Trois problèmes relatifs au Voyage Astral

La notion de « Voyage Astral » utilisée ici est au sens générique de « voyage dans les autres plans de conscience » et non nécessairement sur un plan en particulier.

Plusieurs religions et philosophies spiritualistes n’encouragent pas ce type d’expériences. Nous devons comprendre pourquoi et souligner trois problèmes fondamentaux concernant cette pratique.

1. L’immersion dans des mondes illusoires

Quand le but recherché est la libération de toutes nos entraves, nos croyances, nos illusions, on peut comprendre pourquoi plusieurs traditions spirituelles ne voient pas d’un très bon œil ces expériences. En effet, l’esprit peut nous jouer des tours. Notre esprit étant créateur, nous pouvons nous diriger droit sur la fréquence de nos peurs inconscientes, appeler à nous ce qui nous obsède, voire matérialiser notre univers intérieur sous la forme de symboles, d’objets, de personnes.

Ainsi, il est important de connaître à l’avance certaines lois de l’esprit, de la même façon que pour jouer un jeu, il faut en connaître les règles.

La base de toute authentique spiritualité repose sur la maîtrise des pensées et des émotions. Cela peut prendre du temps, mais il faut commencer par se discipliner soi-même, devenir fort mentalement et spirituellement. Le mental doit être parfaitement concentré sur ses buts, ne pas se laisser distraire. Si un équilibriste sur son fil pense à autre chose, regarde ailleurs en se laissant distraire, il chutera. De la même façon, conduire une voiture en étant ivre, ce n’est pas se rendre service.

Le danger est de ce fait double : il est en nous-mêmes si nous avons des pulsions refoulées, des angoisses, des obsessions, et il est dans ce qui fait écho à nos vibrations personnelles. Quand nous avons peur des chiens, par exemple, ils se montrent le plus souvent agressifs avec nous car ils ressentent cette peur. Ils y répondent. Nous pouvons aimanter des gens, des situations aussi bien sur ce plan physique, que sur les autres plans. Maîtrisons-nous ce que nous faisons ? Telle est la question à se poser avant. Plutôt qu’après.

En quoi ces mondes sont-ils illusoires ? Ne durent-ils pas plus longtemps que nos constructions physiques ? Par définition, ce qui est illusoire est « ce qui ne dure pas« . Un rêve est illusoire car sa réalité est temporaire et brève. Mais du point de vue de la durée, tout ce qui est relatif est illusoire, tout ce qui est soumis aux changements, aux transformations. Les réalités passagères : c’est cela l’illusion. Ce n’est pas de nier la réalité d’un instant ‘t’ vécu, bien entendu. C’est de constater que la chose vécue n’existe plus et était relative. Ainsi, quand les religions, les traditions spirituelles nous mettent en garde, il faut comprendre pourquoi. Prendre un film pour une histoire vraie, ne plus parvenir à discerner une fiction de la réalité, oui, cela est un danger, notamment pour les esprits qui n’ont pas encore beaucoup de vécus, de discernements. Combien d’entre-nous vivons dans des « représentations du monde » ? Une représentation du monde est déjà une fabrication de l’esprit... La fiction est d’autant plus forte, que nous y croyons. Vouloir y croire rend aveugle l’esprit. Nous avons un pouvoir de cécité qui est le pouvoir de concrétisation de nos croyances. Lorsque nous disons « je crois ceci », cela revient à dire, « je vois les choses de cette façon et pas autrement ». Pas autrement.

Les mondes correspondent donc à des niveaux de maturité de notre âme. « Dis-moi ce que tu crois, et je te dirai dans quel monde tu vis ». Dans l’Astral, chacun peut vivre dans son univers qui correspond à ses croyances. Alors, comment peut-on encore parler de « réalité » en ce cas ? Ma réalité est-elle mon illusion ? Pourquoi ma réalité n’est-elle pas celle de mon voisin ? Cela amène forcément à des questions philosophiques car en définitive, tout ce qui est impermanent est par définition illusoire… comparativement à l’Absolu, ce qui demeure éternellement inchangé.

Voici, brièvement, le premier problème exposé. Beaucoup d’êtres nous rendent service à ne pas troquer une illusion par une autre, si le but est d’œuvrer pour notre libération spirituelle. Rappelons qu’un être libre peut aller partout où il veut sans se laisser prendre aux pièges des illusions. De la même façon que nous pourrions regarder des hologrammes. La liberté, ce n’est pas la fuite, c’est de comprendre et de ne plus être trompé.

2. La déconsidération de notre rôle à jouer présentement

En cette période de Covid et de tout ce qui se joue à travers ou avec ce virus, pour un certain nombre d’entre-nous, nous avons pu comprendre que nous vivions dans le mensonge à l’échelle du monde entier. Nous vivons dans le mensonge car il y a des secrets et ceux-là sont laids. Nous sommes témoins d’une misère qui est celle du cœur et des égos en guerre depuis longtemps. Notre monde terrestre est une épreuve. Il n’est pas facile à vivre. Pour beaucoup, la Terre est une vallée de larmes quand l’homme se fait diable et loup pour l’homme.

