La réincarnation comme enchaînement à des planètes et autres lieux de vie

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Il existe plusieurs conceptions de la réincarnation, mais une autre notion – celle de karma – est à considérer puisqu’elle est liée. Le karma entraîne de toute façon ses conséquences car rappelons-le, il n’est ni positif, ni négatif en soi. Ce mot sanskrit signifie « action » (raison pour laquelle il existe en Inde un « karma yoga » qui privilégie les actions altruistes afin de générer des conséquences positives tant pour autrui que pour soi-même). Le karma est donc un mot dont il pourrait exister un pendant philosophique occidental : la causalité. Une cause génère un effet, une réaction. La seule différence est que le karma s’effectue de façon métaphysique en « traçant des voies dans l’Éther », en fabriquant des destinées avec certains événements programmés, mais tout ceci reste de l’ordre des conséquences causales. Le karma est une causalité métaphysique.

La réincarnation est un vaste sujet, mais intéressant à explorer car il revient en force dans les récits des enlevés par « les êtres des Étoiles », tout comme lors des réminiscences ou régressions hypnotiques. Le sujet est donc réactualisé sous un nouveau jour depuis quelques années par de nombreuses publications spécialisées. Nous sommes ici à la frontière entre spiritualité et ufologie.

On peut aborder cette thématique sous deux grands aspects : l’un négatif, l’autre positif. Comment cela ?

L’aspect négatif : l’asservissement

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Le négatif est assez évident : Pourquoi une âme devrait-elle être enchaînée à une planète d’existence en existence alors qu’il existe une infinité de possibilités autres ? Le plus souvent, ces âmes n’ont pas conscience qu’elles peuvent accéder à une réelle liberté – à la condition de le vouloir et d’agir en ce sens (par exemple, en ne générant plus de causalité négative). Nous retrouvons l’enseignement des sagesses orientales (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme, etc.) qui stipulent que tant qu’il y a des vices ou de forts attachements générés dans le plan matériel, l’âme suit ses désirs et c’est la ronde infernal qui s’ensuit. Bien sûr, nous sommes responsables de nos attachements et donc de la causalité suscitée. Mais aujourd’hui, on comprend de plus en plus et de mieux en mieux, grâce au Covid et à ses conséquences notamment, que des forces conjuguées agissent pour freiner notre éveil collectif en y mettant tous les moyens imaginables. L’asservissement serait donc de tous les côtés : du côté de nos habitudes et de nos attachements personnels (cause intérieure), et du côté du formatage collectif sociétal (cause extérieure). C’est négatif car un être spirituel n’a pas vocation à devenir un robot ou un animal, réduit à sa condition la plus basse ou la plus automatisée. Il pourrait avoir de meilleures et de plus grandes aspirations lors de ses incarnations.

L’aspect positif : l’évolution solidaire

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Le positif existe également : si de vie en vie, une âme fait le choix d’être fidèle à un groupe d’âmes (pour s’incarner sur une planète précise ou un vaisseau-ville de grande envergure qui sillonne l’Univers), elle évoluera si les choix faits collectivement s’orientent dans de saines directions.

On peut néanmoins se demander pourquoi une âme ne pourrait pas être totalement libre pour aller sur telle planète, puis sur telle autre, voire ne plus s’incarner dans un corps physique – la notion de karma mise à part.

Voici ce que l’on peut répondre à ce sujet : si certaines planètes sont habitées par des gens ayant un super intellect étant donné leur haut niveau de technicités et de technologies, il est évident qu’une âme « primitive » se trouvera mise à l’index dans ces mondes hyper évolués. Imaginons aussi que certaines planètes ont un régime politique très strict, très normé comme certaines dictatures terrestres sans les violences qui vont avec. Autrement dit, des systèmes de pensées où l’art, les émotions, l’originalité personnelle ont très peu de place, là aussi certaines âmes peuvent ne pas s’y retrouver. Ainsi, même si en théorie – notion de karma mise à part -, toute âme peut être libre de ses choix, elle est tout de même limitée par ce qu’elle est : ses goûts, ses aptitudes, ses exigences et son niveau d’évolution.

Si la Terre attire autant d’âmes très différentes, c’est que nous pouvons expérimenter une réelle et grande diversité où les individus peuvent faire carrière dans le sport, la musique, la danse, les jeux vidéos, la gastronomie, le cinéma, la bande dessinée/les mangas, la littérature, l’éthologie animale, l’économie, le commerce, la politique, etc. Je ne suis pas certain que ces choix de vie soient possibles sur beaucoup de planètes.

Si l’on étudie avec attention certains récits ufologiques, beaucoup de planètes n’ont plus de vie animale (certaines en ont, mais il n’y a pas âme qui vive dessus, j’ai pu le voir moi-même lors d’une décorporation) et sont peuplées par des individus devenus très scientifiques et explorateurs, mais dans une société très normée.

