Incarnation et but(s) de vie

La roue de « l’éternel retour » qui est dans nos mains (roue du Samsara)

Lorsque petit à petit, nous nous éveillons, par exemple en comprenant qu’une Expérience de Mort Imminente, ou bien une décorporation nous dévoilent que la vie terrestre n’est qu’une étape à l’échelle de l’âme, nous pouvons nous demander « pourquoi suis-je ici » ?

Nous comprenons aussi que l’égo – l’identité associée au corps physique – n’est qu’un rôle joué avec un début et une fin, tel un acteur qui a fini sa représentation lorsqu’il quitte la scène du monde.

« Pourquoi suis-je ici », l’acteur saura y répondre. Il a voulu incarner, représenter quelque chose qui, à ses yeux, avait ou a de la valeur. Sinon pourquoi perdre son temps à apprendre, à réciter, à répéter, à jouer, à « incarner » ? Tout ceci représente beaucoup d’énergie dépensée. Il en va de même pour nous tous. À nos yeux, il y a une nécessité d’être ce que nous sommes et de « jouer notre rôle ». Il se trouve que chacun a des talents, des prédispositions, des capacités dans l’infinité des richesses de l’Être. Mais il faut du temps, parfois, pour le découvrir, le comprendre, le cerner. Nos aptitudes, nos qualités donnent du sens à nos actions. Lorsqu’un acteur veut jouer un rôle, c’est souvent qu’il sent, qu’il sait ce qu’il peut apporter. Il veut se faire plaisir aussi. On oublie souvent la dimension « joie » dans notre but de vie. Pourquoi ?

Parce que, comme le dit Platon, l’âme oublie tout lors de son incarnation (Ménon, 81 c-d : sur la nécessité de la réminiscence – ainsi que d’autres dialogues, notamment avec Er de Pamphylie dans République, Livre X). Elle peut même oublier son rôle, son but, la raison de son choix d’exister ici et maintenant. Ce phénomène d’oubli des connaissances lors de la vie de l’âme a aussi été rapporté lors des Expériences de Mort Imminentes (EMI), notamment par le Dr Raymond Moody :

« Cela s’est produit, je crois, tout de suite après le passage en revue de ma vie passée. J’ai eu tout à coup la sensation de posséder la connaissance de toutes choses – de tout ce qui avait eu lieu depuis le commencement du monde et de tout ce qui allait avoir lieu indéfiniment. Il m’a semblé pendant une seconde que j’avais accès aux secrets de tous les temps, à la signification de l’univers, les étoiles, la lune, enfin, tout. Mais dès l’instant où j’ai choisi de revenir à la vie [terrestre], ce savoir m’a échappé et je n’en ai rien retenu. Quand j’ai pris la décision, je crois bien avoir été prévenue de ce que je ne conserverais pas la connaissance. (…) Et cette impression de savoir absolu a disparu dès que je suis retournée à mon corps » (Dr Raymond Moody, Lumières nouvelles sur la vie après la vie, Robert Laffont, Paris, 1978, pp. 46-47).

Cet oubli est une façon de se « réécrire » – tout en sachant que nos acquis (emmagasinés de vie en vie) sont bien réels et sous-jacents à tout ce que nous faisons. Nous nous ouvrons ainsi à l’inédit. Cet inédit offre la garantie de L’INTÉRÊT RÉEL DE VIVRE CETTE VIE PRÉSENTE. C’est le vrai sens de L’AVENTURE. L’âme s’aventure, prend un risque, « tente le coup ». Si tout était déjà joué d’avance, à quoi bon ? Il n’y aurait plus d’enjeu. Si « les grandes lignes » sont sans doute écrites et prévisibles, chaque action entraînant des conséquences, il n’en demeure pas moins que notre libre arbitre permet de faire des choix. Or nos choix peuvent faire toute la différence.

Ulluriaq.com ne défend aucune spiritualité en particulier. Pourquoi voudrions-nous défendre « quatre murs » ? Les façons de nous libérer sont multiples, innombrables. Et cette attitude nous empêche de dire « la Vérité est ici et nulle part ailleurs ». Plus nous mettrons de frontières en notre esprit, et plus nous les vivrons car NOUS CRÉONS EN PERMANENCE NOS TERRAINS D’EXPÉRIMENTATIONS. En venant sur Terre, nous avons délimité un espace de vie. Et nous œuvrons dans cet espace ensuite. Mentalement, c’est la même chose : si nous nous disons « moi, je suis comme ceci et pas comme cela », nous avons construit la limite de notre personnage. Mais cette croyance n’est qu’un jeu, un conditionnement. Tout comme l’acteur qui a posé ses repères au sol sur la scène.

Plus nous nous conditionnons et plus difficile est notre sentiment de liberté. Parvenu à un certain point, cela devient même éprouvant. Néanmoins, pour un artiste, les limites sont des défis intéressants car elles restreignent les choix infinis de la création. Dans un choix restreint, les décisions sont souvent les bonnes et l’art produit en acquiert de la valeur. Le public comprend cela et le respecte : dans un cadre restreint de choix, l’artiste s’est adapté de cette façon. L’action, ainsi, devient de moins en moins « gratuite ». Elle devient « réponse adaptée » et l’œuvre d’art est jugée intéressante car pertinente.

Notre but d’incarnation est souvent d’apporter une « réponse adaptée« . Elle est adaptée car elle est créée par ce que nous sommes avec nos aptitudes, nos qualités, notre valeur. Elle est adaptée à une époque, un contexte, un problème, une société, peu importe. Nous sommes comme cet acteur qui sait jouer son rôle du mieux dont il est capable.

Chaque individu sur Terre incarne un rôle, qu’il en soit conscient ou pas. Ceci est valable pour toute planète habitée. Mais il y a une différence certaine entre ceux qui sont conscients de jouer un rôle – avec un début et une fin – et ceux qui jouent leur rôle en étant si confus qu’ils se sentent égarés. Ils seraient comme des figurants sur la scène sans comprendre ce qu’ils font exactement. Sans doute passent-ils à côté de quelque chose… du but de leur vie. Les planètes évoluées sont les endroits où les âmes savent ce qu’elles font – raison pour laquelle elles coopèrent harmonieusement dans des buts utiles à l’intérêt de chacun. Chacun sait qu’il a une place utile, chacun est responsable. Et la vie peut être belle car l’harmonie est recherchée et maintenue. La violence devient une réponse stupide car inadaptée, « un aveuglement de l’âme ».

En revanche, sur les planètes « jeunes », tout est possible, le meilleur comme le pire. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’enjeux à défendre. Il y en a au contraire beaucoup, par exemple, favoriser l’éveil spirituel des gens, contribuer au respect de la nature ou l’environnement, faire en sorte qu’il y ait moins d’injustices, moins d’abus, etc. Certains travaillent pour créer du désordre, du chaos, d’autres travaillent pour recréer de l’ordre, de l’harmonie, de la beauté, de l’épanouissement. Ces lieux de vie sont évidemment plus laborieux, plus difficiles, plus pénibles car il n’y a pas d’éveil collectif pour que chacun travaille à un but commun, dans la paix, la volonté, l’engagement, la compréhension. Des enjeux, nous pouvons en trouver partout. L’Être est Vie : l’Être est utile, l’Être est solution – le début et la fin de toute chose, l’alpha et l’omega. Il est d’autant plus utile quand les égos n’ont plus conscience de leur origine commune. Si l’on parle d' »éveil », c’est parce que la plupart vivent endormis. La mort constitue alors une espèce d’éveil pour eux. Avant qu’ils se réendorment dans d’autres vies incarnées. D’une certaine façon, les endormis vivent comme des ombres, au lieu de rayonner en partageant tout ce qu’ils peuvent faire pour améliorer un contexte de vie. Le monde est ce que nous en faisons, tous, collectivement.

