Les cercles sans fin

Les cercles sans fin ou cercles d’asservissement

Vouloir se libérer repose nécessairement sur la compréhension de ce qui nous retient attachés. Si l’oiseau a un fil à la patte et qu’il souhaite s’envoler, il n’y parviendra pas, tant qu’il ne prendra pas en compte ce par quoi il est retenu. S’il s’attaque à son fil et le désagrège : alors il sera libre. Nous devons agir de même en regardant ce qui nous retient attachés, puis désagréger ces liens.

Le sujet que nous abordons ici n’est pas spécifiquement religieux. Il est plutôt de l’ordre du bon sens, du constat, voire de l’évidence. Par exemple, si nous sommes addictif à un poison, il est inutile de prétendre à la bonne santé si nous continuons à nourrir nos addictions.

Nous comprenons finalement que c’est aussi par antithèse que nous pouvons rejoindre ce qui est libre. En discernant le mal ou les maux, en nous libérant de lui ou d’eux, il y a forcément une espèce de « décompression ».

Prenons une image pour bien comprendre ce phénomène. Ceux qui font de la plongée ou de l’apnée ont constaté que plus profond nous allons, plus forte est la pression. Imaginons que nous vivions au quotidien dans cette pression : nous sommes comprimés de partout et chacun de nos gestes est ralenti. Nous nous y sommes habitués et nous n’en sommes même pas conscients (le plan matériel offre une analogie frappante en comparaison des autres plans de conscience supérieurs). Si soudainement, comprenant notre état et ses limites, nous agissons pour remonter vers la surface, que se passera-t-il ? Nous nous sentirons de plus en plus légers avec une liberté de mouvement même pas imaginée ! Comment avons-nous opéré ce tour de force ? Simplement. En comprenant que notre état quotidien était « sous pression », comprimé, asservi. En souhaitant nous élever, en le faisant avec courage et détermination. Et alors ce qui semblait inaccessible, voire impossible, peu tangible, a été expérimenté.

Il faut bien comprendre que tout est accessible : la joie comme la souffrance. Il faut démystifier l’accès aux autres dimensions car plus nous jugeons la chose inaccessible, la réservant aux autres qui sont « plus ceci ou plus cela », eh bien, moins nous attendrons de nous-mêmes des changements favorables. Croire que « nous ne pouvons pas » est la plus efficace des prisons mentales. Beaucoup n’essaient même pas… et découragent les autres d’essayer. Pourquoi ? Parce qu’ils croient que c’est peine perdue, pas très accessible, ou bien tout simplement, pas désirable, ou encore, moins désirable que la vie enchaînée aux addictions. C’est en fait cela, l’ignorance : dévaloriser un état dont nous ignorons tout ! Et finalement, ne même pas le rechercher.

La liberté n’est pas une façon de parler, c’est l’état sur lequel on débouche naturellement « en surface », une fois qu’on a quitté le niveau de réalité comprimé ou asservi. Il faut bien mettre des mots sur les états. Mais il se trouve que beaucoup vivent enchaînés à leurs addictions et le supportent. Ce sont eux qui découragent autrui d’essayer de s’élever. Ils vivent dépendants et souhaitent ne pas être seuls à souffrir de leurs dépendances. Les addictions sont avant tout, DES ADDICTIONS DE L’ESPRIT. Car le « je ne veux pas savoir », « je ne veux pas voir ailleurs comment c’est », ce « ne pas » est un VERROU. Les chaînes sont mentales avant d’être désignées comme étant telle ou telle addiction. C’est d’ailleurs connu des psychanalystes, psychologues et certains thérapeutes. Les addictions cachent autre chose. Par exemple, une culpabilité inconsciente, un désamour de soi-même, une mauvaise image que l’on traîne en soi-même, etc. Il y a des racines aux mauvaises herbes. Tant que ces racines existent, l’individu dont on enlève une addiction, va en reprendre une autre, à toute vitesse… L’individu ne souffre donc pas des objets addictifs, mais de sa dépendance mentale qui est en amont des objets addictifs. Nous le voyons : tout ceci n’est pas de l’ordre d’un crédo religieux. Ce sont des constats que chacun peut faire.

