Peut-on faire l’amour dans l’Astral ?

C’est une question posée par certains, manifestement travaillés, préoccupés par l’idée qu’on pourrait peut-être perdre quelque chose d’important en n’ayant plus de corps physique. En fait, l’astral est caractérisé dans la littérature ésotérique comme étant le plan des émotions : le désir y a donc sa place naturelle. Le désir d’union est plus intense dans le sens où l’amour inonde l’individu tout entier. Ayant pu vivre cette expérience, je vais tenter de la décrire avec précision et d’y apporter une réflexion.

Dans le plan astral, le corps est un double, même s’il ressemble plus à une enveloppe, une silhouette et qu’il n’a plus d’organes internes. Le désir amoureux existe, bien entendu, et constitue une grande force d’attraction. Lorsque cette grande force d’attraction est authentique et surtout réciproque, il y a, lors de l’union, un processus progressif, très intense, qui conduit à un orgasme total qui englobe la totalité du corps : Les cellules de notre corps astral donnent l’impression de « faire place » pour réceptionner les cellules de l’autre corps astral aimé, désiré. Et l’on obtient une sorte d’osmose qui vibre, c’est quasi électrique. C’est une interpénétration des cellules des deux corps, de la tête aux pieds. C’est intense, « total », mais il y a tout de même deux choses à remarquer :

  1. Ce n’est pas une fusion d’esprit à esprit en pleine conscience car cela reste une expérience très sensible/sensuelle ou énergétique (c’est ce dernier aspect qui domine).
  2. C’est temporaire. Cela peut même être très rapide, bien que très intense (néanmoins, ce jugement de « très rapide » est sur l’échelle du temps terrestre – le temps est dilaté dans ces autres dimensions).

C’est donc comparable à une union physique dans l’intention. Mais l’acte est plus beau car plus intégral. De plus, il y a assouvissement, plénitude, ce qui n’est pas forcément le cas dans le plan physique avec parfois des désirs insatiables. La relation n’est donc plus organique : c’est le corps entier qui devient le lieu de cette osmose avec l’autre.

Mais il ne faut pas forcément conceptualiser et séparer le plan physique du plan astral car n’oublions pas que tous ces plans sont interpénétrés, coexistent en permanence. Parfois, quand nous aimons dans le plan physique, il peut y avoir des unions qui combinent les doubles aspects. Il faut y être attentif car cela pourrait passer inaperçu du fait que sur le plan physique, cette sensation énergétique est plus discrète, comme si le phénomène de l’osmose astrale était présent, mais sous-jacent. Je dis bien « quand nous aimons ». Car l’acte sexuel sans amour ne produit pas cela. Il faut les deux et même un amour très puissant. L’acte sexuel sans amour, uniquement par désir, devient purement organique et pauvre. Cette qualité de vibration physique et astrale est possible quand l’amour est profond, authentique, intense. On peut même sentir ses chakras vibrer, tourner, émettre de l’énergie, de la fraicheur. Ne pensons donc pas que le plan physique nous coupe du domaine astral, ce n’est pas forcément vrai. Tout reste interconnecté. Il en va de même des dimensions plus élevées que l’astral.

En revanche, dans le plan astral en état de décorporation, étant donné que le corps physique n’effectue plus sa condition de filtre, cette osmose est vécue à 100 %, elle est donc vécue totalement. En fait, c’est après coup que j’ai réalisé que j’avais déjà connu cette sensation – cela a réveillé à la fois ma mémoire sur le plan physique (car nous emmagasinons absolument tout de notre existence dans notre inconscient), et a réveillé aussi le souvenir d’avoir déjà expérimenté cela dans l’astral auparavant. Autrement dit, cela réveille des sensations enfouies anciennes, voire très anciennes. L’égo étant un « masque » existentiel provisoire, une identité temporaire, nous pouvons réveiller des vécus plus anciens.

Mais il ne faudrait pas croire que c’est là un « sommet désirable » dans l’union car comme je l’ai souligné, ce n’est pas une fusion spirituelle. Il existe d’autres plans de conscience où l’aspect « sensible/sensuel » est transcendé pour des joies plus spirituelles encore. Ce type de relation reste encore très « corporelle » et le fait que l’esprit soit comme « mis de côté » est l’indice que ce n’est pas « parfait ». Attention : ne confondons pas « conscience » et « esprit ». Oui, il y a forcément conscience de l’acte car ressentir implique forcément la conscience. Mais l’esprit, c’est notre essence d’être, notre source. Tout le problème est là : nous n’avons pas toujours conscience de notre source spirituelle.

Ainsi, tout est relatif : l’union amoureuse astrale apparaît plus entière, plus noble également et même plus évidente que sur le plan physique. Mais elle est encore très primitive car dépendante du corps énergétique, donc d’une limitation.

