce mot est capital dans le vocabulaire de la spiritualité hindoue et bouddhiste. En effet, l’éveil spirituel n’a lieu que lorsque nous comprenons que nos divisions conceptuelles sont artificielles, fausses. Tout semble séparé alors que tout est lié. En fait, ce sont ces liens qui sont « nébulisés » car nous ne les voyons pas, nous ne les soupçonnons pas. Par exemple, ce sont les atomes, ou encore le vide, que nous omettons par les choses que nous voulons prendre pour argent comptant. Les apparences nous leurrent. La surface nous trompe.

Ce serait, par exemple, le reflet du visage de Narcisse qui est isolé de tout le reste. Ce reflet n’est même plus un reflet. C’est un visage. Un visage séduisant car relevant d’une « inquiétante étrangeté » : à la fois semblable et différent du modèle qui le contemple. Si Narcisse se laisse séduire, c’est en raison du pouvoir d’obnubilation. Tout le reste est occulté et ce visage « posé devant soi » obscurcit la conscience de Narcisse. L’eau devient la source nébuleuse – les nuages ne sont-ils pas constitués d’eau ? L’eau devient écran comme la mâyâ-cinéma. Narcisse se fait des films. Et il plonge, s’immerge dans une réalité illusoire. C’est un mythe important car il décrit un processus que nous expérimentons tous. Ce sont nos rêves illusoires, nos erreurs de jugement, nos croyances qui sont ici en scène. Un psychanalyste dirait que ce sont nos projections inconscientes.

« Par exemple, l’être qui, par erreur, prend une coquille de nacre pour un écu, est victime de l’ignorance. Cette avidyâ, désignée comme la cause de la pièce d’argent imaginaire, qui est perçue comme existant réellement, agit de deux manières différentes : elle cache les données exactes, le débris de nacre et, à sa place, elle fait apparaître une pièce d’argent. Ces deux aspects de la nescience reçoivent respectivement les noms d’āvaraṇaśakti et de viksepaśakti ; le premier est le pouvoir d’obnubilation, et le second, le pouvoir de projection » (Comment discriminer le spectateur du spectacle, trad. M. Sauton, Jean Maisonneuve Successeur, 1977, p. XLVIII).

Nous donnons « chair » aux objets inertes du monde. Le reflet de Narcisse prend vie par ses propres croyances. Le pantin prend vie si nous agitons ses fils. La mâyâ est autant en nous qu’en dehors de notre égo illusoire. Si elle n’était pas en nous, nous ne verrions que des objets inanimés, morts. Nous pourrions identifier le reflet et il n’aurait donc aucun pouvoir de fascination. Et si elle n’était pas à l’extérieur de notre enveloppe corporelle, nous n’y prêterions guère plus d’attention qu’à une pensée fugitive. C’est donc bien un jeu que permet l’obnubilation entre le dedans de nos désirs et de nos peurs, et le dehors des aspects formels. Mais ce jeu, nous le méconnaissons, le mésinterprétons.

Nous aurions pu aussi prendre l’exemple du mirage. Pour que le mirage agisse efficacement, il faut ignorer les lois de la physique et prendre les apparences pour des réalités substantielles. Il faut donc « charger les images », les « habiter », leur donner vie. Il faut que le masque trouve une expression, notre expression. Un psychanalyste sait qu’une projection inconsciente trahit une vérité portée en soi-même, une vérité refoulée. Le pouvoir d’obnubilation est donc une trahison, un aveu, une création qui a tout à voir avec nous. Il est reflet. Le mirage ne fait que véhiculer une image.

« Depuis l’Intelligence cosmique (mahat) jusqu’au corps grossier, le monde n’est qu’un effet de mâyâ. Cet effet et mâyâ elle-même constituent à eux-deux le non-Soi. Ils ne sont l’un et l’autre, pas moins illusoires qu’un mirage qui apparaît dans les sables du désert » (Le plus beau fleuron de la discrimination, trad. M. Sauton, Jean Maisonneuve Successeur, 1998, p. 34).