Il existe aussi des planètes où les êtres intelligents ne sont pas humanoïdes et cela a un énorme impact sur leur sensibilité et leurs habitudes, leurs mœurs. Je suis allé, toujours lors d’une décorporation, sur une planète où les êtres ont une forme géométrique et qui vivent selon des mœurs qui sont totalement incompréhensibles pour un être humain. J’imagine donc mal qu’un être humain veuille se réincarner sur une planète où la façon d’exister sera aux antipodes de ses habitudes et aptitudes. Rien n’est impossible ou inconcevable, mais cela risque d’être très déstabilisant si ce choix est fait.

Ceci peut expliquer pourquoi il existe en fait des communautarismes dans la logique des réincarnations. Nous aurons tendance à faire des choix conformes à nos goûts et à nos aptitudes et cela n’est pas mauvais en soi.

On voit donc que c’est un sujet complexe car il peut être pris sous un versant positif et négatif en même temps. Il est positif de faire des choix conformes à nos aspirations et à nos aptitudes, mais il est négatif d’être tellement conditionné que tout est joué d’avance comme si nous étions esclaves d’un processus.

Car n’oublions pas que l’éveil véritable enseigné dans les authentiques spiritualités est l’accès à une liberté d’être hors des carcans illusoires et ce, quels que soient les mondes. Vivre toujours conditionné dans un corps (quelle que soit sa forme, sa taille, son aspect) alors que la réalité ultime de l’âme est largement supérieure à l’outil véhiculaire, est forcément soumis à une réalité correspondante et contraignante. Mais on peut choisir volontairement de telles contraintes si, par exemple, c’est par amour ou amitié envers un collectif d’autres âmes que nous faisons un tel choix.

Cela suscite réflexions car nous voyons sur Terre, la puissance du formatage sociétal. Rien n’interdit de penser que ce formatage ne puisse pas exister partout ailleurs, ne serait-ce que par la force des habitudes et des liens que nous tissons avec autrui.

Dans la littérature ufologique, on réalise que nous sommes tous d’origine extraterrestre à un moment donné de nos logiques de réincarnation. C’est évident puisque l’homme n’a pas toujours existé sur Terre et que, visiblement, nous n’étions pas les premiers à fouler le sol de cette planète (pensons aux géants, par exemple). On réalise aussi que pour la grande majorité d’entre-nous, la mémoire consciente des vies antérieures est effacée. Certains pensent que c’est le fruit d’une manipulation sur nos âmes et nos destinées. Mais on pourrait aussi se dire que si nous étions conscients de nos existences passées, notre vie présente pourrait devenir très difficile. Certains voudraient se venger de ce qu’ils ont subi, d’autres renouer avec leur dernière vie, etc. Imaginons que nous ayons vécu sur une planète où l’amour et l’harmonie règnent en parfait équilibre, la vie sur Terre serait chaque jour un supplice puisque nous pourrions comparer nos conditions de vie. Nous ne comprendrions pas l’intérêt de notre choix de vie présente qui, néanmoins, peut avoir une utilité profonde : par exemple, contribuer à éveiller les êtres humains endormis dans leurs mécanismes de répétitions. Par amour et compassion, on peut vouloir venir en aide aux autres. Par karma, cela peut même devenir une nécessité pour réparer, compenser des erreurs dans nos choix de vie passés. Il en va de même pour les vies antérieures négatives où l’âme a besoin de les oublier de sa mémoire consciente pour repartir du bon pied si elle le souhaite véritablement.

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Autre remarque qui va dans le même sens : beaucoup d’individus vivent de belles expériences hors du corps physique la nuit en rêvant. Au matin, ils rentrent dans leur corps physique, se réveillent et ne se souviennent de rien hormis de vagues impressions. Cette amnésie leur permet de ne pas avoir trop de nostalgie des autres mondes dimensionnels, de ne pas vouloir s’y réfugier. Pour beaucoup, au niveau décisionnel de l’âme qui peut vouloir créer des blocages, la difficulté de se décorporer vient de là. C’est du moins une des causes car cela dépend du caractère de chacun à gérer ces différences d’état très contrastés. Certains accepteront, d’autres souffriront de ces mémoires par nostalgie violente. Cette remarque est également valable en ce qui concerne les vies antérieures remémorées.

Car on aurait pu programmer l’espèce humaine pour rendre le voyage hors du corps très facile et très lucide. Or, tout a été fait pour le rendre difficile pour la majorité des gens et, de plus, qu’il soit rapidement effacé à l’esprit conscient. Ceci dit, si les êtres humains ont été à ce point bridés dans le potentiel de leurs facultés spirituelles, c’est peut-être qu’ils en faisaient mauvais usage – je pense par exemple à l’Atlantide et à sa chute (ce n’est pas un mythe car Platon tenait ce récit de Solon, un sage réputé et d’un enseignement en Égypte). Dans la Bible (Ancien Testament), on parle d’êtres humains, les patriarches, qui vivaient plusieurs centaines d’années sur plusieurs générations. C’était banal. Visiblement, il s’est passé quelque chose pour que la longévité de l’homme soit réajustée en dessous d’une centaine d’années. Ne vaut-il mieux pas qu’un tyran vive moins de cent ans plutôt que plusieurs centaines d’années surtout lorsque l’on voit que dans notre histoire planétaire, rien ne change fondamentalement au niveau des mœurs (la domination des uns sur les autres) ? Après tout, nous ne savons pas quelles étaient les raisons, justifiées ou non, de ces êtres qui sont intervenus sur notre génétique. Était-ce pour faire de nous des esclaves (une certaine interprétation de la Genèse biblique, les thèses de Zecharia Sitchin, etc.), ou bien parce que nous étions des esprits rebelles (la thèse de certains contactés ovnis suite à leurs échanges, ainsi que celle de la chute des anges dans diverses religions) ?

