Développer son troisième œil (partie 2)

Ce texte est la suite de celui-ci. Les informations qui vont suivre ne se trouvent pas forcément dans les livres, sauf ceux de l’hindouisme ancien. Nous pourrions élargir un peu ce sujet pour le rendre encore plus intéressant, ce qui changerait un peu de tout ce qu’on peut lire où chacun se recopie… Par exemple : pourquoi avons-nous un chakra de troisième œil ? N’est-ce pas une question intéressante ? Si nous avons une contrepartie subtile de nos organes physiques (et c’est bien le cas), nous avons donc deux centres énergétiques pour nos deux yeux (au même emplacement). Mais quelle est la nécessité d’avoir un organe subtil pour… le front ? C’est une question très intéressante car chaque chakra est la source vitale d’un organe physique, d’une fonction physiologique.

Alors, certes, la littérature spécialisée mentionne la glande pinéale, mais celle-ci n’est pas derrière le front… elle est logée entre les deux hémisphères cérébraux, à leur base (donc plutôt proche du haut de la nuque). Le chakra du troisième œil est relié à la glande pinéale, mais ce n’est pas sa contrepartie.

Dessinateur : Christian Gottlob Heyne (1729-1812) d’après un original du IIe siècle av. J.-C.. BnF, Estampes et Photographie, Ta 4, t. 2 f. 26. © Bibliothèque Nationale de France

En fait, le chakra du troisième œil est véritablement la contrepartie d’un organe physique, d’un œil physique… qui est absent. Les Cyclopes ne sont pas qu’une légende (comme Polyphème dans le Chant IX d’Ulysse d’Homère), il a existé des êtres nés sur Terre avec un œil sur le front (il en reste des squelettes qui sont présentés comme étant des malformations), et plusieurs civilisations d’êtres matériels extraterrestres possèdent un œil sur le front. Il existe des géants cyclopes, ainsi que des êtres assez petits, cyclopes et chauves. La Nature a prévu ce type d’êtres humanoïdes. Nous avons la contrepartie d’un œil physique… absent.

Le chakra du troisième œil est donc une fonction latente. Cette petite digression explique pourquoi cet organe subtil permet aussi bien de voir (avec une vision forcément mentale puisque nous n’avons pas un œil matériel à cet emplacement), que de « percevoir » à distance, c’est-à-dire recevoir des informations qui ne passent pas nécessairement par la vue. C’est une double fonction : voir et capter à distance des données.

Mais c’est aussi une ouverture (un vortex est semblable à une porte ou un tunnel), c’est-à-dire un passage entre ce qui est dans notre habitacle physiologique et le dehors. Sauf que ce dehors n’est pas le monde matériel physique, mais un plan de conscience qui correspond à la réalité énergétique de ce chakra.

Les mystiques hindous des temps anciens savaient très bien cela. Mais cette connaissance a été oubliée (pas totalement) et dévaluée parce que la réalisation spirituelle est un objectif plus noble, plus ambitieux, plus ultime que de se balader dans d’autres plans de conscience. Cette dévaluation est constatée aussi bien dans l’hindouisme, que dans le bouddhisme. Cette dévaluation touche aussi toute connaissance à distance. Pourquoi ? Parce que les sages authentiques savent que l’égo est une structure factice qui peut s’illusionner d’existence en existence, de mondes en mondes. Pour faire une analogie, ce serait comme recevoir un abonnement gratuit illimité pour aller au cinéma et perdre, petit à petit, le sens de la réalité. Les authentiques sages veulent que les êtres se libèrent des illusions dans tous les mondes – plan physique inclus.