Ainsi, la Libération s’effectue tout autant à l’extérieur qu’à l’intérieur car il faut prendre l’illusion de la mâyâ « des deux côtés » en même temps. L’extérieur ne doit plus nous fasciner et l’intérieur ne doit plus nous induire en erreur par nos jugements. Tous ceux qui séparent l’extérieur de l’intérieur ne peuvent pas réaliser la Libération recherchée. L’issue n’est pas dans le miroir, le mirage, le reflet. L’issue n’est pas non plus dans l’esprit « à vide ». En somme, il faut être dans le jeu de la mâyâ, il faut jouer ce jeu, pour pouvoir le déjouer. Sans quoi, il n’a aucune issue, demeure insaisissable, incompréhensible, comme un chat qui tente d’attraper un point de lumière, un reflet…

Le secret de la Mâyâ : sa nature vibratoire (spanda)

Cet article s’inscrit à la suite de deux autres :

Si nous revenons sur ce sujet, c’est parce qu’il est fondamental et que la Mâyâ est au cœur de plusieurs enjeux : soit nous la considérons comme ce qui nous empêche de prendre conscience de la vraie nature du substrat permanent des choses, soit nous la considérons comme la manifestation d’une création incessante, sachant qu’elle est impermanente, donc re-créations à l’infini, ou bien récréation d’un Esprit se réflétant lui-même dans ses œuvres. Ce serait comme l’aspect « verre à moitié vide/verre à moitié plein » car en désignant la même chose, nous pouvons parvenir à nous opposer par des vues différentes.

Rappelons ici que le but d’ulluriaq.com n’est pas de défendre une religion ou une spiritualité en particulier, mais de donner des outils de réflexions qui stimulent les recherches d’éveil en spiritualité. Ainsi, nous sommes libres d’aborder de nombreuses spiritualités ou même d’aborder des thématiques connexes. Notre but est aussi de chercher de l’unité à travers les enseignements traditionnels car nous sommes hélas enlisés dans les dichotomies du mental qui embrouille les choses au lieu de les éclairer. En fait, l’intellect ne suffit pas pour dégager clairement « la voie », il faut nécessairement des pratiques méditatives et des expériences pour dépasser les armatures conceptuelles qui figent les choses en dogmes. Il faut aussi du cœur afin de vouloir unifier tout ce qui s’oppose et se rappeler que la Vérité étant universelle est diffractée partout et en tout, qu’elle n’est donc ni passée, ni présente, ni future, mais éternelle. Si nous prenons soin de clarifier l’esprit de notre démarche, c’est que la Mâyâ est source de divisions au sein des traditions. Et cela est normal puisqu’elle est dénoncée comme « trompeuse ». Il nous faut donc dépasser cet « écran de fumée ».

Nous avons précédemment abordé sa nature sensible, raison de sa terrible efficacité. Puis, continuant dans cette logique, nous avons abordé le rôle de la lumière car tout ce qui est donné à voir dépend d’elle. Nous en avons profité pour aborder deux « distributeurs » de Mâyâ que sont Brahmâ et Mârâ, selon que nous préférons aborder l’aspect divin et ludique, ou l’aspect maléfique et trompeur. Mais pour unifier tout cela, nous allons aborder à présent son secret, son essence véritable : la Mâyâ n’est pas qu’ombre et lumière, n’est pas que « sensible », elle est aussi « champ vibratoire ». Pour désigner cette nature vibratoire, nous allons reprendre un mot sanskrit qui se trouve adéquat : le spanda.

« Le ‘spanda‘ est identique à la Vie cosmique ou ‘prana’ universel, identique au Cœur suprême, au Sujet absolu. Sa richesse englobe tout, ce qu’explique sa racine ‘spand’ : entrer en mouvement, frémir, palpiter, vibrer, le spanda étant à la fois mouvement léger et imperceptible (kimcic calattâ), acte qui s’ébranle, pulsation, et de façon générale, vibration » (Lilian Silburn, Śivasutra et Vimarśini de Kṣemarâja, Institut de Civilisation Indienne, E. de Broccard, Paris, 1980, p. 6)

Quel est l’intérêt d’aborder la Mâyâ de cette façon ? C’est d’unifier justement les différentes traditions spirituelles ou religieuses. Car la Vérité étant une (ou universelle), si nous nous déchirons dans des points de vues d’écoles ou de religions, c’est que nous sommes nous-mêmes plongés dans l’obscurité. Nous nous déchirons en raison de nos limites conceptuelles, donnant trop de crédit à notre intellect – un instrument parfaitement adapté pour le plan matériel constitué d’objets distincts, mais totalement dépassé pour aborder sereinement la réalité des plans supérieurs de conscience.

« Dans sa réalité ultime, le Brahman est transcendant, absolu, infini, tandis que les sens et l’intellect – auquel les sens fournissent le matériel – sont finis (…). Par conséquent, par sa nature même, le Brahman doit être inconnaissable par l’intellect… » (Shri Aurobindo, Brahman et Maya dans les Upanishads, Dervy, 1980, p. 26).

