Déconfinement et seconde vague

En prévision de la date du lundi 11 Mai 2020 prochain, date du début du déconfinement progressif par régions en France, il peut être utile de rappeler quelques points :

Déconfinement et nouvelle vague sont liés

Dans la plupart des pays (Chine, Hongkong, Taiwan, Singapour…), le déconfinement est la cause d’une seconde vague. Au Japon, une semaine après le déconfinement du 6 avril, le gouvernement a été obligé de refermer les écoles le 13 Avril sur l’île d’Hokkaido, étant donné la montée en flèche des nouveaux cas : plus d’une centaine !

Nous pouvons en déduire que si le déconfinement est très progressif avec des attitudes de gens vigilants et responsables, la seconde vague sera modérée. Dans le cas inverse, la seconde vague peut être importante. Le déconfinement agit comme un curseur de régulation de la seconde vague. Selon qu’il est mesuré ou pas, cela impacte directement le résultat des contaminations.

L’argent vecteur du virus par son support matériel

La Chine a désinfecté quotidiennement ses billets de banque car tout support physique qui passe de main en main est facilement contaminé. Une étude de l’université d’Oxford, a dénombré par moins de 26 000 bactéries sur les billets de banque. En outre, une étude de 2007 menée par le laboratoire de virologie des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), avait prouvé que les billets de banque comportaient des traces de virus de la grippe 120 heures après avoir été contaminés. Ces études, nous le voyons, précèdent l’arrivée du coronavirus SARS-CoV-2, mais nous rendent service car il n’y a aucune raison pour que ce soit différent avec ce présent virus. Et n’oublions pas non plus, la « petite monnaie » en métal qui, par son matériau, peut conserver des traces du virus encore plus longtemps. Quant aux cartes de paiement en plastique, elles aussi peuvent être contaminées. Afin de ne pas les détériorier par des produits abrasifs, il serait prudent de les essuyer avec un mouchoir jetable après chaque passage de main en main. Puis, de se laver les mains après.

Tous les lieux confinés sont dangereux

Les toilettes publiques sont des pièges à coronavirus en raison de la suspension aérosole et des contaminations féco-orales dont nous avions parlé ici. Mais tous les espaces confinés et petits sont tout aussi dangereux (ascenseurs, cabines d’essayages…). Il est peu plausible de croire que ces lieux soient désinfectés à chaque passage… Cela demanderait des dispositifs de décontamination high-tech que nous n’avons pas (rayons UV-C, vaporisation d’eau de Javel diluée dans l’atmosphère de façon automatisée, etc., de telles solutions auraient pu exister si nous avions pu nous préparer longtemps en avance).

Nous pourrions avoir tendance d’associer le déconfinement à un retour à la normalité comme si le SARS-CoV-2 était une histoire ancienne. Ce serait une grave erreur ! La situation est en fait une adaptation au problème, une tentative, du moins, mais non pas un retour à la normalité. Ainsi, tous les gens qui se rassemblent déjà en étant très serrés les uns aux autres, pour faire leur jogging, pour parler, etc., prennent de gros risques qui vont à l’encontre des mesures barrière. Certaines personnes agissent avec conscience, d’autres démontrent leur irresponsabilité. Dans un tel contexte, il faut se montrer très prudent.

Les adhésifs au sol ne sont que des symboles

Enfin, rappelons que le SARS-CoV-2, d’après les études scientifiques, peut être actif dans l’atmosphère en milieu confiné jusqu’à trois heures, et qu’il peut être projeté d’une personne à une autre, jusqu’à sept ou huit mètres. Nous en avions parlé ici avec les liens sourcés. Le virus n’est pas une boule de pétanque, il se moque totalement de nos marquages au sol espacés d’un mètre. Nous sommes avec cette pratique dans une espèce de rituel symbolique social, espérant contrer le « mauvais sort » avec nos adhésifs, mais nous ne devons pas oublier qu’un symbole est une façon de nous rappeler à une autre réalité à la façon des panneaux du code de la route. Un symbole ne sert à rien si nous n’en comprenons pas la portée.

Si nous voyons le symbole « chaussée glissante » et que nous sommes par temps de pluie, que ferons-nous ? Nous ralentirons et serons très prudents. Il en va de même avec ces adhésifs au sol : le danger du Covid-19 est là et doit être pris en compte.