Nous venons de dépeindre un contexte derrière ce troisième œil. Il est en quelque sorte « magique » : il permet de voir, d’acquérir des connaissances à distance, et même de nous projeter dans des plans de conscience merveilleux, mais tel un labyrinthe, nous pouvons nous perdre dans l’infinie liberté que nous avons, puisque nous sommes des êtres spirituels avant d’être des êtres incarnés dans des corps subtils et un corps physique. Par la volonté de nombreux sages réalisés, ces connaissances mystiques ont été codées, rendues « hermétiques » et aussi secrètes car ils considèrent que cette liberté est potentiellement dangereuse. Prenons encore une analogie : si nous ouvrons les portes d’un immense magasin de jouets à un enfant, celui-ci pourrait s’y perdre et oublier sa mère, ne plus la retrouver, ne plus la rechercher. C’est, d’une certaine façon, la différence qu’il existe entre l’authentique magie (de l’esprit) et l’authentique spiritualité qui vise à la libération totale : vaincre toutes les illusions.

Que sont ces illusions si dangereuses ? Les anciens sages mystiques ont été divisés sur ce point (il nous reste des textes hindous qui en sont la preuve avec diverses écoles traditionnelles qui s’opposent) nourrissant un débat qui ressemble beaucoup à ce qui passe aujourd’hui avec ceux qui croient que notre monde matériel n’aurait que trois dimensions (ce qui est faux), et qu’un transit serait en cours avec un passage dans des dimensions supérieures au nombre de cinq. Ces croyants actuels pensent que notre monde physique est synonyme de dualité et qu’il serait mauvais en soi. Ils croient qu’un passage dans une Terre en 5D offrirait le Nirvana : il n’y aurait plus de dualité, chacun pourrait vivre une vraie Réalité sans illusion, sans la présence du mal. Or, le débat très ancien des Rishis (sages mystiques ou voyants hindous) était du même ordre : les mondes superposés et imbriqués qui existent en présence du plan physique seraient dangereux car ils seraient autant d’écrans entre notre individualité personnelle et notre essence divine éternelle. Les mondes seraient responsables du mal, tout comme ceux qui croient que nous vivons sur une Terre en 3D. Cependant, les autres Rishis leur opposaient un désaccord : le mal, l’ignorance, l’illusion n’est pas dans tous les mondes possibles et les plans d’existence… mais dans la façon d’appréhender les choses et la croyance en notre égo. Le mal ne serait plus dans le principe de la création, mais dans l’endormissement de la conscience : l’égo lui-même. Pour ceux qui connaissent l’allégorie de la caverne mise en scène par Platon dans son livre République (ch. VII) : le mal ne serait plus dans les ombres projetées sur les parois de la caverne qui sont confondues avec des hommes, mais dans le désir de vouloir rester enchaîné. Ces Rishis postulaient que « voir » n’équivaut pas nécessairement à se laisser prendre au piège de la vision. Voir un film ne suscite pas forcément d’oublier que l’on voit une fiction. De même, lorsque nous rêvons, il se peut que nous le sachions. Platon a créé une allégorie qui résume parfaitement notre affaire : l’homme vit enchaîné à ses illusions et il ne veut pas se défaire de ses chaînes – comme s’il ne voulait pas se réveiller – pour affronter la lumière éblouissante de la Vérité qui brille dans le monde supérieur de toute éternité.

Le troisième œil est au cœur de ce contexte car si ces connaissances ont été si jalousement cachées, c’est que les sages redoutent que nous nous perdions en cours de route, comme nous pouvons nous perdre sur ce plan physique. En effet, beaucoup se prennent terriblement au jeu dans ce monde, oublient totalement qu’ils sont des êtres éternels de lumière ayant une origine unique. En adoptant une tunique de peau, colorée, ils en viennent à créer des différences. La vue, d’une certaine façon, nous enchaîne dans « le voir » des formes, des apparences.

Résumons tout ceci : « voir pourrait être une façon d’aveugler notre esprit« . Pensons, par exemple, à voir des richesses. Aujourd’hui, sur Terre, ne voyons-nous pas toute l’horreur produite par ceux qui ne vivent que pour les milliards de leurs intérêts ? L’homme ne compte plus, la vie humaine ne compte plus, l’environnement, l’écologie, la planète ne comptent plus, seule la quête des milliards importe. Le mal, la corruption, la méchanceté, tout dérive de ce poison. Voir peut donc être lourd de conséquence quand il revient au final à oublier notre vraie nature spirituelle. L’homme en vient à se confondre avec ce qu’il voit, à commencer par son corps de chair. L’homme-machine, l’homme-neurones. Pour aller encore plus loin : « voir peut rendre fou« .