Au cours de notre réflexion, nous avons souvent indiqué « notion de karma mise à part ». À présent, il convient de la considérer. Le karma, qu’il soit négatif ou positif, va de toute façon programmer notre existence future, ou du moins proposer une option prédéterminée et ce afin de produire un rééquilibrage harmonieux (car le karma est une forme de justice et de résilience à l’échelle des existences successives). On voit donc que même si nous sommes libres à la base, nos libertés tendent à se réduire selon nos choix et leurs conséquences. Ce n’est donc pas pour rien que les spiritualités orientales enseignent le lâcher-prise et le détachement. Car sans cela, on entre dans des logiques dont il faut assumer ensuite les conséquences.

Pourquoi toutes ces réflexions ? Parce que certains enlevés découvrent que la Terre n’est pas leur planète de prédilection, qu’ils en ont une autre sous une ancienne incarnation. Ils seraient comme des touristes sur cette Terre. Cela est tout à fait possible, mais l’âme fondamentalement n’est pas forcément enchaînée à une histoire planétaire, quelle qu’elle soit, puisque sa nature véritable est hors de toute incarnation.

Si l’on passe 100 existences sur la planète X et 10 existences sur la planète Y, on se sentira dix fois moins Y que X. Dans certains récits d’enlevés-contactés, les habitants X viennent rechercher l’humain qui n’est pas à sa place sur Terre : la planète Y. Par exemple, dans le premier livre publié par Ardy Sixkiller Clarke :

« Quand je passerai de l’autre côté, ils viendront me chercher »

(Témoignage de Mary Winston, 87 ans en 2013, née à Kotzebue en Alaska in Ardy Sixkiller Clarke, Rencontres avec le peuple des étoiles, Atlantes, 2016, p. 191).

« Grand-mère Redbird s’éteignit dans son sommeil, deux jours avant son cent-unième anniversaire. (…) Elle [sa fille Pearl] me dit que la nuit où sa mère mourut, un vaisseau était venu, avait fait un cercle autour de la maison et s’était suspendu silencieusement avant de disparaître dans le ciel nocturne. (…) Pearl croyait que les Star People étaient venus pour emmener sa mère ».

Ardy Sixkiller Clarke, Rencontres avec le peuple des étoiles, p. 239.

On lui révèle qu’il est fondamentalement de la planète X et non pas de la planète Y. C’est vrai. Mais c’est également faux. Parce que 100 vies sur X, qu’est-ce que cela représente à l’échelle de l’éternité de l’âme ? En fait, ce sont encore des attachements (les habitants X envers l’un des leurs) qui se font jour à travers l’amnésie de notre esprit conscient. Et on réalise qu’il s’agit presque d’une manipulation dans la mesure où l’âme n’est ni X, ni Y, même si elle est passée par toutes ces coordonnées spatio-temporelles avec des attaches karmiques qui suivent derrière…

Le diagramme circulaire des réincarnations intégrales

On pourrait représenter pour chaque âme, une sorte de diagramme circulaire où l’on verrait la proportion statistique d’incarnations selon les planètes, les vaisseaux-villes, les autres dimensions, etc. Sans doute que certaines civilisations très évoluées ont accès à toutes ces mémoires pour constituer ces diagrammes personnels. Ces diagrammes pourraient permettre de comprendre que nous avons des liens innombrables avec des êtres très divers, des lieux également très divers et cela favoriserait encore mieux la compréhension de nos prédispositions au fil des vies. Parfois, les Expériences de Mort Imminente confirment d’ailleurs que nous avons des amis qui ne sont pourtant pas incarnés – amis que nous reconnaissons lors de ces expériences.

Les pourcentages très élevés pour le choix de la planète Terre, par exemple, pourraient expliquer pourquoi certains se sentent ici chez eux. En revanche, ceux qui en ont peu comparé aux autres pourcentages d’incarnations sur d’autres planètes, cela pourrait expliquer pourquoi ils se sentent étrangers à la Terre et aux mœurs terrestres. On comprendrait ainsi que ces sentiments sont relatifs et qu’ils sont bien plus complexes que ce que l’on peut imaginer. Et surtout, nous comprendrions le rôle exact de tous les choix de vies que nous avons faits. Ceci se passe sans doute lors du panoramique intégral après la mort physique (car lors des EMI ou « Expériences de Mort Imminente », le panoramique existentiel est souvent limité à la vie terrestre, ce qui est compréhensible puisque l’âme revient ensuite dans son corps physique et qu’il ne faut pas qu’elle soit totalement désorientée car pour la plupart, la découverte de l’après-vie est déjà un choc en soi). Pour beaucoup d’âmes, à condition de ne pas avoir généré un karma « lourd » (actes nuisibles à autrui, obsessions/attachements pour des caractéristiques terrestres), la Terre n’est en fait qu’une étape dans leur parcours, avec un avant et après très différent.