En ce qui concerne la santé des enfants, cessons de dire qu’ils ne craignent rien car ce n’est pas la réalité : les symptômes évoquant « la maladie de Kawasaki » sont apparus dans plusieurs pays, la France y compris : à Paris, à l’hôpital Necker, en moyenne, trois enfants sont hospitalisés par jour ! Ils ont été testés positifs au Covid-19. En effet, le Dr Sylvain Renlleau a déclaré :

« Tous ces enfants ont été en contact avec le virus à un moment ou à un autre ».

Certains enfants sont également atteints par des « chocs toxiques« , c’est-à-dire un emballement du système immunitaire qui débouche sur une réaction hyper-inflammatoire pouvant devenir mortelle pour les cas les plus graves.

Chacun peut contribuer à éveiller les consciences des gens aux alentours. Tant que nous ne sommes pas malades, nous pouvons nous croire invincibles, miser sur notre immunité. C’est un jeu très dangereux car il n’est pas prouvé que ce virus soit immunisant. Des scientifiques virologues en doutent. Quand il y a un doute, il vaut mieux agir avec prudence et responsabilité : nous nous rendons service et nous rendons service aux autres.

Le Covid-19 n’épargne pas tous les enfants

Force est de constater que beaucoup de parents ne semblent pas encore vraiment réaliser que la vie de leurs enfants puisse être menacée par le Covid-19 car ils se reposent beaucoup trop avec confiance sur les médias mainstream qui n’offrent qu’une version unique, unilatérale de l’information. Au mot près, à la virgule près, à l’expression près, que ce soit la presse écrite ou audiovisuelle, le même refrain est repris en chœur, partout à l’unisson. Cela n’est peut-être pas grave en soi quand il s’agit de la presse dite « people« , mais quand il en va de notre vie, nos chances de survie, la prudence qui devrait être la nôtre en cette période de pandémie mondiale, la chanson vire vite au chant funèbre. Est-ce la mort de la pensée critique ? de l’investigation journalistique ? de l’honnêteté intellectuelle auxquelles nous assistons depuis quelques années ?

Face à ce constat, il est grand temps de relayer les informations des quelques trop rares journaux à faire savoir que non, les enfants n’ont pas rien à craindre du Covid-19. Oui, à tout âge, il y en a qui décèdent malheureusement et ce, dans tous les pays.

En Angleterre, le 5 Avril 2020, un enfant de 5 ans est décédé « des suites du Covid-19« . Auparavant, le lundi 30 Mars, dans le même pays, c’était un adolescent de 13 ans qui en est mort, alors qu’il était en excellente santé auparavant. Luca Di Nicola, un cuisinier italien de 19 ans qui vivait à Londres, en est mort le 24 mars 2020. Sa santé était plutôt bonne auparavant puisque son médecin lui avait dit « qu’il était jeune et fort », ce qu’a confirmé sa tante.

En outre, des enfants de tout âge produisent des symptômes alarmants avec inflammation généralisée et des symptômes « pseudo-grippaux » : fièvre élevée, pression artérielle basse, éruption cutanée et difficultés respiratoires. D’autres enfants ont eu des symptômes gastriques : douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, avec des résultats sanguins anormaux. Le NHS (National Health Service) a donc émis une alerte pour une symptomatologie qui évoque la maladie dite « de Kawasaki » avec une fièvre d’environ cinq jours et des ganglions gonflés dans le cou.

Certains enfants sont également atteints par des « chocs toxiques« , c’est-à-dire un emballement du système immunitaire qui débouche sur une réaction hyper-inflammatoire pouvant devenir mortelle pour les cas les plus graves.

En Belgique, c’est une adolescente de 12 ans qui en est morte après une fièvre de trois jours et avoir été testée positive.

En France, Julie, 16 ans, originaire de l’Essonne, n’avait qu’une petit toux « en apparence bénigne ». Elle est décédée à Paris à l’hôpital Necker, une semaine après, le 24 mars 2020. Elle était « sans maladie particulière » auparavant. Le 10 avril, c’est un garçon de 6 ans qui décède du Covid-19. À Perpignan, un enfant de 2 ans est décédé au centre hospitalier dans la semaine du 6 avril.

Au Portugal, le 29 mars 2020, Vitor Godinho, 14 ans, infecté par le covid-19 est décédé à l’hôpital São Sebastião, à Santa Maria da Feira, à 30 km au sud de Porto.