Cela devient un débat philosophique car s’il existe un « voir » qui nous affranchit comme avec ce coronavirus qui fait tomber beaucoup de masques et qui nous permet d’y voir plus clair sur le vrai visage de certains hommes et certaines institutions, il existe aussi un « voir » qui nous aveugle.

Revenons à notre troisième œil : faut-il alors vouloir le développer ? Sachant qu’il fonctionne chez chacun d’entre-nous, mais petitement puisque notre éducation matérialiste nous pousse à ne pas prêter attention à tout ce qui n’est pas tangible et démontré physiquement. Faut-il vouloir voir ? La question a son importance car si nous voyons le monde physique tel qu’il est réellement avec tout le mal, toute la corruption dont il est le support, nous pourrions ne pas le supporter. Nous pourrions nous dégoûter facilement d’une telle réalité. Comment faire ?

Eh bien, nous avons aussi d’autres chakras et nous ne devons pas isoler l’un d’entre eux sans comprendre qu’il existe un système harmonieux dans l’ensemble de ces chakras. Le chakra qui lui est supérieur, nommé en sanskrit « sahasrāra« , est le plus mystique qui soit : « le lotus au mille pétales » – 1000 étant une allégorie pour dire « pouvoir infini de l’esprit ». Avec ce chakra coronal, nous ne sommes plus dans le voir ou dans la vision, mais au-delà, avec la conscience synthétique des autres chakras et de notre pouvoir créateur. Quant au chakra du cœur, il est fondamental car il corrige l’égo de sa tendance à se centrer sur lui-même. Aimer, c’est prendre soin d’autrui, devenir altruiste. Mais c’est aussi une façon de partager de la joie, d’échanger, de faire rayonner de l’harmonie. On le comprend par exemple lorsqu’on aime un beau paysage.

Conclusion

Si c’est notre égo qui veut voir pour savoir, avec une volonté ferme, c’est à double tranchant. Ce que nous verrons sera une vérité, tout à fait relative. Or les vérités relatives sont illusoires. Et les illusions nous enchaînent. Les bouddhistes notamment ont beaucoup insisté sur la tragique souffrance de toute vie basée sur l’égo. Le coronavirus en est une illustration frappante : nous sommes nombreux à souffrir du délire de certains égos absolument malades d’eux-mêmes avec leur désir de pouvoir et d’argent. Nous pouvons voir les mensonges de façon encore plus éclatante avec le troisième œil. Mais à l’ère d’internet, nous avons aussi d’autres moyens de voir la vérité. Difficile de nos jours de se retrancher d’internet. Ce réseau est aussi une arme à double tranchant. Tous les petits secrets peuvent être trouvés, dévoilés au grand jour. Voir peut nous libérer. Mais voir peut aussi nous aveugler. Il y a donc besoin de développer l’éveil du cœur et de l’esprit. Plutôt que d’accepter un « passeport santé » qui permet la manipulation à distance comme des robots télécommandés, le passeport du cœur et de l’éveil spirituel est la libération de toute servitude. Aujourd’hui, nous pouvons transformer un monde cauchemardesque où l’homme est devenu négligeable selon la volonté de certains, en un monde plus éveillé et plus responsable. L’éveil du troisième œil pourrait être connecté au cœur et à l’esprit afin que nous ne soyons pas prisonniers de nos créations, mais des acteurs conscients de la nécessité de nos actions. Nous avons oublié notre potentiel créateur. Nous avons laissé les fous contrôler nos vies ou bien les menacer. Nous avons laissé faire car voir peut aussi signifier « être distrait ». Nous sommes distraits par nos rôles dans la société, nos passions, nos problèmes, nos loisirs, nos quêtes. Cette distraction sert les intérêts de certains. Il nous faudrait apprendre à mieux voir et cela commence déjà par regarder bien au-delà de son petit nombril. Voir au-delà de sa planète aussi, comme si elle était le centre de l’Univers. Voir au-delà des limites de nos carcans mentaux. L’éveil du troisième œil peut s’accompagner d’une nouvelle société à l’image de nos prises de conscience. Il faut parfois de douloureuses épreuves pour nous réveiller. Ainsi, un mal peut se transformer en quelque chose de bien. Notre faculté de création en a le pouvoir. Que souhaitons-nous voir ?