Dans cet Amour infini qui rayonne dans l’Être, il n’y a pas de « sotte incarnation » – comme l’on dit qu’il n’y a pas « de sot métier ». Lorsque Jésus dit porter autant, voire plus d’intérêt à la centième brebis égaré, plutôt qu’aux 99 autres retrouvées, c’est qu’il y a du sens – un rôle à jouer – envers celui qui souffre et se sent perdu.

Logion 107

« Jésus a dit : Le Royaume est comparable à un berger qui avait cent moutons. L’en d’entre eux, le plus gros, disparut. Il laissa les quatre-vingt-dix-neuf, il chercha l’un jusqu’à ce qui l’eut trouvé. Après l’épreuve, il dit au mouton : ‘Je te veux plus que les quatre-vingt-dix-neuf’« . (Évangile selon Thomas, Dervy, 1994, p. 69).

Le Bouddha a des propos similaires au nom de la compassion (c’est-à-dire ne pas penser qu’à sa seule délivrance ou béatitude). En fait, c’est devenu une tradition pour les bouddhas, en général, c’est-à-dire les « éveillés ».

« Dans le bouddhisme, surtout dans la tradition mahayana, on enseigne que le bien suprême est d’aider les autres êtres vivants. C’est ce qu’illustre le bodhisattva, personne qui s’efforce d’atteindre l’état du pur et parfait éveil pour le bien de tous les êtres sensibles. De nombreux écrits nous disent qu’un bodhisattva ne doit pas hésiter à employer n’importe quelle méthode permettant d’adopter aux autres un bonheur relatif ou ultime » (Jamgon Mipham, Le MO de Manjushri, IFS, Bruxelles, 2014, p. 9).

« Tu as, pour toi, éteins le feu des émotions négatives, mais les mondes brûlent dans les flammes de l’erreur. Rappelle-toi ton vœu fondamental, celui de sauver tous les êtres, et permets-leur de cultiver les causes de leur progressions vers la Liberté ! » (Soûtra des Dix Terres : Dashabhûmika, Fayard, 2004, p. 178).

« Hallucinés, ballotés, égarés sans espoir de retour, les êtres sont trop misérables : je dois les sauver tous ! » (Idem, p. 120).

Nous incarner revient À JOUER UN RÔLE EN SOCIÉTÉ. De toute façon, tous nous jouons un rôle dès que nous agissons, et tous nous exerçons une influence autour de nous. Mais il y a ceux qui savent ce qu’ils font et le font du mieux qu’ils peuvent, et les autres.

« Incarnation » signifie au niveau de l’étymologie latine (in carnatio), « entrer dans la chair » du corps physique, donc dans une dimension corporelle avec un contexte spatio-temporel choisi. Mais cela signifie aussi « prendre un rôle », « prendre un je », un « égo », adopter « une histoire » familiale, sociale, historique. Nous incarner revient à nous insérer dans une trame : À Y PRENDRE PART. Prendre part à une histoire, prendre part au monde, c’est en soi, quelque chose de noble, d’utile, d’important. Si tout est interdépendant, chacun d’entre-nous est UN MAILLON de cette chaîne.

La société matérialiste tente de nous faire croire que nous ne sommes que des numéros, des unités remplaçables, ce qui génère beaucoup d’indifférence les uns envers les autres. Si nous nous plaçons dans le registre de l’art, nous voyons que les artistes sont irremplaçables : chacun a montré et démontre une personnalité, un style, un génie particulier. On ne remplace pas un grand artiste. On le célèbre, voire on le redécouvre à sa juste valeur avec le temps. Il en va de même des génies scientifiques qui ont apporté une importante contribution par leurs intuitions, leurs découvertes ou leurs démonstrations. Il en va de même des grands maîtres en spiritualité dont certains ont fait des synthèses constructives, ou bien des analyses, voire ont éclairé sous un nouveau jour certaines sagesses. En fait, si nous pouvions croire en nous-mêmes, nous donnerions le meilleur de nous-mêmes quel que soit le domaine d’activité utile à la société.

Ceci démontre que l’égo « n’est pas une tare ». L’égo n’est pas une tare de l’Être. Aucun être ne peut s’incarner sans avoir un égo. Si « le Tout » se fait « je », c’est que cela a du sens – pour une raison ou pour une autre. Le problème n’est pas l’égo en soi, c’est l’égo retranché de la conscience globale de sa source, sa provenance, autrement dit, l’égo inconscient ou ignorant.

Nous avons donc tous un rôle à jouer et cette incarnation présente PEUT AVOIR UN SENS. Quel sens ? Celui d’être utile selon nos prédispositions, nos capacités, nos aptitudes, nos inclinations. L’égo n’est pas à considérer comme étant « le mal ». Seuls l’ignorance, l’aveuglement, l’entêtement sont des maux. Si nous décrétons que l’égo est mauvais en soi, alors cela revient à nier NOTRE RÔLE À JOUER DANS CETTE VIE PRÉSENTE. Cela devient insensé. On ne peut réaliser l’Être en niant son être. La feuille de l’arbre n’a pas besoin de se nier pour reconnaître la réalité de l’arbre. Elle en fait partie, comme les autres feuilles.

La société matérialiste nie notre importance en tant qu’individu, la spiritualité ne doit pas nier notre rôle singulier. Si nous passons notre temps à nous nier, à quoi sert donc cette vie présente ?

Cependant, s’incarner ne doit pas devenir « s’oublier dans la matière » : s’oublier dans un corps de chair, dans un plan physique matériel avec des obsessions de possessions matérielles. S’incarner ne doit pas sombrer dans une sorte d’esclavage ou de dépendance. Un bon acteur doit rester libre de ses rôles et ne pas se confondre avec eux. Ou alors il sombre dans une pathologie, une fantasmagorie. C’est la fantasmagorie de l’égo qui est dangereuse. Car sa fantasmagorie est comparable à un songe : il est faux, n’a pas de réalité autre qu’apparente.

Nous le voyons : tout se joue dans la conscience. Sommes-nous conscients de ce que nous faisons ? de pourquoi nous agissons ainsi ? Sommes-nous conscients de ce que nous sommes ? Sommes-nous conscients des buts sains et altruistes qui sont nécessaires à chacun et importants à accomplir ? Car être éveillé, ce n’est pas laisser la destruction et la souffrance opérer devant nos yeux distraits. Ce n’est pas le repli, la retraite, la fuite, la lâcheté. Et c’est justement ce qu’enseignent certains bouddhistes vis-à-vis de Shambhala et du statut de « guerrier » : celui qui a le courage d’exister DANS LE MONDE, d’incarner sa force intérieure. Non de fuir, de ne pas porter assistance aux âmes en détresse. Ce qui revient à assumer notre éveil spirituel. On ne peut plus se comporter comme quelqu’un d’endormi. Il y a une différence entre l’ignorant et l’éveillé, non de nature (l’un et l’autre partagent la même essence spirituelle), mais de comportement et de motivation. Une incarnation : un rôle à jouer. Pourquoi les bouddhas (au sens d' »éveillés ») reviendraient-ils s’il n’y avait aucun rôle à jouer ?