Aux États-Unis, le 28 mars 2020, à Chicago, un bébé de neuf mois est décédé des suites d’une infection au covid-19. Le 1er Avril, un nourrisson de six semaines décède dans le Connecticut. À Détroit (Michigan), Skylar Herbert, âgée de 5 ans décède du Covid-19, le dimanche 19 avril.

Et ce n’est pas exhaustif, la liste est certainement plus longue à ce jour et continuera de l’être tant que nous ne mettrons pas en œuvre un traitement efficace.

Comment se fait-il que ce message de l’OMS qui date du vendredi 20 mars 2020 ne soit pas mieux et plus mis en valeur par les médias mainstream ? N’est-il pas suffisamment important pour qu’il demeure inaperçu dans le flot continu des informations ?

Aujourd’hui, j’ai un message pour les jeunes : vous n’êtes pas invincibles. Ce virus peut vous conduire à l’hôpital pendant des semaines et même vous tuer« . 

La réponse est simple : systématiquement, ces morts infantiles sont minimisées par les statistiques et l’information à retenir se veut rassurante. Ce n’est pas grave : c’est minoritaire. Se rend-on compte que derrière les chiffres de ces statistiques, ce sont des vies dont il est question ?

L’OMS – dont il ne fait pas mystère de son parti pris pour les intérêts politiques chinois – a certainement pris en compte les études chinoises pour rédiger son communiqué. Or, que disent ces études chinoises qui couvrent la période du 16 janvier au 8 Février 2020 ?

« Une large étude publiée dans Pediatrics annonce que les enfants de tout âge à Wuhan et dans les régions voisines sont susceptibles d’être touchés par le virus du COVID-19 : un enfant de 14 ans en est même décédé« .

Est-ce que cela remonte le moral des parents de leur dire que le décès de leur enfant fait partie d’une statistique minime et rassurante à l’échelle du grand nombre ? Est-ce cela, le message mainstream qui importe ? Combien d’enfants doivent mourir pour émouvoir les médias ? Existerait-il une « statistique du cœur » à partir de laquelle nous pouvons commencer à être sensibles à la notion de vie ? Ou bien faudrait-il que des journalistes et des éditorialistes perdent des enfants pour que le discours mainstream reprenne un visage humain ? Car un malheur, cela n’arrive pas qu’aux autres ! Comme le titre le journal Independant du 22 avril 2020 :

« The numbers are low until it’s your child » (Les chiffres statistiques sont faibles jusqu’à ce que ce soit votre enfant).

Quel est donc le parent endeuillé qui, au lieu de « perdre un enfant », banalise la statistique dont ce dernier fait partie ? Ce parent ne serait-il pas monstrueux de s’exprimer ainsi, par la seule statistique minoritaire ? Alors si tel est le cas, pourquoi acceptons-nous cette totale perte d’humanité à longueur de journée dans les médias ? Le temps va-t-il trop vite ? Plus le temps de s’émouvoir ? En va-t-il ainsi pour les parents qui perdent un enfant ?

À l’heure où nous prévoyons le déconfinement et la rentrée scolaire, il serait peut-être bon de ne pas jouer avec la vie des enfants, des parents, des enseignants (un professeur de collège a décédé du Covid-19 dans l’Oise, son collège ayant été placé sous surveillance médicale), du personnel scolaire, des chefs d’établissement en mettant de côté les risques réels encourus et en déplaçant subtilement la notion de danger, non plus sur la valeur de la vie, mais sur l’action éducative. La vie n’est-elle pas notre bien le plus précieux ?

Le télétravail et les plateformes numériques n’exposent pas au même risque quand les masques dits « alternatifs ou grand public », ainsi que les tests prévus n’ont pas prouvé leur réelle fiabilité. Il faut le souligner car il en va de même des masques certifiés – y compris ceux destinés au personnel soignant – lorsqu’il y a des trafics avérés de faux certificats.

La question de l’immunité face au déconfinement

La question de l’immunité revient de plus en plus souvent dans les médias et la politique du déconfinement attendu. Elle sert en effet de base à des conjectures, des paris dangereux car elle est loin d’être démontrée :

En Chine

Si nous observons la Chine, et plus précisément à Wuhan, les tests sérologiques (plus fiables que les tests nasaux dits « PCR » – Polymerase Chain Reaction -) : car le taux de « faux négatif » est élevé. Le professeur Vincent Thibault, chef de service du laboratoire de virologie au CHU de Rennes ayant déclaré : « Sur 100 patients testés négatifs, il est probable que 30 % d’entre eux soient infectés par le virus. Cela ne veut pas dire que le test n’est pas bon mais que nous cherchons le virus au mauvais endroit, là où il n’est pas à toutes les phases de la maladie« ) ont montré que très peu de personnels soignants et de patients avaient développé des anticorps : seulement 2% à 3%. Cette information a été publiée dans le Wall Street Journal.