Ceux qui s’opposent à ces quêtes s’imaginent que la joie de la liberté n’est pas désirable. Mais pourquoi cela ? Parce qu’ils savent, au fond d’eux-mêmes, que ce serait la fin de leurs addictions… En fait, ils RÉSISTENT – selon un terme très usité en psychanalyse : les « résistances ». Il y a des résistances QUAND NOUS AVONS UNE RAISON, UN MOTIF POUR REFUSER. Souvent, c’est une raison inconsciente… mais il est difficile de dire où commence l’inconscient car c’est souvent une pensée consciente qui s’est déplacée, peu à peu, dans « l’arrière-fond de l’esprit ». C’est cela, l’inconscient : de l’anciennement conscient qui « tourne en tâche de fond » (pour reprendre un langage informatique). Ainsi, ceux qui ne veulent pas vivre sans leurs addictions, refuseront obstinément toute voie de libération. Force est de constater qu’il y a de la psychopathologie dans nos désirs et nos plaisirs. C’est certainement ce qu’avait compris Platon dans son allégorie de la caverne (dans son livre République, Livre VII) en dépeignant les enchaînés devant les ombres comme ne voulant pas sortir vers la lumière qui leur irrite les yeux. L’habitude est la première cause du « tourner en rond », c’est-à-dire nos automatismes qu’ils soient conscients ou subconscients. Ce n’est pas tant qu’il existe une « zone de confort » dans la souffrance, mais plutôt « une zone d’habitude rassurante » car même si l’individu souffre, au moins il connaît cette souffrance, il en est devenu « le familier ». La « zone de familiarité » est notre première servitude. La peur de l’ailleurs, la peur de l’autrement nous conditionnent à vouloir rester cramponnés dans notre zone de familiarité. Même si c’est mieux ailleurs, plus désirable, infiniment plus désirable.

En ce sens, il est bon d’être un aventurier du corps et de l’esprit afin de rompre ce schéma circulaire du « tourner en rond », de l’emprisonnement dans la zone de familiarité. Celui qui ne sort jamais de sa cage, ne peut rien savoir de ce qu’il rate.

À présent, nous rentrons dans les doctrines de la spiritualité religieuse sachant que le sens étymologique de « religion » est religare en latin qui signifie « relier« . Une croyance solitaire ne fait pas une religion. Une croyance partagée qui rassemble des gens peut en faire une. Mais bien entendu, une croyance reste une croyance… Si je dis que le ciel est bleu, c’est une croyance… Le ciel est-il bleu véritablement ? et tout le temps ? Une croyance est toujours relative… relative à l’observateur. Ce n’est pas que cela soit faux… ni vrai… Telle est la valeur d’une croyance relative. Ce n’est pas faux… et ce n’est pas si vrai… C’est relatif à notre perception des choses.

Entrons maintenant dans ces maux qui nous font souffrir, ce mal qui nous asservit. Nous devons aussi garder à l’esprit que les croyances sont relatives, c’est-à-dire oscillant entre le vrai et le faux. Ces » maux » sont nommés ainsi car ils sont sources d’attachements. Et qu’allons-nous mettre dans cette rubrique des maux ? Eh bien, c’est très simple : NOUS POUVONS Y METTRE TOUT ET N’IMPORTE QUOI. C’est comme si un enfant achetait un bâton de colle. Que peut-il coller ? Eh bien, tout ce qu’il veut ! Il est donc vain de vouloir dire « le mal est ici » car tout, absolument tout peut « coller notre esprit » de telle sorte qu’il en résulte une addiction. Et c’est sûrement pourquoi il est si difficile pour les êtres de se libérer… car s’ils se collent à tout, ils ne seront jamais aussi légers et libres qu’une plume au vent.