Ainsi, partout où il y a des enjeux, il peut y avoir des buts à atteindre, des valeurs à défendre, des rôles à jouer. Cela ne dérange pas l’Être qui est éternellement empli de lui-même. Mais cela donne du sens à notre liberté d’être. À quoi sert une liberté qui est non utilisée ? Nous pouvons ne pas l’utiliser. Nous pouvons l’utiliser. Nous pouvons la mettre en œuvre. Autant d’âmes incarnées, autant d’expressions de cette liberté fondamentale.

La spiritualité intervient de façon impérieuse lorsque nous transformons cette liberté d’être, en servitude… Car nous croyons souvent être libres, alors qu’en fait nous répétons de vieux schémas, nous réglons d’anciens contentieux, voire nous en créons d’autres. Le discours sur le « karma » est une réflexion autour de ces schémas car notre liberté court le risque de se perdre en cours de route. Dans toute aventure, nous pouvons nous égarer. C’est l’épreuve du risque qui démontre la réalité de notre liberté. Heureusement, ces chaînes sont limitées dans le temps. Et le temps est très relatif… Une prise de conscience au bon moment et le cercle des cervitudes est rompu, la liberté retrouvée.

« Cette transmigration de vie en vie n’a de cesse que lorsque l’on comprend la véritable nature de l’esprit. Quand, grâce à la pratique méditative, le pratiquant stabilise sa reconnaissance de l’état naturel, il devient peu à peu capable d’y libérer toutes les émotions et toutes les traces karmiques jusqu’à leur épuisement. Il parvient alors à la libération et à l’Éveil, et toute l’illusion dans laquelle il se trouvait plongé, se dissipe tel un rêve nocture qui s’évanouit lors du réveil » (Philippe Cornu, L’astrologie tibétaine, Guy Trédaniel, Paris, 1999, p. 53).

Mais ce n’est pas l’égo qui se libère, de même qu’un personnage romanesque ne touche pas de droits d’auteur. Nous devons remonter à notre statut d’Auteur pour nous défaire des liens tissés par l’égo : ses désirs, ses aversions, c’est-à-dire ses fantasmes illusoires, ses chaînes. Il n’est guère plus difficile pour nous de retrouver notre vraie nature spirituelle, que pour un auteur de romans, de se distinguer de ses personnages, ou un acteur vis-à-vis de ses rôles. Car notre essence spirituelle est ce qui demeure en tout lieu, tout instant. Il s’agit en quelque sorte de « modifier la focale de l’Être » : le « grand angle » perçoit Tout, « le zoom » focalise sur son objet. Si nous conservons cette souplesse entre le Tout et la partie, nous redonnons de l’unité, de la cohérence, du sens à tout ce que nous faisons. Les feuilles participent à la santé de l’arbre dans une même sève. Il y a une saison où les feuilles sont utiles. Et pour certains arbres, des saisons où elles s’en vont… Mais tout ceci est soumis à répétition, encore et encore. Nous devons comprendre ce processus puisqu’il est l’expression de notre liberté et de nos servitudes.

« Dans l’enseignement dzogchen, néanmoins, la condition relative n’est pas considérée comme erronée ou sans valeur. En sanskrit, on utilise le terme Samantabhadra, et en tibétain kuntuzangpo. Kuntu signifie « tout » et zangpo signifie « parfait ». Si vous avez la connaissance, tout est bien. Ainsi, rien n’est à rejeter, rien que vous puissiez considérer comme étant sans valeur. Même si c’est le Samsara, c’est très bien aussi. Le samsara ne présente aucun problème si vous avez véritablement la compréhension. Le samsara ne devient une cause de désolation et de problème que si vous êtes conditionné par les émotions et toutes autres choses » (Chögyal Namkhai Norbu, Enseignements dzogchen, Almora, Paris, 2013, p. 68).

Pourquoi Shambhala ?

Ce à quoi ressemble quelque peu Shambhala dans sa dimension physique

« Bouddha » signifie « Éveillé « . Tout être qui prend pleinement conscience de sa Source, son Origine première au-delà des apparences phénomènales passagères réalise sa nature d’éveillé. Ceci signifie qu’il y a un état de bouddha qui sommeille en chacun de nous.

Nous avons la chance sur la planète Terre, d’avoir de nombreux êtres éveillés aux quatre coins du monde et d’avoir en plus grand nombre encore, des textes de sagesse pour favoriser cet éveil sous condition d’une sérieuse mise en pratique. Dans ce contexte, à quoi sert Shambhala ? Si nous réalisons que notre nature spirituelle est inconditionnée, par delà l’espace et le temps, pourquoi Shambhala, royaume circonscrit dans un espace précis ?

Observons la vie des tibétains et celle de l’actuel Dalaï Lama en particulier, elle n’a pas été et n’est pas de tout repos. Notre condition de vie terrestre est une lutte permanente. Ce n’est pas parce qu’un être réalise l’Éveil qu’il transforme magiquement le monde autour de lui.

« Des prophètes comme le Christ, Bouddha, Shankara, sont les uns et les autres des exemples de libération individuelle. La libération universelle ne peut être amenée par un seul individu, même s’il pratique une intense sadhana pour amener sa propre libération » (Swami Satyananda Sarasvati, Propos sur la Liberté – Commentaires des yogas-sutras de Patanjali, Satyanandashram, Paris, 1984, 1998, p. 252).

Le libre arbitre, sacré, autorise la totale liberté du bien, du mal, de l’ignorance par tout ce qui est futile et en définitive confus. Beaucoup d’individus ne sont pas attirés par la spiritualité. Ils préfèrent leurs loisirs, leurs habitudes de pensées, leurs quêtes du confort matériel. Mais ces quêtes de l’esprit qui s’oublie dans la matière, obéissent à une espèce d’hypnose collective et individuelle où de vies en vies, l’individu s’asservit. Le mal est une sorte de fanatisme qui fait passer en priorité absolue ces quêtes évanescentes où il ne reste plus qu’une psychopathologie plus ou moins profonde. Une authentique spiritualité revient, dès lors, à une médecine de l’âme pour soigner un corps malade qui est notre humanité engluée dans la matière. Dans le Tantra de Kalachakra – Le livre du Corps subtil, le Bouddha est dénommé « médecin de la douleur universelle plutôt que maître es philosophie » (Brouwer, 2020, p. 23).

Dans Shambhala, la voie sacrée du guerrier de Chögyam Trungpa, nous lisons :

« Nous y verrons comment, dans le monde de Shambhala, la réalisation intégrale de la santé éveillée est transmise d’un être humain à un autre qui non seulement incarnera cette santé, mais la favorisera également chez ses semblables » (Seuil, 1990, p. 177).

Toute spiritualité authentique guérit la cécité de l’âme et les maux du corps : Jésus n’a-t-il pas accompli de nombreux miracles de la sorte ? Platon n’enseignait-il pas que la véritable médecine s’adresse d’abord à l’âme ? Plus nous créons des désordres dans nos désirs avec des passions fâcheuses, plus nous perturbons nos énergies naturelles : la maladie est le symptôme d’une déviation, d’une désorientation, d’une confusion de l’esprit.

Ce n’est donc pas un hasard que les textes de sagesse diffusés par Shambhala prennent en compte les énergies subtiles de notre architecture énergétique physiologique. Si nous étudions le Tantra de Kalachakra, nous découvrons une telle complexité dans ce lien du cosmos au corps subtil, qu’il est assuré que c’est une véritable science qui est de cette façon transmise. Une science qui prend en compte de nombreux aspects. Une science intégrale.

« Les enseignements de Kalachakra ont la caractéristique de couvrir toute l’extension possible du domaine de la connaissance » (Tantra de Kalachakra, – Le Livre du Corps subtil, Desclée de Bouwer, Paris, 2000, 2020, p. 29).

