La Pensée Positive

Émile COUÉ (1857-1926)

En ces temps où l’on nous annonce chaque jour encore plus de morts en 24h (en France, le pic n’est pas encore atteint en ce jour du 6 avril 2020 et cela est vrai pour de nombreux pays), il serait normal d’être inquiet, voire de sombrer dans la morosité. De plus, nous pouvons être tourmentés par des questions relatives à la durée de notre confinement forcé, bien que le réel danger d’être infecté repose sur les rencontres.

Certains médecins ont souligné que notre humeur peut grandement influencer l’état de notre système immunitaire. En fait, si nous ne pratiquons aucun sport (autorisé dans un rayon d’un kilomètre de notre domicile), si nous mangeons mal (pas de fruits et légumes frais pour les vitamines et minéraux), si nous vivons dans la peur ou l’angoisse, nous faisons chuter notre immunité. Or, cela est vraiment à éviter car nous serions alors beaucoup plus fragiles face au Covid-19.

Plus que jamais, cette période est propice à redécouvrir l’enseignement d’Émile Coué (psychologue et pharmacien), célèbre pour sa « méthode Coué » et qui a été reprise, déformée, extrapolée avec tout ce qui touche à la « Pensée Positive ». Ce qu’il pratiquait était essentiellement de la suggestion destinée au subconscient et de l’autosuggestion consciente. Ses œuvres complètes (faciles à lire) ont été éditées chez Astra (Paris).

Ci-dessous, un enregistrement de sa voix.

Émile Coué « exprime en peu de mots ses deux principes »

« Le subconscient se charge lui-même et avec une grande ingéniosité de trouver les moyens les meilleurs pour réaliser la fin qu’on se propose, une fois que celle-ci a été pensée » (Émile Coué, Œuvres complètes, Astra, 1976, p. 175).

« L’influence de l’esprit sur le corps existe. J’ajouterai même qu’elle est infiniment plus grande qu’on ne le pense communément. Elle est immense, incommensurable » (Idem, p. 165).

Rappelons aussi que la psychosomatique est connue des médecins. C’est un mot dont l’étymologie grecque souligne le rapport de l’esprit (psyché) sur le corps (soma). Platon, dans la Grèce antique, enseignait le rôle de l’esprit sur le corps au sein d’une première médecine, la seconde sur le corps lui-même n’intervenant que lorsque la première avait échoué (Criton, Charmide, Lysis, Lachès, Protagoras, République, Lois, bref, dans de nombreux dialogues). Pour ceux que cela intéresse, voici un article sur Platon et la médecine dont l’auteur est Robert Joly (1922-2011), philologue et helléniste. Or, nous avons oublié cette première médecine de l’âme car comme le déclarait Héraclite, nous sommes des endormis, nous rêvons chacun dans notre réalité. Nous ne connaissons plus les merveilles pures de l’Esprit et encore moins son influence tant énergétique que sur nos passions, nos humeurs.

La Pensée peut être apaisante tant par les mots, les idées qu’elle véhicule que par la charge qualitative qui l’anime. La vraie Pensée n’est pas le langage verbal, mais l’authenticité du cœur et de l’esprit, le lien et l’unité entre les deux. Ce n’est pas Platon qui enseignait cela (pour sa part, il préférait les vertus morales puisqu’il était philosophe), mais ses maîtres égyptiens qui connaissaient la magie des mots associés à la pensée, à l’intention, à la connaissance de principes ésotériques, c’est-à-dire secrets. Nous le savons de source sûre, tous les égyptologues professionnels le savent, car innombrables sont les écrits égyptiens qui soulignent ce rapport magique entre le cœur, l’esprit, le mot sacré et son rôle, son efficacité. Cela est tellement ancré dans la conscience égyptienne antique qu’il existait même des expressions courantes associées au cœur pour signifier si un homme était loyal ou fourbe. Le mot, la langue est donc sans valeur si le cœur en est coupé. Il nous faut apprendre à ne faire qu’un dans toutes les dimensions de notre être, redevenir authentiques. Ceci est le premier point fondamental.

« Buffon disait : ‘Le style, c’est l’homme’. Nous dirons, nous : ‘L’homme est ce qu’il pense’. La crainte de l’échec le fait presque sûrement échouer, de même que la pensée du succès le conduit au succès : les obstacles qu’il rencontrera, il les surmontera toujours » (Émile Coué, Œuvres complètes, Astra, 1976, p. 160).

« Pour se réaliser, l’autosuggestion réclame une attention soutenue, chose nécessaire pour que l’idée se transforme en acte. Répétons qu’il faut fixer son attention sur l’idée » (Idem, p. 228).

Ada ZANUSSI, 103 ans, guérie du Covid-19

À la question de savoir comment la centenaire italienne Ada Zanussi – retraitée d’une industrie du textile – avait guéri du Covid-19, alitée et « très somnolente » pendant une semaine, elle a répondu : « Le courage, la force et la foi« .

Robert Nonnet, 95 ans, guéri du Covid-19

Autre exemple avec Robert Nonnet, 95 ans, guéri du Covid-19, qui a fait preuve « d’un optimisme à toute épreuve« . Il raconte qu’il n’a pas voulu céder à la peur et qu’il a consciemment voulu combattre la maladie. Certes, il est passé initialement par une phase de fièvre, de larmes, de prise de conscience sur le risque encouru. Mais c’est ensuite qu’il a voulu livrer un combat, transcendant même la peur de la mort. Bref, il s’est montré très positif en se focalisant sur l’issue qu’il souhaitait, notamment revoir ses enfants, sa famille, Dimitri son petit-fils. Et ce fut une victoire !