Où se trouve le relativisme de cette croyance ? Eh bien, quel que soit le mal que nous désignons : « ceci est mal », en réalité, « ceci » n’est mal que dans la mesure où il y a addiction. C’est donc là que la croyance révèle sa limite car si nous avons un absolu détachement, très honnête, envers toute chose, eh bien, le mal n’existe pas… CAR LE MAL N’EST PAS DANS LA CHOSE… IL EST DANS L’ILLUSION DE LA CHOSE. Si nous prenons un billet de banque, nous pourrions prendre une loupe, un microscope ou un accélérateur de particules : où trouverons-nous le mal du billet de banque ? Si nous prenons un lingot d’or, faisons de même, où trouverons-nous le mal de ce lingot ? De l’argent numérique ? Ok : prenons l’argent numérique… Où trouverons-nous le mal dans cette information chiffrée ? On comprend bien qu’il y a un problème avec nos croyances… Le mal n’est pas une petite particule qui est cachée quelque part. Le mal est dans notre attachement à n’importe quoi qui devient INDISPENSABLE À NOTRE REPRÉSENTATION DE LA VIE. Car si cet « indispensable » justifie toute action criminelle pour l’obtenir et le conserver, il devient évident que le mal est en nous et en nos illusions, nos représentations, nos croyances, nos aveuglements. Bref, le mal est IGNORANCE avant d’être cette chose là désignée.

Mais l’ignorance véritable s’ignore elle-même de la même façon qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

« La servitude réside uniquement dans le fait de ne pas en être conscient. C’est le fruit de l’inconnaissance, ajnana. Comme le déclarent les Siva-sutra (III-3) : ‘Le voile de Mâyâ consiste en une impossibilité à discerner les catégories (tattva) comme étant les énergies de fragmentation (kalâ) et autres » (Jean Papin, Sakti-Sutra : les aphorismes sur l’énergie d’Agastya, Almora, 2006, p. 94).

Le mal peut donc prendre aussi le visage de tous ces ignorants qui ne savent pas qu’ils sont ignorants. Et qui s’enferment, de cycles en cycles dans une certaine pathologie de l’esprit, refusant obstinément la lumière, la joie, la libération, l’amour, tout ce qui est léger et pur.

Il faut démystifier un peu tout ceci car nous avons tendance à figer les choses, à trop les conceptualiser. Ainsi, des religieux diront « le mal, c’est le sexe, l’argent, le pouvoir, le vol, le meurtre, le mensonge, la médisance, etc. ». Et que se passe-t-il alors ? Eh bien, les adeptes deviennent OBSÉDÉS PAR LE MAL QU’ON LEUR DÉSIGNE. La meilleure façon de mettre dans l’esprit, le mal, c’est de le faire en le désignant. PENSER EST UNE RÉALITÉ DE L’ESPRIT. LA PENSÉE EST DONC AUSSI UNE RÉALITÉ DE L’ESPRIT. Dans un ciel sans nuage, le moindre objet qui apparaît… EST VISIBLE. Donc les obsédés du mal DONNENT UN VISAGE, UNE RÉALITÉ à ce mal. Et pendant qu’ils pensent au mal qu’il ne faut pas faire, il pensent au mal. C’est là, toute la subtilité du mal… que l’on ne peut pas combattre par lui-même… Car penser au mal, c’est lui donner une réalité dans l’esprit. SEUL CELUI QUI EST MAÎTRE DE SON ESPRIT rigole de cette ruse, bien évidemment… Mais tous ceux qui vivent dans la peur, la peur du mal, ne rigolent pas, eux. Et plus nous pensons à ce qu’il ne faut pas… Eh bien, nous en faisons une réalité pour notre esprit. NOUS SOMMES AUSSI CE QUE NOUS PENSONS, dans ce sens là. Tel un habit porté, nous portons nos pensées en nous-mêmes. Elles nous habitent de l’intérieur.