Développer son troisième œil (partie 1)

Le discernement peut se contenter de la logique, à condition qu’elle repose sur des faits avérés, vérifiés. Problème : nous n’avons pas toujours les moyens de vérifier les faits. Un autre pilier du raisonnement est la cohérence de l’édifice logique. Mais nous pouvons être cohérent sur de fausses bases. Bref, il n’est pas évident de voir juste en toute situation, surtout quand la situation est inédite comme c’est le cas avec cette pandémie du coronavirus.

Un autre cheminement possible est la perception mentale et visuelle à la fois, propre au troisième œil : le chakra Ajna ou Aagya, ou encore bhrûmadhya (qui signifie « au centre » : madhya, des « sourcils » : bhrû).

Il existe des postures de yoga qui permettent de le stimuler, mais nous allons faire simple afin d’être le plus accessible possible. Quelques précisions nécessaires tout de même : ce chakra est particulier car il est le point de convergence de trois canaux énergétiques (nadi) fondamentaux que sont Ida et Pingala de part et d’autre de la colonne vertébrale, et de Sushuma au centre de la colonne. Cette convergence, selon les yogis, est importante car elle créé une connexion avec les dimensions supérieures universelles de l’Esprit ; elle unifie le corps, le mental rationnel et l’Esprit (qui est supra-mental). Elle permet aussi de dépasser les dualités (Lune/Soleil rattachés à Ida/Pingala, et également vie et mort). Autrement dit, à partir de ce chakra, nous sortons du physiologique (chakras inférieurs), pour entrer dans le spirituel et ce qui est non conditionné. Autre information importante : ce chakra est lié à une contrepartie physique : la glande pinéale. Descartes lui attribuait le rôle d’être le siège de l’âme. Son rôle est très important, chacun pourra faire des recherches pour se documenter à son sujet.

Bien que notre approche soit la plus simple et accessible possible, cet article s’adresse aux personnes qui n’empoisonnent par leur corps avec du tabac, de l’alcool, voire des drogues car un esprit sain nécessite d’avoir un corps sain, une santé saine, par hygiène, tout simplement. Un autre impératif est d’associer cet exercice avec le cœur dans la paix totale de l’esprit. En fait, ce n’est pas l’égo ou la volonté qui doit dominer dans cette démarche, mais le lâcher-prise, le détachement, un certain bien-être intérieur et un état d’esprit apparemment contradictoire de « vouloir sans vouloir », « voir sans vouloir » car cela évite toute tension de l’esprit.

En cette période de confinement forcé, nous avons du temps : tant mieux car nous ne devons pas non plus nous préoccuper de la durée, ni même du résultat escompté. Nous devons placer notre attention consciente exactement sur la région concernée : au-dessus de la base du nez, au centre du front. Et tout le cycle d’inspiration et d’expiration lent, calme, mesuré doit se faire avec la concentration consciente de cette zone bien précise. L’idéal est d’avoir les yeux fermés pour « clôturer ses sens physiques ». Cet exercice d’attention et de concentration doit se pratiquer régulièrement, toujours avec le même détachement sans tension ni de l’esprit, ni du corps. La respiration lente, calme et mesurée aide beaucoup à approfondir cet état idéal recherché de sérénité, l’esprit dégagé.

