Zoom sur Pascale Lafargue

Crédit photo : Pascale Lafargue

Pascale Lafargue doit sa passion et sa profession de parapsychologue à un professeur hors-norme : Raymond Réant (1928-1997) auprès de qui elle a reçu une formation durant cinq années. Je sais que c’était un homme honnête, travailleur et passionné par ses recherches. Il fut l’auteur de nombreux livres, accessibles à tous dans leur méthodologie et les expériences menées avec des élèves candidats, pour expérimenter des choses assez spectaculaires : des voyages de la conscience hors du corps, des perceptions extrasensorielles au contact des objets, etc. Nous pourrions aussi citer Yves Lignon (né en 1943), également parapsychologue, mathématicien (qui avait un laboratoire à l’Université de Toulouse-Le Mirail). Ceci pour dire qu’un certain esprit de rigueur scientifique caractérise ces recherches avec méthodologies et protocoles d’expériences. Si je cite ces deux chercheurs, c’est qu’ils sont français et ont beaucoup œuvré pour faire connaître leurs résultats. Être un parapsychologue n’engage à aucune croyance religieuse, aucune obédiance de spiritualité quelconque.

Pascale Lafargue a justement été enthousiasmée par cette approche décomplexée : les méthodes, les protocoles, les expériences, les résultats. Raymond Réant a fait preuve d’altruisme car il aurait très bien pu ouvrir un cabinet de voyant, vivre sa vie professionnelle et fermer le rideau, sans rien partager de ses capacités. Or, il a voulu enseigner, partager le fruit de ses expériences et découvertes, former, accompagner. Pascale Lafargue revient avec joie sur ces années de formation où l’enthousiasme était partagé avec plusieurs volontaires. Mais Raymond Réant est parti. D’une certaine façon, Pascale Lafargue reprend le flambeau car elle aussi aime partager ses expériences, en accord avec le libre arbitre de chacun. Elle s’est néanmoins fait une spécialité des vies antérieures, ce qui peut se comprendre car lorsqu’on touche un objet, quel qu’il soit, pour en recueillir la mémoire par des impressions extrasensorielles (psychométrie), on débouche nécessairement sur le passé… Le passé, c’est-à-dire les époques de l’Histoire.

Mais « lire le passé », c’est aussi comprendre les pérégrinations de l’âme. L’objet saisi pouvant être, par exemple, la main d’un individu afin de percevoir ses vies antérieures. Si Raymond Réant a ouvert la voie sur nos diverses facultés extrasensorielles, Pascale Lafargue cherche à aller plus loin, approfondir, notamment ce qui relie une âme à ses vies antérieures. Quelle est l’unité de ses existences passées ? Or, c’est un domaine assez inédit, il faut le reconnaître. Car même si l’hindouisme et le bouddhisme ont bien expliqué le processus de la réincarnation – tout en soulignant que l’enjeu consistait à libérer notre âme de nos inclinations matérielles pour rompre ce schéma qui peut durer indéfiniment -, il n’y a pas eu encore d’études poussées sur la cohérence de toutes ces vies accumulées dans le parcours d’une âme. C’est néanmoins une discipline qui commence à naître avec des personnalités comme Pascale Lafargue, mais aussi Dolores Cannon qui a choisi la régression par l’hypnose, pour sa part.

Ceci a de l’intérêt car selon les écoles bouddhistes, nous constatons une certaine obscurité sur la question de l’âme. En effet, il y a ceux qui savent que quelque chose perdure après la mort, transmigre, ou alors s’éveille et se délivre du cycle des réincarnations, mais il y a aussi ceux qui mésinterprètent les enseignements originels du Bouddha et qui pensent que rien n’existe de durable dans l’être individuel, que tout n’est qu’agrégats et que l’être immatériel serait aussi évanescent que son égo et son corps de chair. Au nom de l’impermanence, ils « coulent le bébé avec l’eau du bain » pourrait-on dire, car ils nient le principe d’individualité persistant. Mais les faits leur donnent tort car les corps de lumière existent véritablement et notre identité spirituelle que les hindous nomment Atman est une réalité éternelle (même si ce Soi ou Atman peut endosser plusieurs identités charnelles en même temps).

