Développer son troisième œil (partie 2)

Ce texte est la suite de celui-ci. Les informations qui vont suivre ne se trouvent pas forcément dans les livres, sauf ceux de l’hindouisme ancien. Nous pourrions élargir un peu ce sujet pour le rendre encore plus intéressant, ce qui changerait un peu de tout ce qu’on peut lire où chacun se recopie… Par exemple : pourquoi avons-nous un chakra de troisième œil ? N’est-ce pas une question intéressante ? Si nous avons une contrepartie subtile de nos organes physiques (et c’est bien le cas), nous avons donc deux centres énergétiques pour nos deux yeux (au même emplacement). Mais quelle est la nécessité d’avoir un organe subtil pour… le front ? C’est une question très intéressante car chaque chakra est la source vitale d’un organe physique, d’une fonction physiologique.

Alors, certes, la littérature spécialisée mentionne la glande pinéale, mais celle-ci n’est pas derrière le front… elle est logée entre les deux hémisphères cérébraux, à leur base (donc plutôt proche du haut de la nuque). Le chakra du troisième œil est relié à la glande pinéale, mais ce n’est pas sa contrepartie.

Dessinateur : Christian Gottlob Heyne (1729-1812) d’après un original du IIe siècle av. J.-C.. BnF, Estampes et Photographie, Ta 4, t. 2 f. 26. © Bibliothèque Nationale de France

En fait, le chakra du troisième œil est véritablement la contrepartie d’un organe physique, d’un œil physique… qui est absent. Les Cyclopes ne sont pas qu’une légende (comme Polyphème dans le Chant IX d’Ulysse d’Homère), il a existé des êtres nés sur Terre avec un œil sur le front (il en reste des squelettes qui sont présentés comme étant des malformations), et plusieurs civilisations d’êtres matériels extraterrestres possèdent un œil sur le front. Il existe des géants cyclopes, ainsi que des êtres assez petits, cyclopes et chauves. La Nature a prévu ce type d’êtres humanoïdes. Nous avons la contrepartie d’un œil physique… absent.

Le chakra du troisième œil est donc une fonction latente. Cette petite digression explique pourquoi cet organe subtil permet aussi bien de voir (avec une vision forcément mentale puisque nous n’avons pas un œil matériel à cet emplacement), que de « percevoir » à distance, c’est-à-dire recevoir des informations qui ne passent pas nécessairement par la vue. C’est une double fonction : voir et capter à distance des données.

Mais c’est aussi une ouverture (un vortex est semblable à une porte ou un tunnel), c’est-à-dire un passage entre ce qui est dans notre habitacle physiologique et le dehors. Sauf que ce dehors n’est pas le monde matériel physique, mais un plan de conscience qui correspond à la réalité énergétique de ce chakra.

Les mystiques hindous des temps anciens savaient très bien cela. Mais cette connaissance a été oubliée (pas totalement) et dévaluée parce que la réalisation spirituelle est un objectif plus noble, plus ambitieux, plus ultime que de se balader dans d’autres plans de conscience. Cette dévaluation est constatée aussi bien dans l’hindouisme, que dans le bouddhisme. Cette dévaluation touche aussi toute connaissance à distance. Pourquoi ? Parce que les sages authentiques savent que l’égo est une structure factice qui peut s’illusionner d’existence en existence, de mondes en mondes. Pour faire une analogie, ce serait comme recevoir un abonnement gratuit illimité pour aller au cinéma et perdre, petit à petit, le sens de la réalité. Les authentiques sages veulent que les êtres se libèrent des illusions dans tous les mondes – plan physique inclus.

Nous venons de dépeindre un contexte derrière ce troisième œil. Il est en quelque sorte « magique » : il permet de voir, d’acquérir des connaissances à distance, et même de nous projeter dans des plans de conscience merveilleux, mais tel un labyrinthe, nous pouvons nous perdre dans l’infinie liberté que nous avons, puisque nous sommes des êtres spirituels avant d’être des êtres incarnés dans des corps subtils et un corps physique. Par la volonté de nombreux sages réalisés, ces connaissances mystiques ont été codées, rendues « hermétiques » et aussi secrètes car ils considèrent que cette liberté est potentiellement dangereuse. Prenons encore une analogie : si nous ouvrons les portes d’un immense magasin de jouets à un enfant, celui-ci pourrait s’y perdre et oublier sa mère, ne plus la retrouver, ne plus la rechercher. C’est, d’une certaine façon, la différence qu’il existe entre l’authentique magie (de l’esprit) et l’authentique spiritualité qui vise à la libération totale : vaincre toutes les illusions.

Que sont ces illusions si dangereuses ? Les anciens sages mystiques ont été divisés sur ce point (il nous reste des textes hindous qui en sont la preuve avec diverses écoles traditionnelles qui s’opposent) nourrissant un débat qui ressemble beaucoup à ce qui passe aujourd’hui avec ceux qui croient que notre monde matériel n’aurait que trois dimensions (ce qui est faux), et qu’un transit serait en cours avec un passage dans des dimensions supérieures au nombre de cinq. Ces croyants actuels pensent que notre monde physique est synonyme de dualité et qu’il serait mauvais en soi. Ils croient qu’un passage dans une Terre en 5D offrirait le Nirvana : il n’y aurait plus de dualité, chacun pourrait vivre une vraie Réalité sans illusion, sans la présence du mal. Or, le débat très ancien des Rishis (sages mystiques ou voyants hindous) était du même ordre : les mondes superposés et imbriqués qui existent en présence du plan physique seraient dangereux car ils seraient autant d’écrans entre notre individualité personnelle et notre essence divine éternelle. Les mondes seraient responsables du mal, tout comme ceux qui croient que nous vivons sur une Terre en 3D. Cependant, les autres Rishis leur opposaient un désaccord : le mal, l’ignorance, l’illusion n’est pas dans tous les mondes possibles et les plans d’existence… mais dans la façon d’appréhender les choses et la croyance en notre égo. Le mal ne serait plus dans le principe de la création, mais dans l’endormissement de la conscience : l’égo lui-même. Pour ceux qui connaissent l’allégorie de la caverne mise en scène par Platon dans son livre République (ch. VII) : le mal ne serait plus dans les ombres projetées sur les parois de la caverne qui sont confondues avec des hommes, mais dans le désir de vouloir rester enchaîné. Ces Rishis postulaient que « voir » n’équivaut pas nécessairement à se laisser prendre au piège de la vision. Voir un film ne suscite pas forcément d’oublier que l’on voit une fiction. De même, lorsque nous rêvons, il se peut que nous le sachions. Platon a créé une allégorie qui résume parfaitement notre affaire : l’homme vit enchaîné à ses illusions et il ne veut pas se défaire de ses chaînes – comme s’il ne voulait pas se réveiller – pour affronter la lumière éblouissante de la Vérité qui brille dans le monde supérieur de toute éternité.

Le troisième œil est au cœur de ce contexte car si ces connaissances ont été si jalousement cachées, c’est que les sages redoutent que nous nous perdions en cours de route, comme nous pouvons nous perdre sur ce plan physique. En effet, beaucoup se prennent terriblement au jeu dans ce monde, oublient totalement qu’ils sont des êtres éternels de lumière ayant une origine unique. En adoptant une tunique de peau, colorée, ils en viennent à créer des différences. La vue, d’une certaine façon, nous enchaîne dans « le voir » des formes, des apparences.

Résumons tout ceci : « voir pourrait être une façon d’aveugler notre esprit« . Pensons, par exemple, à voir des richesses. Aujourd’hui, sur Terre, ne voyons-nous pas toute l’horreur produite par ceux qui ne vivent que pour les milliards de leurs intérêts ? L’homme ne compte plus, la vie humaine ne compte plus, l’environnement, l’écologie, la planète ne comptent plus, seule la quête des milliards importe. Le mal, la corruption, la méchanceté, tout dérive de ce poison. Voir peut donc être lourd de conséquence quand il revient au final à oublier notre vraie nature spirituelle. L’homme en vient à se confondre avec ce qu’il voit, à commencer par son corps de chair. L’homme-machine, l’homme-neurones. Pour aller encore plus loin : « voir peut rendre fou« .

Cela devient un débat philosophique car s’il existe un « voir » qui nous affranchit comme avec ce coronavirus qui fait tomber beaucoup de masques et qui nous permet d’y voir plus clair sur le vrai visage de certains hommes et certaines institutions, il existe aussi un « voir » qui nous aveugle.

Revenons à notre troisième œil : faut-il alors vouloir le développer ? Sachant qu’il fonctionne chez chacun d’entre-nous, mais petitement puisque notre éducation matérialiste nous pousse à ne pas prêter attention à tout ce qui n’est pas tangible et démontré physiquement. Faut-il vouloir voir ? La question a son importance car si nous voyons le monde physique tel qu’il est réellement avec tout le mal, toute la corruption dont il est le support, nous pourrions ne pas le supporter. Nous pourrions nous dégoûter facilement d’une telle réalité. Comment faire ?

Eh bien, nous avons aussi d’autres chakras et nous ne devons pas isoler l’un d’entre eux sans comprendre qu’il existe un système harmonieux dans l’ensemble de ces chakras. Le chakra qui lui est supérieur, nommé en sanskrit « sahasrāra« , est le plus mystique qui soit : « le lotus au mille pétales » – 1000 étant une allégorie pour dire « pouvoir infini de l’esprit ». Avec ce chakra coronal, nous ne sommes plus dans le voir ou dans la vision, mais au-delà, avec la conscience synthétique des autres chakras et de notre pouvoir créateur. Quant au chakra du cœur, il est fondamental car il corrige l’égo de sa tendance à se centrer sur lui-même. Aimer, c’est prendre soin d’autrui, devenir altruiste. Mais c’est aussi une façon de partager de la joie, d’échanger, de faire rayonner de l’harmonie. On le comprend par exemple lorsqu’on aime un beau paysage.

Conclusion

Si c’est notre égo qui veut voir pour savoir, avec une volonté ferme, c’est à double tranchant. Ce que nous verrons sera une vérité, tout à fait relative. Or les vérités relatives sont illusoires. Et les illusions nous enchaînent. Les bouddhistes notamment ont beaucoup insisté sur la tragique souffrance de toute vie basée sur l’égo. Le coronavirus en est une illustration frappante : nous sommes nombreux à souffrir du délire de certains égos absolument malades d’eux-mêmes avec leur désir de pouvoir et d’argent. Nous pouvons voir les mensonges de façon encore plus éclatante avec le troisième œil. Mais à l’ère d’internet, nous avons aussi d’autres moyens de voir la vérité. Difficile de nos jours de se retrancher d’internet. Ce réseau est aussi une arme à double tranchant. Tous les petits secrets peuvent être trouvés, dévoilés au grand jour. Voir peut nous libérer. Mais voir peut aussi nous aveugler. Il y a donc besoin de développer l’éveil du cœur et de l’esprit. Plutôt que d’accepter un « passeport santé » qui permet la manipulation à distance comme des robots télécommandés, le passeport du cœur et de l’éveil spirituel est la libération de toute servitude. Aujourd’hui, nous pouvons transformer un monde cauchemardesque où l’homme est devenu négligeable selon la volonté de certains, en un monde plus éveillé et plus responsable. L’éveil du troisième œil pourrait être connecté au cœur et à l’esprit afin que nous ne soyons pas prisonniers de nos créations, mais des acteurs conscients de la nécessité de nos actions. Nous avons oublié notre potentiel créateur. Nous avons laissé les fous contrôler nos vies ou bien les menacer. Nous avons laissé faire car voir peut aussi signifier « être distrait ». Nous sommes distraits par nos rôles dans la société, nos passions, nos problèmes, nos loisirs, nos quêtes. Cette distraction sert les intérêts de certains. Il nous faudrait apprendre à mieux voir et cela commence déjà par regarder bien au-delà de son petit nombril. Voir au-delà de sa planète aussi, comme si elle était le centre de l’Univers. Voir au-delà des limites de nos carcans mentaux. L’éveil du troisième œil peut s’accompagner d’une nouvelle société à l’image de nos prises de conscience. Il faut parfois de douloureuses épreuves pour nous réveiller. Ainsi, un mal peut se transformer en quelque chose de bien. Notre faculté de création en a le pouvoir. Que souhaitons-nous voir ?