« Les deux premiers volumes du Tantra de Kalachakra, le Kalachakra « externe » et le Kalachakra « interne » exposent les mesures secrètes du cosmos et de l’être humain, en montrant leur corrélation » (Traité du Mandala : Tantra de Kalachakra, Desclée de Brouwer, Paris, 2003, p. 16).

Je ne peux être que troublé d’avoir été en contact avec des êtres qui justement soignent les corps subtils avec leur science, leur énergie, leurs couleurs. Shambhala serait donc une sorte d’ambassade pour veiller sur le bien-être de notre humanité et de notre planète. C’est un sanctuaire qui assure une protection pour les textes de sagesse, les êtres qui ont un rôle à jouer pour diffuser ces connaissances et cet éveil, et qui garantit qu’aucun ennemi ne viendra détruire tout cela. Shambhala est donc « un Mystère » au sens des anciens Mystères grecs où tout ne peut être dit, révélé.

J’avais trouvé assez paradoxal que l’Éveil nous conduise hors de toute forme, de tout conditionnement spatio-temporel, mais que Shambhala nous invite dans un lieu avec ses temples, ses palais, sa richesse « clinquante ». Tout aussi paradoxal, cette « cascade de réalités » en Shambhala jusqu’à un royaume bien physique, bien matériel où des sages entrent et sortent. Cette cité accueille des individus de tout âge et de toute nationalité. J’ai trouvé aussi très paradoxal que l’Éveil nous fait comprendre que toute quête est finalement futile puisque Tout est là, derrière les apparences qui ne cessent de changer et de se dissoudre. Alors pourquoi Shambhala ? Est-ce une illusion de plus ? Eh bien, si nous prenons en compte notre dimension physique sur cette planète Terre, force est de constater que la lutte est parmanente entre ceux qui veulent aimer et aider leur prochain, et ceux qui veulent l’asservir ou l’anéantir.

Pour avoir voulu transmettre l’Amour inconditionnel aux êtres incarnés, Jésus a dû accepter le supplice de la croix. En fait, la plupart des prophètes et messies ont dû affronter supplices et périls au cours de l’Histoire. Et que dire de ces tibétains, emprisonnés et torturés en raison de leur foi, de leur fidélité au Dalaï Lama et aux enseignements du Bouddha ? La mort est certainement plus douce que la torture. Quel Amour ne faut-il pas pour pardonner les horreurs que le mal planifie tout le temps dans un cycle qui semble sans fin ? Quand nous comprenons cela – et l’Histoire nous l’enseigne – alors Shambhala – la Cité mystérieuse – prend tout son sens. Elle est un havre de paix, un lieu d’études et de formations, mais aussi une protection pour favoriser un équilibre possible à notre humanité et planète Terre.

Ce qu’il faut aussi prendre en compte, c’est que le mal et la confusion génèrent des forces colossales sur le plan énergétique (éthérique et astral notamment) : égrégores, formes-pensées, mais aussi, comme il est dit à plusieurs reprises dans l’introduction du Traité du mandala – Tantra de Kalachakra, « des troupes d’élémentaux et d’esprits avides » (p. 20, 27). Si nous n’avions pas une ambassade qui travaille sur tous les plans subtils en même temps, si nous n’avions pas l’aide céleste des êtres des Étoiles, notre planète aurait été dans un chaos tel, qu’elle aurait été détruite depuis longtemps. Les forces doivent être compensées en permanence. Autrement dit, il y a ceux qui dépensent toute leur énergie à détruire, à faire souffrir et il y a ceux qui dépensent aussi toute leur énergie à reconstruire, à préserver, à compenser. C’est alors que l’on comprend mieux l’expression « guerrier » – propre à Shambhala. S’il n’y avait aucun combat à mener et donc, aucun courage à avoir, ce mot n’aurait pas d’utilité. Mais nous ne sommes pas face à de simples résistances ! Nous sommes face à des destructions et des asservissements : un mal actif. Nous sommes face à un chaos qui n’est pas seulement visible physiquement, mais au sein de nos âmes et de nos aspirations secrètes.

« Ce livre [Shambhala, la voie sacrée du guerrier] nous apprend à affiner notre mode de vie et à propager l’art du guerrier dans son sens véritable. Il s’inspire de l’exemple et de la sagesse du grand roi tibétain Gesar de Ling : de son insondabilité et de son courage, et de la façon dont il a triomphé de la barbarie aux principes du Tigre, du Lion, du Garuda et du Dragon (Tak, Seng, Khyung, Druk) qui sont présentés ici sous la forme de quatre dignités » (Chögyam Trungpa, Shambhala, la voie sacrée du guerrier, Seuil, 1990, p. 21).

L’auteur partage de nouveau sa conception du « guerrier » dans son livre Sourire à la peur :

« Les guerriers qui font ainsi confiance aux reflets du monde phénoménal peuvent compter sur leur découverte personnelle de la bonté. La communication donne des résultats : le succès ou l’échec. Voilà comment les guerriers sans peur entretiennent un rapport avec l’univers ; non pas en restant isolés, manquant d’assurance et se cachant, mais au contraire en s’exposant sans cesse au monde phénoménal et en acceptant tous les risques » (Chögyam Trungpa, Sourire à la peur : Réveillez le courage en vous, 2012, Les éd. de L’Homme, Le Jour, p. 84).

La lumière de l’éveil n’est donc pas « un paradis pour soi-même ». Les éveillés ne tiennent pas ce discours. Il est remarquable, que ce soit Jésus ou Bouddha, que l’Éveil proposé soit dans l’intérêt de chacun pour tous les autres. Les éveillés reviennent pour aider les égarés. Ils ne les oublient pas, ivres de leur réussite spirituelle.

« Si le maître guerrier était ivre de sa propre présence authentique, ce serait un désastre. C’est pourquoi il est très humble, extrêmement humble. Son humilité découle du travail avec autrui » (Chögyam Trungpa, Shambhala, la voie sacrée du guerrier, Seuil, 1990, p. 182).

« Le Tantra de Kalachakra est une pratique bouddhiste de méditation qui appartient à la classe des Tantras du Yoga suprême. Il s’agit des enseignements les plus profonds du Véhicule des boddhisattvas [des êtres d’Éveil], représentant la voie spirituelle de ceux qui aspirent au parfait et complet Éveil pour le bien de tous les êtres sensibles » (Tantra de Kalachakra, – Le Livre du Corps subtil, Desclée de Bouwer, Paris, 2000, 2020, p.7).

« Comprendre revient à œuvrer, sur le plan de l’esprit, pour l’Éveil de tous les êtres sensibles » (Idem, p. 27).

« Le boddhisattva [être d’Éveil ou héros de l’esprit d’Éveil], au terme d’une vie antérieure, a renoncé à l’ultime réalisation et à l’extinction en Nirvana, bien qu’il les ait méritées. Il a choisi de prendre une nouvelle naissance en ce monde pour aider autrui à progresser sur la voie de la délivrance. Il a fait le vœu de revenir à l’existence jusqu’à ce que nous soyons tous libérés de notre attachement au samsara. D’où son nom : ‘Être pour l’Éveil’ » (Idem, p. 30).

Shambhala est donc orienté vers un but : assurer un futur à l’humanité et à la planète. Il y a bien un paradoxe car la Libération est au-delà du temps, elle rompt le cercle infernal des réincarnations. Mais… Mais que faire des autres ? Que faire de ceux qui souffrent de plus en plus, du poids de leurs erreurs ? Il y a par conséquent des « retours en force » de la Lumière, des réincarnations volontaires pour aider tous ceux qui restent asservis dans le « cinémascope hypnotique ». La compassion, nous le comprenons, est une valeur centrale. Car sans compassion, l’Éveillé retourne d’où il vient, et les égarés continuent de vivre, de souffrir dans leurs hallucinations.