Guéris, puis réinfectés par réactivation du Covid-19

Ensuite, en raison de la réactivation des cellules dormantes du virus sur certains patients, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a fait preuve de prudence dans son allocution au Sénat, le 15 avril 2020 :

« On se pose la question de savoir si on n’est pas en train de se tromper complètement en disant que séropositif au Covid-19 est égal à être protégé. Une série d’éléments suggère qu’un réservoir existe peut-être et que des phénomènes de réactivation peuvent arriver. Nous ne savons pas si le fait d’avoir des anticorps est un élément absolu de protection« .

Avoir des anticorps ne signifie pas être immunisé

Maria Van Kerkhove, l’une des responsables de la gestion de l’épidémie à l’OMS, a déclaré : « Savoir si la présence d’anticorps signifie immunité est une question différente » En effet, c’est très différent car comme l’a souligné le Pr. Frédéric Tangy, responsable du laboratoire d’innovation vaccinale de l’Institut Pasteur :

« On ne sait pas si les anticorps qu’on développe soi-même contre le virus ne sont pas un risque d’augmenter la maladie« .

Sur quoi se base-t-il ? Sur l’évolution des symptômes. Car c’est justement quand le patient a développé des anticorps, que les pires symptômes du Covid-19 surviennent.

Un Covid-19 multiforme

Enfin, nous avons montré dans un post précédent que ce virus « caméléon » offre une symptomatologie très variée. Qu’est-ce qui nous prouve que nos anticorps soient durables et efficaces dans le temps ? en nombre suffisants pour contrer le virus ? et surtout adaptés aux attaques polymorphiques du Covid-19 ?

Conclusion

C’est donc un pari très risqué – qui n’est pas encouragé par les données récentes, de Chine, comme d’ailleurs – de miser sur une supposée immunité collective. L’Angleterre qui a tenu ce discours pour justifier de l’absence de mesure, sans protéger sa population dans un premier temps, sans vouloir organiser de confinement, sans préconiser le port de masques aux normes certifiées, a connu un taux de mortalité très élevé dès le démarrage avec, au 18 Avril 2020, plus de 15 000 morts ! Emportant au passage, un enfant de 5 ans. Un adolescent de 13 ans, en bonne santé auparavant, avait aussi été emporté. De quoi contredire certaines affirmations lancées dans les médias télévisés selon lesquelles les enfants sont épargnés, alors qu’ils ne sont, en fait, que moins touchés. Mais le risque est réel pour eux aussi : il n’y a pas de risque zéro et ceci se confirme dans plusieurs pays. Cela se savait déjà en Chine sur la catégorie supérieure à 11 ans et avait été communiqué il y a plusieurs mois, sans attirer l’attention des médias dominants.

Avec des masques en tissus non réellement filtrants, l’absence de prise en compte de la suspension aérosole en milieu confiné pouvant durer jusqu’à trois heures, l’absence de prise en compte des projections aérosoles qui dépassent largement le 1 mètre symbolique (jusqu’à sept/huit mètres selon certaines études), miser sur une supposée immunité des personnes guéries, réunit toutes les conditions d’une seconde vague dont on peut déjà imaginer les effets dévastateurs, au sortir du confinement. Voulons-nous prendre des risques sur la vie de nos enfants et sur nos propres vies en misant sur une immunité qui n’est absolument pas prouvée pour le moment ?

Par ailleurs, on se souvient que l’Intelligence Artificielle BlueDot avait prédit la pandémie du coronavirus dès l’apparition de l' »étrange pneumonie » à Wuhan, une autre IA qui provient du MIT prévoit des conséquences désastreuses suite à un déconfinement trop hâtif... Lorsqu’on sait que le coronavirus ne respecte pas le 1 mètre symbolique de distance, passe au travers des masques non conformes ainsi qu’au travers des masques chirurgicaux, demeure en suspension aérosole jusqu’à trois heures en espace confiné, n’est-ce pas un peu logique ? Se laver les mains n’empêche pas de respirer l’air en milieu confiné. Par ailleurs, beaucoup de gens ne protègent toujours pas leurs yeux. Bref, cette intelligence artificielle en réunissant toutes les données scientifiques connues à ce jour fait des prévisions probabilistes. Ce n’est pas une boule de cristal, c’est du calcul rationnel. L’homme, lui, n’est pas toujours rationnel dans ses pratiques, ses mesures, ses croyances. C’est en cela que la machine est plus fiable puisqu’elle calcule mieux selon les données qu’on lui donne. Tout ceci devrait nous aider à développer plus de prudence lors du déconfinement car selon le dicton, « un homme averti en vaut deux ».

