La symptomatologie complexe du Covid-19

Plus le temps passe, plus nous découvrons que le Covid-19 n’est pas simple à cerner car il serait comme le caméléon, offrant sans cesse de nouveaux symptômes selon les personnes touchées. Il est de plus en plus évident qu’il ne faut pas créditer ceux qui osent encore le banaliser, le traiter comme une simple grippe et jugent en conséquence que nous prendrions des mesures excessives avec le confinement.

Quels sont ces symptômes nouvellement identifiés (sachant qu’en ce qui concerne les poumons, cela est connu de tous, et que nous avions déjà parlé des conjonctivites pour les yeux dans la rubrique « pratiques« ) ?

Le système cardiovasculaire

Cela n’est pas une surprise car cette symptomatologie est propre à tous les coronavirus (rappelons qu’un coronavirus est nommé ainsi en raison de sa forme dite « en couronne » pour une grande famille de virus), le SRAS-CoV-2 n’y échappe donc pas. Voici le processus en œuvre : dans ses formes sévères, il produit une réaction de notre système immunitaire, violente, inflammatoire. Cette brutalité en réaction sollicite fortement la troponine (une protéine qui fait partie de la construction de nos fibres musculaires), ce qui fatigue le muscle cardiaque. Autrement dit, il provoque des myocardites en raison des cellules inflammatoires qui se sont infiltrées dans le myocarde. Nous devons cette étude au Journal of American Medicine Association :

« En pratique, c’est à une souffrance myocardique – dans le cadre d’une défaillance multiviscérale débutante, par exemple – voire une myocardite authentique que le Covid-19 expose le plus souvent lorsque les malades sont en état critique« .

Références :

Chapman AR et coll. : High-Sensitivity Cardiac Troponin Can Be An Ally in the Fight Against COVID-19. Circulation. 2020: publication en ligne le 6 avril 2020. doi: 10.1161/CIRCULATIONAHA.120.047008.

Les reins

Plusieurs études scientifiques dont celle de Brad Rovin, directeur du département de néphrologie à l’université d’État de l’Ohio, font état d’une pathologie au niveau des reins sur des malades qui avaient des reins en bon état avant d’être atteints par le Covid-19 :

« On retrouve le virus dans le rein, il existe plusieurs publications scientifiques à ce sujet. Dans de nombreux cas, ces patients, qui n’avaient jamais eu de maladie du rein avant, développent de graves lésions rénales. En fonction de la gravité et de la durée de l’infection pendant leur combat contre le Covid-19, ces patients peuvent développer une insuffisance rénale chronique« .

Les symptômes exposés par une étude chinoise ne trompent pas : avec des quantités significatives de protéine et de sang dans les urines. Alors, bien entendu, ceux qui sont déjà dans le cas d’une insuffisance rénale, seront encore plus fragilisés, comme nous pouvons le lire ici.

Le cerveau par le système nerveux

Une étude chinoise qui nous est transmise par le Journal of American Medicine Association, signale que sur 214 cas confirmés de Covid-19, 78 d’entre eux, donc plus d’un tiers, présentaient des symptômes neurologiques (étourdissements, maux de tête, conscience altérée, somnolence, confusion, nausées, vomissements…). Certes, la piste de la perte du goût et de l’odorat était déjà identifiée sur de nombreux patients, mais elle a été confirmée par de nouvelles études, notamment avec le cas d’une femme d’une cinquantaine d’années qui a développé une « encéphalopathie hémorragique aiguë nécrosante » (cas communiqué le 31 mars 2020 dans la revue Radiology par des neurologues américains du Henry Ford Health System de Détroit), ainsi que d’autres cas, par exemple, de myélite (atteinte de la moelle épinière : plus aucun tonus musculaire), ou de « syndrome de Guillain Barré » (système nerveux périphérique touché). Comment le virus s’y prend-il ? Simplement : après être entré dans les fosses nasales, il gagne le bulbe olfactif, puis remonte au cerveau. Souvenez-vous des vidéos où l’on pouvait voir des gens tomber d’un coup dans les rues : si le cœur ou le cerveau sont touchés, celui qui subi cette attaque est comme foudroyé.

Le système immunitaire

Il est facile de traîner dans la boue le célèbre virologue découvreur du VIH et prix Nobel 2008, comme on l’a fait pour le grand virologue de Marseille, chacun pour leurs déclarations dérangeantes, mais en toute chose, il convient de ne pas céder à la confusion des passions, et de considérer les faits, en détails et en profondeur. Or, les faits sont là, oui, le SARS-CoV-2 peut s’attaquer au système immunitaire sur certains sujets, ce qui n’est pas une propriété des autres coronavirus. Cette information a paru le 7 avril 2020 dans la revue Cellular & Molecular Immunology par une dizaine de scientifiques de Shanghai et New York. L’expérience qui a été menée fut d’observer le comportement du SARS-CoV-2 en présence des lymphocytes T. Pourquoi et que sont les lymphocytes T ? Ce sont, par métaphore, « les soldats des systèmes de défense de l’organisme« . La lettre T est en référence à leur source de provenance : le Thymus. Ces cellules sont importantes car ce sont elles qui détruisent les cellules pathogènes comme les bactéries ou même les cellules cancéreuses.