Par conséquent, lorsque les spiritualités orientales disent que ce sont AUTANT NOS DÉSIRS QUE NOS RÉPULSIONS qui sont nos chaînes, c’est en effet le cas. Notre libération dépend de tout ce que nous mettons dans notre esprit et qui nous entrave par la même occasion. Oublions les mots : revenons aux réalités de ce que nous plaçons dans notre esprit. Eh bien, nos désirs ou nos répulsions, en réalité, cela revient exactement à la même chose : nous en faisons un « accompagnement perpétuel« . Être obsédé de ceci ou de cela, revient à être prisonnier de ceci ou de cela. Peu importe que ce soit un désir ou une aversion.

La dualité est donc ce qu’il faut supprimer dans ses deux pôles contraires. Si je ne pense qu’au désirable de la dualité, je serai hanté, possédé, asservi par le désirable toujours présent à mon esprit. Si je ne pense qu’à l’indésirable de la dualité, je serai hanté, possédé, asservi par l’indésirable constamment invoqué en mon esprit. La dualité nous possède des deux bouts, comme la banane que l’on peut manger par les deux bouts. Si nous sommes deux joueurs d’échecs, peu importe qu’il y ait un gagnant et/ou un perdant. Le jeu d’échecs sera la réalité de l’esprit pour les deux joueurs. Et la partie ne sera pas achevée pour leur esprit : l’un ruminera son erreur et ce qu’il aurait pu faire, l’autre revisualisera sa partie gagnée pour bien la mémoriser. NOUS SOMMES ACCOMPAGNÉS D’UNE RÉALITÉ QUI DEVIENT NOTRE RÉALITÉ. Les choses se dédoublent, et de physiques, elles deviennent mentales. Nous sommes donc des prisonniers mentaux, avant d’être des prisonniers physiques. Car la matière passe… une vie passe… Mais l’âme qui trépasse, emporte avec elle tout ce qui habite son univers mental. Elle s’est chargée.

« La transmigration de l’homme est due aux funestes effets des surimpositions. L’esclavage qui en résulte, c’est le mental – et le mental seul – qui l’a fait naître. C’est encore le mental qui est la cause des souffrances, de la naissance et de la mort, etc. » (Sri Samkarakarya, Le plus beau fleuron de la discrimination, trad. M. Sauton, Jean Maisonneuve Successeur, Paris, 1998, p. 53).

Alors ? Comment nous en sortir ? Si tout ce que nous pensons occupe l’espace de notre esprit, comment faire ? Eh bien, nous pouvons opérer le vide mental, ce qui est déjà libérateur et très bénéfique pour le cerveau qui chauffe comme une unité centrale, ou bien nous pouvons travailler résolument NOTRE LÂCHER-PRISE, c’est-à-dire rendre totalement accessoires toutes les choses avec lesquelles nous vivons présentement. En rendant accessoires toutes les choses, nous les remettons à leur juste place. Toute chose peut être utile, mais les outils doivent retourner dans la caisse à outils : alors les mains sont libres. À quoi cela sert-il d’avoir les mains chargées de tous les outils tout le temps ? Plus lourds, nous portons, moins rapides, nous serons. Les enfants sont beaucoup plus rapides car ils sont beaucoup plus légers. Ils ont moins de bagages. Avoir le cœur d’un enfant, c’est avoir le cœur libre. Laissons nos jouets de côté. Passons à autre chose. Qui emporte dans la mort ses possessions matérielles ? L’âme repart nue, comme elle est venue. Le matériel ne mérite donc pas d’être réitéré dans notre espace mental. S’il se surimpose à notre esprit, il devient notre réalité. Nous sommes aussi ce que nous pensons. Ne plus penser, ne plus s’attacher devient alors une façon d’exister dans le monde, libératrice (car il n’est pas forcément nécessaire de fuir hors du monde pour se réaliser dans l’Éveil).

