Déconfinement et seconde vague

En prévision de la date du lundi 11 Mai 2020 prochain, date du début du déconfinement progressif par régions en France, il peut être utile de rappeler quelques points :

Déconfinement et nouvelle vague sont liés

Dans la plupart des pays (Chine, Hongkong, Taiwan, Singapour…), le déconfinement est la cause d’une seconde vague. Au Japon, une semaine après le déconfinement du 6 avril, le gouvernement a été obligé de refermer les écoles le 13 Avril sur l’île d’Hokkaido, étant donné la montée en flèche des nouveaux cas : plus d’une centaine !

Nous pouvons en déduire que si le déconfinement est très progressif avec des attitudes de gens vigilants et responsables, la seconde vague sera modérée. Dans le cas inverse, la seconde vague peut être importante. Le déconfinement agit comme un curseur de régulation de la seconde vague. Selon qu’il est mesuré ou pas, cela impacte directement le résultat des contaminations.

L’argent vecteur du virus par son support matériel

La Chine a désinfecté quotidiennement ses billets de banque car tout support physique qui passe de main en main est facilement contaminé. Une étude de l’université d’Oxford, a dénombré par moins de 26 000 bactéries sur les billets de banque. En outre, une étude de 2007 menée par le laboratoire de virologie des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), avait prouvé que les billets de banque comportaient des traces de virus de la grippe 120 heures après avoir été contaminés. Ces études, nous le voyons, précèdent l’arrivée du coronavirus SARS-CoV-2, mais nous rendent service car il n’y a aucune raison pour que ce soit différent avec ce présent virus. Et n’oublions pas non plus, la « petite monnaie » en métal qui, par son matériau, peut conserver des traces du virus encore plus longtemps. Quant aux cartes de paiement en plastique, elles aussi peuvent être contaminées. Afin de ne pas les détériorier par des produits abrasifs, il serait prudent de les essuyer avec un mouchoir jetable après chaque passage de main en main. Puis, de se laver les mains après.

Tous les lieux confinés sont dangereux

Les toilettes publiques sont des pièges à coronavirus en raison de la suspension aérosole et des contaminations féco-orales dont nous avions parlé ici. Mais tous les espaces confinés et petits sont tout aussi dangereux (ascenseurs, cabines d’essayages…). Il est peu plausible de croire que ces lieux soient désinfectés à chaque passage… Cela demanderait des dispositifs de décontamination high-tech que nous n’avons pas (rayons UV-C, vaporisation d’eau de Javel diluée dans l’atmosphère de façon automatisée, etc., de telles solutions auraient pu exister si nous avions pu nous préparer longtemps en avance).

Nous pourrions avoir tendance d’associer le déconfinement à un retour à la normalité comme si le SARS-CoV-2 était une histoire ancienne. Ce serait une grave erreur ! La situation est en fait une adaptation au problème, une tentative, du moins, mais non pas un retour à la normalité. Ainsi, tous les gens qui se rassemblent déjà en étant très serrés les uns aux autres, pour faire leur jogging, pour parler, etc., prennent de gros risques qui vont à l’encontre des mesures barrière. Certaines personnes agissent avec conscience, d’autres démontrent leur irresponsabilité. Dans un tel contexte, il faut se montrer très prudent.

Les adhésifs au sol ne sont que des symboles

Enfin, rappelons que le SARS-CoV-2, d’après les études scientifiques, peut être actif dans l’atmosphère en milieu confiné jusqu’à trois heures, et qu’il peut être projeté d’une personne à une autre, jusqu’à sept ou huit mètres. Nous en avions parlé ici avec les liens sourcés. Le virus n’est pas une boule de pétanque, il se moque totalement de nos marquages au sol espacés d’un mètre. Nous sommes avec cette pratique dans une espèce de rituel symbolique social, espérant contrer le « mauvais sort » avec nos adhésifs, mais nous ne devons pas oublier qu’un symbole est une façon de nous rappeler à une autre réalité à la façon des panneaux du code de la route. Un symbole ne sert à rien si nous n’en comprenons pas la portée.

Si nous voyons le symbole « chaussée glissante » et que nous sommes par temps de pluie, que ferons-nous ? Nous ralentirons et serons très prudents. Il en va de même avec ces adhésifs au sol : le danger du Covid-19 est là et doit être pris en compte.

En ce qui concerne la santé des enfants, cessons de dire qu’ils ne craignent rien car ce n’est pas la réalité : les symptômes évoquant « la maladie de Kawasaki » sont apparus dans plusieurs pays, la France y compris : à Paris, à l’hôpital Necker, en moyenne, trois enfants sont hospitalisés par jour ! Ils ont été testés positifs au Covid-19. En effet, le Dr Sylvain Renlleau a déclaré :

« Tous ces enfants ont été en contact avec le virus à un moment ou à un autre ».

Certains enfants sont également atteints par des « chocs toxiques« , c’est-à-dire un emballement du système immunitaire qui débouche sur une réaction hyper-inflammatoire pouvant devenir mortelle pour les cas les plus graves.

Chacun peut contribuer à éveiller les consciences des gens aux alentours. Tant que nous ne sommes pas malades, nous pouvons nous croire invincibles, miser sur notre immunité. C’est un jeu très dangereux car il n’est pas prouvé que ce virus soit immunisant. Des scientifiques virologues en doutent. Quand il y a un doute, il vaut mieux agir avec prudence et responsabilité : nous nous rendons service et nous rendons service aux autres.