Si nous fuyons cette réalité sordide (passagère) pour une autre réalité magnifique (mais illusoire), que se passera-t-il ? Il y a des chances pour que cela soit de plus en plus pénible de quitter des paysages magnifiques, paradisiaques avec un corps léger comme une plume, pour rentrer dans une espèce de grotte où tout est lourd, obscur, violent, terrible, sournois. Cela ne nous aidera pas à donner le meilleur ici-bas. Ceux qui ne croient pas en ces autres dimensions sont préservés de ce risque, mais les autres ?

Si nous sommes confrontés à des refus, des échecs répétés, dans « le passage forcé » : cela n’est pas sans raison. Cela peut sembler un peu cruel que des anges ou des guides disent aux âmes qui vivent des Expériences de Mort Imminente, « retourne sur Terre, ton heure n’est pas venue, tu as encore des choses en cours à régler » : c’est du même ordre. Nous ne sommes pas ici sur Terre pour perdre notre temps, mais pour faire quelque chose : trouver notre rôle, notre raison d’être, donner le meilleur de nous-même, agir, évoluer, comprendre, muter.

Si nous « zappions » cette réalité terrestre chaque matin, quel sens aurait notre incarnation ?

On peut concevoir que voyager dans l’Astral ou les autres dimensions supérieures ne va pas aider ceux qui veulent fuir ce monde physique dans lequel ils ne se plaisent pas. Cela ne va pas les aider à comprendre pourquoi ils sont là, ce qu’ils ont à chercher, à trouver. Car il faut chercher pour trouver.

3. L’égo à dépasser sera-t-il amplifié ?

Enfin, une troisième raison qui peut poser problème est notre rapport à notre égo. Combien de ceux qui croient aux vies antérieures ne nous disent-ils pas qu’ils ont été de grands personnages de l’Histoire, illustres, brillants ? C’est très valorisant pour l’égo de s’inventer des titres prestigieux… Mais quelle chute alors ! Quelle chute que tous ces personnages prestigieux se retrouvent si bas, ici-bas, non ? Généralement, on évolue… On progresse… Nous devrions monter de mondes en mondes, de plans en plans. Si tant de personnages prestigieux sont toujours dans « le monde de pierre », dans « l’âge de pierre », c’est que l’égo est incorrigible, d’une certaine façon. Soit il nous ment, soit il se ment à lui-même. Cet égo si pesant ne voit pas comment se libérer de ses entraves… parce qu’il cherche à l’extérieur de lui-même, et non en lui-même, les racines du problème.

L’Astral peut renforcer l’égo. Certains ne font qu’une seule expérience consciente dans un domaine, et ils s’autoproclament grands spécialistes et vous vendent des affirmations catégoriques. Comme si nous n’étions pas tous semblables ! Il est donc facile de se sentir un « élu » parce qu’on a rencontré untel ou vécu telle chose de rare. Ces égos très fragiles vont avoir encore plus de difficulté à progresser dans le long chemin de la Vie…. Plus l’égo est boursoufflé, plus difficiles sont les remises en cause. Souvent, les plus sages sont ceux qui parlent le moins…

Remarques

Nous ne concluons pas « qu’il ne faut pas ». Car il n’y a pas que des aspects négatifs à considérer dans ces expériences. Mais quel est le but que nous recherchons ? Si c’est du tourisme pur et simple, l’esprit s’égare forcément puisqu’une incarnation implique une espèce de contrat à durée de vie limitée dans ce plan. Nous naissons : nous sommes voués à mourir. C’est une ronde infinie. Une naissance, une mort. La vie n’est que passage. Mais à quoi sert un passage en ce monde, si c’est pour le fuir ? le vivre de façon lointaine, distraite ? Ce serait passer à côté… Passer à côté de sa vie. Rater le coche.

Il nous faut donc lever ces obstacles : ne pas prendre le monde des formes où qu’il soit, qu’il soit physique, éthéré, astralisé, énergétisé par l’esprit, pour l’essence des choses éternelles. Ne pas s’illusionner dans les reflets. Alors, les images peuvent défiler devant nos yeux comme des projections temporaires, des costumes. Si nous savons que le monde des formes est une réalité impermanente, il n’y a plus de danger d’être illusionné. Nous devons aussi être très au clair avec notre présence dans l’incarnation. Que pouvons-nous faire de concret dans ce plan matériel avant de le quitter ? Il faudrait quand même se poser la question un jour, pendant qu’il est encore temps, non ? Sinon pourquoi être venu ? Voulons-nous gaspiller notre temps de vie terrestre ? Ce serait dommage de ne pas le mettre à profit. Si nous savons ce que nous voulons faire et que nous savons que le but recherché est utile aux autres et à soi-même, alors nous ne fuirons plus cette réalité pour une autre. Dans un tel contexte, les réalités illusoires se complètent, au lieu de se combattre, de peser l’une sur l’autre.