Calmer ses peurs, apaiser les esprits

Ceux qui banalisent le danger du Covid-19, puis qui effraient la population en nous disant que tout cela est un subterfuge excessif, sans réel fondement comme s’il s’agissait d’une banale grippe, d’une mise en scène orchestrée afin de créer un état totalitaire qui imposerait ses lois liberticides, participent, sans le savoir, à un climat anxiogène déjà très lourd par les drames humains qui se nouent actuellement. Nous sommes entrés dans une période où il existe des suicides et des tentatives de suicides. La vraie responsable se nomme : la peur ! Et nos peurs peuvent être irrationnelles car cette pandémie est planétaire, dévastatrice et nous a tous plongé dans l’inconnu.

Bien entendu, le drame est planétaire. Mais certains en rajoutent. Alors qu’il faudrait plutôt tenter au mieux d’alléger les fardeaux de ceux qui souffrent le plus et qui sont en première ligne et de ceux qui sont désorientés. Certains montrent le meilleur d’eux-mêmes, d’autres agissent en accentuant les problèmes. Nous constatons cette situation presque chaque jour.

Par ce blog, nous avons mis l’accent sur la nécessité d’apaiser ses peurs, de les rationaliser, mais aussi de faire preuve de discernement spirituel car la spiritualité, cela ne peut pas consister à être fier de semer le doute, la confusion dans les esprits, de répandre des thèses ultra conspirationnistes au point que certains perdent littéralement pieds. Nous devons réfléchir aux conséquences de nos paroles, tout autant que de nos actes.

D’autres pensent que ce sont les mensonges qui permettent de mieux contrôler la situation. Mais c’est faire preuve de mépris envers l’intelligence humaine. De plus, les mensonges mettent en danger la vie d’autrui. Les mensonges créent la perte de confiance et ouvrent la porte aux théories complotistes car fatalement, on se demande pourquoi l’on nous ment et ce que cela cache. Le mensonge systématique n’est donc pas la bonne stratégie à moyen et à long terme, même s’il peut paraître utile à court terme. Aujourd’hui, les mensonges tuent et portent une part de responsabilité dans le drame présent. Il y a plus d’honneur à dire la vérité et à affronter la dure réalité, tous ensemble, qu’à mentir car, en définitive, les mensonges participent aussi au climat anxiogène général. Cela ne permet pas de stimuler les belles énergies de la confiance et de la solidarité : tous unis dans la crise. Le climat actuel révèle une espèce de combat entre l’ombre et la lumière, ce qui déstabilise les plus fragiles et les plus éprouvés.

Alors, pensons aux gens fragiles qui ont besoin de retrouver de l’équilibre, de l’harmonie, de l’authenticité, cela les aidera à ne pas désespérer et à ne pas attenter à leur vie sous l’effet du désespoir.

La méditation peut aussi beaucoup aider : déjà parce qu’en étant calmes, nous sommes apaisants pour autrui, et aussi parce que ces énergies de confiance, de paix peuvent être des ressources importantes dans lesquelles nous pouvons tous puiser. En étant calmes, nous aurons des propos plus nuancés, voire trouverons des mots apaisants, nous serons un meilleur soutien.

Bien entendu, il ne s’agit pas non plus de capituler devant certaines horreurs du monde qui se révèlent soudainement à nous, mais il y a un temps pour chaque chose. Il y a un temps pour lutter contre le coronavirus du mieux que nous pouvons, et il y aura un autre temps pour corriger, modifier tout ce qui peut encore l’être pour contribuer à l’émergence d’un monde moins obscur.

Nous devrions nous montrer reconnaissants envers ceux qui au péril de leur vie, de leur carrière, de leur image sociale ont tenté de nous avertir, ont expliqué la situation, révèlent des informations vérifiables, nous redonnent même de l’espoir. Ils sont minoritaires, cela aussi est un constat comme si le monde devait offrir une image belle et lisse d’une réalité sans histoire. Voulons-nous participer au déni ? Faire ce choix mensonger joue le jeu de la corruption. Ou bien voulons-nous être honnêtes envers nous-mêmes et envers autrui ? Cela est une base saine pour reconstruire un monde meilleur lorsque la pandémie sera éteinte. On ne peut rien construire de sain par la corruption et le mensonge. Or, il est aujourd’hui évident pour beaucoup que le mensonge et la corruption sont légion. Cependant, même avec cette prise de conscience, il faut garder confiance et continuer à donner le meilleur de nous-mêmes. En agissant chaque jour dans cet état d’esprit, nous créerons forcément un monde meilleur car le monde est le reflet de ce que nous en faisons, collectivement et individuellement.

Rappelons aussi que ceux qui sont tentés de se réfugier dans la consommation du cannabis ne réalisent pas que cette drogue rend paranoïaque de nombreux utilisateurs. Dans le climat actuel, la paranoïa ne va pas aider. De plus, elle ralentit les processus cognitifs. Et du fait qu’elle ralentit les réflexes, elle occasionne aussi des accidents de la route, et donc des morts… En revanche, la pratique du sport sécrète des endorphines, ce qui est beaucoup plus sain et génère des pensées positives. Le sport permet aussi d’évacuer tout ce qui surcharge inutilement l’esprit. Il nettoye le corps si la pratique est régulière et non excessive. Cette pandémie peut être l’occasion de mettre en place de sains réflexes : avoir une meilleure hygiène de vie, pour le corps et l’esprit. L’addiction au tabac est parfois vaincue par une pratique sportive. Si nous pouvons vaincre de mauvaises habitudes par une meilleure hygiène, nous aurons aussi une conscience plus lucide, plus alerte, plus aiguisée. Un bon équilibre psychique dépend de nos choix sur de nombreux aspects de notre vie. Si nous vivons mieux dans notre corps et notre conscience, notre entourage également s’en portera mieux. Ne sous-estimons pas ce que nous pouvons faire de bien pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent.

Nous devons apprendre à mettre de côté nos peurs et nos croyances, afin d’offrir une meilleure qualité d’actions et de paroles autour de nous. Aujourd’hui, chaque acte compte. Aujourd’hui, chacun d’entre-nous est une personne importante. Tous, nous avons un petit rôle à jouer et dans notre rayon d’action aussi petit soit-il, il y a de la grandeur. Pourquoi ? Parce que nous vivons une pandémie qui suscite du chaos et de la confusion. Parce que le Covid-19 tue et occasionne de graves séquelles chez certains qui n’en meurent toutefois pas et que cela génère souffrances et peurs. Parce que nous avons besoin d’être le plus responsable et cohérent possible dans nos actions présentes et nos préventions. Parce que tous, nous pouvons aider avec ce que nous savons faire, ce dont nous sommes capables. Nous pouvons révéler le meilleur de nous-mêmes. Cela peut être une aide extraordinaire dans un contexte si difficile pour certains. Chacun, nous pouvons faire la différence. Chacun, nous pouvons être dignes et fiers de nos actes. Ces temps difficiles nous en offrent l’opportunité.

Un nouvel éveil collectif ?

Pendant cette période de pandémie mondiale, le pire et le meilleur de ce dont l’espèce humaine est capable refont surface. Dans le pire, nous avons les actes et les paroles racistes comme s’il fallait toujours des boucs émissaires à désigner et à sacrifier pour exacerber nos plus bas instincts. Le pire, c’est aussi de constater les agissements de ceux que l’on pourrait nommer « les artisans de la mort », c’est-à-dire ceux qui travaillent contre la santé des gens sans prendre en compte les lois internationales sur l’environnement et les droits de l’homme, mais aussi contre la santé à l’échelle planétaire en sacrifiant l’écologie dans leur quête d’avidité pour des millions, voire des milliards d’intérêts en jeu. Le pire, c’est aussi, l’intelligence rusée qui transforme ses vices en vertus, justifier des actions criminelles en tentant de mettre en avant de pseudos avantages collectifs, bref, l’art de manipuler les esprits par des techniques très connues déjà utilisées par les sophistes de l’Antiquité grecque pour lesquels la fin justifie tous les moyens. Le pire, c’est aussi tous ceux qui sont irresponsables et qui, par leurs négligences, sacrifient la santé de leurs enfants et des générations futures. Le pire, ce n’est pas seulement le mal à l’œuvre, mais la paresse tant morale qu’intellectuelle qui laisse finalement le mal se propager par l’inaction.

Cependant, de la même façon qu’un verre à moitié vide est aussi à moitié plein, il ne faudrait pas « condamner l’espèce humaine » en raison de sa stupidité et de son esprit vile et servile. Il y a aussi de la noblesse dans le cœur de l’homme. Cette pandémie permet également de mettre en lumière de l’héroïsme, de la bravoure, du courage, toute une échelle qualitative difficile à quantifier où beaucoup donnent le meilleur d’eux-mêmes pour sauver des vies ou les préserver. Il s’agit là d’un héroïsme silencieux, civique, discret en quelque sorte car nous voyons bien qu’en ce moment, tout s’accélère. La pandémie, finalement, fait office de révélateur entre ceux qui travaillent au service de la mort par leur cupidité, et ceux qui œuvrent au service de la vie et qui s’élèvent dans la dignité morale et spirituelle. Quelle est la place de l’Amour universel dans ce panorama violemment contrasté ?

Dans les spiritualités faciles et factices, on enseigne que l’Amour universel est un amour aveugle… On aime tout le monde comme si tout le monde était pareil, sain dans ses pensées et ses actions. Mais cette façon d’aimer sans aucun discernement est la meilleure façon de s’illusionner soi-même et d’être franchement déçu, tôt ou tard. L’Amour universel doit pouvoir être pensé avec le libre arbitre car chacun a toujours le choix du bien et du mal, ainsi que de l’ignorance qui se situe au milieu. Le véritable Amour universel s’accompagne de discernement, d’intelligence et de la compréhension du libre arbitre. Le véritable Amour consiste à être conscient que l’homme peut faire le choix du mal, comme il peut aussi faire le mal sans l’avoir choisi, par sa seule ignorance. Ce n’est pas aimer avec un bandeau sur les yeux en imaginant que tout le monde est bienveillant. En réalité, chacun évolue compte tenu de ses pensées, son intelligence, ses expériences, ses choix. Il n’y a donc aucune uniformité entre nous tous. Aimer, c’est aussi comprendre en profondeur la différence évolutive de chacun. Ce qui revient à dire qu’aimer, c’est aussi une façon de faire bouger les consciences, de les amener à réfléchir afin que les ignorants cessent de faire du mal lorsqu’ils sont les artisans de la mort. Ce n’est pas une indifférence passive qui consiste à tout laisser faire comme si tout était parfait, tout le temps. L’indifférence passive revient à participer à l’illusion, à l’ignorance, et en définitive au mal. Si nous continuons à vouloir rester ignorants et indifférents, notre planète se détruira très rapidement et toute la vie dont elle est le réceptacle avec elle. Son écosystème est fragile et elle est de plus en plus menacée par la cupidité des plus riches qui utilisent leur argent pour corrompre et faire sauter toutes les sécurités pour la mise en place de leurs projets. Le coronavirus agit comme une pause dans nos existences pour réfléchir, voir, s’informer, comprendre.