« La naissance de Mâyâ, si naissance il y eut, s’est passée au-delà du phénomène, avant l’origine du Temps, de l’Espace et de la Causalité. Elle n’est donc pas connaissable pour l’intellect qui ne peut penser qu’en termes de Temps, Espace et Causalité » (Idem, p. 58).

Un instrument qui divise ne peut pas nous donner l’unité recherchée. Si nous prenons un casse-noix pour recoller les morceaux d’un vase, nous n’y parviendrons pas. L’intellect doit donc reprendre une place beaucoup plus humble : une parole de transmission, un support de pensée, mais il n’est pas une fin en soi.

« Mahâmati, on n’a pas recours au langage dans toutes les terres de bouddha, du fait que le langage n’est qu’une construction conventionnelle » (Soutra de l’entrée à Lankâ : Lankâvatâra, Fayard, 2006, p. 130).

Par ailleurs, avec l’intellect, il est impossible d’accéder à une « représentation » de ce qui dépasse la nature d’un objet et d’un sujet. L’Absolu ne se « représente » pas. L’essence de la Conscience ou de l’Être ne se représente pas.

« Le Nirvâna dépasse l’esprit et le mental : telle est l’unique réalité » (Soutra de l’entrée à Lankâ : Lankâvatâra, op. cit., p. 169).

Le substrat permanent derrière l’impermanence des choses se conceptualise sans difficulté, mais tombe sur une abstraction vide de sens. Bref, quel constat en tirons-nous ? La Mâyâ prend évidemment part à ces considérations car toute représentation conceptuelle des choses est fausse car incomplète, déformée et porteuse de croyances. Ainsi, le monde sensible, le rapport lumière/ombre pourrait être satisfaisant d’un point de vue conceptuel, mais nous sommes encore loin du compte. Il nous faut donc à présent aborder la nature vibratoire de la Mâyâ.

Mais tout d’abord, la Mâyâ est-elle de nature vibratoire ? Oui. Comment le savons-nous ? Parce que tout ce qui est existant est porté par une vibration. Bien avant que la science et la physique en particulier ne le démontrent, les livres sacrés des différentes religions l’affirmaient. L’onde est première, primordiale, primitive. Si nous voulons parler d’un « substrat permanent » derrière l’impermanence, nous accédons forcément à la nature vibratoire car à partir d’elle, tout est créé. La science nous a permis de certifier qu’une pensée possède une fréquence, qu’une couleur possède une fréquence et qu’il en va ainsi jusque dans l’infiniment petit. Lorsque nous sortons de notre corps physique et que nous découvrons d’autres réalités tangibles, c’est qu’il existe des plages de « mondes fréquentiels » comme l’aiguille balayant un tuner radio. Et même sans avoir besoin de sortir de notre corps physique, il arrive parfois que nous traversions d’autres réalités fréquentielles. Les fréquences sont partout : dans le plan physique et tous les autres plans d’existence. Les mondes sont séparés comme par des « rideaux fréquentiels ». Il est donc pertinent de déclarer que la Mâyâ est une illusion de magicien. À l’échelle du temps qui détruit toute chose (façon de parler), les mondes sont comparables à des mirages : tout ce qui peut naître, peut disparaître. Et en raison de la nature fréquentielle des choses, un monde peut apparaître, surgir… et disparaître. S’il existe des voiles d’ignorance, il y a aussi des voiles d’invisibilité. Nous pourrions parler des « voiles de la Mâyâ » car tout méditant sérieux ayant une longue pratique a certainement vécu des immersions dans d’autres réalités spirituelles : des mondes surgissent et disparaissent. L’esprit est tout à fait capable de faire cela. Nous le savons notamment par l’imagination. Nous le savons aussi par le souvenir. Nous le savons encore par les rêves (qui combinent imagination et souvenir). Comment cela est-il possible ? Parce que l’esprit est aussi de nature vibratoire.

Par conséquent, toute pensée est vibration, qu’elle soit visuelle ou purement conceptuelle. Toute pensée fabrique donc une Mâyâ. Nous pourrions ainsi dire que tout être est un magicien malgré lui puisqu’il peut s’illusionner lui-même dans ses fantaisies, ou bien que tout être est un créateur divin puisqu’il peut créer avec son esprit tout ce qu’il veut.