Dans la spiritualité hindoue, les chakras (« roues » en sanskrit car ce sont des vortex qui tournent, brassent l’énergie du Prana) sont comparés à des fleurs de lotus. Dans l’amour et la bienveillance, nous pouvons imaginer que la fleur de lotus s’ouvre, s’épanouit. Avec de la pratique, nous ressentirons une énergie très localisée sur la région du front. Normalement, cette sensation ne va pas jusqu’à la douleur car l’énergie accumulée s’évacue sur le chakra supérieur : le coronal. Pour ceux qui ressentiraient de la douleur, il suffit de faire le même exercice sur le chakra au sommet du crâne pour dissiper l’excès d’énergie accumulée au niveau du front. La conscience accompagne, draine l’énergie. En fait, techniquement, la conscience manipule le Prana et c’est de cette façon que les yogis peuvent nettoyer tous leurs nadis ou canaux énergétiques. L’esprit remplace la main, en quelque sorte. Dans les plans subtils d’existence, l’esprit est véritablement le centre de commande. Il n’y a donc rien d’étrange dans ce processus. Le mot sanskrit « aagya » signifie justement « ordre » ou « commande ».

Le « secret » de l’efficacité de cette pratique ne réside pas uniquement dans la concentration de l’esprit sur la zone du front, sur une respiration lente et profonde, mais sur la rétention qui suit l’inspiration. La rétention agit comme un focalisateur, un foyer, un stimulant puissant. Mais elle doit être observée sans tension, sans effort. Il faut donc parvenir à allonger le temps de rétention, uniquement par la pratique assidue. L’exercice n’est pas compliqué en soi, mais il demande de la pratique pour parvenir à réaliser harmonieusement concentration de l’esprit sur la zone du front, paisibilité du souffle long et calme, rétention après l’inspiration.

Comment pratiquent les yogis ? Si nous observons attentivement les illustrations ancestrales de ce chakra frontal, elles comportent la calligraphie du mantra AUM comme ci-dessous :

Ce mantra en trois lettres A, U, M est destiné à être chanté (mentalement) pendant les phases de rétention du souffle. Une lettre par rétention. Par ailleurs, ils pratiquent en inspirant d’abord par la narine gauche (bloquant la droite), expirant par la narine droite, suite à la rétention sur le chant mental « A ». Puis, inversement, ils inspirent par la narine droite (bloquant la gauche), expirant par la narine gauche, suite à la rétention sur le chant mental « U » (qui se prononce « OU » ou [u] en phonétique). Et ainsi de suite, plusieurs fois. Ce basculement d’inspiration par narines permet d’équilibrer nos énergies puisque nous avons une symétrie de part et d’autre de la colonne vertébrale. Cela revient à équilibrer, par la même occassion, symétriquement nos énergies subtiles. Cela produit un bon nettoyage des méridiens ou nadi. Cet exercice est décrit notamment dans le livre Yogayâjnavalkyam : Corps et âme, le yoga selon Yâjnavalkya, trad. P. Geenens, Gallimard, 2000, p. 97. Mais c’est en fait un pranayama assez classique que l’on trouve dans de nombreux ouvrages spécialisés sur les techniques liées au souffle du yoga.

Rappelons aussi que la clairvoyance est une faculté naturelle et que ce processus est déjà en œuvre chez tout le monde, sauf s’il y a des blocages, des maladies, des troubles divers et sauf si notre mental refuse, fait barrage aux réalités spirituelles. C’est donc un processus simple en soi, mais notre mode de vie et le formatage des esprits le contrarient fortement.

Un autre aspect à prendre en compte est qu’il faut accueillir « sans filtre » ces perceptions qui sont à la fois mentales et visuelles. L’état d’esprit de paisibilité intérieure, la concentration parfaite de l’esprit sont donc des bases élémentaires pour toutes sortes d’exercices spirituels dont celui-ci.