« Ceci est la cause de la souffrance : nous sommes attachés, nous sommes prisonniers. C’est pourquoi la [Bhagavad] Gîtâ dit : ‘Œuvre sans cesse, œuvre, mais ne sois pas attaché ; ne sois pas prisonnier. Réserve-toi la force de te détacher de toute chose, tout ce à quoi ton âme puisse être rattachée, quelle que soit la douleur que tu éprouveras à quitter ce que tu chéris ; malgré cela, garde-toi la force de la quitter quand tu le voudras’ (II, 2,3) » (Svâmi Vivekânanda, Lève-toi ! Réveille-toi !, Accarias L’Originel, Paris, 2011, p. 59).

Conclusion

Faut-il renoncer à tout ? La réponse sera la vôtre. Si vous savez prendre un outil sans lui accorder aucune autre importance que son rôle à l’instant t, alors il n’y a aucun attachement. Mais si le plaisir ou le déplaisir sont tels qu’ils en deviennent des addictions, alors l’abstention est sûrement preuve de sagesse. Nous sommes tous différents ! Pourquoi imposer une voie unique de libération ? L’essentiel n’est-il pas de comprendre véritablement le mécanisme de nos cercles vicieux ?

« Le samsâra dont la traduction tibétaine (‘khor-ba) signifie à peu près ‘cercle vicieux‘ se caractérise par une suite de renaissances au sein de différents domaines et conditions d’existence (…). Tant qu’en leur esprit, les passions et l’ignorance n’ont pas été définitivement dissipées, les êtres animés ne peuvent échapper à une succession de naissances au sein du samsâra » (Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme, Seuil, 2001, p. 504).

« On ne recherche avec passion les plaisirs sensoriels qu’à la condition de s’identifier avec le corps grossier. Que la notion de corps fasse défaut, nul ne les poursuit plus ! En pensant aux objets des sens, l’homme cède à une tendance innée, et cette tendance est la cause de l’esclavage auquel la transmigrassion l’asservit car elle fait surgir en lui, l’idée de distinction ou de dualité » (Le plus beau fleuron de la discrimination, op. cit., p. 85).

En revanche, il est essentiel d’être honnête envers soi-même car si nous disons ou enseignons le contraire de ce que nous faisons, nous serons les victimes de nos propres erreurs. Car à ce jeu du faux-semblant, le premier trompé est soi-même. L’esprit de chacun sait très bien ce qui se passe en lui-même. Dans les EMI (Expériences de Mort Imminente), le panoramique de vie le démontre à chaque fois. Nous sommes transparents. Surtout dans l’au-delà quand nous n’avons plus de corps physique charnel. Ainsi, il ne sert vraiment à rien de se voiler la face. Devenir transparent à soi-même fait gagner du temps. Et si nous sommes transparents envers les autres, c’est encore mieux. Nous pouvons ne faire qu’UN puisque nous sommes tous des « carrefours », des « interfaces » au cœur de l’ÊTRE.

Un monde 3D en transition 5D

Certains adhèrent à la croyance que nous vivons dans un monde en 3D et qu’une transition prochaine nous assurerait un passage vers une réalité en 5D. Ce serait une issue éthérée liée à la planète et à notre niveau de conscience pour échapper à la situation présente. Cette croyance, nous allons démontrer qu’elle est fausse.

  1. Vivons-nous dans un monde en 3D ?

La présupposition est-elle vraie, pour commencer ? Non. Elle est fausse. Notre monde n’est pas constitué uniquement d’une longueur, d’une largeur et d’une hauteur. Einstein, notamment, y a ajouté le temps (ou l’espace-temps), ce qui donne déjà 4 dimensions. Mais la physique de la relativité est incomplète pour expliquer toute la réalité notamment à l’échelle de l’infiniment petit, donc faussée en partie. La physique quantique ajoute de ce fait d’autres dimensions (certaines théories postulent 11 dimensions pour notre réalité physique et non pas uniquement 3). Sans entrer dans trop de complexités, disons que depuis le Big-Bang, le monde qui en a résulté comporte déjà de multiples dimensions et dont nous n’en voyons que 3 spatialement (pensez, par exemple, à la « matière noire » ou masse manquante invisible de l’univers)… Ainsi, croire que nous vivons présentement dans un monde en 3D est une pure illusion liée à la limite de nos sensIci et maintenant, nous sommes entourés de nombreuses autres dimensions. Il ne sert donc à rien d’attendre un transit, les autres dimensions sont là depuis toujours, mais nous ne les percevons pas.