En effet, auparavant, chacun vivait dans sa propre sphère de travail, à toute allure. Une sphère qui devient petit à petit une bulle. Artificielle car le monde ne cesse pas d’exister pour autant. Mais le Covid-19 fige l’image. Stop. Prenons le temps de comprendre l’époque charnière dans laquelle nous nous trouvons ici et maintenant.

D’un autre côté, voir le mal, le dénoncer, en devenir obsédé est corrosif car le mal est par essence destructeur, auto-destructeur. Les artisans du mal finissent mal. C’est le vrai sens de la notion de « karma » (mot sanskrit qui signifie « action » dans le sens d’action/réaction). Agir mal finit toujours mal. Le karma est un phénomène miroir car notre univers est bâti ainsi : tout est miroir à de nombreux niveaux. La sagesse de Thôt-Hermes enseignait que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » car d’une part, le cosmos n’a ni haut, ni bas, mais surtout, ce qui est vrai sur le plan physique est également vrai sur les autres plans d’existence : nous récoltons toujours ce que nous semons, tant en bien, qu’en mal. Nous récoltons le Covid-19 ? Fatalement, oui. Mais la liste pourrait être longue de ce que nous récoltons : les cancers, les maladies diverses, les sécheresses, la famine… Cette situation qui s’accélère n’est pas si « ésotérique » que cela à comprendre car beaucoup de scientifiques établissent les liens rationnels entre causes et effets.

La vraie spiritualité n’est pas éloignée de la science. Elles seront sûrement amenées à converger dans un proche avenir si nous nous montrons à la hauteur de l’épreuve actuelle. Elles auraient chacune à y gagner quelque chose. Il y aurait plus de fondement rationnel dans la spiritualité et il y aurait plus de valeurs humaines dans la science. Chacune corrigerait ainsi ses faiblesses.

Ainsi, si nous augmentons notre conscience, nous agirons pour de justes causes. Nous agirons. Nous ne resterons plus passifs. Alors, l’Amour universel peut avoir du sens car aimer, revient aussi à protéger !

Nous aimons notre planète ? Protégeons-là. Nous aimons nos enfants ? Protégeons-les. Un amour universel qui ne protège rien, qui préfère mettre la tête dans le sable comme l’autruche afin de ne pas voir la réalité telle qu’elle est, mais telle qu’elle est hallucinée, est une illusion produite par les fausses spiritualités. Si le mal n’a pas d’obstacle, pas de contre-pouvoir, aucun frein : il est comme ce Covid-19. Et nous savons maintenant, de source sûre, que tous ceux qui s’en moquent, ne veulent pas porter de masques certifiés conformes parce qu’ils seraient jugés inutiles, ne veulent pas respecter les mesures barrière qui sont encore loin des mesures scientifiques idéales, vivent en réalité dans le déni. Et le déni s’expose à des risques réels.

L’Amour universel qui repose sur le déni est ignorance. Or un ignorant est un illusionné par de fausses doctrines. Nous ne sommes pas meilleurs parce que nous le voulons au stade purement théorique ou idéal (il est toujours facile de flatter son égo), mais parce que nous agissons en ce sens. En réalité, l’Amour universel est aussi un combat : un combat contre la bêtise, l’ignorance, mais aussi le mal. Nous ne pouvons pas protéger nos enfants sans rien faire. Nous ne pouvons pas protéger notre planète sans rien faire. Le mal, lui, ne vit pas dans la paresse. Il met quantité de moyens en œuvre pour parvenir à ses fins. Il redouble sans cesse d’efforts pour corrompre les gens à différents niveaux de la société. Il s’acharne pour remplir ses objectifs. Il planifie, étape par étape. Pourquoi l’Amour universel serait-il une forme de lâcheté, de fuite et d’indifférence ? N’aimons-nous pas la beauté qui nous environne ? Voulons-nous perdre tout ce qui est beau parce que nous préférons notre confort paresseux à l’action ? De telles questions méritent d’être posées car le Covid-19 marque un temps d’arrêt. S’arrêter peut faire du bien pour réfléchir lucidement, faire le point. Le monde de demain nécessite de faire le point. Un mal peut se transformer en bien – et la perte de tous ces morts sacrifiés peut trouver du senssi nous agissons dotés d’un nouvel éveil, c’est-à-dire d’un plus profond sens des responsabilités. Une bonne action isolée, c’est déjà valeureux évidemment, mais de bonnes actions conjuguées à l’échelle d’un grand nombre peuvent changer en profondeur le monde de demain. Nous sommes incités à y réfléchir car cette pandémie, à l’échelle planétaire, est partie pour durer, selon les experts. Autant de temps que nous pouvons mettre à profit dans l’intérêt de chacun. L’Amour Universel, ce n’est donc pas une idéalité belle en soi qui doit rester dans la petite sphère privée. C’est un moteur qui doit pouvoir s’enclencher pour mettre en œuvre des actions concrètes. L’Amour universel met en œuvre la bienveillance, là où le mal, par aveuglement, détruit et favorise encore plus de destructions.

Enfin, il est vrai que l’Amour universel pacifie le cœur de chacun. Si nous agissons par amour et non pas par vengeance, nous éprouverons de la paix. Si c’est la vengeance qui nous gagne, non seulement nous commettrons des injustices, mais nous deviendrons, nous serons à l’image de ce que nous combattons. Si nous devenons ce que nous combattons, notre quête devient absurde, insensée. Le mal ne peut donc pas se combattre par le mal car de cette façon, le mal se voit dans un miroir. Seul l’Amour universel est véritablement supérieur au mal, déjà parce que la paix de l’esprit permet d’être calme et d’y voir plus clair. La colère embrouille le cœur et l’esprit. Elle soulève des passions, elle réveille des instincts. C’est une spirale infernale. L’Amour universel n’utilise pas le poison du mal pour combattre le mal. Ensuite, parce que l’Amour universel englobe plus d’éléments dans sa représentation des choses : tous, nous évoluons, tous, nous pouvons commettre des erreurs par aveuglement, ignorance, folles quêtes de réussites, etc. Les causes du mal peuvent être nombreuses. En restant bien ancré dans l’Amour universel, nous offrons une terre hospitalière à celui qui est sur le point de modifier son point de vue et ses erreurs. Tandis que combattre le mal par le mal produit un retranchement dans le cœur d’autrui car nous ne lui offrons rien de meilleur en face, rien de plus valeureux et désirable, en définitive. On ne peut sauver quelqu’un du mal, si nous lui montrons les mêmes erreurs de notre part. En outre, nous n’avons pas de réel éveil spirituel si nous agissons ainsi puisque le mal est toujours une illusion à court terme. Le moyen ou le long terme démontrent l’erreur commise. Ainsi, les valeurs morales du bien et du mal ne doivent pas être anéanties par un relativisme à l’infini comme le font beaucoup de philosophes sophistes (qui ne s’avoueront pas comme tels). Aimer, signifie aider, être bienveillant, agir en ce but dans le respect d’autrui. Quant au mal, il se détecte par sa nocivité, sa toxicité, sa létalité, sa perfidie du double discours en jouant sur les apparences désirables et bien sûr, les souffrances qu’il cause. Ce n’est pas en fait une joute intellectuelle car tous ces philosophes sophistes qui annulent le sens véritable de ces notions sont en fait très éloignés du terrain lorsqu’ils débattent de la sorte… Sauver une vie n’a plus rien du relativisme des notions. Préserver des êtres, préserver le vivant, protéger ce qui a de la valeur échappe à toute confusion intellectuelle. Quand une action est conduite par un cœur aimant, nous n’avons pas de dilemme intellectuel. Quand l’Amour devient universel, le mal n’existe plus en notre cœur puisque le mal est en définitive l’ignorance. Ceci démontre que la philosophie sophiste ne peut pas percevoir et trouver les vraies valeurs spirituelles parce qu’il n’y a pas de mise en pratique, pas de sagesse recherchée, pas de spiritualité en œuvre, uniquement des mots, des idées, des notions, tout un brouillard opacifiant sans réelle issue dialectique. Là encore, ne pas agir, en rester à une idéologie passive pour se donner raison, est une fuite face à la réalité du terrain. « Juger un arbre à ses fruits » est toujours une réponse valide car si un beau discours revient à commettre des atrocités dans les actes, il n’est plus possible d’adhérer au relativisme infini du bien et du mal. Ce relativisme est donc une illusion propre au discours – un jeu pour lequel les sophistes excellent, les experts en communication qui louent leurs services par exemple.

Il y a donc du travail à faire en cette période de pandémie et de confinement provisoires. D’une certaine façon, nous pouvons rompre avec le climat anxiogène ambiant en nous disant qu’il est rare dans l’histoire planétaire de nous retrouver tous au pied du mur pour opérer une modification radicale dans la construction de notre société. Il est rare de voir que beaucoup de masques hypocrites tombent, petit à petit et à différents niveaux. Il est rare de comprendre ce qu’il faudrait faire pour obtenir une société meilleure. Une telle opportunité est à saisir, dans l’éveil spirituel et dans l’action concrète, et non pas dans des discours qui conduisent à l’attente, à la passivité au nom d’une croyance magique. La vraie magie effective est celle de nos cœurs et de nos actions collectives. Nous donnons ainsi du sens à nos existences et à notre futur. Un éveil purement spirituel est encore virtuel, quand il est mis en acte, il s’accomplit enfin.

Pratiquer les rêves lucides

En cette période de confinement prolongé, nous pouvons peut-être commencer à nous sentir un peu étouffés. Or, il faut éviter le climat du stress anxiogène tant pour notre équilibre spirituel, que pour notre immunité physique puisque l’esprit et le corps sont liés. Si l’esprit va mal, le corps ira mal et vice-versa. Puisque nous avons du temps, pourquoi ne pas en profiter pour prolonger notre période de sommeil et apprendre à devenir conscients du rôle créateur, imaginatif de notre esprit ?

Pourquoi prolonger notre période de sommeil ? Parce qu’il est nécessaire avant tout de bien se recharger : les besoins vitaux sont prioritaires. Ceux qui pratiquent les Sorties Hors du Corps conscientes ont plus de facilité à le faire s’ils sont déjà rechargés après avoir dormi quelques heures. Pour la méditation, il en va de même. Les exercices spirituels sont très difficiles à faire si nous manquons de sommeil… Nous tombons alors très vite sur les images dites « hypnagogiques » : que nous le voulions ou non, nous sommes emportés dans une espèce d’hallucination onirique irrésistible et… nous plongeons dans le sommeil. Certains médecins recommandent la nécessité de bien dormir. Le sommeil a en effet une vertu thérapeutique. Nous pouvons nous déstresser en dormant pendant toute la durée dont nous avons besoin. Oublions les montres et les réveils pendant cette période de confinement, si nous le pouvons. Oublions nos habitudes qui nous conditionnent.