Contamination par transmission féco-orale dans les toilettes publiques

Le Morning Post de South China, a publié une étude de lUniversité de Hong Kong qui doit nous alerter sur le danger propre aux toilettes publiques :

« Une chasse d’eau peut relâcher plus de 80 000 gouttelettes de résidus en suspension dans l’air pendant plusieurs heures si le couvercle reste levé ».

C’est la raison pour laquelle Quingyan Chen, professeur en ingénierie mécanique de l’Université de Purdue préconise de désinfecter entièrement la salle d’eau avec de l’alcool ou aux rayons des UV-C germicides entre deux utilisations… Mais est-ce vraiment réalisable ou réaliste pour les toilettes publiques ? Il recommande de rabattre la lunette des WC avant de tirer la chasse d’eau. Mais est-ce suffisant ? Évidemment que non. Le chercheur Alvin Lai déclare que « ce n’est pas suffisant en soi ».

En prévision du déconfinement prochain, il est très important de prendre conscience du danger des toilettes publiques qui seront très probablement contaminées et cela pour trois raisons :

  1. Les toilettes publiques ne sont pas équipées pour décontaminer le SARS-CoV-2 : il n’y a aucun système automatisé pour nettoyer à chaque passage la suspension aérosole dans de tels espaces confinés (par exemple, avec de l’eau mélangée avec un peu de Javel en le pulvérisant dans l’air ambiant), aucun système automatisé non plus pour nettoyer à chaque passage les zones touchées par les mains sur les murs et les portes où le coronavirus a été déposé, sachant qu’il a une survie sur les matériaux, ceci a été démontré par de nombreuses études scientifiques. Lorsque nous tirons la chasse d’eau, nous produisons la dispersion dans l’air de résidus d’urines ou de matière fécale. Selon l’APIC, (Association des professionnels de la lutte contre les infections et de l’épidémiologie), cela constitue une autre façon pour le virus de se répandre. Nous savons que le virus se déplace dans l’air ambiant car il a été retrouvé sur les grilles de ventilation dans la chambre des malades. La suspension aérosole ne concerne donc pas que la cuvette et la lunette des toilettes, mais tout l’espace ambiant. Le virus est très léger : il suit les courants aériens, les déplacements d’air.
  2. Les toilettes publiques reçoivent, par définition, des gens à une certaine fréquence. Or, en milieu confiné, le coronavirus survit jusqu’à trois heures en suspension aérosole. Un individu porteur du Covid-19 pourra donc contaminer les lieux pour les passages suivants.
  3. La plupart des usagers ne portent pas de gants, ils contaminent donc ce qu’ils touchent car le coronavirus se dépose sur les surfaces. N’oublions pas que les mains restent les sources les plus denses en virus et bactéries selon les études scientifiques, ce qui est logique puisque nous les utilisons sans cesse, sans même y penser.

Il est donc inévitable que dans les lieux publics, les toilettes, dès leur ouverture, soient rapidement contaminées en raison de ces trois points : la suspension aérosole, la fréquence des passages, l’absence de gants portés par les usagers. Or, le risque d’une contamination par le passage dans ces lieux est une réalité car plusieurs études scientifiques ont établi que le Covid-19 se transmettait aussi de cette façon. Mais cela n’est pas une surprise car c’était déjà une particularité du Sras :

« La transmission par voie fécale du Sras a contaminé des centaines de personnes dans un complexe résidentiel de Hong Kong en 2003« .

Au sujet du Sras, voici ce que déclarait l’OMS le lundi 5 mai 2013 :

« Le nouveau coronavirus peut survivre dans les selles et dans l’urine à température ambiante pendant au moins un ou deux jours« .