Tout ceci donne le vertige quand on comprend bien l’implication des réincarnations à l’échelle de l’Univers et non pas seulement de la Terre.

Avoir les clés de notre destinée nécessiterait d’accéder à la connaissance de cette roue de toutes nos incarnations et d’être conscient de toutes ces existences.

On réalise ainsi que seul l’Âtman, le plus haut niveau de notre Soi est réellement libre. Car il sait tout cela. Et il le sait de l’intérieur, par ses vécus. Ceux qui croient que l’Âtman est contraire aux enseignements du Bouddha peuvent lire L’Âtman-Brahman dans le Bouddhisme ancien (de Kamaleswar Bhattacharya). Ils verront que c’est une idée reçue et que c’est une certaine fausse vision de l’Âtman qui est critiquée, mais non sa réalité ultime. L’ouvrage en français de 1973 est épuisé, mais disponible en anglais (Canon Publications, 2015).

« L’Âtman est le meneur intérieur qui réside dans l’Univers, mais qui en est distinct, que l’Univers ne connaît pas. Toutes nos activités dérivent de lui. Il n’y a pas d’autre voyant que lui, pas d’autre entendant, pas d’autre pensant, pas d’autre connaissant. Cependant, lui-même demeure invisible, inaudible, impensable, inconnaissable. L’âtman est la lumière intérieure de l’homme. (…) Le Bouddha ne nie point cette réalité absolue, cette ‘sur-réalité de l’égo individuel’. Il ne fait que condamner l’opinion courante de son temps, qui identifie l’âtman avec cet égo individuel »

Kamaleswar Bhattacharya, L’Âtman-Brahman dans le bouddhisme ancien, École Française d’Extrême-Orient, Paris, 1973, pp. 8-9.

« L’Âtman qui est immatériel est la seule existence. Parce qu’il est immatériel, il ne peut pas être un composé, et parce qu’il n’est pas un composé, il n’obéit pas à la loi de la cause et de l’effet, par conséquent, il est immortel. Ce qui est immortel ne peut pas avoir de commencement, car tout ce qui a un commencement doit avoir une fin ».

Swami Vivekananda, Jnana Yoga : La voie de la connaissance, Discovery Publisher, 2015, Ch. XV, p. 219.

Si l’on n’accède pas à ce niveau intégral de tous nos vécus, on sera forcément dans une petite section de cette roue des réincarnations intégrales. Et nous aurons encore une illusion à subir. Nous nous croirons liés à la planète Y et nous sentirons en effet qu’elle nous est plus familière que la planète X. Autrement dit, nous serons encore conditionnés à un niveau métaphysique.

« Sache que ce qui a une forme est impermanent, mais ce qui n’en a pas est immuable. Par cet enseignement sur la Réalité, il n’y a pas de possibilité de renaissances »

(Soi : L’expérience de l’Absolu selon l’Ashtâvakra-Gîtâ, trad. J. Vigne, Accarias L’originel, 2007, p. 17).

Notre liberté est très relative si l’on n’a toujours pas la possibilité de revenir à la vraie Source spirituelle de notre essence éternelle. Peut-on même parler de « liberté » quand on ne bénéficie pas de la totalité consciente de notre être réel ?

En ce moment, on évoque beaucoup les possibles manipulations mentales de certains peuples E.T. dans un rapport de forces qui se joue ou se jouerait au-dessus de nos têtes. Mais il faut admettre que lorsqu’on lit les récits des nombreux contactés, il est très instructif de voir qu’ils n’ont aucun recul et adoptent immédiatement ce qu’on leur dit. Jimmy Guieu, par exemple, disait que les contactés étaient manipulés (car il avait tout de même vérifié qu’ils étaient de bonne foi pour un certain nombre en tous cas et qu’ils étaient vraiment en contact avec des phénomènes inexpliqués). Or, il est évident que tant que l’on n’est pas conscient de son Soi Âtman, rien n’est plus facile que de manipuler un humain en se servant d’une fraction de cette roue intégrale des réincarnations. C’est ainsi par exemple qu’un enlevé peut se croire foncièrement « Gris », « Reptilien », ou autre, parce que ces êtres ont sélectionné cette section utile dans les réminiscences possibles (cf. les livres de John Mack, par exemple, où ce schéma est assez fréquent dans les récits des enlevés). Certains ont parlé du « syndrome de Stockholm » les concernant, mais cela ne tient pas car ils ont eu une mémoire réactivée avec des souvenirs précis – ce qui entraîne de l’empathie, une sensibilité écologique et d’autres facultés de l’esprit… La manipulation est d’autant plus « parfaite » que c’est une vérité qui est mise à jour… une vérité partielle, très orientée bien sûr… car elle mériterait d’être replacée dans le contexte de la roue intégrale. Une intelligence supérieure pourra facilement manipuler un esprit humain qui est plongé dans une ignorance quasi totale de ce qu’il est réellement. La base de la manipulation : agir sur des êtres ignorants, c’est-à-dire non informés, peu conscients, confiants, idéalistes, etc. Il y a aussi un aveuglement propre à soi-même si l’on souhaite croire, développé ici.