Shambhala assure aussi l’intégrité des textes de sagesse. Nous savons que les textes saints ou sacrés sont parfois modifiés, transformés, amputés. Les textes retrouvés dans une jarre en 1945 à Nag-Hammadi en Haute-Égypte, ont été inviolés, non modifiés. Et leur contenu diffère sensiblement sur certains points des « canons » retenus pour affirmer un pouvoir politique et religieux. Il est donc essentiel de préserver l’intégrité des textes afin de ne pas voiler, déformer les enseignements. À l’extérieur de Shambhala, il y a des écoles bouddhistes qui divergent sur certains points fondamentaux. Le chaos peut naître des mêmes dangers présents partout : une mauvaise compréhension des concepts, un formatage des esprits, un ralentissement de l’Éveil si les bases sont mal comprises. Shambhala veille à réinsuffler régulièrement l’esprit des textes par les traditions et les besoins circonstanciés.

Conclusion

Shambhala n’est pas absolument indispensable à notre éveil, notre évolution spirituelle puisque la Vérité est accessible partout, étant de nature universelle. Nous devons développer une authentique fraternité entre « les couleurs » de nos sensibilités spirituelles qui nous reconduisent à la même Lumière blanche intégrative tels les rayons arc-en-ciel du prisme. Il n’y a aucune nécessité impérative. Mais les obstacles sont puissants et tous ceux qui peuvent les dévoiler et les lever sont des aides précieuses. Shambhala est l’un de ces « garde-fous » contre la fureur du monde. Cette Cité-royaume a sa raison d’être si le but est d’assurer un éveil planétaire, un monde viable pour le présent et le futur. Quant aux secrets, ils sont parfois nécessaires pour protéger le sacré des sots, des ignorants, voire des méchants qui n’ont pas le sens du respect. L’invisibilité « partielle » de Shambhala a aussi sa raison d’être.

« Roi de Shambhala, sa position rappelle celle de l’Empereur universel, mais il est un souverain dans l’occultation, le maître d’une terre pure, invisible au regard de qui n’a pas été initié » (Tantra de Kalachakra, – Le Livre du Corps subtil, Desclée de Bouwer, Paris, 2000, 2020, p. 33).

Mais la Cité n’est pas pour autant fermée ou hors d’atteinte puisqu’elle n’est pas que matérielle. De plus, ayant des buts altruistes, pourquoi se refuserait-elle à tous ceux qui veulent œuvrer dans l’intérêt de chacun et de la planète ? C’est un état d’esprit qu’il nous faut acquérir pour comprendre son rôle et sa nécessité. Il est encourageant de savoir que nous ne sommes pas seuls et qu’au-delà des obscurités du monde, règne une lumière purificatrice, régénératrice et médicinale. Quand nos cœurs redeviennent purs, nous retrouvons notre véritable nature lumineuse : les portes nous sont ouvertes.

Shambhala est le sanctuaire de ceux qui reviennent pour aider l’humanité, ne la délaissant pas, ne la livrant pas seule à elle-même. Ces êtres qui reviennent n’ont pas tous besoin d’un corps physique. Les corps spirituels ou subtils permettent une grande liberté d’action et de mouvement.

Shambhala : un objectif et une introduction (partie 2)

Cet article fait suite à celui-ci. L’objectif que nous avons proposé est sans doute noble, mais suite à ce que j’ai compris sur place, il ne sera pas facile à atteindre pour beaucoup d’entre-nous. Ce lieu est ouvert à tous, cela est vrai, mais comme tous les lieux sacrés de la planète, il y a des règles, des conditions à remplir. Mais heureusement, ces conditions dépendent véritablement de nous, de ce que nous sommes, de qui nous sommes.

2. Un centre d’études et d’actions planétaires pour l’éveil collectif

Tout d’abord ce lieu ne s’adresse qu’à ceux qui aiment notre planète et veulent œuvrer pour améliorer le sort de tous ceux qui y vivent. C’est aussi un sanctuaire et un lieu d’études et de prières : une école de formation. Les êtres qui y vivent sont des moines et des jeunes apprentis qui consacrent toute leur vie à la méditation, l’étude des textes de sagesse et des langues (notamment le sanskrit, le tibétain) et les cultes, les rituels. Bref, c’est un choix de vie, une consécration. Mais cela inclut aussi l’éveil, l’évolution spirituelle, la réalisation de chacun. Voilà pour préciser l’état d’esprit de ce sanctuaire et des êtres qui y travaillent sur le plan physique terrestre. À présent, continuons un peu la présentation du lieu.

Ce sanctuaire qui est aussi une Cité, un Royaume, est très ancien. Il a été construit sur l’emplacement d’un Vortex, c’est-à-dire une ouverture entre la dimension physique et d’autres dimensions d’existence. Cela explique l’aspect « surnaturel » de ce lieu qui est physique, mais impossible à localiser, à trouver précisément sur une carte géographique (bien que la tradition tibétaine donne comme indication : « au nord de la rivière Sita et divisé par huit chaînes de montagnes ». En fait, un portail invisible donne accès à la dimension physique de Shambhala. Quelques moines en sortent, y entrent, tout à fait normalement. Cette porte est invisible par sécurité car nous vivons dans un monde physique très perturbé par la présence du mal dans une lutte dont nous avons déjà parlé ici.

« Comme un éléphant dans la bataille supporte les flèches lancés par les archers, insultes et fausses accusations, je supporterai, car nombreux sont les gens mauvais » (Jeanne Schut, Les plus belles paroles du Bouddha : Les versets du Dhammapada, Sully, 2011, p. 135).

Pour résumer, il y a trois grandes catégories : la Lumière pure, consciente d’elle-même (ce sont tous les êtres fermement ancrés sur les valeurs spirituelles), la zone intermédiaire (ce sont toutes les âmes confuses qui peuvent faire le choix du bien, du mal, ou qui hésitent – ces âmes sont les enjeux et des enjeux pour elles-mêmes car elles peuvent chuter dans le mal, ou bien trouver l’illumination spirituelle dans le bien), et enfin la zone du mal qui fait le choix de la souffrance (ce sont des âmes addictives à la souffrance qui ne supportent pas le bien et l’Amour qui ne donne pas de souffrance en retour). Notre planète est donc le théâtre de ces trois zones car sans cesse des âmes lumineuses s’incarnent sur Terre pour aider, éclairer les autres, tout autant que des âmes confuses pour progresser, tout autant que des démons très actifs qui cherchent à acquérir plus d’adeptes ou de victimes. Shambhala a donc une porte protégée et de plus, la Cité filtre toute entrée. C’est donc un sanctuaire paisible qui ne redoute absolument rien (sauf que la Terre soit détruite, bien sûr). Vous savez sans doute que ce ne fut pas le cas du Tibet qui a été envahi avec de nombreux massacres, forçant les tibétains à s’exiler partout dans le monde. Cette situation du mal n’est donc pas une vue de l’esprit, c’est une réalité qu’il faut connaître.

Ceci explique un paradoxe qui peut frapper l’esprit de certains (dont le mien) : comment un lieu saint, de paix et d’amour, peut parler de « guerrier » : Par exemple, le livre de Chögyam Trungpa, Shambhala : la voie sacrée du guerrier, Seuil, 1990.