Ce rapport à la vibration a bien été identifiée par la plupart des traditions spirituelles et leur récit d’une cosmogenèse. En revanche, il faut y ajouter l’information – ce qui a été une découverte relativement récente de la physique. Car comment une vibration peut-elle prendre forme ou figure si elle n’a pas en elle de l’information ? Même le son possède de l’information puisqu’il se caractérise (en durée, en hauteur, en timbre, etc.).

« Du son, que déjà les anciens nommaient śabdabrahman, dérivent toutes les formes et tous les objets devenus tangibles après le second stade de la Parole (paśyantî). Issu et imprégné du Verbe, confondu avec le ‘Je’ universel (aham) et la vibration spontanée (spanda), le son se diversifie par la résonance (nâda et dhvani) contenant toutes les expressions verbales en son indifférenciation et qui jaillit perpétuellement. (…) Sans résonance et dynamique vibratoire, rien ne se transforme, donc rien ne vit, rien n’existe et il n’y a aucun transport d’information » (Jean Papin, Śakti Sûtra, Almora, 2006, p. 52).

Un son sans information devient une abstraction. Or de qui ou bien d’où provient l’information ? Nécessairement d’une conscience douée d’imagination. C’est la raison pour laquelle, l’école traditionnelle tantrique dite « Spanda » n’a pas dissocié le spanda de la pensée ou de la conscience (en sanskrit « citta« ) :

« De même, plus tard, Gaudapâda, dans la Mândûkyakârikâ (IV, 47, 48, 72) fait allusion à la vibration de la pensée (citta-spandita), cause de la dualité sujet-objet, ainsi que des apparences phénoménales » (Lilian Silburn, Śivasutra et Vimarśini de Kṣemarâja, op. cit., p. 10).

« Les anciens textes bouddhiques comme le Dhammapada (33-34) ont bien le terme pâli ‘phandana’, en sanskrit ‘spandana’, mais qui désigne la vibration de la pensée dispersée et qu’il faut donc supprimer » (Idem, p. 10).

« 33. Elle frétille, elle oscille la visée [phandana/spandana], difficile à contenir, à maintenir : l’homme intelligent la redresse, comme l’artisan, la flèche qu’il fabrique. 34. Telle créature des eaux jetée sur le sec, tirée de l’humide séjour, frétille comme visée pour échapper au royaume de Marâ«  (Le Bouddha, Dhammapada : les stances de la Loi, trad. J.-P. Osier, Flammarion, Paris, 1997, p. 59).

Nous constatons que ce sont bien la pensée et ses vibrationscitta-spandita – qui génèrent la Mâyâ : les apparences phénoménales, la dualité sujet-objet. En fait, l’école tantrique Spanda nous dépeint une gradation, voire une dégradation, depuis l’état originel nommé « spandatattva » – la Réalité absolue ou ultime vibratoire (tattva) – jusqu’à la pensée discursive, dichotomique, discriminante :

« L’originalité de cette école tient au spanda. Vasagupta fut en effet le premier à nommer ‘spanda’, la libre puissance qui éclaire, donne vie et mouvement à tout ce qui existe. Le ‘spandatattva’, Réalité ultime en tant que vibration est la Conscience universelle : une Conscience à la fois en acte et en repos, un repos que jamais elle ne quitte, un acte qui jamais ne défaille et qui, en outre, s’épanouit » (Idem, p. 5).

Et c’est la raison pour laquelle la Mâyâ, nourrie d’énergie vibratoire et d’informations, constitue une certaine force ou puissance (shakti) :

« La puissance par laquelle le monde de la dualité est manifesté est Mâyâ śakti. Et donc śakti est celle qui tout à la fois voile (avarana) et celle qui projette (vikṣepa) » (Serge Carfantan, Que faisons-nous de notre liberté ?, Almora, 2018).

« En raison même de cette parfaite liberté, Śiva déploie son énergie d’illusion (mâyâśakti), et la vibrante Réalité, son propre Soi, semble perdre son unicité, la division s’introduit au sein de l’unité indivise » (Lilian Silburn, Śivasutra et Vimarśini de Kṣemarâja, op. cit., p. 7).