Il nous faut prendre du temps pour considérer ce point car nous sommes trop souvent conditionnés par la société, nos peurs et nos croyances. Il nous faut dépasser ces écrans-carcans. Enfin, si nous comprenons que notre égo est une construction temporaire et que notre être essentiel est beaucoup plus intéressant que le petit rôle social que nous croyons avoir, si nous comprenons que nous ne sommes que la partie d’un Tout, avec ni plus, ni moins d’importance que tous les autres membres qui le composent, si nous vivons cette prise de conscience au quotidien, alors aucun lieu ne nous fera croire que nous sommes d’une importance infiniment supérieure à tous nos semblables. Que nous soyons dans la poussière d’une grotte, ou sous les étoiles d’un tapis fleuri, quelle importance ? Nous ne serons ni plus grand, ni plus petit puisque toutes ces dimensions de l’égo sont des illusions personnelles. Les Anges ne fermeront plus la porte si ces trois points sont clairement assimilés.

Mais attention, nul ne peut tricher car nous portons toutes nos paroles, toutes nos actions, toutes nos pensées en notre âme. Et cela leur est transparent. Nous ne pouvons mentir qu’à nous-mêmes. Ce qui ne conduit nulle part en définitive. Alors, puisqu’il n’est pas possible de tricher, autant considérer sincèrement et sérieusement ces trois points. Pourquoi ?

Parce que si ces mondes existent et si notre esprit a de telles capacités, pourquoi n’en ferions-nous pas usage ? Si tout est clair et noble, pourquoi pas ? Ceci est d’autant plus évident que beaucoup d’êtres spirituels ont cette liberté… Mais eux, sont évolués, réellement évolués spirituellement.

Conclusion

Le Covid avec ses confinements marque une pause mondiale dans nos consciences, nos rythmes effrénés de vie, nos habitudes, nos petites bulles personnelles. Beaucoup se sacrifient et partent. Beaucoup de souffrances aussi pour ceux qui les aiment et les savent partis. Le monde se révèle à nous dans des conduites laides, tristes, abominables, insupportables. Mais nous ne sommes pas tous des barbares et n’avons pas tous envie de fuir, de regarder ailleurs, de croire aux mensonges. Nous ne sommes pas tous passifs au point de continuer à vivre les yeux bandés. Nous pouvons retrouver notre pouvoir créateur car nous sommes des êtres spirituels, avant d’être des corps matériels physiques, des utilisateurs, des consommateurs. Avant et après. Or, si nous avons un pouvoir spirituel, pourquoi ne l’utilisons-nous pas ?

Les temps changent car de nouveaux événements importants à l’échelle mondiale surgissent et surgiront. Nous sommes à présent face à des choix qui nécessitent plus de conscience personnelle et collective, ainsi que plus d’engagement sur des causes justes. Nous sommes peut-être comparables aux enchaînés de la caverne que dépeignait Platon dans son allégorie (République, Livre VII). Les chaînes sont avant tout celles de nos croyances et sont d’autant plus fortes quand nous sommes passifs et inconscients. Bien sûr, il y a les chaînes visibles comme ce mondialisme et cette UE qui sont des structures aliénantes et sournoises se faisant passer pour le contraire de ce qu’elles sont. Mais il existe d’autres chaînes encore plus fortes puisqu’elles sont non visibles : les chaînes karmiques. Nous pouvons nous libérer de ces chaînes. Comment ? « Karma » signifie « action », dans le sens action/réaction. Dans le sens de l’effet domino : une chose en entraîne une autre. Si nous décidons de devenir plus lumineux, plus altruistes, plus aimants, plus conscients, et surtout plus actifs et responsables, les choses autour de nous n’étant pas inertes, ne peuvent que s’aligner, changer, se modifier. C’est aussi une découverte de la physique quantique : l’observateur selon son état d’esprit change son expérience. Si l’univers est une espèce d’hologramme, il n’est pas séparé de notre conscience, de nos pensées, de notre état d’esprit. Il y a forcément une interaction et c’est ce qui explique que le karma puisse exister (en raison de ce lien indissociable). Si nous étions totalement déconnectés du monde, de l’univers, le karma (les effets en retour) ne serait pas possible.

Des êtres très éveillés sont prêts à nous aider. Si l’ombre redouble d’efforts pour accélérer le processus des destructions globales et des départs, la Lumière peut agir et redonner des ailes à tous les êtres de bonne volonté. « Avoir des ailes » signifie « avoir de l’élan », l’élan du cœur, de l’envie. Si nous pouvions donner plus d’équilibre et de liberté à nos existences, nos pays, notre planète, le but ne serait-il pas intéressant à expérimenter ? La balance des forces existe toujours. Tous, que nous fassions le choix du mal ou du bien, ou que nous ne soyons qu’ignorants et confus, nous faisons partie du même Tout. Chacun a son rôle à jouer, sans rien avoir à fuir, en acceptant simplement la Vie telle qu’elle est dans tous ses plans de conscience.