Une fois que nous sommes rechargés en sommeil indispensable pour notre vitalité, c’est là que nous pouvons en profiter pour augmenter notre marge de liberté, en rêvant, tout simplement. L’exercice consiste à observer, avec attention, le processus de ce qui est en train de se passer.

Chögyal Namkhai Norbu Rinpoché (1938-2018), maître dzogchen.

La technique préparatoire

Ceux qui aiment les techniques sophistiquées peuvent appliquer celle de Namkhai Norbu (maitre dzogchen) : Avant de s’endormir, inspirer et expirer profondément, en douceur, plusieurs fois, puis visualiser un A blanc (avec le son « A » : par exemple la première lettre sanskrite du Mantra « AUM ») tout en le chantant intérieurement mentalement. Le point de départ est au milieu du corps, au niveau du plexus solaire (jonction des côtes, en bas du sternum). Nous avons un chakra à cet emplacement précis. Le chakra du plexus solaire n’est ni au niveau du ventre, ni au niveau du milieu de la poitrine, mais entre les deux. Donc nous visualisons et chantons mentalement cette lettre A blanche, la dédoublons sans cesse jusqu’au chakra coronal au sommet de la tête. Lorsque c’est fait : la même chose à l’envers jusqu’au chakra solaire. À la longue, par la pratique, la patience et la persévérance, cela va stimuler ce type spécifique de rêve, qu’il nomme « rêve de clarté ». Si la technique est si complexe, c’est probablement pour produire un lâcher-prise du mental afin de pouvoir s’endormir facilement, petit à petit. Mais cela amène sans doute de l’énergie vitale pour favoriser l’éveil de l’esprit, tout en produisant un nettoyage subtil, ce qui explique la couleur blanche (qui véhicule le prana) et le mantra pour stimuler les chakras supérieurs. N’oublions pas que les techniques de ces maîtres sont très anciennes, efficaces : elles ont fait leurs preuves ! Elles sont enseignées de maîtres à élèves sur de nombreuses générations. Si cette technique vous apparaît trop compliquée, visualisez simplement une boule de lumière blanche qui monte et descend doucement dans le corps depuis le sternum jusqu’au coronal et vice-versa, tout en chantant le mantra AUM ou « A ». Et pratiquez, encore et encore pour que cela devienne une routine chaque soir.

Ceux qui n’aiment pas les techniques sophistiquées, qui aiment la simplicité, pratiquez l’autosuggestion : « Après avoir dormi assez pour me remplir d’énergie, je deviens conscient que je rêve« . Il faut répéter plusieurs fois une phrase dans ce genre, courte, avec conviction. On peut ajouter : « j’agis consciemment sur mon rêve« . À pratiquer souvent, chaque soir, avant de s’endormir, toujours avec conviction, volonté.

Il existe des recherches scientifiques sur ce sujet (par exemple, celles de Stephen Laberge) et de nombreux auteurs ont publié leurs propres techniques. Des vidéos youtube existent également. Ici, nous avons une approche plus centrée sur la spiritualité en raison des nécessités de surmonter au mieux la crise actuelle.

Notre esprit est à la fois le rêveur et le rêvé. Il englobe de nombreuses dimensions et notre égo n’est qu’une petite fabrication en son sein. D’après les spiritualités orientales, notre égo est le produit d’une identification à notre corps physique, notre identité biologique. Un nouveau-né n’a pas encore un égo séparé de sa mère. Ce n’est que progressivement qu’il rétrécit son égo sur son petit nombril. L’égo n’est pas notre véritable identité spirituelle. Quand nous rêvons, nous sortons du confinement de nos 4 murs physiques, mais aussi du confinement de notre égo. Et cela peut nous faire beaucoup de bien de sortir un peu de nos armatures physiques et mentales. Eh oui, l’égo est une prison mentale !

Nous sommes en ce moment doublement confinés : dans notre espace de vie physique, mais aussi dans notre égo avec notre structure mentale, celle qui juge « cela est vrai, cela est faux, cela est possible, cela est impossible », celle qui discrimine les choses de façon binaire ou manichéenne : oui/non, bien/mal.

Les spiritualités orientales enseignent que le mental est une sérieuse limite à dépasser pour obtenir l’éveil spirituel. Ainsi, même le plus brillant intellect peut se prendre les pieds dans le tapis de sa propre logique binaire, bien qu’en philosophie, le mental soit analytique et l’intellect, synthétique. Admettons une telle hiérarchie. Mais analyse et synthèse, bien que ces capacités soient d’un apport évolutif considérable pour opérer des discriminations logiques, ce n’est pas encore l’éveil spirituel au-delà des clivages de la pensée.

« Votre vraie nature ne consiste pas en une vision dualiste » (Namkhai Norbu, Le Yoga du rêve, Accarias L’Originel, Paris, 2006, p. 131)

Pourquoi avons-nous dit « sérieuse limite » ? Parce que les limites de notre égo peuvent nous suivre toute une vie physique, voire plus longtemps encore car les illusions de l’esprit peuvent être alimentées indéfiniment si nous n’observons pas le processus de ce qui se déroule en nous-mêmes. Bref, si nous restons inconscients.

Les rêves lucides, par conséquent, peuvent être une première marche, une démarche fondamentale pour prendre conscience du pouvoir de notre esprit. Le rêve devient « lucide » quand nous savons que nous rêvons et que nous décidons volontairement d’influer sur le rêve.

« La conscience au sein du rêve devient un moyen de progresser et de briser un lourd conditionnement. Elle permet de modifier les données du rêve. On peut, par exemple, rêver de ce que l’on souhaite ou choisir le thème que l’on veut. On peut aussi reprendre le rêve, là où l’avait laissé auparavant » (Idem, p. 70)

Il est même possible de décider de cesser de produire toute image onirique : il n’y a alors plus rien, si ce n’est la totale et pleine conscience de se savoir exister en toute lucidité. Ce n’est pas le vide, bien qu’il n’y ait rien. C’est de la pure présence d’Être, une plénitude parfaite.

« De grands maîtres ont signalé que les rêves cessent complètement quand la conscience devient absolue ; ils sont alors remplacés par une clarté lumineuse d’une nature indescriptible » (Idem, p. 40)

Dans cet état, on peut aussi décider d’appuyer sur l’interrupteur de la volonté et de faire apparaître dans les moindres détails n’importe quel paysage, n’importe quel environnement. N’est-ce pas fantastique ? Créer à volonté absolument tout ce que nous voulons par la volonté de l’esprit : c’est cela, la joie et la liberté de pratiquer les rêves lucides. Nous sommes les réalisateurs, les infographistes, les metteurs en scène de notre filmographie onirique. Nous sommes toute l’équipe technique avec les lumières, la direction de la photographie, etc. Le réalisme d’un rêve lucide est tout aussi précis et exact que la réalité physique, y compris au niveau des textures et du sens tactile. Il n’y a aucune différence, si ce n’est que l’esprit a le contrôle de ce qui émane de lui à une vitesse instantanée. En cette période de confinement, cela peut faire énormément de bien de comprendre que notre esprit a une infinie liberté, de le comprendre par l’expérience du rêve lucide, par la pratique concrète. Peu importe, vraiment, que nous balbutions, que nous ayons réussi maladroitement, ou sur quelques moments du rêve. Peu importe car il existe un début à toute chose. Ce sont les premiers pas qui comptent. Les premiers pas vers l’éveil sont les plus précieux. Nous pouvons, par la pratique, progresser : c’est cela qu’il faut garder à l’esprit. Ne pas se décourager. Ne pas être négatif. Être heureux de sa petite victoire, aussi petite soit-elle.

Nous pouvons nous ressourcer en comprenant que l’Esprit est en fait capable de toute création car il le démontre dans nos rêves lucides. Il en va de même dans les autres plans de conscience si ce n’est qu’en plus, nous rencontrons des individus et échangeons avec eux. Il n’y a, en fait, que sur le plan physique matériel, que notre esprit est très ralenti pour réaliser volontairement des choses. Il est freiné par la densité de la matière, tel un plongeur qui, plus il s’enfonce en profondeur dans l’eau, ressent la pression en tout point du corps. Néanmoins, ceux qui pratiquent la plongée ou l’apnée savent que cela peut apporter beaucoup de joie : l’Esprit ne nous quitte jamais, même au plus profond. Quand nous comprenons cette réalité, que nous sommes un être spirituel en notre essence pure et véritable, alors, peu importe où nous nous situons, nous comprenons que nous ne sommes pas uniquement l’illusion de l’enveloppe visible que nous utilisons.

Le rêve lucide peut être comparable à une école évolutive : nous avons de la joie à expérimenter la création libre de l’Esprit, et par conséquent, cela peut nous amener à comprendre ce qu’est notre véritable essence d’Être. L’égo – le corps physique que nous réutilisons à notre réveil dans la matière – n’est qu’une identification au rôle social que nous jouons sur le plan physique. Nous sommes beaucoup plus que notre égo. N’oublions pas que nous avons aussi un subconscient, un inconscient, d’autres dimensions spirituelles qui nous dépassent. Le rêve lucide ouvre une porte pour expérimenter et comprendre cet état de fait.

Et lorsqu’on ouvre une porte, nous devenons libres pour toutes sortes de nouvelles expériences enthousiasmantes. C’est un moment carrefour à partir duquel nous pouvons entreprendre ce que nous voulons : une projection dans d’autres dimensions, une méditation sur la nature même de notre esprit, un contact avec une personne décédée, un guide, un ange, une entité extraterrestre, il n’y a pas de limite. Ce n’est pas « sky is the limit » car nous pouvons aussi dépasser le ciel d’un monde.

Mettre l’accent sur la pratique personnelle offre un grand avantage : le discernement personnel. Il existe en effet beaucoup de faux prophètes, de fausses spiritualités qui génèrent de la confusion, des fantasmes et au final, égarent les esprits. Mais si nous pratiquons, nous avons les moyens de comprendre par nous-mêmes en quoi les spiritualités ancestrales sont beaucoup plus exactes que toutes les inventions à la mode, New Age, mercantiles, ésotériques, etc. Notre besoin de nouveauté est une faille, une brèche dont profitent les marchands de rêves et de poudres aux yeux. Notre envie d’aller vite, de faire simple est aussi une autre faille, une autre brèche dont ils profitent car la passivité de l’esprit n’a jamais engendré d’Éveil réel. Tout ce qui nous rend passifs dans nos rôles, nous plonge en fait dans une forme d’inconscience. Passer du rêve au rêvé éveillé revient quelque peu à passer de l’inconscience à la conscience, par la prise de conscience. Si nous dormons, nous ne contrôlons pas grand chose : ce sont des programmes subconscients qui prennent la relève tel un pilotage automatique. Beaucoup de gens parlent de « la matrice » comme si elle était extérieure à nous. La faute reviendrait à un monde 3D (qui en fait n’existe pas puisque notre monde physique comporte beaucoup plus de dimensions que trois, visibles). Non, la matrice est en notre esprit prisonnier de nos représentations, de nos croyances, notamment dans les limites suggérées. La matrice est en nous-mêmes, c’est pour cela qu’elle est si puissante, où que nous soyons. Changez de pays, changez de vie, de métier, de compagne, de compagnon : vous comprendrez rapidement ! Vous réaliserez que ce n’est pas un lieu, la matrice, mais nos stéréotypes mentaux. Ceux qui plaquent tout, réalisent que leur vie n’a pas pour autant fondamentalement changé comme ils le supposaient. Il est toujours plus facile de blâmer quelqu’un ou quelque chose, à l’extérieur, que de comprendre que le problème se cache en fait en nos propres stéréotypes de pensées.