« Il s’agit plutôt d’un manuel à l’usage de ceux qui, dans leurs vies, ont perdu de vue certains principes : le sacré, la dignité, l’esprit du guerrier. Il se fonde surtout sur l’art du guerrier tel que l’ont incarné les anciennes civilisations de l’Inde, du Tibet, de la Chine, du Japon et de la Corée » (Chögyam Trungpa, Shambhala : la voie sacrée du guerrier, Seuil, 1990, p. 21).

L’Amour ne peut pas être en guerre. Aucun être de Shambhala n’est en guerre. Tout n’est que paix, mais avec la grande détermination d’aider des âmes, les sauver du mal et des illusions. Dans ce sens là, oui, il y a bien des « guerriers » (de lumière), dans le même sens où Saint Georges terrasse le Dragon dans la religion catholique. C’est une façon de parler, mais ces bouddhistes n’ont pas peur du mal et des démons, n’ont pas peur de les combattre et y mettent tout leur Amour, tout leur cœur, toute leur détermination, rien qui ressemble à des énergies sombres ou hostiles. Si l’on veut, c’est la pureté en lutte contre les ombres hostiles. Dans la préface du livre de Chögyam Trungpa, Carolyn Rose Gimian (éditrice et compilatrice) précise que le titre en tibétain Dorjé Dradül signifie « guerrier indestructible » ou « adamantin ». Selon elle, « la voie du guerrier » signifie « le chemin du courage » (p. 15). C’est vérifié car au chapitre 19, intitulé « le monarque universel », on peut lire :

« La voie du guerrier nous pose un défi : nous devons émerger du cocon et nous aventurer dans l’espace, en faisant preuve de vaillance et de douceur à la fois » (p. 157). Ce qui rejoint les paroles du Bouddha originel dit « Shakyamuni » (qui signifie « sage d’entre les Shakya » qui vivaient au nord de l’Inde) :

« Que personne ne cause de mal à l’homme de bien, et que celui-ci ne rende pas le mal par le mal. Honte sur celui qui frappe un tel homme ou le tue. Mais également, honte sur l’homme de bien qui réagirait en perdant son sang froid » (parole du Bouddha in Guy Serraf, Dhammapada, Louise Courteau, 1988, p. 128).

Et au chapitre 21 : « Pour entreprendre le voyage du guerrier, nous devons en premier lieu avoir réalisé personnellement l’authenticité et la bonté fondamentale » (p. 177).

Dans un autre de ses livres, Chögyam Trungpa explique ce qu’il faut entendre par le mot « guerrier » :

« Le mot ‘guerrier’ est ici une traduction du mot tibétain pawo – de pa : ‘brave’ et wo : ‘personne’. Il ne faut donc pas l’entendre dans son acception courante d’homme de guerre. Dans cet ouvrage, l’art du guerrier désigne plutôt la bravoure basique et l’absence de peur fondamentale. Le fondement de l’art du guerrier, c’est de surmonter la couardise et le sentiment d’être blessé » (Chögyam Trungpa, Sourire à la peur, Éd. de l’Homme, Le Jour, 2012, p. 17).

Mais Shambhala, ce n’est pas qu’un Royaume physique qui a ses rois, ses lignées, ses actions politiques, sa vie de Cité, sa longue histoire. C’est aussi le lieu de prédilection du Bouddha Shakyamuni. Bien qu’il y soit présent, il rayonne partout dans le monde de son esprit, son pouvoir spirituel est infini.

« Celui qui, durant une seule seconde, donne naissance à une pure et simple confiance en écoutant les paroles du Bouddha, celui-là sera vu et reconnu par le Tathâgata et il atteindra un bonheur sans mesure en raison même de cette compréhension » (Extrait du « Soutra du Diamant » in Thich Nhat Hanh, Le silence foudroyant, Albin Michel, 1997, p. 103).

« Une seule seconde » pour être vu et reconnu : ce qui implique une omniprésence du Bouddha. « Tathâgata » est le qualificatif qu’il se donnait à lui-même.

Définitions de Tathâgata :

« Celui qui est venu ainsi », « le Bouddha est celui qui va en conformité avec ce qu’il a dit » (Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme, Seuil, 2001, p. 610).

« Selon le Vajracchedika Prajnaparamita Soutra (T., 235), le Tathâgata est celui qui vient de nulle part et qui ne va nulle part. Ailleurs, il est précisé que le Tathâgata jaillit de l’évidence du Réel pour retourner à l’évidence du Réel. Autre façon d’affirmer que le Tathâgata ne va ni ne vient, parce qu’il a trouvé la voie et qu’il demeure dans le Nirvâna » (Thich Nhat Hanh, Le silence foudroyant, Albin Michel, 1997, 2016, pp. 82-83).

« L’essence de Bouddha est présente et imprègne la nature des êtres vivants… Dans le rDo-rJe Sems-dPa’ sNying-Gi MeLong Gi rGyud, il est dit : ‘En tous les êtres vivants du monde, l’essence de Bouddha est présente et se répand comme l’huile dans les graines de sésame‘ » (Longchenpa, Anthologie du Dzogchen : Écrits sur la Grande Perfection, Almora, Paris, 2015, p. 289).

Il n’est pas Jésus, mais pas différent de lui fondamentalement. Il poursuit le même but : donner de l’amour, de la compassion, éveiller les âmes, les délivrer des illusions. Certains auteurs établissent d’ailleurs des convergences entre les enseignements de Jésus et du Bouddha : par exemple, Thich Nhat Hanh avec son livre Bouddha et Jésus sont des frères (Pocket, 2002). Des convergences existent aussi entre les enseignements de Jésus et ceux de l’hindouisme, notamment avec le Kriya Yoga : par exemple, le maître formateur de Paramahansa Yogananda, Sri Yukteswar avec son livre La Science sacrée (Self-Realization Fellowship, 2018), ainsi que Marshall Govindan avec La sagesse de Jésus et des Yogas Siddhas (Les Editions du Kriya Yoga de Babaji, 2007). Ces convergences peuvent permettre de combattre les sectarismes, les croyances que les sagesses révélées sont irréconciliables entre elles. Si la Vérité est universelle, personne n’en a le monopole: aucune secte, aucun gourou, aucune religion. Percevons plutôt ces différences comme des portes distinctes avec des sensibilités différentes. Mais à un certain niveau, quand l’Éveil est authentique, nous comprenons que Tout est Un, que les oppositions ne sont qu’apparentes.

Le bouddhisme de Shambhala est une harmonie parfaite (aucune division en son sein), le lieu est franchement plaisant, non seulement la vue est splendide, ouverte sur les montagnes et très aérienne, mais on se sent un peu « chez soi » tant tout est paisible et agréable. Shambhala n’est pas qu’un Royaume physique, c’est aussi une « cascade » de dimensions jusqu’à un niveau très élevé, tant en hauteur spatiale, qu’en fréquences et qui est connecté à des êtres de pure lumière blanche. Parlons un peu de ces êtres.

Ces êtres n’ont pas de nom car ils ne sont pas matériels, n’ont pas de planète d’origine. Ils agissent néanmoins sur quantité de planètes pour soigner les êtres humanoïdes (de toute taille, géants ou très petits) car ce sont eux qui ont construit les chakras, les nadis ou méridiens, l’architecture de nos corps subtils. Ils agissent sur de nombreuses planètes et de nombreux plans également. Ils ont besoin d’outils et de vaisseaux lumineux en raison de la matérialité des êtres qu’ils soignent. Néanmoins, l’un de ces êtres m’a dit qu’ils n’étaient pas religieux (ce sont pas les Elohim), ils sont au-delà de toutes les croyances car il est bien évident que chaque planète habitée a ses mythes, ses Avatars personnels, ses croyances, ses religions, ses mœurs. Eux n’entrent pas là-dedans, de la même façon qu’un médecin, quand il nous soigne, n’est pas concerné par nos croyances religieuses. Pour lui, c’est sa mission, sa profession qui compte. Ces êtres sont ainsi dans le respect de chacun, de chaque civilisation, de chaque croyance.