Le second point est que toute pensée, tout état mental, possède une fréquence au niveau des ondes cérébrales. Mais pas seulement. Si cela est vrai sur le plan physique, cela est également vrai sur le plan subtil, les autres réalités imbriquées (éthériques, astrales, mentales, etc.). Notre réalité subtile, d’une façon allégorique, correspond aux poupées russes matriochkas. Ce que nous appelons « aura » n’est que l’enveloppe colorée, lumineuse, de corps subtils imbriqués les uns dans les autres.

Par conséquent, il faudrait inventer un néologisme, nous vivons dans des véhicules corporels imbriqués les uns dans les autres : une « holosomatique« . Et tel un effet domino, ce qui affecte un corps, affecte tous les autres comme un phénomène de résonance. Nos pensées, nos paroles s’inscrivent dans une « holosomatique ». Nous ne sommes évidemment pas conscients de cela, comme nous ne sommes pas conscients des ondes invisibles qui nous entourent (ultraviolets, infrarouges, etc.). Peut-être que ceci peut entraîner du scepticisme pour certains : Comment le vérifier ? Pour vérifier cette réalité, il faut forcément s’extérioriser de notre réalité physique, de la même façon que voir la réalité au-delà de sa maison, suppose de sortir de son confinement. Le confinement physique est notre réalité quotidienne sans même que nous en prenions conscience : nous sommes déjà confinés dans une réalité matérielle. Se déconfiner du plan physique peut se faire par le yoga spirituel (celui qui est pratiqué en Inde et qui est associé aux méditations, à une ascèse), les SHC (Sorties Hors du Corps) telles que les voyages dans l’Astral (et les autres plans) et les EMI (Expériences de Mort Imminene). En Égypte antique, c’est ainsi que les égyptiens connaissent le pouvoir des mots et des pensées : ils communiquaient avec leurs défunts – des textes précis nous le disent, laissant les égyptologues perplexes sur ce mode de communication. Nous ne sommes donc pas du tout dans une philosophie New Age, mais bien dans une spiritualité très ancienne, ésotérique (car beaucoup d’égyptiens ne savaient pas lire les hiéroglyphes réservés aux scribes, aux apprentis et à l’élite). Néanmoins, cette connaissance est vérifiable et authentique. Toute chose existe sur un plan énergétique, la pensée est de l’énergie, tout comme notre souffle (dit « vital »).

Cette petite digression était nécessaire pour certifier que l’on ne s’illusionne pas naïvement à vouloir être positif. Ce serait comme un musicien qui fait le choix de sélectionner certaines fréquences, en toute connaissance de cause. Oublions donc la scission mystique/science car nous voyons qu’elle n’est pas pertinente, cette scission relève de préjugés.

Sélectionner des « fréquences santé », c’est exactement cela que fait celui qui choisit d’avoir le cœur et l’esprit positif, avec des paroles qui le reflètent ou s’en inspirent. Nous voyons, du coup, un autre aspect des choses relatifs à la poésie et à la musique. Ces deux arts peuvent faire monter en puissance les « fréquences santé ». Ce n’est pas pour rien que dans toutes les traditions mystiques de notre planète, nous retrouvons, en plus des textes sacrés, la poésie… et la musique associées.

Le réflexe sain et attentionné de chanter et d’applaudir les personnels hospitaliers (plutôt que de les traiter comme des pestiférés et de s’acharner sur eux dans certaines villes du sud de la France), non content d’être solidaire dans la dignité (ne tentent-ils pas de sauver nos vies et celle de nos proches au péril de la leur ?), contribue à surmonter les énergies lourdes de souffrances, à les dissiper. De la même façon que la lumière chasse les ombres, le cœur positif peut contribuer à panser les plaies.

Pour pouvoir être positif, il faut déjà cesser d’alimenter nos angoisses, nos peurs, nos défaitismes, bref, tout ce qui alourdit notre moral. Le vide mental permet une remise à zéro et nous pouvons y parvenir par l’attention portée sur le souffle calme, en chassant progressivement toute pensée, ou par une pratique sportive, par exemple. Il faut ensuite puiser en soi-même la minuscule petite étincelle qui brille au fond de l’obscurité. Chaque individu possède une flamme intérieure, celle de son esprit, à la racine, à la source. Cette source spirituelle est remplie de force, mais il faut lui frayer un chemin, de la même façon qu’il faut nettoyer le parebrise de son véhicule pour conduire prudemment avec visibilité. D’une certaine manière, c’est une hygiène spirituelle qu’il convient d’observer en laissant de côté tout ce qui est lourd, pour frayer un chemin à notre source intime spirituelle. Si nous faisons beaucoup de bruit, nous n’entendrons plus le chant des oiseaux. Il est très aisé de recouvrir notre essence spirituelle de couches, de filtres, comme ces corps emboîtés des poupées gigognes. Redevenir simple, naturel, authentique est la voie. C’est un art de vivre. Retrouver l’enfant qui est en nous, joyeux, émerveillé de la vie, cela est possible. Nous pouvons retrouver cette source et l’associer avec nos responsabilités, nos urgences, nos missions. La bienveillance peut être au cœur de toutes nos activités. De plus, elle nous recharge car lorsque nous donnons le meilleur de ce dont nous sommes capables, nous connaissons notre valeur intérieure, même si elle n’est pas forcément reconnue dans le monde extérieur. Cela n’est pas si important. Être positif, c’est aussi ne pas dépendre du regard d’autrui. Tant pis. Rien ne doit freiner, entraver notre éveil spirituel. Ceux qui agissent sont souvent ceux qui croient en ce qu’ils font. Ceux qui se plaignent tout le temps sont souvent qui laissent les autres agir…