Comment, alors, apprendre à nous libérer de nos entraves mentales ? Il faut déjà les voir. Prendre conscience d’un problème est déjà un premier pas dans la bonne direction. Il faut apprendre à observer nos mécanismes mentaux. Lorsque Jésus enseignait qu’il était facile de voir la paille dans l’œil d’autrui, sans prendre conscience de la poutre qui est dans notre propre œil, c’est qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne voit rien en lui-même. Nous devrions apprendre d’abord à mieux regarder en nous-mêmes afin de détecter ces schémas qui sont en fait le fruit d’une éducation à plusieurs niveaux (ancestrale, sociétale, familiale, parentale, amicale et personnelle). Un formatage de l’esprit est le fruit d’une éducation : nos écoles, nos universités, nos centres d’apprentissage, nos métiers, nos fréquentations amicales. En fait, tout concourt à l’uniformisation d’une logique implacable et inconsciente. Nous sommes loin d’être libres psychiquement quand nous intégrons inconsciemment tous ces réflexes de pensée. C’est pour cela que les sages éveillés enseignent qu’il faut apprendre, puis désapprendre. Le Boudha conseillait : « Ne mets pas de tête au-dessus de ta tête« . Nous serions comme des totems avec au-dessus de notre tête, ce que pensait maman, papa, et ainsi de suite, la liste pourrait être quasi infinie en montant de génération en génération. Apprendre et désapprendre : Il est nécessaire de passer par ces deux phases, l’une après l’autre. En apprenant, nous retenons un ensemble de choses dont certaines sont évidemment utiles. En désapprenant, nous nous débarrassons de ce qui est faux et limitatif. Si nous n’apprenons rien, nous n’aurons aucune discipline, aucune patience, aucune capacité d’affiner notre esprit critique. Si nous ne désapprenons rien, nous resterons formatés jusqu’à la fin de nos jours, voire plus loin encore car la vie de l’esprit ne s’arrête pas après la perte de l’enveloppe charnelle. Apprendre, puis désapprendre est donc la clé pour nous libérer de nos entraves.

Mais comment savoir ce qu’il faut désapprendre ? Cela repose justement sur l’observation de « ce qui ne fonctionne pas », « ce qui est contredit par l’expérience personnelle ». Ce n’est pas magique : nous ne pouvons pas savoir de façon innée ce qui est vrai ou faux dans tout ce que l’on nous enseigne. Le formatage est inévitable. Il est comme un tuteur pour une plante. On ne peut pas dire qu’il est mauvais en soi parce qu’il est purement limitatif. Une feuille blanche est une limite, elle est formatée en A4, par exemple. Bon : est-elle mauvaise pour autant ? Ne peut-on rien en faire de bien pour autant ? Non. Un formatage a sa raison d’être : l’éducation, afin de ne pas rester un animal sauvage, un individu préoccupé uniquement par ses instincts. Si nous étions livrés à nous-mêmes, nous serions sûrement dominés par nos instincts primitifs ou premiers. Le problème n’est donc pas le formatage, mais de s’y complaire, de rester endormi dedans.

Ce serait comme rester endormi dans un bus, sans vouloir en descendre. Un bus a une fonction : nous conduire à une destination. Il n’y a rien de mal à cela. Mais ne pas vouloir en descendre, cela devient aberrant. Ne pas vouloir remettre en cause ce qui ne fonctionne pas : cela est aberrant. Ne nous trompons donc pas de combat : l’éducation, l’apprentissage est indispensable car dans tous les mondes, tous les plans d’existence, c’est une nécessité fondamentale d’évolution. Un format est un cadre : il a sa raison d’être. Une discipline a sa raison d’être. Il nous faut de la rigueur pour atteindre un but. Quelqu’un de bien formaté est donc efficace dans son travail, voire même exemplaire. Il vaut mieux une feuille parfaitement coupée en A4, adaptée à la machine de distribution, si nous voulons l’utiliser. Le formatage n’est pas malsain, n’est pas l’ennemi. Mais on peut vouloir, par la suite, ressentir le besoin d’aller au-delà. Et c’est en ce sens que le formatage fait sentir son poids, son fardeau. Nous évoluons et le formatage ayant accompli sa fonction, a besoin d’être dépassé. Apprendre, puis désapprendre. Cela revient à dire qu’il faut en passer par là. C’est un peu à l’image de cette pandémie : il faut peut-être en passer par là pour comprendre tout ce qu’il nous faudra corriger dans le monde futur que nous voulons avoir. Si nous avons vécu endormis, si nous avons vécu inconscients, il est temps de se réveiller, d’agir et non pas de développer une « spiritualité passive ». C’est justement la passivité qui a permis autant d’excès de tout bord. La passivité mène à l’inconscience. Le formatage mène aussi à l’inconscience car il induit que nous ne sortons jamais du format imposé. Un arbre n’est pas destiné à rester un arbrisseau toute sa vie. Observer avec attention un processus, revient à le comprendre, à mûrir, à grandir. Alors, nous pouvons nous en dégager, c’est aussi facile que cela.

Conclusion

Quand une prison est mentale, sa force et sa durée dépendent de notre ignorance : notre incapacité à le deviner, à le comprendre, à le voir. Dans les spiritualités ancestrales, l’ennemi n’est donc pas le formatage, mais l’ignorance. Ceux qui se font manipuler efficacement, sont manipulés car ils sont ignorants. La tentation de chercher une issue à l’extérieur (à l’image de la transition supposée d’un monde 3D à un monde 5D, comme si le problème était lié à l’extérieur, aux dimensions spatiales) est en réalité l’impasse et l’échec. La prison mentale devient alors perpétuelle car nous ne cherchons pas dans la bonne direction. Une prison mentale dans un monde 3D, 5D ou toutes dimensions spatiales que l’on voudra, restera une prison mentale.

En revanche, si nous comprenons que c’est notre mental qui pose sa limite dans tout ce que nous voyons et jugeons, si nous apprenons à nous connaître nous-mêmes de l’intérieur, alors la porte de la prison est aussi facile à franchir que de se lever et partir ! Comme si elle n’avait jamais existé : un simple hologramme qui n’avait d’efficacité que par nos croyances, notre force de suggestion en notre esprit. Rien n’est plus facile ou difficile de sortir d’une prison mentale car cela dépend totalement de notre approche. Lorsque nous rêvons de façon lucide, nous savons que tout ce que nous voyons peut être modifié à volonté. Cela peut être un excellent entraînement de ne plus tout croire sur parole, de ne plus adhérer forcément à ce qui est une croyance dominante. Si nous retrouvons la conscience que nous sommes fondamentalement des êtres spirituels, nous pourrons déplacer des montagnes – ces obstacles qui n’ont peut-être pas plus de réalité qu’un hologramme. Voulons-nous croire en nos limites ou en notre potentialité infinie ?

La Pensée Positive

Émile COUÉ (1857-1926)

En ces temps où l’on nous annonce chaque jour encore plus de morts en 24h (en France, le pic n’est pas encore atteint en ce jour du 6 avril 2020 et cela est vrai pour de nombreux pays), il serait normal d’être inquiet, voire de sombrer dans la morosité. De plus, nous pouvons être tourmentés par des questions relatives à la durée de notre confinement forcé, bien que le réel danger d’être infecté repose sur les rencontres.

Certains médecins ont souligné que notre humeur peut grandement influencer l’état de notre système immunitaire. En fait, si nous ne pratiquons aucun sport (autorisé dans un rayon d’un kilomètre de notre domicile), si nous mangeons mal (pas de fruits et légumes frais pour les vitamines et minéraux), si nous vivons dans la peur ou l’angoisse, nous faisons chuter notre immunité. Or, cela est vraiment à éviter car nous serions alors beaucoup plus fragiles face au Covid-19.

Plus que jamais, cette période est propice à redécouvrir l’enseignement d’Émile Coué (psychologue et pharmacien), célèbre pour sa « méthode Coué » et qui a été reprise, déformée, extrapolée avec tout ce qui touche à la « Pensée Positive ». Ce qu’il pratiquait était essentiellement de la suggestion destinée au subconscient et de l’autosuggestion consciente. Ses œuvres complètes (faciles à lire) ont été éditées chez Astra (Paris).

Ci-dessous, un enregistrement de sa voix.

Émile Coué « exprime en peu de mots ses deux principes »

« Le subconscient se charge lui-même et avec une grande ingéniosité de trouver les moyens les meilleurs pour réaliser la fin qu’on se propose, une fois que celle-ci a été pensée » (Émile Coué, Œuvres complètes, Astra, 1976, p. 175).

« L’influence de l’esprit sur le corps existe. J’ajouterai même qu’elle est infiniment plus grande qu’on ne le pense communément. Elle est immense, incommensurable » (Idem, p. 165).

Rappelons aussi que la psychosomatique est connue des médecins. C’est un mot dont l’étymologie grecque souligne le rapport de l’esprit (psyché) sur le corps (soma). Platon, dans la Grèce antique, enseignait le rôle de l’esprit sur le corps au sein d’une première médecine, la seconde sur le corps lui-même n’intervenant que lorsque la première avait échoué (Criton, Charmide, Lysis, Lachès, Protagoras, République, Lois, bref, dans de nombreux dialogues). Pour ceux que cela intéresse, voici un article sur Platon et la médecine dont l’auteur est Robert Joly (1922-2011), philologue et helléniste. Or, nous avons oublié cette première médecine de l’âme car comme le déclarait Héraclite, nous sommes des endormis, nous rêvons chacun dans notre réalité. Nous ne connaissons plus les merveilles pures de l’Esprit et encore moins son influence tant énergétique que sur nos passions, nos humeurs.

La Pensée peut être apaisante tant par les mots, les idées qu’elle véhicule que par la charge qualitative qui l’anime. La vraie Pensée n’est pas le langage verbal, mais l’authenticité du cœur et de l’esprit, le lien et l’unité entre les deux. Ce n’est pas Platon qui enseignait cela (pour sa part, il préférait les vertus morales puisqu’il était philosophe), mais ses maîtres égyptiens qui connaissaient la magie des mots associés à la pensée, à l’intention, à la connaissance de principes ésotériques, c’est-à-dire secrets. Nous le savons de source sûre, tous les égyptologues professionnels le savent, car innombrables sont les écrits égyptiens qui soulignent ce rapport magique entre le cœur, l’esprit, le mot sacré et son rôle, son efficacité. Cela est tellement ancré dans la conscience égyptienne antique qu’il existait même des expressions courantes associées au cœur pour signifier si un homme était loyal ou fourbe. Le mot, la langue est donc sans valeur si le cœur en est coupé. Il nous faut apprendre à ne faire qu’un dans toutes les dimensions de notre être, redevenir authentiques. Ceci est le premier point fondamental.