Ce sens n’est pas déconnecté de l’esprit. Il est de ce fait possible de demander, non pas forcément à « voir », mais de comprendre, de savoir. Cette demande revient à mettre en branle un processus qui peut mettre du temps, mais qui réagira. Cela peut être sous la forme d’un rêve, d’une vision, d’une sensation intérieure très claire, très assurée comme une certitude. La raison pour laquelle il ne faut pas avoir d’idées préconçues et d’attentes particulières, c’est qu’une réponse ne nécessite pas forcément d’avoir un contenu visuel en retour, ce qui est trop limitatif. « Voir », « percevoir » sont aussi des synonymes de « comprendre », « savoir ». Le troisième œil n’est pas aussi limité que l’organe oculaire physique, il peut voir dans de multiples dimensions, l’espace n’est même plus une limite.

Un autre point à souligner est notre rapport à l’égo. Si nous voulons nous donner raison, nous fausserons ce processus qui reste subtil donc fragile, délicat. Ceux qui veulent avoir des certitudes « dures » risquent soit de déformer le processus, soit de l’interpréter à leur façon. Il en irait de même d’un message écrit : selon qui le lit, il peut échauffer des esprits s’ils sont « mal tournés ». Il est donc nécessaire de mettre son égo de côté, de cultiver l’humilité dans ce processus car « voir » doit prendre une place harmonieuse avec tout le reste : la bienveillance en son cœur, l’amour désintéressé, la paix de l’esprit. C’est exactement comme se saisir d’une pièce d’un puzzle, il doit prendre place dans l’ensemble des choses. L’égo a tendance à se cristalliser sur un objet. Donc une vision conduite par l’égo peut soit être fausse dès le début, soit être faussée dans l’interprétation. C’est pour cela que l’on enseigne à chacun qu’il n’est pas possible de brûler les étapes dans le processus de l’éveil spirituel. Dans un processus d’évolution normale, naturelle, avec une hygiène saine du corps et de l’esprit, l’intuition est présente. C’est souvent le mot que nous utilisons pour décrire ce savoir, ce « voir » intérieur. Mais lorsque l’égo est puissant, fatalement l’intuition est fausse ou corrompue par nos croyances.

En développant ce sens, nous pouvons sonder tout ce que nous voulons : il n’y a pas de limite. La limite, c’est nous : notre égo, notre cerveau, nos représentations mentales, nos croyances, nos dogmes, nos doctrines… Il faut donc conserver une certaine simplicité, un certain naturel dans ce processus comme le font les enfants en bas âge qui n’ont aucun problème pour savoir des choses par des moyens extra-sensoriels. Tant qu’ils ne sont pas encore formatés par ce qu’une société autorise ou interdit par les croyances collectives, le processus fonctionne naturellement. D’ailleurs, lorsqu’ils voient ou savent à distance, ils ne jugent pas cela « extraordinaire ».

En conclusion, si nous associons le plus de cohérence possible dans nos raisonnements en nous basant sur des faits et si nous développons avec l’état d’esprit adéquat, notre réceptivité intérieure, nous aurons beaucoup plus de chance de ne pas adhérer aux peurs et aux paniques générées par cette pandémie, ni d’être tenté d’adhérer à de fausses croyances ou de fausses spiritualités qui ne sont jamais en manque d’idées farfelues. Nous pourrons ainsi faire de meilleurs choix dans nos vies, guidés par notre propre sagesse intérieure. Nous écarterons aussi les dangers qui se dressent devant nous si nous savons les identifier, les comprendre. Il ne s’agit en aucun cas de faire l’autruche et de dire que tout va bien afin d’entretenir une sérénité intérieure. Il s’agit de rester conscient, éveillé, lucide et prudent. La crise de cette pandémie aura sûrement permis de nous faire prendre conscience que beaucoup de choses doivent changer en ce monde pour qu’il devienne plus vivable, moins injuste et moins dangereux pour nous tous. Mais les plus grands changements extérieurs reposent, avant tout, sur des changements profonds en nous-mêmes.