Conclusion

Voilà comment, par exemple, on peut intégrer les spiritualités authentiques dans ce vaste panorama ufologique mondial, comment on peut comprendre la nécessité de ne pas confondre « anges » et « extraterrestres ». Quand on remarque que la plupart des contactés nous disent que l’éveil spirituel dépend des technologies fantastiques et bluffantes dont ils ont été les témoins, il y a là un aveu que « quelque chose cloche ».

Notre essence spirituelle a-t-elle besoin de technologies ? Beaucoup de yogis ont réussi à s’accomplir sans avoir eu besoin de technologies high-tech. Mais ce n’était et ce n’est certes pas avec un yoga édulcoré réduit à de la simple gymnastique. L’esprit et le corps étaient sollicités par de nombreuses visualisations et études des textes sacrés. Néanmoins, il est possible que cette science du yoga qui joint l’esprit et le corps viennent d’autres civilisations (les textes sanskrits anciens relatant l’existence de Vimanas – des sortes de palais volants – et également de déités à la peau bleue). Néanmoins, certains hindous disent que leur peau n’était pas bleue (ce serait une invention des artistes, donc avec une couleur purement symbolique), mais « gris ardoise« , c’est-à-dire comme « des nuages par temps d’orage », les Védas utilisant cette expression littérale (neela megha shyama). La grande connaissance des nadis (méridiens connus en acupuncture) et des chakras pose en effet question car l’ésotérisme occidental n’a fait que reprendre ce patrimoine légué à l’humanité. Cela pose question car il s’agit là d’un mécanisme invisible propre à un autre plan d’existence. Certes, on pourrait rétorquer que les yogis sont des rishis : des voyants. Mais les textes anciens sont explicites : les dieux ont été des civilisateurs (ainsi que des guerriers). D’une certaine façon, les textes anciens à la base des diverses religions disent la même chose avec des mots différents. Mais ceci démontre que science et spiritualité peuvent converger, qu’elles ne s’opposent pas forcément et qu’elles ne sont pas nécessairement dépendantes l’une de l’autre.

« L’ère Covid » nous aura démontré la quasi omnipotence scientifique sur les masses et les pouvoirs politiques. Il est certain que les civilisations plus avancées que la nôtre ont des technologies scientifiques fascinantes étant donné ce qu’elles permettent. Mais on constate aussi que « science » et « spiritualité » sont parfois aux antipodes l’une de l’autre comme si le cauchemar terrestre actuel pouvait être surdimensionné à l’échelle d’autres civilisations. Sommes-nous si pressés de les rejoindre si nous ne sommes pas encore très conscients de ce qu’est notre véritable essence spirituelle ? À une époque où l’imaginaire s’emballe sur ce sujet controversé avec des positions extrêmes positives et négatives, il nous faudra nécessairement approfondir nos réflexions.

Autonomie et dépendance spirituelle

« Ne mets pas de tête au-dessus de ta tête » enseignait le Bouddha. Jésus exprime une pensée analogue en expliquant qu’il pourrait représenter un obstacle si nous n’avons pas la Foi en nous-mêmes. Les authentiques maîtres éveillés n’étant plus dépendants de leur égo, reconduisent systématiquement chacun à son propre éveil intérieur, son propre Soi éternel, sa propre lumière ou sagesse. Car si nous ne cessons de chercher à l’extérieur, quand trouverons-nous ce qui se trouve à l’intérieur ?

« Jésus nous dit : ‘Si ceux qui vous guident, vous disent : voici, le Royaume est dans le Ciel. Alors, les oiseaux vous devanceront ! Mais le Royaume, il est le dedans et le dehors de vous’ (logion 3). Il s’agit de chercher en soi ce que, jusqu’à présent, nous pensions trouver dans un futur et un ailleurs » (Émile Gillabert, Jésus et la Gnose, Dervy, Paris, 1981, p. 204).

« Jésus a dit : Je suis la Lumière qui est sur eux tous. Je suis le Tout. Le Tout est sorti de moi et le Tout est parvenu à moi. Fendez du bois : je suis là. Levez la pierre : vous me trouverez là » (logion 77 in Évangile selon Thomas, Dervy, Paris, 1994, p. 59).

Dans les sectes (au sens actuel du terme), c’est le contraire : le faux gourou ne cesse de rappeler qu’il est plus important que tout, que ses disciples sont imparfaits et doivent se soumettre à ses pensées, ses désirs, ses quatre volontés. Mais nous retrouvons ce phénomène sectaire dans beaucoup de situations de la vie courante lorsque les gros égos rabaissent les autres. Il existe, de ce fait, un conditionnement chez beaucoup, de croire qu’il n’y a rien de valable en soi-même et que la sagesse, la lumière, la voie à suivre ne peut être qu’ailleurs, à l’extérieur, en un individu bien particulier qui a la reconnaissance d’un grand nombre. Dès lors, ce sont nos conditionnements qui créent, qui renforcent les phénomènes sectaires. Car pourquoi chercher chez autrui ce que nous avons en nous-mêmes ? Les authentiques maîtres éveillés sont des libérateurs : ils nous libèrent aussi d’eux-mêmes.