Ce qui a été constaté, tout comme avec les malades atteints du VIH, est que la sécurité de ces lymphocytes T a été désactivée : le SARS-CoV-2 s’introduit dans leurs cellules et produit donc des dégâts dans notre système immunitaire. Néanmoins, comme l’a expliqué l’ancien professeur de l’Institut Pasteur (il a dénombré plus de 6 fragments VIH et SIV, placés côte à côte de façon symétrique, « avec une précision d’horloger »), ce ne sont que des séquences du VIH qui ont été introduites dans ce nouveau coronavirus, le résultat est qu’il ne parvient tout de même pas à se répliquer, une fois qu’il s’est introduit dans les lymphocytes T. Il attaque donc le système immunitaire, c’est un fait, mais reste moins offensif que le VIH car il n’y a pas de réaction en chaîne. Il est même optimiste misant sur une mutation de moins en moins performante et létale au fil du temps. Cependant, il souligne le danger associé aux ondes basses fréquences.

Ses propos ayant suscité des polémiques, une scientifique algérienne, Asma Mechakra, en ayant voulu démontrer qu’une telle découverte n’avait rien d’étrange, en est arrivé à prouver que le SARS-CoV-2 contient aussi… la souche Mayinga du virus Ebola : « 6 séquences exactement identiques de 14-15 nucléotides« . Selon elle, « La fréquence de ces ressemblances est bien supérieure à celle trouvée avec le VIH« . Voilà une démonstration très rassurante !

Vaisseaux sanguins et caillots

Le SARS-CoV-2 s’attaque aussi aux vaisseaux sanguins selon une étude scientifique de l’hôpital universitaire de Zurich publiée dans le journal The Lancet. Comment fait-il ? En passant à travers l’endothélium (la couche de cellules qui gaine l’intérieur des vaisseaux sanguins). Conséquences : des dysfonctionnements microvasculaires, inflammations avec œudème associé dans les tissus. Frank Ruschitzka qui fait partie de l’équipe des chercheurs suisse a déclaré : « Ce virus n’attaque pas seulement les poumons, il attaque les vaisseaux partout« .

Autre symptôme lié au sang avec la formation de caillots. Ceci a été découvert sur des patients en France, aux États-Unis et en Chine. L’acteur canadien de 41 ans Nick Cordero a dû être amputé d’une jambe ! Les micro-caillots peuvent aller jusque dans les capillaires et en ce cas, il est impossible de faire des opérations (les vaisseaux sanguins étant trop petits).

Ici, une vidéo pour mieux le connaître.

Conclusion

Le Covid-19 est véritablement dangereux par sa nature assez aléatoire et imprévisible. Il n’offre pas une identification facile aux chercheurs. Cela est inquiétant car tous ceux qui nous parlent d’un vaccin rapide, ou d’une immunité supposée pour les personnes guéries, misent sur une identification claire, connue du coronavirus, une approche simplifiée et simplifiante. Mais si l’on s’intéresse d’assez près aux études et aux communications scientifiques, ce n’est pas le même discours que celui qui est tenu dans les médias télévisés où chacun y va de sa petite affirmation catégorique. C’est un virus très complexe, aux informations très riches. Il n’est ni sain de le banaliser comme s’il s’agissait d’une simple grippe (et à partir de là, d’échaffauder la théorie d’une dictature planétaire programmée – ce que nous avons démenti dans la rubrique « discernement »), ni sage de faire l’impasse sur des protections indispensables lors du déconfinement. Plus que jamais, nous devons agir avec le sens des responsabilités, pour nous-mêmes, nos enfants, nos amis, nos familles, notre entourage. Les mentalités doivent évoluer sur le port du masque car il n’y a pas que les morts à prendre en compte, mais aussi tous ceux qui auront des séquelles pour longtemps en raison de la riche symptomatologie de ce Covid-19, même s’ils n’en meurent pas. Certains préfèrent la mort, aux souffrances. Il faut également penser à cette dimension des souffrances durables dans un contexte où le corps médical a déjà beaucoup de difficultés et une pénurie de moyens. Voulons-nous contribuer à ajouter du poids à ce contexte difficile par le déni ou l’insouciance, ou bien voulons-nous agir de façon lucide et responsable ? Nos actes doivent être réfléchis pendant cette pandémie, même si nous avons raison de ne pas céder aux peurs.