Décontaminer avec de l’eau de Javel

Selon des études scientifiques de deux universités californiennes, le Covid-19, tout comme le SARS-CoV2, survit dans l’air (suspension aérosole) jusqu’à 3 heures. Le même résultat a été annoncé dans une autre étude au NIAID (National Institut of Allergy and Infectious Diseases) par la doctoresse Neeltje van Doremalen.

Certains veulent semer le doute en disant que l’air extérieur n’est pas semblable à l’air confiné, mais dans le doute et surtout face au risque pour sa vie, il convient d’être prudent. De plus, les spécialistes s’accordent à dire que ce virus est très contagieux et que tous ses modes de transmission ne sont pas encore bien connus car ce virus est nouveau (même s’il fait partie d’une famille de virus bien connue). Le Pr Karine Lacombe déclare : « Il y a beaucoup de choses que l’on ne sait pas, ce qui appelle à beaucoup d’humilité« . Est suspectée, par exemple, une transmission par les selles, dite « féco-orale », ce qui rendrait très dangereux l’usage des toilettes publiques si elles ne sont pas décontaminées à chaque passage (ce dont les chauffeurs routiers ne sont pas encore très conscients puisqu’ils se plaignent de leur fermeture sur les aires de repos).

L’hypothèse d’une transmission par suspension aérosole est donc fondée, d’autant plus qu’en Chine, une étude a révélé que des employés d’un même immeuble avec centre commercial situé à Wenzhou avaient été contaminés sans avoir été en contact les uns avec les autres – la doctoresse Jing Cai a déclaré à ce sujet:

« La possibilité que des clients aient été infectés par d’autres sources ne peut pas être exclue »

Source ici en anglais Emerging Infectious Diseases (Vol. 26, n°6, 2020).

En Corée, un constat similaire avait été fait avec une cage d’ascenseur d’immeuble qui aurait contaminé les usagers, sans contact les uns avec les autres et sans trace du virus sur les boutons. L’hypothèse d’une contamination aérosole ne doit donc pas être minimisée. C’est aussi l’avis du Pr Yves Buisson, membre de l’Académie nationale de médecine :

« Ces aérosols ne peuvent avoir un rôle contaminant que dans des espaces clos, très resserrés, comme les cages d’ascenseurs, les magasins, les transports en commun…« 

La suspension aérosole concerne toute projection dans l’air : lorsque nous toussons, éternuons, parlons, chantons et même expirons.

Les pompiers marseillais qui disposent d’une laboratoire mobile sont d’ailleurs en train de tester un système de détection du virus aussi bien dans l’air que sur les surfaces. « Nous utilisons la PCR [Polymerase Chain Reaction] (ou réaction en chaîne par polymérase), un système faisant appel à des réactions amplifiant le matériel génétique du virus, pour l’appliquer à la virologie dans l’environnement » explique le contre-amiral Patrick Augier, commandant du bataillon militaire. Ces tests sont effectués afin de prévoir le déconfinement de façon rationnelle et sécurisée en fonction des lieux. La décontamination de l’air ambiant a donc sa raison d’être si le virus peut y être détecté.

Prendre un vaporisateur (flacon spray), y mettre 0,5% de Javel et tout le reste d’eau du robinet peut déjà suffir à décontaminer l’air ambiant. En Chine, en Corée du Sud, et maintenant dans le sud de la France (Cannes, Nice, Menton), c’est un mélange à base de Javel qui est utilisé pour décontaminer les surfaces (puisque le Covid-19 y survit plus ou moins longtemps selon les matériaux : 2 à 3 jours sur du plastique ou de l’acier, 24 h sur du carton, moins de 3 h sur une feuille de papier machine, 48 h sur du bois, 5 jours pour le verre et les billets de banque). Évidemment, si l’on décontamine l’air ambiant chez soi, étant donné qu’il ne fait pas bon de recevoir de la Javel, même diluée, dans les yeux, il est conseillé de porter des lunettes étanches le temps de la projection et d’attendre un peu avant de rentrer dans la pièce désinfectée. La Javel est efficace contre le coronavirus. Ne pas oublier de porter des gants si l’on utilise de la Javel pour nettoyer les surfaces chez soi, le produit pouvant brûler la peau car il est irritant et corrosif (il contient du chlore).

L’Organisation Mondiale de la Santé déclaire qu’Il existe des désinfectants chimiques qui peuvent tuer le Covid-19 sur les surfaces. Il s’agit notamment de désinfectants à base d’eau de Javel ou de chlore, de solvants, d’éthanol à 75%, d’acide peracétique et de chloroforme« . Cependant, pour se laver les mains, le savon est efficace. Quant au gel hydroalcoolique (y compris celui fait maison), c’est l’alcool à 70% (minimum) qui en garantit son efficacité contre le Covid-19.

Décontaminer notre air ambiant est, selon le professeur Daniel Camus un défi prochain à relever car en raison de la saturation des hôpitaux, lorsque les malades restent chez eux, des règles strictes doivent être appliquées pour éviter de nouvelles contaminations…

Ici, un lien utile pour apprendre à nettoyer et décontaminer sa cuisine.