« Le faux égo nous conduit à confondre le corps avec le moi véritable. L’égo est ce qui nous fait dire ‘Je suis’. Mais lorsque l’âme devient souillée ou conditionnée par la matière, elle s’identifie avec le corps et se croit issue de la nature matérielle. Lorsque l’identification de l’être est appliquée au moi véritable – à l’âme -, il s’agit alors du véritable égo » (A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, Revenir : La science de la réincarnation, Éd. Bhaktivedanta, 1983, p. 82).

Il y a donc quelques confusions dans les enseignements et dans la compréhension de certaines écoles car si nous nions notre essence spirituelle véritable, nous devinons les conséquences fâcheuses que cela aura pour notre avenir hors du plan physique. Néanmoins nombreux sont les bouddhistes à bien souligner que leurs doctrines ne sont pas nihilistes (nous soulignons ce point car c’est souvent une cause de rejet de la part des occidentaux).

Les expériences conduites dans les vies antérieures ne sont donc pas inutiles, surtout si elles permettent de mieux comprendre le processus de nos quêtes, de nos attachements de vie en vie, surtout si elles nous permettent de nous délivrer d’anciens traumas qui perdurent dans l’existence présente, et si la chaîne de cause à effets est élucidée. En effet, des situations difficiles, perturbantes, dans cette existence, peuvent faire ressurgir d’anciens traumas de cette vie ou d’une vie passée. Il est donc intéressant de connaître les recherches de Pascale Lafargue, authentique chercheuse passionnée comme cela peut se constater dans cette émission animée par Philippe Ferrer et sa chaîne youtube « On ne vous demande pas d’y croire ».

Pascale Lafargue a publié les ouvrages suivants, aux éditions Fernand Lanore :

Elle est aussi l’auteure de :

Elle organise des séminaires de formation en parapsychologie sur Nantes et Paris pour la saison 2020/2021.

Par l’intermédiaire de son association Epsilon (loi 1901), elle publie un bulletin bi-annuel qui fait le point sur ses conférences notamment et qui présente quelques thématiques en rapport avec ses thèmes de prédilection.

La psychométrie ou la « psychopathotactie »

Raymond Réant a fort bien enseigné dans ses ouvrages comment percevoir des informations en touchant des objets. Cette forme de « voyance dans le passé », il l’a nommée « psychopathotactie » – terme construit d’après des étymologies grecques (qui signifie « esprit/ressentir/toucher ») et qu’il préférait à celui de « psychométrie » créé par le Dr Joseph Rodes Buchanan (dans son livre Manual of psychometry, Frank H. Hodges, 1893). J’ai moi-même mis en pratique ses techniques : ça fonctionne à condition de bien opérer le vide mental au préalable et de ne pas chercher à rationaliser les images perçues (c’est-à-dire de ne pas construire un récit qui dévierait des informations ressenties).

Citons une référence stimulante à lire de Bertrand Méheust (avec, au cours du chapitre 2, « Exemple de psychométrie : La mémoire des objets ») :

Avec un extrait ici et une critique ici. Il s’intéresse, entre autre, à la « métagnomie« , terme « proposé par le Docteur [Eugène] Osty pour désigner l’ensemble des facultés de connaissance paranormale qu’il appelait encore la ‘faculté d’hyperconnaître' ». On le trouve en eBook (au format ePub) et assez difficilement en un autre format.

Autre référence :

La mémoire des choses de Jean Prieur (parce qu’il est aussi question de psychométrie comme l’indique le sous-titre : l’art de la psychométrie) chez Fernand Lanore, Paris, 1994.

Quatrième de couverture :

« Aspect particulier de la clairvoyance, connaissance supra-normale par le toucher, la psychométrie est la faculté qui permet à un être sensitif, en tenant un objet, de remonter jusqu’à son possesseur, de décrire son caractère, son apparence physique, les gens et le décor naturel qui l’entourent. Tout se passe comme si les « choses » s’imprégnaient des vibrations émanant des personnes qui furent en contact avec elles. Certains hommes, nous dit Jean Prieur, ont la possibilité de capter cette « mémoire des objets » et de rechercher ainsi dans le passé. À travers de nombreux témoignages vécus, l’auteur nous fait pénétrer ici dans une dimension insoupçonnée de notre univers. De l’incendie du « Bazar de la Charité » aux personnages énigmatiques de Louis XVII, « la mémoire des choses » est un ouvrage passionnant qui nous invite à considérer différemment les capacités de l’esprit humain en contact avec le monde inanimé« .