Quant au SRAS-CoV-2, certains médecins lancent l’alerte, comme par exemple, Laurent Lagrost, Directeur de recherche à̀ l’INSERM et Didier Payen, ancien chef du service d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital Lariboisière à Paris, et déclarent :

« Chez les patients infectés, le SARS-CoV-2 a pu être retrouvé dans de nombreux fluides et excrétions biologiques (sécrétions de la bouche et du nez, sang, selles, urines…). Les possibilités et modalités de transmission sont donc multiples. Elles augmentent ainsi les incertitudes et compliquent les recommandations« .

Ainsi, les camionneurs dont on comprend fort bien le désagrément sur leurs itinéraires de découvrir que les WC dans les aires de repos soient fermés, prennent certainement moins de risques en faisant leurs besoins dans la nature où il n’y a pas de suspension aérosole, pas de passages antérieurs, qu’en allant dans des toilettes publiques non équipées pour décontaminer la suspension aérosole et les surfaces contaminées à chaque passage. En effet, à l’air libre, le risque n’est plus le même, l’atmosphère n’étant pas confinée et le virus étant sensible aux UV-C du soleil. Se laver les mains n’est pas suffisant. Respirer le coronavirus, qu’il pénètre par les yeux, le nez ou la bouche et nous sommes infectés !

Prenons aussi conscience que les surfaces infectées (murs et portes) correspondent à tout ce qui est à hauteur d’homme, c’est-à-dire, grosso modo, ce qui est à la hauteur de nos épaules (le rayon d’action de nos bras) – et dans certains lieux, ce qui est à hauteur d’enfants. Les zones touchées sont donc particulièrement celles où nous mettrons inconsciemment nos mains... Il n’y a donc pas que les poignées de porte qui sont dangereuses, mais toute surface à hauteur de nos épaules où les gens posent leurs mains. Nous pouvons constater ce phénomène, par exemple, en regardant les portes vitrées : nous verrons que les traces de mains sales sont effectivement à hauteur d’homme, dans le rayon d’action des épaules et des bras, et pratiquement absentes très bas ou très haut du plan vertical (sauf en raison du passage d’enfants pour les zones basses).

Le danger guette certainement tous ceux qui nettoient les toilettes publiques : ils doivent faire particulièrement attention car la concentration en SARS-CoV-2 joue aussi un rôle dans la puissance de l’infection. En raison de la suspension aérosole et des surfaces infectées, il leur faut un équipement étanche : lunettes, masques, gants – ceci est indispensable pendant l’opération. Nous mettons donc en garde tous ceux qui vont rouvrir les espaces publics et nettoyer ces lieux sensibles que sont les toilettes. Ceux qui décident de les fermer prendront une sage décision, même si cela ne plaira pas aux usagers qui ne sont pas encore conscients du danger encouru.

Dans un autre ordre d’idées, les ascenseurs sont également dangereux puisqu’il existe une suspension aérosole en milieu confiné et des surfaces touchées par les mains. Ainsi, après le déconfinement, il nous faudra être prudent sur ces lieux particulièrement à risques. Monter ou descendre des escaliers sera la solution la plus prudente pour ceux qui ne veulent pas risquer leur vie et leur santé. Essayons de voir les choses positivement : un peu de sport ne pourra pas que nous faire du bien après avoir été confiné pendant plusieurs semaines… à condition de ne pas toucher les murs et les portes. Pendant cette pandémie, chacun devra scrupuleusement être attentif à l’hygiène au quotidien.

Il ne faut pas écouter ceux qui interdisent les masques dans les diverses corporations, qui affirment qu’ils sont inutiles, ou qui prétendent qu’il est inutile de nettoyer les surfaces. Les chercheurs du centre national des maladies infectieuses de Singapour ont fait savoir par le Journal of the American Medical Association que le lavage du sol et des surfaces au dichloro-isocyanurate de sodium (nom scientifique du chlore ou bien eau de Javel) était efficace. Ceux qui interdisent le port des masques, dissuadent les autres d’en porter, préconisent de ne rien désinfecter, voudraient-ils confronter des malades sans aucune protection ? À l’heure où les preuves s’accumulent, notamment sur les malades en chambre qui contaminent tout leur espace de vie, il n’est plus temps d’écouter les irresponsables qui restent sous-informés, ou bien les désinvoltes. Des vies sont en jeu ! Et si l’on tient à sa vie, il vaut mieux être prudent, que pas assez.