J’avoue connaître encore très peu de choses à son sujet car je n’y ai fait que trois voyages pour le moment et j’en retire à chaque fois une plus profonde compréhension. Lors de mon premier voyage, j’ai été surpris de l’architecture et de la présence d’enfants studieux, d’une vie assez normale, naturelle sur place avec des moines bouddhistes. Dans une dimension plus élevée qui est venue à moi sans que je la demande, j’ai rencontré l’être lumineux qui, pendant qu’il me soignait, m’a parlé avant de repartir. Le second voyage était un accueil plus personnel, avec une direction qui m’a été donnée (notamment d’écrire un texte sur le rôle fondamental de la Bonté). Le troisième voyage a été une élucidation sur la raison de ma présence et de l’invitation que j’ai reçue en rapport avec une vie antérieure. J’ai été accueilli sur une vaste place rectangulaire (comme une terrasse) bordée par le mur blanc d’un temple et j’étais à la fois dedans et face une statue en or à quatre visages : chacun étant orienté dans une direction cardinale. Sur le coup, je n’ai pas compris pourquoi… si ce n’est que le symbole devait vouloir dire « partout en même temps, dans toutes les directions » (plusieurs jours après, suite à des lectures, j’ai découvert le rôle de cette statue dorée qui est directement liée au Kalachakra). Petit à petit, j’ai commencé à comprendre que ce ne serait pas évident pour tout le monde d’aller là-bas car même si le lieu est ouvert à tous, il faut néanmoins un engagement spirituel profond, la recherche d’une pureté intérieure sincère, pour y être admis. Shambhala n’est pas « en attente » car ce sont des êtres réalisés qui y vivent (les enfants le sont aussi car ils sont très sages et studieux), néanmoins ils accueillent les êtres qui se sentent prêts pour l’Éveil, prêts pour agir pour l’avenir de la planète. De nombreux méditants prient quotidiennement afin que le monde sur Terre vive en paix dans le respect de toute vie. Mais en raison du libre arbitre de chacun, cela prend du temps. L’éveil peut apparaître dans cette vie pour certains, dans la prochaine pour d’autres, et dans une centaine de vies pour d’autres encore. Cela ne dépend que nous.

J’ai aussi voulu savoir d’où provenaient les textes de sagesse qu’ils rédigent et l’on m’a répondu que tous les sages sur place pouvaient en écrire à condition que ces textes répondent à des nécessités en rapport avec les problèmes, les enjeux du temps présent.

Selon les dimensions d’existence de cette Cité, le temps n’est plus le même que sur Terre. Je ne serais pas surpris qu’elle soit « hors-temps ».

Je n’ai aucun souvenir de ma vie antérieure qui justifiait l’invitation reçue. Je ne savais même pas que Shambhala était aussi populaire (il suffit de regarder sur youtube pour le constater : jeu vidéo, concerts, bracelets, etc.). Dans ma vie actuelle, je ne suis ni bouddhiste, ni hindou, j’étudie en revanche les spiritualités du monde entier depuis petit, par passion, par curiosité. Je ne cherche donc pas à faire du prosélytisme. À mon sens, la Vérité est Une et toutes les voies qu’elles soient rationnelles, philosophiques, agnostiques, mystiques, religieuses, laïques y conduisent à condition de dépasser nos dogmes qui sont comme des « œillères », des cloisonnements trompeurs, inutiles.

Les voyages de conscience (que je ne limite pas à l’Astral) sont très profonds car ce sont autant des voyages dans l’espace, l’ailleurs, qu’en soi-même, des dimensions de notre être personnel. Je dois dire que mes voyages à Shambhala m’ont bouleversé à la façon d’une psychothérapie : je ne suis plus tout à fait le même avant, qu’après. La gentillesse qui m’est systématiquement donnée lors de l’accueil, ainsi que les réponses à toutes mes questions, me permettent d’avoir une compréhension plus juste, plus profonde de notre monde, notre plan d’existence et de ce qu’il faut en retirer.

J’aimerais pouvoir y rester plus longuement et y aller plus souvent, mais j’ai aussi une vie terrestre à mener que je ne veux pas fuir, pas déconsidérer. Mes moments sont donc assez brefs (sur le matin, après le sommeil), mais je continuerai à poster des articles relatifs à ces voyages et à ce que l’on me dira. Merci à tous ceux qui permettent cette belle magie du partage…

Shambhala : un objectif et une introduction (partie 1)

Photo du Taj Mahal qui évoque beaucoup le temple et la longue avenue de Shambhalla.

L’objectif ici proposé est un voyage à Shambhala par projection de conscience. Pour ceux qui ont ou auraient des difficultés, nous proposerons aussi une « méditation Shambhala ». Cet objectif va prendre la forme d’un programme avec des étapes, tout en tentant d’être le plus simple, le plus clair, le plus accessible possible pour le plus grand nombre.

  1. Pourquoi Shambhala ? Qu’est-ce que Shambhala ?

Il y a plusieurs semaines, étant souvent en état de méditation et étant confiné (donc disponible et réceptif), j’ai reçu un appel, une invitation qui s’est imposée à mon esprit avec force sur plusieurs jours. J’ai été très intrigué. Pourquoi cet appel ? Qu’est-ce que Shambhala ? Et curieusement, plusieurs de mes activités qui n’avaient de prime abord aucun rapport m’ont reconduit toujours vers la même chose, la même origine. J’ai donc mené une petite investigation sur internet, ainsi que par des livres, et aussi en me rendant dernièrement sur les lieux par voyages de la conscience. C’est beau et fascinant à la fois : cela vaut le coup que cette invitation soit partagée. Dans le contexte actuel, cela s’avère tout à fait pertinent. Merci à ceux qui ont lancé cette invitation et nous ont proposé ce voyage. Merci pour votre confiance.

Shambhala est-il un mythe ? Je n’avais aucune idée préconçue sur la question, mais n’écartais pas cette possibilité. Dans la culture populaire, Shambhala est une espèce de cité magique haut perchée dans les himalayas, dans un lieu tenu secret dont on ne sait s’il est physique matériel, ou issu d’une réalité parallèle. Les sources livresques les plus connues sont ésotériques, voire cinématographique avec le film en noir et blanc Les Horizons perdus de Frank Capra (1937).

Les Horizons perdus, Frank Capra, 1937.

Le problème avec les récits ésotériques est qu’ils semblent romancés ou romanesques à la façon d’une fable. Le film de Capra pourrait être comparé à un mythe selon Platon pour nous enseigner une sagesse philosophique. Personnellement, j’étais dans le doute… Jusqu’à ce que je remarque des sources que j’estime plus « sérieuses » : le Dalaï Lama confirme l’existence de Shambhala et de plus, il existe une tradition directement importée de cette Cité, une tradition qui n’est pas cachée du tout, offrant une cérémonie au grand jour menée avec faste : le Kalachakra – comme vous pouvez le constater dans cette première partie ci-dessous de l’émission diffusée sur France2 dans « Sagesses bouddhistes » : Kalachakra, une initiation pour la Paix.

Et voici la suite pour ceux que cela intéresse.

