Suspension/projection aérosole

Définition du terme « aérosol« 

Lorsqu’on voit des gens serrés les uns aux autres ou en face les uns des autres sans masques, sans lunettes, sans protection, c’est qu’ils ne sont pas encore familiers avec le concept scientifique d' »aérosol ». Le quiproquo provient des appareils que l’on nommait ainsi, fut un temps, qui se nomment aujourd’hui « nébuliseurs » ou « brumisateurs ». Tentons de clarifier les choses : un aérosol n’est plus un appareil de propulsion de gaz (ou pas uniquement car l’usage a encore cours), mais la description d’une sustentation dans l’air de particules qui peuvent rejoindre ensuite le sol, soit « air-sol ». Par « aérosol », il faut comprendre « air-sol », ce qui est projeté dans le milieu ambiant.

Le SARS-CoV-2 étant très petit (d’un diamètre compris entre entre 60 et 140 nm (nm = nanomètre ; un nanomètre est un millième de millimètre), il n’est plus tellement attiré par la force d’attraction terrestre : il reste en sustentation dans l’air. Les pollens visibles à l’œil nu nous donnent une idée de ce qui se passe : le vent les emmène facilement car ils sont très légers. Donc, tous ceux qui s’imaginent que le SARS-CoV-2 serait comme une boule de pétanque qui tomberait pile, exactement à 1 mètre de soi avec marquage au sol, sont hélas loin de la réalité. À cette échelle, le virus peut aussi bien être projeté au loin, très rapidement, que rester en sustentation « aérosole » pendant 3 heures selon diverses études scientifiques.

Projection et sustentation

À présent, il faut connaître ces études scientifiques pour mieux évaluer les risques car le virus ne respecte pas le 1 mètre de distance de nos représentations idéales qui restent purement symboliques. Diverses études scientifiques dont une publiée dans le New England Journal of Medicine. ont établi que la suspension aérosole était de 3 heures en milieu confiné (c’est-à-dire dans les espaces clos), et qu’au niveau des projections, ce n’est pas 1 mètre, mais plusieurs mètres qui sont parcourus. Lydia Bourouiba, professeure au MIT (Massachussets Institute of Technology), a annoncé « 23 to 27 feet« , soit de 7 à 8 mètres.

Bien sûr, il y aura toujours des gens pour contester ces études – ne nous avait-on pas dit que le port du masque ne servait à rien si l’on n’était pas malade – propos tenus par de grands spécialistes ? La prudence est sans nul doute le port d’un masque à la norme FFP2/N95/KN95 car tant la suspension aérosole dans tout espace confiné, que les projections sont des sources de contamination possible.

Une image vaut mieux que mille mots. Voici une vidéo, réalisée par « Science Friday » (en anglais) qui donne un bon visuel pour comprendre ces projections et ces suspensions aérosoles. On y retrouve le Dr Lidya Bourouiba du MIT. Sortez couverts et de préférence avec des masques dont l’efficacité est prouvée !