Covid-19 réactivé : Guéris et réinfectés

Les informations précieuses peuvent s’avérer vitales tant pour la gestion de cette pandémie, que pour la prévision du déconfinement. En effet, beaucoup ignorent encore que parmi les personnes guéries, un certain nombre est réinfecté, sans pour autant avoir été de nouveau exposé au virus. Comment cela s’explique-t-il ? Par les cellules dormantes cachées dans les intestins. Lorsqu’elles se réactivent sur certains partients, ils sont de nouveau infectés.

« Le virus pourrait rester latent dans l’organisme jusqu’à 33 jours après le début de la maladie même lorsqu’il n’est plus détectable dans les voies respiratoires« . C’est une étude parue dans le journal Gastroenterology qui l’affirme suite à des études sur de nombreux malades.

Jeong Eun-kyeong faisant une déclaration à la TV don le lien figure ici.

Les chinois, les japonais, ainsi que les coréens l’avaient constaté depuis quelque temps, mais il manquait encore une étude approfondie et fiable.

À Chengdu dans la province du Sichuan en Chine, un patient autorisé à rentrer chez lui après avoir été guéri du coronavirus a été testé positif au virus pendant la quatorzaine qu’il devait observer chez lui (dix jours à peine après être sorti de l’établissement de santé). Florian Krammer, virologue de l’Icahn School of Medicine de Mount Sinai à New York a fait part de son avis au New York Times :

« Je ne dis pas qu’une réinfection ne peut pas se produire mais en une période de temps si courte, c’est très peu probable. Même une infection de faible intensité aurait dû procurer une courte immunité aux patients guéris« .

Jeong Eun-kyeong, Directrice générale du KCDC (Korea’s Centers for Disease Control and Prevention) a fait savoir que 51 patients guéris ont été testés après leur quarantaine et de nouveau déclarés positifs !

Voici un extrait de sa déclaration :

Le virus a très probablement été réactivé, plutôt qu’une réinfection, car les personnes en question ont été à nouveau testées positives dans un délai relativement court après avoir été libérées de la quarantaine.

Jeong Eun-kyeong a été saluée par The Wall Street Journal comme « un héros national » pour sa bonne gestion du coronavirus, modèle du genre pour montrer comment combattre la pandémie. Le directeur du KCDC, Jung Ki-suck a déclaré :

« Personne ne peut produire un meilleur travail que Jeong dans ce contexte. Car ce travail ne peut pas être mené uniquement sur des théories. Elle a l’expérience des épidémies passées. Elle sait ce qui doit être fait et ne doit pas l’être« .

Le 11 avril, c’est 91 personnes déclarées guéries qui sont à nouveau testées positives au Covid-19. Le 13 avril 2020, c’est 116 personnes guéries du coronavirus qui ont été retestées positives.

Là encore, c’est la thèse de la réactivation du virus qui est la plus plausible. Les deux autres thèses non retenues étant la défaillance possible des tests, ou bien l’adaptation immunitaire extraordinairement courte.

D’après une étude détaillée chinoise publiée dans le Journal of the American Medical Association, les patients peuvent présenter des tests positifs au coronavirus longtemps avoir été guéris.

Cela a été confirmé aussi en Thaïlande : en Avril 2020, une semaine après avoir été guérie, une femme de 38 ans est de nouveau tombée malade du Covid-19. La source est le journal local « Thai Rath » et se référait au département de la Santé de la province de Chaiyaphum.

Impact sur le déconfinement

Réflechissons un instant aux conséquences de cet état de fait établi par plusieurs pays. Tous les raisonnements qui se basent sur une immunité nouvelle, supposée à toute épreuve (et nous savons que plusieurs pays tiennent ou ont tenu ce raisonnement, tandis que l’OMS, pour sa part, ne le tient pas : l’immunité « reste une inconnue« ), et les projets actuels de déconfiner en priorité les malades guéris, voire même de leur donner un certificat d’immunité pour qu’ils aient plus de droit de circulation que les autres, se risquent à favoriser l’émergence rapide d’une seconde vague. En effet, les patients libérés du confinement, guéris puis réinfectés par les cellules dormantes réactivées, pourraient répandre le SARS-CoV-2 très sûrement, puisqu’avec l’aval de l’autorité gouvernementale. C’est un scénario qui pourrait arriver si les décisionnaires politiques n’obtiennent pas cette information, ou bien s’ils ne veulent pas en tenir compte.

En misant sur les personnes guéries, cette stratégie de la libre circulation lors du déconfinement serait comparable à un cheval de Troie au sein de la population. Les tests négatifs ne signifient donc pas que plus tard, ils ne seront pas positifs si les cellules du Covid-19 sont réactivées.