« Vous avez visité des royaumes par centaines de milliers et honorés les bouddhas d’offrandes suprêmes. Votre sagesse est libre ; à rien, elle ne s’attache : jamais, elle ne donnera dans une idée comme ‘mon royaume de bouddha‘ » (Soûtra des Dix Terres : Dashabhûmika, Fayard, 2004, p. 142).

Il est important de comprendre nos conditionnements. Car l’éveil recherché dépend autant du « faire », que du « défaire ». Chez certains éveillés, l’accent est même mis, beaucoup plus, sur le « défaire ». Pour Plotin, par exemple, il nous exhorte à « sculpter notre âme » comme on sculpte une statue : lui ôter tout ce qui est imparfait, grossier, pesant et inutile.

« Rentre en toi-même et examine-toi. Si tu n’y trouves pas encore la beauté, fais comme l’artiste qui retranche, enlève, polit, épure, jusqu’à ce qu’il ait orné sa statue de tous les traits de la beauté. Retranche ainsi de ton âme tout ce qui est superflu, redresse ce qui n’est point droit, purifie et illumine ce qui est ténébreux, et ne cesse pas de perfectionner ta statue jusqu’à ce que la vertu brille à tes yeux de sa divine lumière, jusqu’à ce que tu voies la tempérance assise en ton sein dans sa sainte pureté. Quand tu auras acquis cette perfection, que tu la verras en toi, que tu habiteras pur avec toi-même, que tu ne rencontreras plus en toi aucun obstacle qui t’empêche d’être un… » (Plotin, Première Ennéade, Livre 6, 9).

Plus on se déleste, plus on est léger. Faire et se défaire revient au même, au final. Dans le karma yoga, où le faire consiste à être altruiste tout en étant dans la conscience de l’Unité en toute chose, il y a, implicitement, le défaire de l’égo – celui qui veut tout retenir pour lui-même. Quand faire et défaire se rejoignent, nous parvenons véritablement à évoluer.

« Si le Dao [ou Tao] est la racine [gen] à partir de laquelle fleurit toute chose, s’unir au Dao va demander de libérer toutes nos ressources pour cette quête de retour vers l’unité primordiale en simplifiant notre vie. Ce retour est celui à l’état dans lequel nous étions avant de naître. Le développement du sage qui souhaiterait opérer cette unité est par conséquent « inverse » à celui que l’homme du commun suit dans sa vie. C’est comme si l’homme se devait de « désapprendre » ce qui a pourtant participé à le construire, pour retrouver la nature du Dao [dao xing] » (Sanyuan, DAO : À la découverte de la culture Taoïste, Sides-Ima, 2005, p. 19).

Bien qu’athée, le philosophe Jacques Derrida (féru de psychanalyse) est allé très loin en mettant en œuvre le « défaire » et le refaire autrement, qu’il a nommé « déconstruction« . Il a libéré bien des nœuds, des blocages dans la pensée philosophique, en raisonnant autrement, « dans les marges ». Ceci est l’illustration de la puissance, de la portée du « défaire ». L’enfant qui démonte pour remonter, défait ; en défaisant, il comprend. Un sportif décompose un mouvement pour bien l’assimiler, d’une certaine façon, décomposer revient à défaire (ralentir la vitesse, par exemple). Il en va de même pour un musicien interprète qui, pour mieux jouer un passage difficile ou virtuose, va le ralentir.

Bien entendu, tous, nous pouvons être fascinés par l’extérieur ou par des êtres exceptionnels. Mais nous ne devons jamais oublier que chacun reflète la même essence spirituelle qui baigne le grand Tout. Il n’empêche qu’étant tous différents, nous exprimerons des nuances, des aspects, voire des qualités qui se distingueront. Mais ces distinctions, en réalité, ne sont pas importantes. Ce qui est essentiel : nous l’avons tous, le partageons tous et nous pouvons tous l’exprimer, à notre façon.

C’est la raison pour laquelle il est important de méditer afin de trouver en soi-même ce que nous recherchons à l’extérieur. Si nous ne méditons pas, nous courons le risque d’être fascinés par la croyance que nous sommes misérables, peu intéressants, dénués d’intérêt et que quelqu’un ou quelque chose est le but à atteindre, hors de nous-mêmes. Mais attention, chercher en soi-même n’est pas une démarche propre à l’égo : car ce que nous trouvons en nous-mêmes est la même chose que ce qui est en autrui, la même chose que ce qui est partout. En somme, cela revient à dire que l‘exceptionnel existe partout. Il n’y a donc pas lieu de s’illusionner par un « effet loupe » sur quelque chose ou quelqu’un.