À partir de ce moment là, j’ai commencé à me dire qu’il devait y avoir un fondement de vérité derrière le « mythe ». J’ai donc acheté deux ouvrages pour comprendre ce qu’était le Kalachakra dont un, préfacé par le Dalaï-Lama : Traité du Mandala – Tantra de Kalachakra, Desclée de Brouwer, Paris, 2003 et Tantra de Kalachakra – Le livre du Corps Subtil, Desclée de Brouwer, 2000, 2020. Ces ouvrages sont complémentaires, sérieux, bien documentés, passionnants, très utiles, essentiels même, mais… ne parlent pas de Shambhalla. Ils exposent une tradition venue de Shambhala à la demande d’un roi – sachant qu’il en existe une lignée. Qui dit « roi » dit « royaume ». Shambhalla serait donc un Royaume.

« Le Dalaï-Lama a d’ailleurs annoncé que les liens du Tantra de Kalachakra et de Shambhala avec notre humanité apparaîtront clairement un jour, dans des événements d’importance mondiale. La relation avec le Royaume tantrique est aujourd’hui dans l’occultation, mais le Royaume n’en est pas moins vivant, comme cela nous est rappelé à la fin de chaque grande initiation de Kalachakra » (Traité du Mandala – Tantra de Kalachakra, trad. S. Stril-Rever, Desclée de Brouwer, 2003, p.32).

Voilà quel a été mon point de départ. Pour moi, c’est une leçon comme pour l’Atlantide : ne croyons pas qu’un mythe, parce qu’il est devenu mythe, ne recouvre pas une factualité derrière. Des Atlantides, il y en a eu beaucoup dans l’histoire de la planète : de nombreuses civilisations ont été englouties – des ruines sous-marines en attestent la vérité. J’ai donc considéré cet appel spirituel avec le plus grand sérieux pour découvrir ce qu’est Shambhalla dont les bouddhistes ne sont pas très bavards. Néamoins, ils en disent juste assez pour comprendre qu’il existe une tradition de textes d’une grande sagesse qui proviennent directement de Shambhala. Et pour cause…

Je dois reconnaître que j’ai été tellement surpris par ce que j’ai découvert sur place que cela m’a donné beaucoup de joie, de force intérieure, d’espoir pour l’avenir et franchement, il n’est pas possible, pas pensable, de garder cela pour soi. Je veux donc partager « l’invitation de Shambhala », vous la proposer, du moins si vous ressentez un écho en vous-même, comme je l’ai ressenti nettement moi-même.

« Dans l’histoire du monde, Shambhala est le cœur tantrique qui contient le secret non dévoilé des destinées spirituelles de l’humanité » (Tantra de Kalachakra – Le Livre du Corps Subtil, Desclée de Brouwer, 2000, Elidia, 2020, p. 66).

J’en profite pour faire une petite mise au point : Shambhala n’est pas exclusivement bouddhiste. En fait, quand j’y suis allé pour la première fois récemment, j’ai même plutôt trouvé que ça ressemblait plus à l’Inde et au Taj Mahal pour le temple que j’ai vu devant moi (je suis arrivé par une voie d’accès avec une longue avenue bordée de bancs en bois où travaillaient des écoliers apprenant diverses langues dont le sanskrit). D’ailleurs, les bouddhistes l’admettent également car de toute façon leur propre tradition spirituelle découle de l’Inde. Rappelons que le Bouddha originel Shakyamuni était indien : le prince Siddharta Gautama. Le mot « bouddha » signifie « éveillé ». Shambhala est un lieu étonnant qui mêle l’architecture indienne, bouddhiste et quelque chose de franchement « autres dimensions ». Je ne sais pas pourquoi, j’imaginais un lieu désert, très mystique. Eh bien non, il y a même beaucoup de monde, c’est une cité très vivante avec des jeunes enfants qui étudient, des moines qui font leurs prières, c’est un vrai lieu de vie. Mais Shambhala est quelque chose d’assez inouï qui justifie pleinement les mandalas que font les tibétains : C’est une cité qui existe sur de nombreuses dimensions en même temps ! Pour bien comprendre cela, le mieux est de comparer cette cité à notre corps : nous avons des corps emboîtés les uns dans les autres qui sont comme des couteaux suisse : autant de corps subtils pour autant de dimensions associées. Shambhala, c’est la même chose : la Cité existe sur de multiples dimensions en même temps. Autant dire qu’il y a beaucoup à visiter ! Et qu’il y a beaucoup de surprises !

Peut-être certains d’entre-vous connaissent-ils ou ont-ils lu le livre du couple Daniel Meurois et Anne Givaudan : Le voyage à Shambhalla ? J’avoue que pour ma part, cela ressemblait à du syncrétisme : on associe toutes les traditions « en veux-tu, en voilà », du Christos par ici, du Djawl Kool de la Théosophie par là, des Vénusiens à la mode, bref, je n’adhérais pas car tout ceci m’a toujours semblé « trop construit », trop romanesque pour être vrai. Et quand les choses semblent trop romanesques, on a de plus en plus de mal à y croire… C’étaient là mes préjugés. Certes, au jour d’aujourd’hui, je n’ai pas les moyens de cautionner tout ce qui est avancé dans ce livre… Et je veux rester prudent dans toute chose que je puis dire. Je n’ai vu aucun Vénusien, par exemple. Mais… ce que j’ai vu… eh bien donne en partie raison à ce qu’écrivait ce couple en 1986… Lors d’un second voyage récent (j’en fais plusieurs pour découvrir de plus en plus ce lieu fascinant) où je suis arrivé toujours dans cette avenue construite façon « Taj Mahal », j’ai été amené à basculer de dimensions en restant à Shambhalla. La vue était splendide, très en hauteur, avec un temple, cette fois de style bouddhiste dans l’architecture au sommet d’un escalier. Et à l’intérieur de ce temple, il m’est arrivé un contact avec des êtres immatériels de lumière pure qui ne sont pas humains. Je ne vais pas tout relater car cela nous entraînerait à faire du hors-sujet, mais force est de constater que Shambhalla est comme un meuble à tiroirs, on n’en voit pas la fin, c’est une cité majestueuse et de grande taille et qui est construite étagée dans de nombreuses dimensions. Néanmoins, je vais multiplier les sujets sur ce thème car il y a beaucoup à dire. Et cela rejoint en fait totalement ce que font les bouddhistes avec le Kalachakra. Pourquoi ?

Eh bien parce que Shambhala est une école qui transmet des sagesses très évoluées. Les êtres de lumière que j’ai rencontrés sont au-delà des religions, ce sont eux qui ont construit nos corps de lumière avec les chakras, les nadis ou méridiens et qui possèdent une technologie à base de lumières colorées (ils m’ont expliqué de nombreuses choses à ce sujet dont je parlerai plus tard). Pendant qu’ils me soignaient (car j’avais des séquelles énergétiques suite au Covid-19 et à ma mésaventure relatée ici), nous avons parlé et ils m’ont dit qu’ils n’avaient rien à voir avec les Elohim ou les religions. Ils travaillent pour diverses planètes et divers plans d’existence. Ils semblent très affairés car sitôt le soin terminé, ils sont repartis à bord d’un gros vaisseau. J’étais surpris qu’ils aient besoin d’un vaisseau (puisqu’ils sont faits de lumière), mais ils m’ont expliqué que le vaisseau était nécessaire pour leurs outils et leurs patients qui eux, ont des corps physiques… Logique ! Ils m’ont aussi appris que la Genèse de la Bible n’a aucun rapport avec la réalité de la création sur Terre… Donc tous ceux qui échaffaudent des théories sur Adam, Ève, le serpent, etc., sont dans « une culture » sans rapport avec les faits historiques. La fiction n’est pas toujours là où on se l’imagine…