« Buffon disait : ‘Le style, c’est l’homme’. Nous dirons, nous : ‘L’homme est ce qu’il pense’. La crainte de l’échec le fait presque sûrement échouer, de même que la pensée du succès le conduit au succès : les obstacles qu’il rencontrera, il les surmontera toujours » (Émile Coué, Œuvres complètes, Astra, 1976, p. 160).

« Pour se réaliser, l’autosuggestion réclame une attention soutenue, chose nécessaire pour que l’idée se transforme en acte. Répétons qu’il faut fixer son attention sur l’idée » (Idem, p. 228).

Ada ZANUSSI, 103 ans, guérie du Covid-19

À la question de savoir comment la centenaire italienne Ada Zanussi – retraitée d’une industrie du textile – avait guéri du Covid-19, alitée et « très somnolente » pendant une semaine, elle a répondu : « Le courage, la force et la foi« .

Robert Nonnet, 95 ans, guéri du Covid-19

Autre exemple avec Robert Nonnet, 95 ans, guéri du Covid-19, qui a fait preuve « d’un optimisme à toute épreuve« . Il raconte qu’il n’a pas voulu céder à la peur et qu’il a consciemment voulu combattre la maladie. Certes, il est passé initialement par une phase de fièvre, de larmes, de prise de conscience sur le risque encouru. Mais c’est ensuite qu’il a voulu livrer un combat, transcendant même la peur de la mort. Bref, il s’est montré très positif en se focalisant sur l’issue qu’il souhaitait, notamment revoir ses enfants, sa famille, Dimitri son petit-fils. Et ce fut une victoire !

Le second point est que toute pensée, tout état mental, possède une fréquence au niveau des ondes cérébrales. Mais pas seulement. Si cela est vrai sur le plan physique, cela est également vrai sur le plan subtil, les autres réalités imbriquées (éthériques, astrales, mentales, etc.). Notre réalité subtile, d’une façon allégorique, correspond aux poupées russes matriochkas. Ce que nous appelons « aura » n’est que l’enveloppe colorée, lumineuse, de corps subtils imbriqués les uns dans les autres.

Par conséquent, il faudrait inventer un néologisme, nous vivons dans des véhicules corporels imbriqués les uns dans les autres : une « holosomatique« . Et tel un effet domino, ce qui affecte un corps, affecte tous les autres comme un phénomène de résonance. Nos pensées, nos paroles s’inscrivent dans une « holosomatique ». Nous ne sommes évidemment pas conscients de cela, comme nous ne sommes pas conscients des ondes invisibles qui nous entourent (ultraviolets, infrarouges, etc.). Peut-être que ceci peut entraîner du scepticisme pour certains : Comment le vérifier ? Pour vérifier cette réalité, il faut forcément s’extérioriser de notre réalité physique, de la même façon que voir la réalité au-delà de sa maison, suppose de sortir de son confinement. Le confinement physique est notre réalité quotidienne sans même que nous en prenions conscience : nous sommes déjà confinés dans une réalité matérielle. Se déconfiner du plan physique peut se faire par le yoga spirituel (celui qui est pratiqué en Inde et qui est associé aux méditations, à une ascèse), les SHC (Sorties Hors du Corps) telles que les voyages dans l’Astral (et les autres plans) et les EMI (Expériences de Mort Imminene). En Égypte antique, c’est ainsi que les égyptiens connaissent le pouvoir des mots et des pensées : ils communiquaient avec leurs défunts – des textes précis nous le disent, laissant les égyptologues perplexes sur ce mode de communication. Nous ne sommes donc pas du tout dans une philosophie New Age, mais bien dans une spiritualité très ancienne, ésotérique (car beaucoup d’égyptiens ne savaient pas lire les hiéroglyphes réservés aux scribes, aux apprentis et à l’élite). Néanmoins, cette connaissance est vérifiable et authentique. Toute chose existe sur un plan énergétique, la pensée est de l’énergie, tout comme notre souffle (dit « vital »).

Cette petite digression était nécessaire pour certifier que l’on ne s’illusionne pas naïvement à vouloir être positif. Ce serait comme un musicien qui fait le choix de sélectionner certaines fréquences, en toute connaissance de cause. Oublions donc la scission mystique/science car nous voyons qu’elle n’est pas pertinente, cette scission relève de préjugés.

Sélectionner des « fréquences santé », c’est exactement cela que fait celui qui choisit d’avoir le cœur et l’esprit positif, avec des paroles qui le reflètent ou s’en inspirent. Nous voyons, du coup, un autre aspect des choses relatifs à la poésie et à la musique. Ces deux arts peuvent faire monter en puissance les « fréquences santé ». Ce n’est pas pour rien que dans toutes les traditions mystiques de notre planète, nous retrouvons, en plus des textes sacrés, la poésie… et la musique associées.

Le réflexe sain et attentionné de chanter et d’applaudir les personnels hospitaliers (plutôt que de les traiter comme des pestiférés et de s’acharner sur eux dans certaines villes du sud de la France), non content d’être solidaire dans la dignité (ne tentent-ils pas de sauver nos vies et celle de nos proches au péril de la leur ?), contribue à surmonter les énergies lourdes de souffrances, à les dissiper. De la même façon que la lumière chasse les ombres, le cœur positif peut contribuer à panser les plaies.

Pour pouvoir être positif, il faut déjà cesser d’alimenter nos angoisses, nos peurs, nos défaitismes, bref, tout ce qui alourdit notre moral. Le vide mental permet une remise à zéro et nous pouvons y parvenir par l’attention portée sur le souffle calme, en chassant progressivement toute pensée, ou par une pratique sportive, par exemple. Il faut ensuite puiser en soi-même la minuscule petite étincelle qui brille au fond de l’obscurité. Chaque individu possède une flamme intérieure, celle de son esprit, à la racine, à la source. Cette source spirituelle est remplie de force, mais il faut lui frayer un chemin, de la même façon qu’il faut nettoyer le parebrise de son véhicule pour conduire prudemment avec visibilité. D’une certaine manière, c’est une hygiène spirituelle qu’il convient d’observer en laissant de côté tout ce qui est lourd, pour frayer un chemin à notre source intime spirituelle. Si nous faisons beaucoup de bruit, nous n’entendrons plus le chant des oiseaux. Il est très aisé de recouvrir notre essence spirituelle de couches, de filtres, comme ces corps emboîtés des poupées gigognes. Redevenir simple, naturel, authentique est la voie. C’est un art de vivre. Retrouver l’enfant qui est en nous, joyeux, émerveillé de la vie, cela est possible. Nous pouvons retrouver cette source et l’associer avec nos responsabilités, nos urgences, nos missions. La bienveillance peut être au cœur de toutes nos activités. De plus, elle nous recharge car lorsque nous donnons le meilleur de ce dont nous sommes capables, nous connaissons notre valeur intérieure, même si elle n’est pas forcément reconnue dans le monde extérieur. Cela n’est pas si important. Être positif, c’est aussi ne pas dépendre du regard d’autrui. Tant pis. Rien ne doit freiner, entraver notre éveil spirituel. Ceux qui agissent sont souvent ceux qui croient en ce qu’ils font. Ceux qui se plaignent tout le temps sont souvent qui laissent les autres agir…

Développer son troisième œil (partie 1)

Le discernement peut se contenter de la logique, à condition qu’elle repose sur des faits avérés, vérifiés. Problème : nous n’avons pas toujours les moyens de vérifier les faits. Un autre pilier du raisonnement est la cohérence de l’édifice logique. Mais nous pouvons être cohérent sur de fausses bases. Bref, il n’est pas évident de voir juste en toute situation, surtout quand la situation est inédite comme c’est le cas avec cette pandémie du coronavirus.

Un autre cheminement possible est la perception mentale et visuelle à la fois, propre au troisième œil : le chakra Ajna ou Aagya, ou encore bhrûmadhya (qui signifie « au centre » : madhya, des « sourcils » : bhrû).

Il existe des postures de yoga qui permettent de le stimuler, mais nous allons faire simple afin d’être le plus accessible possible. Quelques précisions nécessaires tout de même : ce chakra est particulier car il est le point de convergence de trois canaux énergétiques (nadi) fondamentaux que sont Ida et Pingala de part et d’autre de la colonne vertébrale, et de Sushuma au centre de la colonne. Cette convergence, selon les yogis, est importante car elle créé une connexion avec les dimensions supérieures universelles de l’Esprit ; elle unifie le corps, le mental rationnel et l’Esprit (qui est supra-mental). Elle permet aussi de dépasser les dualités (Lune/Soleil rattachés à Ida/Pingala, et également vie et mort). Autrement dit, à partir de ce chakra, nous sortons du physiologique (chakras inférieurs), pour entrer dans le spirituel et ce qui est non conditionné. Autre information importante : ce chakra est lié à une contrepartie physique : la glande pinéale. Descartes lui attribuait le rôle d’être le siège de l’âme. Son rôle est très important, chacun pourra faire des recherches pour se documenter à son sujet.

Bien que notre approche soit la plus simple et accessible possible, cet article s’adresse aux personnes qui n’empoisonnent par leur corps avec du tabac, de l’alcool, voire des drogues car un esprit sain nécessite d’avoir un corps sain, une santé saine, par hygiène, tout simplement. Un autre impératif est d’associer cet exercice avec le cœur dans la paix totale de l’esprit. En fait, ce n’est pas l’égo ou la volonté qui doit dominer dans cette démarche, mais le lâcher-prise, le détachement, un certain bien-être intérieur et un état d’esprit apparemment contradictoire de « vouloir sans vouloir », « voir sans vouloir » car cela évite toute tension de l’esprit.

En cette période de confinement forcé, nous avons du temps : tant mieux car nous ne devons pas non plus nous préoccuper de la durée, ni même du résultat escompté. Nous devons placer notre attention consciente exactement sur la région concernée : au-dessus de la base du nez, au centre du front. Et tout le cycle d’inspiration et d’expiration lent, calme, mesuré doit se faire avec la concentration consciente de cette zone bien précise. L’idéal est d’avoir les yeux fermés pour « clôturer ses sens physiques ». Cet exercice d’attention et de concentration doit se pratiquer régulièrement, toujours avec le même détachement sans tension ni de l’esprit, ni du corps. La respiration lente, calme et mesurée aide beaucoup à approfondir cet état idéal recherché de sérénité, l’esprit dégagé.

Dans la spiritualité hindoue, les chakras (« roues » en sanskrit car ce sont des vortex qui tournent, brassent l’énergie du Prana) sont comparés à des fleurs de lotus. Dans l’amour et la bienveillance, nous pouvons imaginer que la fleur de lotus s’ouvre, s’épanouit. Avec de la pratique, nous ressentirons une énergie très localisée sur la région du front. Normalement, cette sensation ne va pas jusqu’à la douleur car l’énergie accumulée s’évacue sur le chakra supérieur : le coronal. Pour ceux qui ressentiraient de la douleur, il suffit de faire le même exercice sur le chakra au sommet du crâne pour dissiper l’excès d’énergie accumulée au niveau du front. La conscience accompagne, draine l’énergie. En fait, techniquement, la conscience manipule le Prana et c’est de cette façon que les yogis peuvent nettoyer tous leurs nadis ou canaux énergétiques. L’esprit remplace la main, en quelque sorte. Dans les plans subtils d’existence, l’esprit est véritablement le centre de commande. Il n’y a donc rien d’étrange dans ce processus. Le mot sanskrit « aagya » signifie justement « ordre » ou « commande ».