Ceci revient à poser la question suivante : Voulons-nous dépendre d’un attachement au corps ou aux corps ? Ou bien voulons-nous aimer au-delà des individus et expérimenter des joies, des bonheurs bien plus grandioses et fantastiques ? Il ne s’agit pas ici d’un jugement moral, mais d’une limitation dans notre imagination, notre conception des choses. Par exemple, certains sont fascinés par un tableau dans un musée. Mais ce plaisir n’est rien à côté de celui qui peint lui-même un tableau et qui côtoie la couleur toute la journée et la visualise même les yeux fermés très facilement. Ce n’est plus un tableau qu’il a en tête, mais le plaisir de peindre dans une infinie liberté que n’épouve pas celui qui n’aime qu’un seul tableau. Et ce plaisir n’est encore rien à côté des couleurs vivantes et vivifiantes des autres dimensions ou plans d’existence. Aucun jugement dans ces états relatifs. Mais soyons conscients de ces limites. Nous vivons dans des « cages mentales » et n’avons même pas idée de ce qu’est « la Réalité ». Nous construisons nos réalités : des minuscules, des petites, des moyennes, des plus grandes, etc.

L’amour est certainement un sentiment et une émotion que nous ne comprenons que très confusément en raison de nos instincts et de nos pulsions. Mais ces instincts et pulsions, nous les avons aussi dans l’astral. C’est donc bien un « plan intermédiaire », même s’il est beaucoup moins grossier que le plan physique (si nous exceptons les basses fréquences ou basses dimensions de l’astral).

Nous oublions aussi très souvent que chaque égo est imparfait, évolutif et rempli de ses propres illusions. La dualité peut parfois être violente entre les égos et leur amour possessif. L’amour a lui aussi besoin de s’émanciper. Sur le plan physique, il est organique. Sur le plan astral, il est énergétique. Mais il peut ainsi grimper en puissance, en profondeur, en éclat et en rayonnement.

L’Amour parfait de Jésus, par exemple, peut faire pleurer d’émotion tant il est inconditionnel et total. Il nous montre nos propres limites. Pour lui, « frère » est vraiment une réalité qui a un sens effectif. Nous sommes tous frères. Et il vit cela constamment quand il nous approche.

L’Amour de Bouddha est tout aussi simple, franc, fraternel et profond.

À cette échelle, l’Amour est grandiose : n’est plus limité à un individu.

Il y a une véritable liberté à Aimer en synthétisant le cœur, l’esprit, l’intelligence, l’Éveil. Mais il n’est pas certain que l’amour du couple soit synonyme de liberté réelle. L’amour-dépendance est forcément moins beau, moins éclatant et moins durable, qu’un Amour plus ambitieux dont nous pouvons être capable si nous le recherchons.

Quand nous voulons aimer de façon dépendante, c’est que nous recherchons à l’extérieur quelque chose. Mais l’extérieur est une fuite qui peut être fort longue (d’une durée indéfinie). L’Amour auquel nous exhortent les grands Maîtres de spiritualité et religieux est celui d’une plénitude totale quand nous comprenons que c’est en nous qu’il existe une infinie richesse. En nous tous. En soi-même. En fraternité.

Nous obtenons alors un Amour paisible et durable. Il est très rare d’avoir un amour dépendant paisible et durable. Il existe donc une dialectique entre l’amour entre égos et l’Amour spirituel qui transcende les apparences des formes. C’est à chacun de réfléchir à cela car aimer doit passer par le vécu, les prises de conscience et une certaine honnêteté intérieure. Mais pour comprendre, il faut parfois descendre tout en bas. Par exemple, quand nous disons « aimer » et que nous jalousons, haïssons, devenons violents ou meurtriers, c’est manifestement que n’avons pas vraiment mis en pratique cet amour et que nous le confondons avec instinct et possession. « Aimer du gibier », est-ce vraiment de l’amour ? Cela peut prendre du temps avant de comprendre… et beaucoup de souffrances, beaucoup d’émotions dont nous aurions pu ne pas faire les frais.

Si tant de Maîtres éveillés nous rappellent régulièrement l’importance de l’Amour inconditionnel, n’est-ce pas aussi parce que notre planète se déchire constamment depuis des millénaires ? Si l’acte sexuel éveillait spirituellement chacun d’entre nous, nous aurions une humanité fraternelle depuis très longtemps. L’amour ne peut donc pas être réduit à cet acte car visiblement, dans les faits, nous ne sommes pas plus aimants pour autant. Aimer doit avoir du sens, de la valeur et d’une certaine façon, c’est même l’essence de la Vie et de l’Être qui est riche à profusion… riche de tous les êtres qui naissent constamment. Il n’y a pas de limite au véritable Amour, ce qui en fait, d’ailleurs, sa réalité, son authenticité. La chair est une limite. L’astral, aussi.

Il est permis d’aimer plus dans le cadeau de la Vie.

2 réflexions sur « Peut-on faire l’amour dans l’Astral ? »

  1. Bravo !!!! Même si cet amour n’est pas encore complet… Ça donne quand même envie de tester.
    Merci
    Philippe

Les commentaires sont fermés.