2. Sur quoi se fonde cette hypothèse d’une entrée dans un monde en 5D ?

Après enquête sur cette croyance, nous découvrons d’où provient cette confusion. L’existence de portails spatio-temporels (relatés notamment par Jimmy Guieu lorsqu’il parle des vortex) induit en effet l’existence d’une autre réalité parallèle et imbriquée. Mais cette réalité est simultanée et se rapporte à un autre espace-temps car si nous lisons attentivement ces récits, ces expériences relatent aussi des anomalies temporelles. Jacques Vallée en avait fait état dans son livre Visa pour la Magonie, soulignant justement les dangers de ces importants décalages temporels.

Notre planète n’est donc pas en voie d' »éthérisation » car cela impliquerait qu’elle n’a que la dimension physique à son actif actuellement. Or la physique quantique postule le contraire depuis le Big Bang. Quant aux incursions dans les autres dimensions par décorporations, nous constatons que la Terre a déjà d’autres réalités parallèles. La Terre est éthérisée depuis longtemps, tout comme elle est astralisée, etc. Toutes les dimensions coexistent en même temps, c’est une propriété de la création universelle. Prendre conscience aujourd’hui que la Terre possède d’autres dimensions ne signifie pas qu’elles n’existaient pas avant notre prise de conscience. C’est un peu comme la découverte des ondes radios, elles existaient bien avant que nous les découvrions.

Une autre source importante de cette croyance provient de l’ufologie lorsqu’aux abords d’un ovni, parfois, une bulle silencieuse semble suspendre le temps autour de soi et modifie le paysage naturel ambiant. Là aussi, il s’agit d’une bulle spatio-temporelle sans doute produite technologiquement. Preuve en est, l’effet est temporaire : quand l’ovni repart, l’anomalie cesse aussitôt. Ce n’est pas un processus en devenir.

3. L’Astral et le corps subtil

Quant au domaine de l’Astral, il suppose de délaisser son corps physique pour utiliser un double subtil car à chaque corps subtil correspond une réalité associée. Vouloir entrer dans l’Astral avec son corps physique, croire qu’une telle « transition » serait possible ne peut pas fonctionner en vertu des lois qui gouvernent chacun des plans d’existence. Chaque plan d’existence nécessite un corps-véhicule adapté. La croyance que nous allons prochainement entrer dans un monde éthéré avec nos corps physiques, n’est tout simplement pas possible, de la même façon qu’un corps de poisson n’est pas adapté pour vivre longuement hors de son milieu aquatique. Un autre monde avec ses conditions physiques ou énergétiques spécifiques nécessite un autre corps adapté. Il s’agit donc, là encore, d’une mécompréhension du phénomène des multiples réalités d’existence.