Nous voyons, de ce fait, que la gestion du déconfinement ne peut pas se faire sans prendre en compte toutes les données, notamment celles qui nous viennent de la Corée du sud qui a joué la transparence pour sa part. Il ne fait pas mystère, en outre, que ce pays est celui qui gère le mieux la crise pandémique à l’heure actuelle. Mais ils ont imposé le masque pour tous dans les déplacements et les entrées dans les lieux publics, ainsi que déployé une armada de tests. À la différence de la France qui a condamné une pharmacienne à 4 mois de prison (avec sursis) et à dix mille euros d’amende pour avoir vendu des masques dans son officine sur ordonnance d’un médecin, accusée de vouloir s’enrichir, la Corée du sud n’interdit pas, mais favorise l’usage du masque pour tous. Ce pays ne réserve pas les masques ni au personnel soignant, ni aux malades. Ils sont nécessaires pour chacun. La stratégie est donc l’inverse de l’Asie (puisque la France interdit même la vente des masques au détail) où chacun sait que les masques sont utiles et pas uniquement aux malades. Nos mentalités sont donc à la traîne et nos usages à reconsidérer car nous n’avons pas été exposés, comme eux, à des virus similaires, certes de moindre ampleur, par le passé. De plus, si la vente de masques homologués pouvait devenir légale et diffusée à grande échelle à toute la population (et non pas réquisitionnés au détriment des livraisons pour les collectivités locales), cela pourrait contrecarrer la vente des contrefaçons et des abus puisque les gens n’auraient plus besoin de s’en procurer par tous les moyens, peu regardants de leur qualité et fiabilité. Si les gens aujourd’hui en fabriquent en tissu, ou utilisent des masques périmés, c’est qu’ils se retrouvent sans rien – et cela concerne aussi le personnel hospitalier, les médecins et les professionnels de la santé en général.

Le journal le Point précise que : « Plus de sept Français interrogés sur dix (72 % et 81 % chez les 65 ans et plus) pensent par ailleurs qu’il faut « rendre le port du masque obligatoire dans toutes les communes », comme l’ont déjà fait plusieurs d’entre elles« . L’Académie de Médecine a publié le 2 avril 2020 un communiqué affirmant que le port du masque « devrait être rendu obligatoire pendant les sorties » :

« En situation de pénurie de masques et alors que la priorité d’attribution des masques FFP2 et des masques chirurgicaux acquis par l’État doit aller aux structures de santé (établissements de santé, établissements médico-sociaux, professionnels de santé du secteur libéral) et aux professionnels les plus exposés, l’Académie nationale de Médecine recommande que le port d’un masque « grand public », aussi dit « alternatif », soit rendu obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement ».

Certaines villes françaises commencent à montrer l’exemple : c’est notamment le cas de Nice par la volonté du maire Christian Estrosi, de Sceaux par la volonté du maire Philippe Laurent et de Cannes, par la volonté du maire David Lisnard. Quant à Bordeaux, une commande de 800 000 masques a été faite pour les bordelais sans toutefois le rendre obligatoire.

S’il existe des porteurs sains (et c’est le cas), s’il existe des personnes guéries, puis réinfectées (c’est aussi le cas), la vente des masques ne devrait pas être interdite et soumise à des condamnations comme cette pharmacienne en a été la victime. N’oublions pas que des médecins n’ont toujours pas de masques à l’heure d’aujourd’hui alors qu’ils sont en contact avec le Covid-19. On leur a fourni des masques périmés pour certains d’entre eux, et ce, dans plusieurs régions de France. Et s’ils prescrivent une ordonnance pour en obtenir ou en faire obtenir à leurs patients en pharmacie, les pharmaciennes sont condamnées. Tels sont les faits. Bien sûr, ceci est le fruit d’une grande confusion dans les stratégies à tenir et cette confusion pourrait aussi générer un déconfinement catastrophique en autorisant les personnes guéries à circuler librement comme autant de « bombes à retardement » au sein de la population. Espérons que les pharmaciennes ne soient plus condamnées pour venir en aide aux médecins car eux aussi font partie du personnel soignant, même s’ils travaillent en cabinet. Soyons attentifs aux criantes injustices et aux dysfonctionnements afin qu’ils ne se reproduisent plus car les erreurs de stratégies se comptent aujourd’hui en morts supplémentaires. C’est un devoir civique.