Le « secret » de l’efficacité de cette pratique ne réside pas uniquement dans la concentration de l’esprit sur la zone du front, sur une respiration lente et profonde, mais sur la rétention qui suit l’inspiration. La rétention agit comme un focalisateur, un foyer, un stimulant puissant. Mais elle doit être observée sans tension, sans effort. Il faut donc parvenir à allonger le temps de rétention, uniquement par la pratique assidue. L’exercice n’est pas compliqué en soi, mais il demande de la pratique pour parvenir à réaliser harmonieusement concentration de l’esprit sur la zone du front, paisibilité du souffle long et calme, rétention après l’inspiration.

Comment pratiquent les yogis ? Si nous observons attentivement les illustrations ancestrales de ce chakra frontal, elles comportent la calligraphie du mantra AUM comme ci-dessous :

Ce mantra en trois lettres A, U, M est destiné à être chanté (mentalement) pendant les phases de rétention du souffle. Une lettre par rétention. Par ailleurs, ils pratiquent en inspirant d’abord par la narine gauche (bloquant la droite), expirant par la narine droite, suite à la rétention sur le chant mental « A ». Puis, inversement, ils inspirent par la narine droite (bloquant la gauche), expirant par la narine gauche, suite à la rétention sur le chant mental « U » (qui se prononce « OU » ou [u] en phonétique). Et ainsi de suite, plusieurs fois. Ce basculement d’inspiration par narines permet d’équilibrer nos énergies puisque nous avons une symétrie de part et d’autre de la colonne vertébrale. Cela revient à équilibrer, par la même occassion, symétriquement nos énergies subtiles. Cela produit un bon nettoyage des méridiens ou nadi. Cet exercice est décrit notamment dans le livre Yogayâjnavalkyam : Corps et âme, le yoga selon Yâjnavalkya, trad. P. Geenens, Gallimard, 2000, p. 97. Mais c’est en fait un pranayama assez classique que l’on trouve dans de nombreux ouvrages spécialisés sur les techniques liées au souffle du yoga.

Rappelons aussi que la clairvoyance est une faculté naturelle et que ce processus est déjà en œuvre chez tout le monde, sauf s’il y a des blocages, des maladies, des troubles divers et sauf si notre mental refuse, fait barrage aux réalités spirituelles. C’est donc un processus simple en soi, mais notre mode de vie et le formatage des esprits le contrarient fortement.

Un autre aspect à prendre en compte est qu’il faut accueillir « sans filtre » ces perceptions qui sont à la fois mentales et visuelles. L’état d’esprit de paisibilité intérieure, la concentration parfaite de l’esprit sont donc des bases élémentaires pour toutes sortes d’exercices spirituels dont celui-ci.

Ce sens n’est pas déconnecté de l’esprit. Il est de ce fait possible de demander, non pas forcément à « voir », mais de comprendre, de savoir. Cette demande revient à mettre en branle un processus qui peut mettre du temps, mais qui réagira. Cela peut être sous la forme d’un rêve, d’une vision, d’une sensation intérieure très claire, très assurée comme une certitude. La raison pour laquelle il ne faut pas avoir d’idées préconçues et d’attentes particulières, c’est qu’une réponse ne nécessite pas forcément d’avoir un contenu visuel en retour, ce qui est trop limitatif. « Voir », « percevoir » sont aussi des synonymes de « comprendre », « savoir ». Le troisième œil n’est pas aussi limité que l’organe oculaire physique, il peut voir dans de multiples dimensions, l’espace n’est même plus une limite.

Un autre point à souligner est notre rapport à l’égo. Si nous voulons nous donner raison, nous fausserons ce processus qui reste subtil donc fragile, délicat. Ceux qui veulent avoir des certitudes « dures » risquent soit de déformer le processus, soit de l’interpréter à leur façon. Il en irait de même d’un message écrit : selon qui le lit, il peut échauffer des esprits s’ils sont « mal tournés ». Il est donc nécessaire de mettre son égo de côté, de cultiver l’humilité dans ce processus car « voir » doit prendre une place harmonieuse avec tout le reste : la bienveillance en son cœur, l’amour désintéressé, la paix de l’esprit. C’est exactement comme se saisir d’une pièce d’un puzzle, il doit prendre place dans l’ensemble des choses. L’égo a tendance à se cristalliser sur un objet. Donc une vision conduite par l’égo peut soit être fausse dès le début, soit être faussée dans l’interprétation. C’est pour cela que l’on enseigne à chacun qu’il n’est pas possible de brûler les étapes dans le processus de l’éveil spirituel. Dans un processus d’évolution normale, naturelle, avec une hygiène saine du corps et de l’esprit, l’intuition est présente. C’est souvent le mot que nous utilisons pour décrire ce savoir, ce « voir » intérieur. Mais lorsque l’égo est puissant, fatalement l’intuition est fausse ou corrompue par nos croyances.

En développant ce sens, nous pouvons sonder tout ce que nous voulons : il n’y a pas de limite. La limite, c’est nous : notre égo, notre cerveau, nos représentations mentales, nos croyances, nos dogmes, nos doctrines… Il faut donc conserver une certaine simplicité, un certain naturel dans ce processus comme le font les enfants en bas âge qui n’ont aucun problème pour savoir des choses par des moyens extra-sensoriels. Tant qu’ils ne sont pas encore formatés par ce qu’une société autorise ou interdit par les croyances collectives, le processus fonctionne naturellement. D’ailleurs, lorsqu’ils voient ou savent à distance, ils ne jugent pas cela « extraordinaire ».

En conclusion, si nous associons le plus de cohérence possible dans nos raisonnements en nous basant sur des faits et si nous développons avec l’état d’esprit adéquat, notre réceptivité intérieure, nous aurons beaucoup plus de chance de ne pas adhérer aux peurs et aux paniques générées par cette pandémie, ni d’être tenté d’adhérer à de fausses croyances ou de fausses spiritualités qui ne sont jamais en manque d’idées farfelues. Nous pourrons ainsi faire de meilleurs choix dans nos vies, guidés par notre propre sagesse intérieure. Nous écarterons aussi les dangers qui se dressent devant nous si nous savons les identifier, les comprendre. Il ne s’agit en aucun cas de faire l’autruche et de dire que tout va bien afin d’entretenir une sérénité intérieure. Il s’agit de rester conscient, éveillé, lucide et prudent. La crise de cette pandémie aura sûrement permis de nous faire prendre conscience que beaucoup de choses doivent changer en ce monde pour qu’il devienne plus vivable, moins injuste et moins dangereux pour nous tous. Mais les plus grands changements extérieurs reposent, avant tout, sur des changements profonds en nous-mêmes.

Qu’est-ce que l’éveil spirituel ?

Certaines personnes nous parlent d’Ascension spirituelle – les mêmes qui nous prédisaient la fin du monde en 2012 – et véhiculent quantité de croyances qui circulent allègrement dans une sphère plus ou moins New Age, en tous cas, mercantile. Faisons un peu la mise au point sur ce qu’est l’éveil spirituel authentique.

Si nous n’avons aucune compassion pour ceux qui souffrent, ceux qui meurent (avec des discours d’épuration nécessaire pour le bien de la planète, par exemple), si nous n’avons aucun égard pour la nature au sens large (l’environnement, les animaux, tous les êtres vivants), si nous nous contentons de répéter les croyances du moment, sans réfléchir, sans faire preuve de sens critique, de bon sens logique, de discernement, si nous ne vivons que dans notre propre sphère d’intérêt personnel, cette prétendue spiritualité affichée n’est que poudre aux yeux. En effet, il manque l’essentiel : l’Amour philanthropique ou désintéressé.

D’une certaine façon, rien n’est plus simple que de s’éveiller : il suffit d’apprendre à ouvrir son cœur en toute sincérité pour devenir sensible à toutes les dimensions de la vie et de l’Esprit.

L’éveil spirituel authentique est synonyme de sagesse, non d’aveuglement et d’ignorance. Le problème fondamental est notre rapport à l’égo : si nous n’écoutons que nos désirs, notre propre volonté, notre prétendue spiritualité est une illusion. L’égo peut être une muraille qui nous isole de la vraie Réalité, de vies en vies et de mondes en mondes… Ce n’est pas tant qu’il faille éliminer son propre égo, encore moins qu’il faudrait le haïr, mais d’apprendre simplement à observer le panorama tout entier dans lequel nous faisons tous partie, solidairement. Nous n’avons aucune raison de nous détester nous-même, mais plutôt d’apprendre à nous aimer, soi-même et autrui. Cela revient à comprendre que l’Être est autant en soi-même qu’en autrui, qu’il y a un partage à l’instar des fractales qui répètent des motifs identiques à toutes les échelles.

« Les Veda affirment que nous avons la connaissance ou sommes ignorants selon que nous avons la notion d’Unité ou de distinctions. C’est pourquoi ils nous enjoignent à poursuivre la connaissance avec toute l’emphase dont ils disposent » (Shankara, Les Mille Enseignements, trad. Anasuya, Arfuyen, 2013, p. 168).

L’éveil spirituel authentique consiste aussi à voir au-delà des apparences et donc, des divisions. En effet, peu importe que nous soyons athées, agnostiques, religieux, chrétiens, musulmans, juifs pratiquants ou non, hindous, bouddhistes, etc., peu importe nos couleurs et nos étiquettes, si nous sommes capables d’agir sainement dans le respect d’autrui. La tolérance, l’écoute, la compassion, l’empathie, la bienveillance sont parmi les qualités d’un authentique éveil spirituel. Si nous ne recherchons aucune éthique, n’observons aucune morale, ne défendons aucune valeur, tous nos discours et nos croyances ne nous servent à rien dans notre évolution spirituelle si ce n’est à nous tromper nous-mêmes. Ce sont les actes qui comptent (qui sont le fruit de l’esprit) et c’est ainsi que nous pouvons démasquer les faux maîtres ou faux gourous qui ne mettent pas en pratique leur propre doctrine et qui abusent de la crédulité de leurs adeptes. Un authentique éveillé doit montrer l’exemple et non se dire au-dessus des autres pour ne pas avoir besoin de respecter ce qu’il enseigne. Il faut qu’il y ait une unité entre les paroles et les actes, sans quoi, c’est un esprit de duplicité, d’hypocrisie, de tromperie qui caractérise le pseudo Maître.

L’éveil spirituel est un jeu d’enfant si nous avons du cœur, que nous le laissons rayonner chaque jour. Il est inaccessible si nous nous crispons dans notre égo forcené, notre volonté contre autrui. Cela revient à décrire deux antithèses que sont la paix et la violence. Avoir du cœur revient à comprendre l’harmonie de toute chose et à y participer le plus consciemment possible. Mais se cramponner dans sa volonté personnelle, c’est générer tôt ou tard des luttes, des conflits par haine de la différence. Ainsi, il n’y a pas d’éveil spirituel sans cette prise de conscience. L’éveil dépend moins d’un discours, d’une posture d’autorité, que d’une compréhension sur ce qu’est l’essence même de la vie : l’Être omniprésent qui partage sa joie et ses bienfaits à toute l’échelle de la Création. La perte de conscience que la vie est sacrée souligne que nous sommes égarés, illusionnés, endormis, inconscients. Si nous mettons l’avoir et le profit avant toute autre valeur, c’est que nous nous sommes endormis dans les mirages du monde matériel.