4. Une vision manichéenne entre une 3D négative et une 5D positive

D’une façon encore plus simpliste, certains enseignent dans leurs stages de formation de soins énergétiques que le monde 3D est négatif, alors que la 5D est l’état d’une ascension spirituelle, une réalité énergétique. C’est une vision manichéenne des choses. Tout monde, toute réalité est le reflet de ce que nous en faisons. Il n’y a pas de monde mauvais en soi. Le fait de percevoir 3 dimensions spatiales ne peut pas rendre mauvais un tel monde puisque ce qualificatif de bien et de mal est un jugement moral. Or des dimensions spatiales n’ont rien à voir avec des qualifications morales. Si le monde est mauvais, cela est dû à la passivité des gens qui vivent comme des somnambules d’une part et à la cupidité illimitée des autres d’autre part. La faute est dans le cœur de l’homme et son manque de sagesse, non pas dans les trois dimensions visibles. Quant à une réalité purement énergétique en 5 Dimensions, c’est ignorer que de toute façon, tout est énergie ! La vie est énergie, quel que soit le monde et son plan d’existence. Ce sont donc des discours qui révèlent une grande confusion sur ce qu’est le fondement même de la vie et l’énergie qui en est l’essence véritable. Dans cet ésotérisme commercial où chacun se prétend spécialiste, très compétent et vend ses formations, il n’est proposé que poudre aux yeux : Comment une Ascension pourrait-elle se faire par la fuite dans un autre monde sans se soucier de défendre de quelconques valeurs morales ici et maintenant ? Le Nirvana sans le moindre effort ? Et sans aucune compassion pour ceux qui souffrent et qui méritent la mort dans un monde en 3D ? La Matrice n’est pas liée à une particularité de trois dimensions visibles, c’est une structure mentale, un formatage des esprits, une prison intérieure qui peut nous suivre de réalité en réalité, de dimensions en dimensions.

Enfin, certains disent que le monde 3D se caractériserait par sa dualité, tandis que le monde 5D en serait dépourvu. Mais qu’est-ce que la dualité ? Elle provient de notre intellect. C’est lui qui discrimine les choses en unités binaires : 1 et 0, bien et mal, beau et laid, grand et petit, masculin et féminin, etc. Cela signifie que la dualité n’est pas non plus une propriété des dimensions spatiales ou énergétiques, mais de notre intellect. Où que nous soyons, si notre intellect n’est pas transcendé, nous serons toujours dans la dualité, même dans un monde supposé avec 5 dimensions.

Conclusion

Croire que nous vivons dans un monde 3D est une illusion liée à nos sens physiques, y compris sur le plan de la physique quantique et sur le plan de la physique relativiste. Croire que nous allons transiter vers une réalité à plus de dimensions devient donc absurde car ces autres dimensions espérées existent déjà ici et maintenant, sans que nous les percevions, le plus souvent, sauf rares exceptions. Même s’il est possible de faire parfois des incursions dans d’autres réalités, celles-ci sont parallèles, imbriquées, elles ne sont pas en devenir. Quant à l’énergie, elle est consubstantielle à la vie elle-même dans tous les mondes, tous les plans d’existence. Et pour le problème de la dualité, c’est uniquement l’éveil spirituel au-delà de l’intellect qui permet de la transcender. Ce n’est pas un lieu qui permet cet éveil, mais un travail spirituel à opérer en soi-même.

Il faut se méfier des vendeurs de rêves et de telles croyances qui sont enseignées dans des buts mercantiles car elles sont potentiellement dangereuses si on suit aveuglément de faux enseignements spirituels, sans parler des déceptions quand le Nirvana promis n’arrive pas… On peut très bien comprendre qu’avec cette pandémie généralisée et le monde insécurisant qu’elle révèle à plusieurs niveaux, nous ayons envie de fuir dans une autre réalité plus belle et rassurante, mais la fuite n’a jamais permis de résoudre un quelconque problème dans sa propre vie et dans le monde en général. L’incarnation nous pousse au contraire à assumer cette vie présente et non à la fuir, encore moins à valoriser cette fuite comme si elle représentait une Ascension spirituelle. Transformer notre réalité est un défi plus passionnant à relever que céder à de telles croyances qui ne peuvent que conduire à la déception, même si elles sont plus conformes à nos désirs. Comment pourrions-nous nous réaliser spirituellement dans la fuite ? Une réalisation spirituelle signifie que nous avons des vertus dont le courage fait partie. Prenez donc garde aux faux channelings, aux faux enseignements, à ces spiritualités trompeuses qui vous présentent l’attente passive et la fuite comme une réalisation spirituelle. Le grand nettoyage voulu par beaucoup devrait commencer par une honnêteté intellectuelle, de l’empathie envers ceux qui souffrent et décèdent et une remise en cause de soi-même lorsque nous échouons à défendre des valeurs morales précieuses pour l’humanité.