Nous avons mis en gras « semble » car, bien entendu, la division, la distinction n’est qu’une apparence « vue d’en bas », en quelque sorte – depuis les plans d’existence les plus soumis à la matière lourde, dense, opaque. Car, en effet, dans les plans supérieurs, l’énergie vibratoire ou spanda n’est pas dissimulée, elle est visible au sein même des choses (les corps ont des auras, les plantes sont parcourues de parcelles lumineuses, etc.). Dès lors, nous comprenons que tout existe en inter-relations, ce qui est le sens véritable de « vacuité » :

« Vacuité : En sanskrit shûnyatâ, en pâli, suññatā. Impermanence et insubstantialité des phénomènes conditionnés qui n’existent pas de façon autonome, mais seulement de façon mutuelle. La vacuité est la désignation métaphorique de l’existence conditionnée, de l’interdépendance causale » (Jean-Pierre Schnetzler, De la mort à la vie, Dervy, Paris, 2000, p. 255).

Conclusion

Quel aura donc été l’intérêt de considérer la Mâyâ sous son aspect vibratoire ? Jusqu’à présent, nous avions surtout souligné le rapport au sensible, au visible et même au sentiment illusoire d’extériorité propre à la Mâyâ. Mais nous avions laissé de côté le rapport psychique qui génère lui-même la Mâyâ par ses représentations, ou bien son imagination. En ayant abordé le spanda – la nature vibratoire de toute pensée -, nous avons mis en évidence que la Mâyâ est en fait une faculté de l’Esprit, un Esprit en acte qui s’ouvre, se déploie. D’ailleurs, il est opportun de rappeler que le mot sanskrit « brahman » est construit sur la racine BṚH- qui signifie « augmenter, agrandir ». Notre concept de « big-bang », par exemple, correspond tout à fait à cette idée, avec un univers en expansion.

Ainsi, nous constatons une certaine unité au sein des traditions spirituelles car que ce soit un Dieu créateur au moyen du Verbe vibratoire, ou que ce soit un Brahmâ duquel émane sans cesse des créations infinies, ou que ce soit un Mârâ auquel nous rapportons toutes les illusions trompeuses en raison de la projection sur les phénomènes de notre mental discursif, dichotomique ou discriminant, nous dépeignons, en fait, une même Réalité qui est re-création permanente, par jeu, par récréation de l’esprit, qui est certes éphémère, mais qui a perdu « toute sa tonalité tragique » lorsque, par exemple, nous la dénonçons. Pourquoi a-t-elle perdu sa tonalité tragique ?

  1. Tout d’abord parce que l’illusion n’existe que si nous adhérons à la croyance que tout n’existe que de façon séparée et autonome.
  2. Ensuite, parce que de toute façon, à l’échelle de l’éternité, de l’Absolu et de l’infini, la notion de « provisoire, éphémère, impermanence » n’a plus de réelle importance.

En définitive, ce sont bien nos attachements qui rendent tragiques nos rapports à la Mâyâ. Mais « attachement » est à prendre dans tous les sens du terme : attachement à des croyances, des idées, des dogmes ; attachement à notre égo provisoire ; attachement aux objets sensibles éphémères – toutes sortes d’attachements. Ce sont ces mêmes attachements qui nous font voir la Mâyâ comme la production d’un malin génie qui voudrait nous tromper, contrecarrer nos projets et nos possessions. En fait, la Mâyâ a tout autant peu de responsabilité qu’un film projeté sur un écran. Ce n’est pas elle qui décide de nos croyances. Elle n’impose rien. De la même façon que lorsque nous voyons un tour de magie sur scène et dans la rue, nous savons qu’il existe un truc, nous ne sommes pas obligés d’être naïfs lorsque nous connaissons le processus d’une savante mise en scène. La Mâyâ serait plus comme une industrie efficace, performante pour rendre effective n’importe quelle pensée, tels les robots d’une chaîne de montage, par exemple. Sans la Mâyâ, il n’y aurait tout simplement pas de création !

« La liberté innée, spontanée, partout vibrante dans le monde animé et dans le monde inanimé, que tous éprouvent de façon immédiate comme leur propre nature identique au Seigneur, a pour forme la Réalité du spanda » (Lilian Silburn, Śivasutra et Vimarśini de Kṣemarâja, op. cit., p. 7).

La Mâyâ touche donc aussi notre rapport à la liberté (de penser et de créer) et, sans aucun doute, au rapport à l’Art également (au sens le plus large). Quand un bouddhiste fabrique la figure complexe d’un Mandala magnifique puis qu’il le disperse aux quatre vents une fois qu’il est achevé et apprécié, il a accompli le processus même de la Mâyâ. De plus, cette œuvre d’art symbolise la Création avec son Cœur, son origine.