Le Covid-19, avec son cortège journalier de morts et de souffrances – pensons aux familles touchées par la perte de gens aimés -, nous rappelle la valeur de la vie. Mais que faisons-nous de cette existence passagère ? Contribuons-nous à faire souffrir autrui ? à détruire notre environnement ? à créer des injustices ? Quelle est la valeur et la portée de nos actes ? Tôt ou tard, nous serons amenés à faire le bilan de notre existence. L’authentique éveil spirituel, c’est être conscient de cela : ce pour quoi nous agissons au quotidien. Parfois ne rien faire, regarder ailleurs, revient à être complice de l’inacceptable. Ceux qui enseignent que la spiritualité consiste à tout accepter sans rien faire n’ont jamais été les victimes d’une dictature. Oh, vraiment, il faudrait tout accepter sans rien dire et sans rien faire ? Et ce serait là, la preuve de notre accomplissement spirituel ?

« Les Écritures disent : ‘Le Soi ne s’obtient pas dans la faiblesse‘. S’il n’y a pas de force dans le corps et l’esprit, le Soi ne peut être réalisé. Tout d’abord, il faut fortifier le corps en le nourrissant correctement, alors seulement l’esprit sera fort. Le mental n’est que la partie subtile du corps. Il faut développer de la force dans votre mental et vos paroles. En répétant ‘je suis faible, je suis faible’, l’homme se dénigre et se rabaisse lui-même. C’est pourquoi les Shâshtras disent : ‘Celui qui pense être libre, le devient ; celui qui pense être asservi, le devient aussi’. Seul celui qui éveille toujours en lui l’idée de liberté, devient libre. Celui qui pense être lié en fait l’expérience vie après vie. (…) Ceux qui restent abattus, déprimés, ne peuvent rien accomplir. (…) Soyez un héros, dites toujours : ‘Je n’ai pas peur’. (…) La peur est la mort. (…) La peur est l’enfer. La peur va à l’encontre de la droiture et du Dharma. La peur est la négation de la vie même. Toutes nos pensées et actions négatives de ce monde sont issues de la peur » (Svâmi Vivekânanda, Lève-toi ! Réveille-toi !, trad. P. Mandala, Accarias L’originel, Paris, 2011, p. 76-77).

Nous sommes arrivés avec ce Covid-19 à une période charnière de notre histoire car tout sera prochainement repensé, réévalué dans le monde entier. Ce n’est donc pas le moment de ne rien faire et de regarder ailleurs. La passivité du cœur et de l’esprit, la paresse tant morale qu’intellectuelle, ne sont rien d’autre qu’une forme de léthargie et d’indifférence. Ce sont les pièges de fausses doctrines pour faire de nous des moutons qui acceptons l’inacceptable. Être éveillé, c’est être debout, vigilant, protecteur avec le sens des responsabilités. C’est l’action juste, c’est-à-dire adaptée à la situation.

« Le courage inconditionnel est fondé sur le fait d’être éveillé. Quand on domine une situation, le courage est inconditionnel car on n’est ni du côté du succès, ni de celui de l’échec. Le succès et l’échec forment ensemble le cheminement. Cependant une fois sur la voie, on est parfois si pétrifié de peur qu’on a les dents, les yeux, les mains et les jambes qui tremblent. (…) Mais même cela peut être considéré comme une expression du courage, du moment qu’on a une vraie connexion avec la terre de la bonté fondamentale qui, à cet instant, est la bonté inconditionnelle » (Chögyam Trungpa, Sourire à la peur : Réveillez le courage en vous, trad. E. Rochon, S. Schecter Côté, Le Jour, 2012, p. 87).

Si nous émoussons tout sens critique, que nous nous complaisons dans l’indifférence, que tout nous est égal, nous sommes en fait en voie de régression spirituelle. Si nous n’avançons pas, nous stagnons ou nous reculons. Croire qu’il est possible de se réaliser spirituellement sans avoir à fournir aucun effort est illusoire car aucune discipline dans la vie ne s’acquiert de la sorte. Mais le travail spirituel dont nous parlons peut se faire dans l’élan du cœur et de la joie. Il est fait en toute conscience sur de vraies nécessités.

« Quand on est poussé à faire quelque chose, il faut se demander pourquoi fait-on ceci ? Si c’est un acte instinctif, ou mauvais, ou égoïste qui nous anime, il ne faut pas l’accomplir. Si c’est une bonne action pour le bien-être des autres, il faut l’accomplir. (…) La pratique de l’Examen, au moment de commencer à faire ceci ou cela, veut dire qu’il faut être pleinement conscient de ce que l’on fait... » (Dhyâna pour les débutants : Traité sur la Méditation, École du Nord, trad G. Constant Lounsbery, Jean Maisonneuve Successeur, Paris, 2001, p. 60).

Si nous voyons notre monde se détruire, que nous observons chaque jour des gens mourir et que cette situation dramatique ne suscite rien en nous en terme d’actions concrètes, il ne faut pas ensuite se plaindre comme s’il s’agissait d’une fatalité. L’éveil spirituel, c’est comprendre que tout action est utile tant spirituellement que physiquement. Nous faisons partie d’un Tout. Ce Tout reflète ce que nous en faisons.

Amour et bienveillance à distance

En cette période de confinement, nous ne pouvons même plus accompagner nos mourants, ou dans un cas moins radical, nos proches malades qui reçoivent des soins. Plus que jamais, nous pouvons utiliser notre esprit – à condition d’avoir créé auparavant un état de paix profonde en soi – pour envoyer à distance de l’amour et de la bienveillance.

Beaucoup ne croient toujours pas à l’existence de la télépathie alors que la physique quantique ne cesse de répéter que tout est relié, que la conscience de l’observateur est intrinsèquement liée au résultat de son expérience. Elle a aussi démontré que la distance ne joue pas entre deux particules éloignées liées entre-elles de façon « non locale ». Pendant que ce dogme bride nos esprits formatés, des expériences comme celles menées par Building8 (structure ayant maintenant le nom de CTRL-Labs) sont conduites pour communiquer directement par l’esprit via un ordinateur – et cela, sans aucune puce implantée dans le cerveau. Comment cela fonctionne ? Uniquement par la reconnaissance des ondes ou signaux cérébraux et des capteurs (casque d’électrodes, brassard, bracelet). Cette gigantesque avancée outrepasse les différences linguistiques des pays car, comme le déclare Regina Dugan :

« L’activité cérébrale manipule bien d’autres informations que la seule orthographe des mots. Comprendre l’idée qu’ils recouvrent, leur sémantique, pourrait permettre un jour de partager ses pensées indépendamment du langage parlé ».

Cela laisse songeur quand beaucoup déclarent encore que la télépathie relève d’une pseudo-science alors que chacun en fait l’expérience empiriquement dans la vie quotidienne. Le physicien Michio Kaku ne relègue pas la télépathie dans une pseudo-science, il traite sérieusement du sujet dans son livre La destinée du cerveau humain (ch. 3).

Refermons cette parenthèse technologique pour rappeler que l’être humain n’est pas qu’un corps physique, une machine neuronale avec ses réflexes, ses automatismes, ses conditionnements, c’est aussi un être spirituel doté d’une conscience et d’une âme : ce véhicule énergétique qui peut vivre indépendamment du corps physique comme en témoignent les Expériences de Mort Imminente (EMI) et les Projections Astrales. Or, si la physique quantique démontre qu’à l’échelle de l’infiniment petit dans le monde physique, tout est relié, raison de plus dans la dimension pure de l’Esprit. Les distances spatiales qui nous éloignent les uns des autres sont tout autant illusoires que la matière solide, tangible que nous touchons constituée essentiellement… de vide ! La plupart des authentiques spiritualités enseignent que ce que nous prenons pour la Réalité matérielle n’est qu’une illusion (entrenue par nos sens et nos croyances).

Par conséquent, en ces temps de distantiations sociales, il nous faut mettre l’illusion matérielle de côté afin de revenir à ce qui nous relie tous, spirituellement. Nous pouvons envoyer à distance, à nos proches, Amour et Bienveillance à condition de maîtriser au préalable le chaos de nos émotions et de nos pensées qui sont analogues à un brouillage qui fait écran pour bien capter une émission radio. Avant de méditer pour quelqu’un, il faut donc déjà méditer en soi-même : établir la paix de l’esprit. Pour cela, la respiration lente, détendue, avec la conscience très attentive au souffle qui entre et sort, nous aide à établir le vide mental. Il faut nettoyer le brouillage des pensées et des émotions, enlever les rides à la surface de l’eau afin d’obtenir une surface aussi limpide qu’un miroir sur un lac. Quand cette paix intérieure est établie, en laissant passer toutes nos pensées, sans lutter, sans les retenir, comme des nuages qui circulent et disparaissent, alors nous sommes prêts pour passer à la phase suivante.

La phase suivante consiste à se connecter, créer un lien avec la personne ciblée : des souvenirs, des images, des données sensorielles (timbre, débit de la voix, parfum, etc.), tout doit converger vers une TOTALE CONCENTRATION sur la personne ciblée. Quand nous parvenons à bien nous IMPRÉGNER de la personne ciblée, alors nous pouvons envoyer Amour et Bienveillance, soit en ressentant ces nobles sentiments, soit en diffusant dans notre esprit des pensées, des paroles d’amour et de bienveillance. Les mots convoient des idées et si nous avons du mal à ressentir, à visualiser, ils peuvent être aussi efficaces à condition de rester très focalisé sur ce que nous faisons. Il est indispensable de protéger ce moment de méditation à distance (couper les téléphones, toutes les sources de parasitage et distraction possibles). On peut voir cela comme un sanctuaire intérieur. On peut s’aider d’ustensiles (encens, bols tibétains, diffuseurs d’huiles essentielles, musique apaisante, etc.) pour créer un petit rituel, cela peut aider, mais n’est pas indispensable puisque l’Esprit est largement au-dessus de cela.

Dans toute discipline, c’est la pratique qui permet de progresser. Il ne faut donc pas être trop dur avec soi-même sur les premières tentatives. En répétant ces exercices qui sont très simples, nous pouvons améliorer nos résultats : la paix préalable amène une sérénité intérieure, le vide mental peut enfin être prolongé, la visualisation devenir plus tangible à l’esprit ou les idées beaucoup plus fortes en puissance énergétique. La pratique, toujours la pratique, comme clé de la réussite. En devenant altruiste, même si cela reste au niveau des pensées (confinement oblige), nous découvrons une certaine joie qui est saine, pure, très différente du plaisir lié aux achats de la consommation. Ne croyons pas que cela soit si difficile à réaliser : nous sommes des êtres spirituels. L’Esprit est notre nature véritable. Le corps physique n’est qu’une enveloppe de passage, temporaire. Si nous parvenons autant à faire ce que nous voulons dans le monde physique alors que la matière est rebelle à l’Esprit, nous n’avons plus aucune limite dans la dimension spirituelle où tout n’est qu’énergie et forces psychiques.

En définitive, rappelons-nous que les vraies barrières sont mentales. Nos croyances rendent beaucoup de choses impossibles par préjugés. Plus nous dépassons ces barrières mentales, plus nous redécouvrons les possibilités de notre vraie nature spirituelle : l’inspiration, la créativité, l’imagination, la joie, l’empathie peuvent renaître en un rien de temps. Il suffit d’essayer en y mettant notre cœur, notre ardeur.