Par conséquent, nous comprenons que l’Amour véritable n’est pas un attachement de dépendance, la croyance que nous ne valons rien par nous-mêmes et que l’autre est celui qui compte, le seul être d’importance. Ce genre d’amour est générateur de souffrances car il reflète une double illusion : sur ce que nous sommes véritablement en notre essence pure et sur le fait que chacun a ses propres limites dans son parcours évolutif. L’Amour authentique est beaucoup plus dans un esprit de partage avec la compréhension que chacun a de la valeur et mérite le même respect.

Certains pensent qu’il vaut mieux suivre toute sa vie un maître éclairé, apprendre à son contact. Pourquoi pas ? Les sages ne serviraient à rien s’ils n’étaient jamais suivis et écoutés. Mais c’est aussi la plus sûre façon de passer à côté de sa propre richesse intérieure et d’une véritable Libération. Car croire que l’Éveil dépend de quelqu’un d’autre que de soi-même est une terrible illusion. Nous pouvons perdre de nombreuses existences à agir ainsi en se fuyant soi-même dans autrui. Il nous faut donc défaire nos attachements pour tout ce qui nous éloigne de la Source intérieure. Si nous existons, c’est que nous avons aussi une Source intérieure.

« Dans la Shvetâshvâtara Upanishad, nous lisons : ‘Sache que la Nature est Māyā et que Celui qui gouverne cette Māyā est le Seigneur Lui-même' » (Swâmi Vivekânanda, Jnâna-Yoga, Albin Michel, 1972, p. 52).

« Le terme de Mâyâ (traduit la plupart du temps, à tort, comme « illusion ») exprime cet indéfinissable mélange d’Existence et de Non-existence qui est la Manifestation » (Swâmi Siddhéswarananda, Quelques aspects de la philosophie Védantique, Adrien Maisonneuve, Paris, 1967, p. 26).

Descartes avait réussi à démontrer que même si tout est illusoire, même si nous pouvons douter de tout, que ce que nous prenons pour la réalité pourrait n’être qu’un songe, un artifice, une « Māyā » telle qu’enseignée dans le bouddhisme et l’hindouïsme, dans ce doute hyperbolique qui en arrive même à remettre en question l’égo – le petit soi mondain -, il n’empêche que si l’on se sait douter, nous ne pouvons pas douter que nous doutons et, dans ce redoublement, nous constatons un point fermement assuré : nous existons forcément. Il y a forcément de l’être pour douter de tout... Il y a forcément une conscience pour qu’elle s’interroge. C’est cela le véritable sens de « je pense, donc je suis ». On pourrait le dire autrement : « il y a de l’être ou de la conscience en amont de tous les phénomènes de pensées, doute compris« . Étonnamment, beaucoup ne comprennent toujours pas la pensée de Descartes, même dans le domaine de la spiritualité. Ce n’est pas que Descartes inversait les choses, c’est qu’il voulait parvenir à vérifier si l’on pouvait aller plus loin que douter de la réalité de toute chose… ce que font certains bouddhistes qui en arrivent à croire que rien n’existe, eux-mêmes compris. Mais pour pouvoir expérimenter le vide ou bien l’interdépendance de toute chose (la vacuité), il faut nécessairement qu’il y ait une conscience, un être.

« La Réalité demeure par delà toutes les choses du monde empirique ; c’est la base sur laquelle repose l’ensemble des apparences. Il ne conviendrait pas de voir là une simple assertion car le « sujet pensant » qui est en chacun de nous, ne diffère en rien de cette Réalité. Nous en avons d’ailleurs la certitude immédiate et, au surplus, nous l’affirmons encore à l’instant même où nous le nions. Ainsi que l’explication en a déjà été donnée, cette Réalité est, à la fois, la Conscience infinie qui implique toute connaissance empirique et l’Existence infinie que suppose toute existence finie » (Comment discriminer le spectateur du spectacle ?, trad. M. Sauton, Jean Maisonneuve Successeur, Paris, 1977, p. LXIII).

Bien entendu, toute cette confusion vient du mental et de l’égo, et il est vrai que Descartes n’est pas allé jusqu’à distinguer, comme les hindous, le Soi éternel de l’égo qui pense. Mais il n’a pas fait d’erreur pour autant car dans sa réflexion, l’égo n’était plus « la petite personne du monde » puisqu’il remettait tout en cause dans son doute comme si le monde pouvait n’être qu’un rêve. Descartes a accompli « le défaire radical » et de ce « défaire », il en est ressorti, en pleine lumière, la certitude de l’être. Mais cela reste de la philosophie.

Nous pourrions aussi faire un détour du côté de la psychanalyse car nous projetons ce que nous sommes sur autrui. Si nous jugeons qu’untel est admirable car il est éveillé, que nous voulons le suivre, l’écouter, apprendre de lui, n’est-ce pas parce que nous nous reconnaissons en lui, ce qui est déjà en nous ? Car comment pourrions-nous reconnaître de la valeur en lui, si nous ne savions rien, strictement rien, de cette valeur ? Ceux qui ne comprennent pas la valeur de quelqu’un ou quelque chose, passent leur chemin ! Il s’agit donc d’un phénomène inconscient : nous recherchons en autrui ce que nous sommes déjà nous-mêmes à l’état latent, inconscient. L’autre devient miroir, en quelque sorte. Il y a donc un paradoxe de vouloir rechercher l’Éveil tant désiré chez des êtres éveillés, sans comprendre que ce processus ne peut jaillir qu’au cœur de notre conscience. Le paradoxe est qu’il y a là une illusion comme avec le rêve douteux de Descartes. Si nous donnons une réalité à ces illusions, c’est qu’il existe un auteur derrière cela. Il en va de même des rêves nocturnes, tout est illusoire, mais sur le désir de qui ?

En fait, Descartes combat le nihilisme puisqu’il assure l’existence véritable de l’être qui doute et s’interroge, puis se sait penser. La vacuité, si elle est expérimentée, c’est qu’il y a nécessairement de l’être. Le non-être ne peut pas expérimenter la vacuité. Il ne peut pas douter non plus.

« Pour affirmer que rien n’existe, on doit être conscient de la non-existence qui implique nécessairement l’existence de ce qui est conscient d’une telle pensée. Mais nous ne pouvons concevoir la non-existence de notre propre conscience et, par conséquent, il est impossible de soutenir la théorie du nihilisme intégral, c’est-à-dire la Non-Existence Absolue » (Swâmi Siddhéswarananda, Quelques aspects de la philosophie Védantique, op. cit., p. 187).

Où est le fond du problème ? C’est que l’Être en projetant son rêve, sa création, son monde relatif, l’habite de l’intérieur aussi. Il est comme double : auteur et acteur en même temps. Et l’acteur se prend au jeu. Puis l’acteur oublie l’auteur.

Certains disent alors que l’acteur n’est pas réel. En effet, il peut changer de rôle, de vie en vie. D’autres disent que ni l’acteur, ni l’auteur ne sont réels. Mais ils vont alors trop loin car s’il n’y avait rien, ni acteur, ni auteur, il n’y aurait même plus d’illusions pour se faire prendre au jeu, à notre propre jeu. Descartes, par sa seule philosophie, démontre une vérité indubitable : la certitude de l’Être dont la pensée, le doute, le raisonnement est périphérique. Descartes ne fait que remonter petit à petit jusqu’au Principe premier (non pas comme un matérialiste puisqu’il était croyant et plaçait Dieu dans ce principe premier). S’il y a de l’Être en chacun de nous, alors nous avons raison de nous faire confiance et de rechercher cette racine primordiale en nous-mêmes. Nous pouvons aussi rechercher en autrui cette racine première, mais cela ne doit pas nous éloigner, par la même occasion, de nous-mêmes, de notre propre source commune.

Bref, aucun maître éveillé ne doit devenir une ombre épaisse sur notre propre lumière intérieure. Il y a une différence entre semer les germes de l’Éveil dans une terre favorable et installer une chappe de plomp dessus. La différence entre vrai et faux gourou se tient là : le premier stimule, favorise l’Éveil et sait s’effacer lorsqu’il le faut, le second est l’obstacle à l’éveil collectif car il ne voit et ne juge que par lui-même. Le premier enseigne la vérité universelle présente en chacun de nous, le second enseigne sa vérité contre toutes les autres et tous les autres, jugés ennemis ou hérétiques – la paranoïa étant souvent de la partie dans la surenchère de l’égo. Mais un vrai gourou ou maître spirituel est aussi conscient que, malgré lui et par amour pour lui, certains sont si fascinés qu’ils s’en oublient eux-mêmes. Il peut donc constituer un obstacle : « Ne mets pas de tête au-dessus de ta tête« .

« Jésus a dit : Celui qui connaît le Tout, s’il est privé de lui-même, est privé du Tout » (logion 67 in Évangile selon Thomas, Dervy, 1994, p. 56).

« C’est à vous maintenant de faire effort : les trouveurs de vérité ne peuvent que prêcher la Voie. Ceux qui se concentrent et méditent sur la Voie se libèrent eux-mêmes des chaînes de Mâra – le souverain du périssable » (Paroles du Bouddha in Guy Serraf, Dhammapada, Louise Courteau, 1988, p. 110).

Autre traduction, de Jeanne Schut :

« C’est à toi de faire l’effort d’avancer. Le Bouddha ne peut que te montrer la Voie. Les pratiquants, dans leur contemplation, absorbés, des liens de Mâra, sont libérés » (Jeanne Schut, Les plus belles paroles du Bouddha : Les versets du Dhammapada, Sully, 2011, p. 116).

« Le premier précepte de l’Ordre de l’Interdépendance des êtres évoque ainsi cet esprit : ‘Ne soyez pas idolâtres, ne vous attachez pas aux doctrines, aux théories et aux idéologies, fussent-elles bouddhistes. Les systèmes de pensées bouddhistes sont des moyens destinés à vous guider et non la vérité absolue‘ » (Thich Nhat Hanh, Le silence foudroyant, Albin Michel, 1997, 2016, p. 63).